Moussa Ag Acharatoumane : “Nous devons unir nos forces pour faire face au monstre l’État islamique ”

Propos recueillis par Massa SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) La collaboration entre l’Armée et les groupes signataires de l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans la lutte contre le terrorisme, la situation humanitaire dans la zone de Ménaka sont, entre autres, sujets sur lesquels s’exprime dans cette interview le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Moussa Ag Acharatoumane livre, également, ses impressions sur l’intervention du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies.    L’Essor : Que retenez-vous du discours prononcé, samedi dernier, à la tribune de l’ONU, par le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga ?    Moussa Ag Acharatoumane : J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. Je suis heureux que le gouvernement ait réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et  la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, à rétablir l’ordre constitutionnel et à faire face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté. Le Premier ministre par intérim aurait dû soutenir les aspirations du continent africain, exprimées par le président de l’Union africaine (UA), à réformer le Conseil de sécurité en fonction de l’évolution mondiale afin que le continent puisse participer pleinement au progrès du monde. Le Premier ministre par intérim aurait dû, aussi, profiter de cette tribune pour exprimer la compassion du gouvernement aux familles des centaines de morts dans le Nord et au Centre du Mali tués par des extrémistes et solliciter l’accompagnement de la communauté internationale pour faire face à la grave crise humanitaire qui touche nos populations. Enfin, vu la situation de notre pays, nous devons prôner l’apaisement avec nos voisins immédiats car c’est ensemble qu’on va relever le défi sécuritaire qui touche nos espaces communs. L’Essor : Quelles sont les possibilités de conjuguer les efforts entre les FAMa et les groupes signataires de l’Accord pour faire face à l’État islamique ? MAA : Aujourd’hui, vu la situation qui prévaut à Ménaka et Gao, je pense qu’on ne peut pas se dispenser d’amener les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires à conjuguer leurs efforts contre Daech. Daech est une organisation qui combat tout le monde, les Forces armées maliennes (FAMa), les mouvements signataires, les populations locales et même les partenaires internationaux. Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre ensemble pour faire face à ce “monstre”. Parce que Daech, c’est un véritable “monstre”. Ici, malheureusement, les gens n’ont pas pris encore l’ampleur et la gravité de la situation ainsi que de la menace qui est en face. Cette menace est inédite. L’Essor : Quels sont les obstacles à une telle unité d’action et quelle solution pour y arriver ? MAA : Le fait que la mise en œuvre de l’Accord tarde à avancer, je pense que c’est l’un des obstacles malheureusement qui fait qu’il n’y a pas d’unité d’action par rapport aux menaces sécuritaires que le Mali vit. C’est pour cela qu’il est extrêmement important que les autorités de la Transition essayent d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, notamment suite aux décisions de la dernière réunion décisionnelle tenue à Bamako. Cette réunion prévoit l’intégration de 13.000 éléments issus des mouvements au sein des forces de défense et de sécurité. Compte tenu de la gravité de la situation sécuritaire, les autorités doivent faire en sorte d’avancer sur ce point. Cela va permettre à ce qu’on puisse recréer la confiance entre toutes les parties. C’est la seule solution pour avancer, parce que sans confiance, c’est extrêmement difficile. Ménaka est une exception. Les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires, notamment le MSA, le GATIA et la CMA ont, de 2016 à maintenant, toujours conjugué leurs efforts pour sécuriser la localité. La crise ne peut être résolue par la seule option militaire. Il faut, aussi, que l’administration joue pleinement son rôle, en ramenant les services sociaux de base auprès des populations; que des initiatives soient prises pour aider à réconcilier les communautés en les aidant à surmonter les problèmes inter et intra-communautaires. Ces régions sont dans un sous-développement qui ne peut qu’être bénéfique aux organisations criminelles, car ils ont en face d’eux une jeunesse qui n’a pas beaucoup de perspectives. Nous avons aussi des frontières souvent tracées en divisant des familles, des tribus, des communautés. De ce fait, nos États ne peuvent plus faire l’économie d’une collaboration renforcée pour mieux servir leurs populations des deux côtés de la frontière en tenant compte de ces réalités. L’Essor : Quelle est la situation humanitaire dans la zone de Ménaka?   MAA : Une situation humanitaire très difficile. Je dirai même dramatique. Parce qu’aujourd’hui, sur les six cercles que compte Ménaka, il n’y a plus que la ville de Ménaka, dans laquelle il y a des milliers de populations qui s’entassent. Des femmes, des enfants, des vieillards, des populations qui sont aussi venus les mains vides et n’ont absolument rien. Aujourd’hui, dans la Région de Ménaka, pratiquement toutes les communes, tous les cercles se sont vidés de leurs populations. Les populations se réfugient dans la ville de Ménaka ou vont vers la Région de Kidal, l’Algérie ou le Niger. C’est une situation humanitaire extrêmement difficile. Je lance un appel pressant et urgent aux autorités, à tous les partenaires humanitaires internationaux qui sont présents chez nous pour venir en aide à ces populations en détresse surtout avec la saison des pluies et des maladies qui commencent à apparaitre. Il faut un plan de riposte spécial pour cette Région afin de venir en aide à ces populations sur le plan humanitaire. L’Essor : Y a-t-il actuellement une interaction entre votre Mouvement et les FAMa ? MAA : A Ménaka, oui. Nous travaillons ensemble. Nous coordonnons nos actions, échangeons des informations et sécurisons Ménaka-ville ensemble. Notre souhait, c’est qu’on puisse aller au-delà de Ménaka. Il est important de sécuriser des villes comme Anderamboukane et d’autres cercles dans la Région

Mali : Un projet hospitalier de 4e référence lancé, le jour de la fête de l’Indépendance

Par Namory KOUYATE Bamako, 27 sept (AMAP) A l’occasion des célébrations de la fête de l’indépendance, le jeudi dernier, le gouvernement malien a lancé un projet de construction d’un complexe hospitalier de quatrième référence à Bamako, qui une fois réalisé, pourrait prendre en charge, sur place, les maladies cardio-vasculaires, du rein, du cancer et bien d’autres, efficacement et à moindre coût, Ce projet présidentiel intervient après les Centres de santé communautaire (CSCOM), les Centres de santé de référence (CSRéf), les Centres hospitaliers universitaire (CHU) c’est-à-dire les hôpitaux qui constituent la pyramide sanitaire au Mali Le lancement du projet a eu lieu au palais de Koulouba, au cours d’une cérémonie co-présidée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et son homologue de de Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, en visite à Bamako pour participer aux festivités de l’anniversaire de l’indépendance du Mali. Ce complexe hospitalier sera bâti sur 40 hectares avec un coût estimé à 160 milliards de FCFA. «L’objectif est l’évacuation zéro », a souhaité le ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou Sangaré. En tant que porteuse du dossier, Mme Sangaré a souligné que ce projet est en adéquation avec la vision du chef de l’Etat. Selon elle, le président de la Transition a fait de la santé « une priorité absolue ». « En témoigne les précieux et importants dons et appuis dont notre système de santé et de protection sociale a bénéficié et continue de bénéficier de la part du président Goïta »,  s’est réjoui le ministre de la Santé. Diéminatou Sangaré a rappelé les trois axes sur lesquels les efforts de son département sont focalisés. Il s’agit d’offrir aux populations maliennes des soins de qualité, accessible géographiquement ; de développer le mécanisme de financement de la demande de soins ; de développer le financement de la demande de soins des indigents. « Pour chacun de ces actes, des actions concrètes sont en cours de réalisation », a-t-elle dit. Concernant le premier axe du projet de complexe hospitalier, elle a fait savoir qu’il est un élément important venant s’ajouter aux efforts de renforcement du plateau technique. Mais, aussi, à la création de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation des établissements de santé, à la signature récente des contrats de performance entre le ministère de la Santé et les directeurs des hôpitaux. Parlant du deuxième axe, la cheffe du département de la Santé a déclaré que la mise en œuvre du Régime d’assurance maladie universelle est en cours. Evoquant le troisième axe, le ministre a indiqué que, sur instruction du gouvernement, ses services ont entrepris le projet d’enrôlement de trois millions d’indigents au Régime d’assistance médicale. « Sur ce nombre, 2.168.133 indigents sont déjà enrôlés et immatriculés pour leur prise en charge médicale gratuite », a annoncé Diéminatou Sangaré. Elle a assuré qu’à partir de ce lancement, « les Maliens n’auront plus à choisir entre la mort et l’évacuation vers l’étranger ». A son tour, le conseiller technique du ministère de la Santé, Souleymane Traoré a présenté le projet  de complexe hospitalier de quatrième référence du Mali. L’inauguration de cet hôpital est prévue pour novembre 2025. NK/MD (AMAP)

Rentrée scolaire à Bamako : Menace de boycott des syndicats d’enseignants

Bamako, 26 sept (AMAP) Les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako, la capitale malienne ont menacé de boycotter la rentrée scolaire 2022-2023, prévue le 3 octobre prochain. Ils ont déposé, le 13 septembre dernier, sur la table du gouverneur du District de Bamako, un préavis de grève de 8 jours, soit 192 heures, à compter du 3 octobre. Les syndicalistes réclament le paiement intégral et effectif des rappels d’avancement et de hiérarchisation de 2016 à 2020 des enseignants fonctionnaires des collectivités dans les établissements préscolaire, fondamental et secondaire publics. Le porte-parole des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako, Adama Assouba, a précisé que les rappels d’avancement et de hiérarchisation sont classés en trois lots. Le premier concerne les mandants impayés qui s’élèvent à 1,007 milliard de Fcfa. Le deuxième a trait au rejet répétitif au niveau du bureau central des soldes du budget général. Le  troisième porte sur les dossiers renvoyés pour insuffisance de crédit. Cela en dépit de l’engagement du ministre de l’Economie et des Finances à payer les dus des pédagogues. Selon le syndicaliste, le patron de l’hôtel des Finances  a fait cette promesse lors de la rencontre qu’il a eue avec les enseignants. « Dans ces lots de rappels d’avancement et de hiérarchisation, ceux de 2019 et 2020 sont majoritaires », a dit M. Assoouba qui a rappelé qu’avant le préavis de grève, la synergie avait envoyé une lettre au gouverneur, le 23 août dernier, pour lui faire l’état des impayés. Et le syndicaliste d’ajouter que les enseignants ont, ensuite, rencontré le gouverneur le 6 septembre, en présence des représentants de la direction régionale du budget, du contrôle financier, des Académies d’enseignement Bamako-rive droite et gauche, de la mairie du District et des 6 communes de Bamako. Adama Assouba a relevé, aussi, que lors de cette réunion, les services techniques financiers ont précisé que le traitement des rappels ne pouvait être résolu qu’en 2023. En tout cas, le syndicaliste explique que la rentrée scolaire, dans le District de Bamako, « est conditionnée au paiement intégral et effectif des rappels d’avancement et de hiérarchisation des enseignants fonctionnaires ». Il a aussi rappelé qu’en cas de non satisfaction, les syndicats se donnent le droit de déposer un autre préavis de débrayage. SYW/MD (AMAP)  

Education : L’orientation des admis au DEF 2022 est en cours (Officiel)

Bamako, 26 sept (AMAP) Les orientations des élèves admis au Diplôme d’études fondamentales (DEF) session de juin 2022 ont démarré, mercredi dernier, dans toutes les académies du Mali, a annoncé le directeur de la Cellule de planification et des statistiques (CPS) du secteur de l’Education, Dr Diakalia Koné. Au total, 100.374 candidats ont décroché le précieux sésame, soit un taux national d’admission de 47,86%. Parmi, eux, 97.237 élèves réguliers seront orientés. Tous les élèves âgés de 15 ans avec au plus 5 ans de scolarité au second cycle seront orientés au lycée,  ainsi que les filles âgées de 16 ans qui n’ont jamais redoublé au second cycle. En revanche, les garçons et les filles âgés de 16 ans avec 4 à 5 ans de scolarité au second cycle ainsi que tous les admis de 17 et 18 ans seront orientés dans les établissements techniques et professionnels pour le Brevet de techniciens (BT). Enfin, tous les détenteurs du DEF 2022 âgés de 19 à 20 ans seront orientés dans les établissements scolaires techniques et professionnels pour le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Tous ces admis seront répartis entre les établissements publics du pays au nombre de 111 dont 85 lycées d’enseignement général, 5 lycées techniques, 21 établissements techniques et professionnels et près de 2000 établissements privés tous types confondus (lycées, établissements techniques, professionnels et agro-pastoraux). Le directeur de la CPS du secteur de l’Education a indiqué que tous les autres admis âgés de plus de 20 ans ne seront pas orientés. « En raison des capacités d’accueil réduites du public, notamment dans les filières techniques et professionnelles, 47% des détenteurs du DEF 2022 seront orientés dans les établissements publics contre 53% pour les structures scolaires privées », a précisé Dr Diakalia Koné. Il a assuré, également, que l’Etat poursuit sa politique d’inversion des tendances, en l’occurrence l’augmentation des effectifs envoyés dans les établissements publics et celle des effectifs inscrits dans les filières techniques professionnelles et agro-pastorales, à travers la construction d’édifices publics. Le directeur de la CPS a fait remarquer que toutes les dispositions seront prises pour que les nouveaux admis puissent reprendre le chemin de l’école dans les meilleurs délais. SYW/MD (AMAP)  

Projection de « Kunu »,  une histoire du Mali indépendant

Bamako, 26 sept (AMAP) La projection d’une série de trois films documentaires sur l’évolution historique de la vie socio-politique du Mali, intitulée : «Kunu», hier en bambara, s’est déroulée, jeudi dernier, jour anniversaire de la fête de l’Indépendance, au Cinéma Magic (ex-Babemba). Cette projection, organisé par le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), dans le cadre de la célébration du 62è anniversaire de l’indépendance de notre pays (22 septembre1960-22 septembre 2022), Elle s’est en présence du directeur général du CNCM, Fousseni Maïga, des réalisateurs, cinéastes, acteurs et d’autres invités de marque. Plus de 2 heures durant, le public avait les yeux rivés sur le grand écran. Il a fait un voyage dans le temps, notamment dans le Mali d’hier qui se caractérise par l’amour de la patrie, l’engagement des autorités pour la défense de l’intérêt général et le sacrifice pour la cause nationale. Ainsi, les cinéphiles ont revisité les temps forts de l’évolution politique du Soudan d’alors et de la République du Mali à travers cette projection cinématographique. Selon les initiateurs du projet, l’objectif est d’inscrire le cinéma dans la dynamique de la célébration de la fête de l’indépendance au Mali. Mais, aussi, de développer un mécanisme innovant de coproduction locale autour de projets citoyens afin de sensibiliser, informer et éduquer le public. «Kunu» raconte l’histoire sociopolitique du Soudan depuis la période précoloniale jusqu’à l’histoire récente du Mali, en passant par la création et dissolution de la Fédération du Mali. La réalisation du projet vise à créer une mémoire cinématographique sur la date historique du 22 septembre 2022. Il y a des films à savoir : «Le train de retour», un long métrage de 85 minutes, des courts métrages de 35 minutes «Elles y étaient» et «Les enfants de l’indépendance». Les trois documentaires ont été réalisés respectivement par Omar N. Sinenta, Moustaphe Diallo et Jonas Sagon. «Le train de retour» relate les aventures du président Modibo Keita au Sénégal après l’accession à l’indépendance, les différentes phases de la création de la Fédération du Mali ainsi que les raisons de son éclatement. C’est un vrai récit de la période précoloniale et des différents mouvements politiques entrepris par les dirigeants soudanais avant, pendant et après l’accession du Mali à la souveraineté nationale. «Elle y étaient» est un documentaire qui évoque les rôles que les femmes ont joué depuis très longtemps. La lutte pour l’indépendance a aussi concerné les femmes. Ce film met en évidence leur mobilisation et le rôle qu’elles ont joué dans l’émergence de la Ière République. Ces images restituent les sacrifices des femmes dans la quête d’équité et d’égalité dans la gestion du pays. Enfin le documentaire intitulé : «Les enfants de l’indépendance» porte un regard sur ceux qui sont nés le 22 septembre 1960. Ces enfants de l’Indépendance y font des témoignages sur les différents régimes à savoir celui de Modibo Keïta, fondé sur le socialisme et le pouvoir autoritaire des milices qui ont été la cause principale de sa chute. Ces témoins atypiques racontent leur vision de l’évolution du Mali, depuis leur naissance. Le Mali contemporain est passé en revue sous le prisme de leur vécu personnel. Le public a appris sur l’histoire, notamment la lutte pour l’indépendance, le départ du dernier soldat français, la Fédération du Mali, l’avènement de la démocratie et les témoignages des enfants de l’indépendance. Pour le cinéaste Abdoulaye Ascofare, c’est une initiative salutaire de la nouvelle génération. «Bravo ! C’est une belle chose qui permet de faire connaître les hommes et femmes qui se sont distingués par leur dévouement pour la cause commune», s’est rejoui M. Ascofare. Le coffret des 3 films est en vente à l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et au  CNCM AS/MD (AMAP)

Zones de production de l’Office du Niger : La campagne agricole s’annonce prometteuse

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 26 sept (AMAP) Une délégation de l’Office du Niger 9ON) a effectué, du 16 au 18 septembre dernier une visite de terrain dans les sept zones de production, à savoir Ké Macina, Kolongo, M’Bewani, Kouroumari, N’Débougou, Molodo et Niono, dans le cadre de la supervision de la campagne agricole 2022-2023 afin d’apprécier la physionomie de la campagne, de s’imprégner de l’état d’approvisionnement des engrais (chimique et organique) et des efforts fournis par les producteurs. Les trois jours de tournée ont permis à l’équipe de supervision, avec à sa tête, le chargé de communication de l’ON, Moulaye Alassane Diarra de s’enquérir de la situation sécuritaire dans les différentes zones de production. Elle s’est assurée du bon déroulement des travaux d’entretien effectués au début de la campagne et de la disponibilité des producteurs. La mission, lors de son passage, a pu constater un grand engouement dans les différents magasins de vente d’intrants après les efforts du gouvernement d’augmenter et d’ouvrir la livraison aux gros fournisseurs traditionnels. Des camions déchargeaient des stocks d’engrais dans les différents magasins à Ké-Macina et Kolongo. La campagne agricole 2022-2023 dans les zones de production de l’ON, d’une manière générale s’annonce prometteuse. La physionomie des champs est satisfaisante dans l’ensemble, comme a pu constater l’équipe de reportage de l’AMAP. Malgré le retard dans la disponibilité de la subvention du gouvernement en intrants et l’insécurité dans certaines zones, les producteurs espèrent une bonne campagne. Mamadou Diarra est un producteur de riz que nous renncontré dans son champ situé dans la zone de production de Ké-macina. «Nous remercions Dieu. Au début, nous avons eu des difficultés liées l’engrais. Le DAP était cédé à 39.000 Fcfa, l’urée 35.000 Fcfa. Pour mes premiers travaux, j’ai dû vendre des stocks de riz pour acheter de l’engrais. Mais, récemment j’ai reçu la subvention de l’Etat à raison de deux sacs par hectare. Cela a été un bol d’air. A l’heure actuelle, mon champ a reçu tout l’engrais dont il a besoin » a-t-il indiqué. Mamadou Diarra, qui espère une grosse production, cette année par rapport à l’année précédente, salue les autorités pour leur engagement dans le cadre de la sécurisation de leur zone et remercie la direction de l’Office du Niger pour avoir réhabilité le canal et le distributeur de Ké-Macina qui a réglé le problème d’eau dans leur zone. Dans la zone de production de Kolongo, Souleymane Coulibaly dit Koblen, un producteur de riz a pu exploiter une superficie de huit ha et demie cette année. Son champ que nous avons visité, présente une bonne physionomie et est rassurant quant à une bonne récolte. Son secret : la fumure organique. « Je n’ai pas eu de difficulté par rapport à la campagne. J’ai commencé mes premiers travaux avec la fumure organique que je prépare moi-même. Appréciez, vous même, le résultat » s’est-il exclamé. Le vieux producteur salue la présence des forces de l’ordre qui font des patrouilles. « La zone s’est beaucoup stabilisée. Cette année je compte sur 100 à 120 sacs à l’ha » a-t-il confié. De vendeuse de son, Maïmouna Coulibaly dite Bou Maï est aujourd’hui productrice de riz. Dans la zone de production de l’Office du Niger à Molodo, elle exploite une superficie de quatre ha. Bou Maï cultive du riz, du maïs, du haricot et fait du maraîchage en contre saison. Pour la campagne en cours,, elle espère un bon rendement : « Les superficies cultivées nous donnent espoir. La difficulté majeure a été l’engrais. Les sacs que j’ai reçus n’ont pas été donnés à temps. Il y a une période pour mettre l’engrais. Passé ce délai, cela peut avoir un impact sur la production ». a-t-elle expliqué. Tout comme Koblen, elle a d’abord utilisé la fumure organique. Bou Maï estime que la sécurité s’est beaucoup améliorée. «J’ai pu travailler sans contrainte aucune grâce à la présence des forces de l’ordre», a-t-elle dit. Gaoussou Traoré, producteur de riz à Dogofry, souhaite plus de sécurité dans sa zone. « La campagne se déroule bien même si on a été confronté à des difficultés liées à la sécurité et à l’engrais. J’ai dû faire des manœuvres pour acheter la quantité nécessaire pour mon champ. Mais il y a trois jours, j’ai bénéficié de la subvention », a-t-il dit. Il a expliqué que là où se trouve son champ à Dogofry, la situation s’est améliorée. « Cependant, a-t-il indiqué, les producteurs à cause de l’insécurité, n’arrivent pas à accéder à leurs champs situés sur la ligne de Farabougou. » EFFORTS CONTINUS – Dans les zones de production de l’Office du Niger, les directeurs ont bon espoir quant à l’atteinte des objectifs. Ils souhaitent que les efforts se poursuivent sur le plan sécuritaire afin que l’espoir ne s’effrite au moment des récoltes. Le directeur de la zone de production de Ké Macina, Daouda Diarra, a précisé que sa zone compte sur un rendement de 6 tonnes à l’hectare, cette année. «Sur une prévision de 10.352 ha en casier, nous avons tout cultivé soit 100%. La sécurité est assurée dans nos trois casiers. Il n’y a pas d’endroit où nos producteurs ne peuvent se rendre. Les travaux d’entretien ont, aussi, été faits à cent pour cent. C’est ce qui nous a permis cet bon résultat», a-t-il expliqué. A Niono, le directeur, qui se veut rassurant,  est convaincu que sa zone fera une campagne exceptionnelle cette année. « La physionomie est satisfaisante. Sur une prévision de 14.346 ha, nous avons pu mettre en valeur 14.145 soit 98,60%. Un taux record cette année », a-t-il indiqué, soulignant que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée cette année par rapport à l’année dernière. Le directeur de la zone de production de M’bewani, Auguste Drago, espère sur une production de 149.890 tonnes. Dans sa zone, sur une prévision de  23 060 ha en casier, environ 19.500 ha ont été mis en valeur soit un taux de réalisation de 81%. « Les terres aménagées et réceptionnées de l’Union européenne (UE) et de la Banque mondiale, d’une superficie de 3.000 ha n’ont pas été exploitées à cause de l’insécurité. Les préparatifs

Plusieurs manifestants devant le siège de l’ONU pour soutenir la délégation malienne  

Envoyé spécial Madiba KEÏTA New York, 24 sept (AMAP) Des centaines de manifestants se sont massés sur la 1ère Avenue, en face siège de l’ONU à Manhattan (New York) pour soutenir le chef du gouvernement malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, et l’ensemble de la délégation malienne. Ces manifestants, portant des banderoles et des drapeaux aux couleurs nationales, ont dénoncé la politique française au Mali et en Afrique. Après avoir prononcé son intervention à la tribune de l’Assemblée générale, samedi 24 septembre 2022 , le colonel Abdoulaye Maïga a salué les Maliens et Africains sortis massivement pour apporter leur soutien à la Transition au Mali. La manifestation était encadrée par la police new-yorkaise. MK/MD (AMAP)

Soutien à la cause palestinienne : L’UNA organise jeudi prochain un forum sur le rôle des agences de presse

Djeddah (UNA-AMAP) – L’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA) organisera, jeudi 29 septembre 2022), un forum des médias sur « Le rôle des agences de presse dans le soutien à la cause palestinienne : défis et opportunité, annonce l’Union. Au cours de ce forum virtuel, le superviseur général des médias officiels de l’État de Palestine, le ministre Ahmed Assaf, passera en revue les aspirations de la Palestine vis-à-vis des médias et les rôles confiés à cet égard aux agences de presse dans les États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Le directeur général de l’UNA, M. Mohammed Abd Rabbo al-Yami, a expliqué que « l’organisation de ce forum est un prolongement des décisions de l’Assemblée générale de l’Union et des conférences islamiques » des ministres de l’information qui a souligné la poursuite de la sensibilisation du public à la question de Palestine, en assurant une couverture médiatique maximale de tous les aspects de la vie dans le territoire palestinien occupé. Il a indiqué que le forum discutera des défis et des opportunités dans le travail des agences de presse membres pour défendre la cause palestinienne, renforcer la position de la Palestine au niveau des médias et identifier ses aspirations et ses besoins concernant le travail des médias sur cet aspect. Al-Yami a souligné que le forum vise à proposer une vision préliminaire du travail conjoint des médias dans le domaine du soutien à la Palestine et à Al-Quds Al-Sharif, ainsi qu’à échanger les meilleures expériences des agences membres à cet égard. Il s’agit, en outre, de renforcer la communication entre les institutions médiatiques palestiniennes et leurs homologues des pays de l’OCI. MD (AMAP)  

Affaire des 46 soldats ivoiriens : Décalage de l’arrivée à Bamako de chefs d’État de la CEDEAO (Officiel)

Bamako, 24 sept (AMAP) L’arrivée à Bamako de la mission de haut niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), initialement prévue  le mardi 27 septembre, par le sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement ouest-africains (CEDEAO), pourrait connaître un décalage de deux ou trois jours. Le sommet extraordinaire de la CEDEAO), en marge de la 77ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à New-York, a décidé, jeudi, de l’envoi « incessant » dans la capitale malienne de cette mission composée des chefs d’État ghanéen, Nana Akufo Addo, sénégalais, Macky Sall, et togolais,  Faure Gnassingbé, pour obtenir la libération de 46 soldats ivoiriens détenus au Mali. Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale évoque, dans une note adressée à l’organisation sous-régionale, « des contraintes d’agenda » pour expliquer ce léger report de la visite des chefs d’État ouest-africains à Bamako. « La mission de haut niveau annoncée pour le mardi 27 septembre 2022 ne peut être reçue que le jeudi 29 septembre ou le vendredi 30 septembre 2022 à Bamako », souligne le document du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Cette visite des trois présidents ouest-africains à Bamako, entre dans le cadre des initiatives de médiation de l’organisation communautaire pour le dénouement de l’affaire des 49 militaires ivoiriens détenus au Mali dont trois femmes ont été libérées « pour des raisons  humanitaires ». MT/MD (AMAP)

Discours du colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre p.i, Chef du Gouvernement du Mali, à l’occasion du Débat général de la 77ème Session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies

Monsieur le Président de l’Assemblée générale, Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Mesdames et Messieurs, De prime à bord, je voudrais m’acquitter de l’agréable devoir de vous adresser les chaleureuses salutations du peuple malien riche de sa diversité culturelle, religieuse et ethnique, ainsi que celles de Son Excellence le Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. M. le Président votre brillante élection à la présidence de cette 77ème session de l’Assemblée générale et la fin des travaux de la 76ème session de l’Assemblée générale brillamment conduits par votre prédécesseur S.E.M. Abdullah SHAHID, de la République des Maldives, m’offrent l’heureuse occasion d’adresser à Vos Excellences les chaleureuses félicitations de tout le Mali. Enfin, permettez-moi de réitérer à notre Secrétaire général, M. António GUTERRES, notre haute appréciation des efforts louables qu’il continue de déployer pour la réalisation des nobles objectifs de notre Organisation commune. Nous sommes convaincus que vous êtes un ami du Mali et du Sahel. L’amitié reposant sur la sincérité, souffrez que je vous exprime mon profond désaccord suite à votre récente sortie médiatique, au cours de laquelle vous prenez position et vous vous exprimez sur l’affaire des 46 mercenaires ivoiriens, qui est une affaire bilatérale et judiciaire, entre deux pays frères. C’est évident, que la qualification judiciaire des infractions liées à cette affaire ne relève pas des attributions du Secrétaire Général des Nations Unies. Au Mali, notre administration ne travaille pas sur la base de l’oralité, ni des déclarations par voie de presse, par conséquent, nous nous en tenons scrupuleusement à la Note Verbale de la MINUSMA, référence : MINUSMA/PROT/NV/226/2022 du 22 Juillet 2022, dans laquelle, il ressort clairement qu’il n’existe pas de liens entre les 46 mercenaires et les Nations Unies. Les récentes synchronisations des actions et l’harmonisation des éléments de langage consistant à faire passer le Mali de statut de victime à celui de coupable dans cette affaire des mercenaires, sont sans effets. Excellence M. le Secrétaire Général, Votre position sur l’affaire des mercenaires a été suivie par certains responsables d’Afrique de l’Ouest, donc c’est sous votre couvert, que nous leur adresserons des messages. A l’endroit du Président en exercice de la CEDEAO, M. Umaro Sissoco Embalo qui affirme : « on vient de voir avant-hier, la déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies qui dit que ce ne sont pas des mercenaires. Moi à la place des maliens, j’aurai relâché ces 49 soldats ». Je voudrais très respectueusement signifier à ce dernier qu’il existe un principe de subsidiarité, d’ailleurs aux contours flous, entre la CEDEAO et les Nations Unies et non un principe de mimétisme. Egalement, il est important de lui préciser que le Secrétaire Général des Nations Unies n’est pas un Chef d’Etat et le Président en exercice de la CEDEAO n’est pas un fonctionnaire. Par conséquent, il serait indiqué qu’il ne banalise pas la CEDEAO. Enfin, il est utile de rappeler, au Président en exercice de la CEDEAO, qu’au Mali, les autorités n’interfèrent pas dans les dossiers judiciaires et respectent l’indépendance de la Justice. Donc, nous n’avons pas vocation à interpeller ou relâcher, ceci relève de la fonction judiciaire. Aussi, M. Umaro Sissoco Embalo doit être conscient du fait qu’il est le dépositaire d’un lourd héritage et de plusieurs sacrifices qui ont fait la renommée de cette Organisation. La dynamique ayant fait la grandeur de la CEDEAO ne doit pas être brisée. Par ailleurs, nous avons pris acte de la menace de sanctions proférée contre le Mali, et loin d’être impressionné par des sanctions, je voudrais signaler au Président en exercice de la CEDEAO, qu’à la fin de son mandat, les peuples ouest-africains le jugeront sur les efforts qu’il a fournis pour améliorer les conditions de vie des populations et non des show médiatiques servant des agendas étrangers. A l’endroit de M. Bazoum, il remarquera que le Gouvernement de la Transition n’a pour le moment jamais réagi à ses propos injurieux pour deux raisons cumulatives. La première raison tient au respect de l’héritage laissé par nos ancêtres, qui consiste à ne pas répondre aux injures par des injures. La seconde raison relève de l’identité de M. Bazoum, l’étranger qui se réclame du Niger. Nous savons que le peuple nigérien frère du Mali, se distingue par des valeurs sociétales, culturelles et religieuses très riches. M. Bazoum n’est pas un nigérien, son comportement nous réconforte totalement dans notre constat. Excellence M. le Secrétaire Général, le Mali tirera toutes les conséquences de droit de vos agissements. Devant Dieu et en leur âme et conscience, nous demandons à ceux qui réfutent notre version, d’indiquer s’ils accepteront que des militaires ayant dissimulé leurs identités, en mettant sur leurs passeports qu’ils sont peintres, maçons etc… avec des armes, débarquent dans leur aéroport, sans que le pays de destination n’ait été au préalable informé et dans le dessein funeste de déstabiliser ce pays. S’ils ne l’acceptent pas, en tant qu’Etat, si cela n’est pas possible à Lisbonne ou ailleurs, le Mali non plus ne l’acceptera pas en tant qu’Etat et ce ne sera pas non plus possible à Bamako ou dans une autre localité malienne. Monsieur le Président, « Une nouvelle ère : des solutions porteuses de changement pour relever des défis interdépendants » le thème de cette 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale suscitera l’espoir de meilleurs jours pour le Mali, à la condition que le bilan sans complaisance de l’ancienne ère soit établi, que les enseignements soient tirés et que des recommandations objectives soient formulées. Une fois cette étape franchie, je ne doute pas, qu’à travers notre action collective : nous réussirons à pacifier les multiples foyers de tension dans le monde, mais aussi à promouvoir un développement harmonieux et lutter efficacement contre les pandémies, la dégradation de l’environnement et le réchauffement climatique, les inégalités, les politiques de domination et de prédation de ressources. Depuis le mois d’août 2020, le Mali se trouve dans un processus de transition, qui prendra fin le 26