Le Mali n’appliquera pas les sanctions de la CEDEAO contre la Guinée (Communiqué)
Le Gouvernement de la Transition a pris connaissance du Communiqué final du Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu le 22 septembre 2022 à New York sur la situation au Mali et en Guinée. Concernant la République de Guinée, le Gouvernement de la Transition a été outré par les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines qui impactent négativement la vie des populations guinéennes. Compte tenu de la solidarité et de la fraternité entre le Mali et la Guinée, le Gouvernement de la Transition décide de : Se désolidariser de toutes les sanctions illégales, inhumaines et illégitimes prises à l’encontre de la République sœur de Guinée et ne leur réservera aucune suite; Adopter, si nécessaire, des mesures pour assister la République de Guinée, afin d’annihiler les conséquences de ces sanctions inutiles contre le Peuple et les autorités de la Guinée. Le Gouvernement de la Transition souligne que l’objectif de la CEDEAO est d’améliorer les conditions de vie des populations et non d’adopter des sanctions contre-productives les affectant. En outre, il convient de noter que les transitions politiques ne résultent que de la mauvaise gouvernance. En conséquence, les autorités de Transition méritent d’être accompagnées par la CEDEAO pour mener des réformes politiques et institutionnelles qui contribueraient à renforcer la bonne gouvernance et la stabilité. Le Gouvernement de la Transition exprime sa solidarité indéfectible et son ferme soutien au peuple frère et au Gouvernement de la République de Guinée dans leur engagement à jeter les bases d’une refondation de l’Etat guinéen à travers des réformes politiques et institutionnelles nécessaires à un retour apaisé, crédible et sécurisé à un ordre constitutionnel normal. Le Gouvernement de la Transition reste ouvert, dans le respect mutuel et dans la cadre du panafricanisme, à toutes les initiatives sincères de recherche de solutions aux défis relatifs à la stabilité, à la paix et à la sécurité de notre sous-région .
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 28 septembre 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 28 septembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. A l’ouverture de la Session, le Président de la Transition Chef de l’Etat a félicité et remercié l’ensemble de la population malienne de l’intérieur et de la diaspora pour son engagement patriotique, sa mobilisation et son soutien aux autorités de la Transition lors de la célébration de la Semaine nationale de la Réconciliation, de la fête de l’indépendance et pour l’accueil populaire et chaleureux réservé au Premier ministre par intérim et à sa délégation de retour de la 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et entendu des communication AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant modification de la Loi n°06-029 du 29 juin 2006 relative à la protection de la voie publique. La Loi n°06-029 du 29 juin 2006 relative à la protection de la voie publique et son décret d’application ont été adoptés pour fixer le cadre législatif et règlementaire des travaux de réparation des dégâts causés à la voie publique ainsi que les coûts de leur réparation. Le Décret n°2021-0780/PT-RM du 09 novembre 2021 fixant les modalités d’application de la loi relative à la protection de la voie publique précise les procédures de la remise en état de la voie publique, les intervenants et les pièces administratives nécessaires à l’exécution des travaux de remise en état. Le décret du 09 novembre 2021 a rendu obsolète la disposition de la loi du 29 juin 2006 relative à l’adoption d’un décret qui détermine les modes de calcul des valeurs remboursables des dégâts causés à la voie publique par les tiers responsables et les coûts de leur réparation. Le présent projet de loi est adopté dans ce cadre. Il permettra d’évaluer, à travers des devis, les coûts des dégâts causés aux ouvrages de manière plus facile et compréhensible. Sur le rapport du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de l’Inspection des Mines, de l’Energie et de l’Eau. L’Inspection de l’Energie et de l’Eau a été créée par l’Ordonnance n°09-031/P-RM du 25 septembre 2009. Les missions confiées à l’Inspection par l’ordonnance du 25 septembre 2009 ne couvrent pas expressément toutes les attributions du Ministère en charge des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Les projets de texte adoptés créent l’Inspection des Mines, de l’Energie et de l’Eau pour intégrer dans ses attributions le suivi et le contrôle des secteurs de la Géologie et des Mines. Leur adoption permet de disposer d’un outil de contrôle interne, d’améliorer le contrôle et le suivi de la mise en œuvre de la règlementation minière et de doter l’Inspection, pour les cinq prochaines années, en personnel nécessaire à l’exécution de ses missions. Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités de transfert de la fonction « approvisionnement en intrants agricoles et appareils de traitement des producteurs de coton » à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles. Les Assises nationales sur le coton, tenues du 7 au 8 février 2021, ont permis d’engager la réflexion avec les acteurs sur les difficultés de la filière coton. Aux termes de ces travaux, des recommandations ont été formulées sur : – la gouvernance des organisations de producteurs ; – le mécanisme d’approvisionnement et de financement des intrants ; – la subvention de l’Etat aux producteurs de coton ; – la relance de la culture du coton. Pour ce qui concerne le mécanisme d’approvisionnement, il a été préconisé de transférer l’approvisionnement en intrants agricoles à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles, de fixer un prix incitatif au kilogramme de coton graine et de diminuer autant que possible le prix des intrants et des matériels agricoles. Le présent projet de décret est adopté dans ce cadre. Il consacre le transfert à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles, la fonction « approvisionnement en intrants agricoles et appareils de traitement des producteurs de coton », pour une période de cinq ans, à compter de la campagne 2023-2024. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux a informé le Conseil des Ministres de la tenue de la session inaugurale du Conseil supérieur de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée. Le personnel du cadre de la Surveillance des Services pénitentiaires et de l’Education surveillée intervient dans la chaine judiciaire pour assurer l’effectivité de l’exécution des sanctions pénales. Il participe également à l’exécution des décisions ou des sentences et au maintien de la sécurité publique. Le Conseil supérieur de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée donne son avis sur toutes questions de principe intéressant les fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée. Il est saisi des projets de loi tendant à modifier le statut des fonctionnaires du cadre de la surveillance de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée. La session inaugurale du Conseil supérieur de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée se tiendra le 06 octobre 2022 pour examiner des projets de texte et donner des orientations pour le bon fonctionnement du service public pénitentiaire et de l’éducation surveillée. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant appelé la population au respect strict des mesures
Le ministère malien des Affaires étrangères annonce une mission de chefs d’État ouest-africains à Bamako jeudi
Bamako, 28 sept (AMAP) La mission de haut niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est attendue jeudi, à Bamako, a annoncé, mercredi, le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI). Dans une note aux missions diplomatiques et consulaires, la Direction du protocole du MAECI indique que les présidents Faure Eyadema du Togo, Nana Akufo Addo du Ghana et Adama Barrow de Gambie arriveront à Bamako le 29 septembre 2022, à partir de 10h 30. Les chefs d’Etats ouest africains quitteront la capitale malienne, le même jour, à partir de 16h 00, précise la note du ministère en charge des Affaires étrangères. Le sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, en marge de la 77ème Assemblée générale de l’ONU, à New-York, a décidé, jeudi, de l’envoi « incessant » dans la capitale malienne de cette mission composée, initialement des chefs d’État ghanéen, Nana Akufo Addo, sénégalais, Macky Sall, et togolais, Faure Gnassingbé, pour obtenir la libération de 46 soldats ivoiriens détenus au Mali L’arrivée de cette mission, d’abord prévue le mardi 27 septembre, a été décalée de deux ou trois jours, à l’initiative du gouvernement malien. Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait évoqué, dans une note adressée à l’organisation sous-régionale, « des contraintes d’agenda » pour expliquer ce léger report de la visite des chefs d’État ouest-africains à Bamako. « La mission de haut niveau (…) ne peut être reçue que le jeudi 29 septembre ou le vendredi 30 septembre 2022 à Bamako », a souligné le document du MAECI. Cette visite des trois chefs d’Etat ouest-africains à Bamako, entre dans le cadre des initiatives de médiation de l’organisation communautaire pour le dénouement de l’affaire des 49 militaires ivoiriens détenus au Mali dont trois femmes ont été libérées « pour des raisons humanitaires. » Selon le communiqué final du sommet de la CEDEAO, à New York, les émissaires sous régionaux se rendent à Bamako, afin obtenir l’élargissement des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali dont la conférence au sommet a demandé « la libération sans condition. » Les chefs d’État et de gouvernements de la CEDEAO ont examiné la situation politique dans au Mali et en Guinée, avant de se prononcer sur la situation des 46 soldats ivoiriens. MD (AMAP)
Koulouba : Le premier ministre par intérim fait rend compte de son voyage à New York
Bamako, 28 sept (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a été accueilli par une foule enthousiaste, a son retour de New York mardi, s’est rendu au palais présidentiel de Koulouba où il a rendu compte de sa mission au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. A sa sortie d’audience, le chef du gouvernement par intérim a expliqué que son « intervention à la tribune de l’ONU visait à faire comprendre que le Mali n’accepte pas de diktat. D’où qu’il vienne. » «En toute franchise, nous avons été agréablement surpris. Il s’agit de trop d’honneur pour nous», a dit le Premier ministre par intérim, avant de remercier « le bon Dieu et le président de la Transition pour cette confiance placée » en lui. Et, également, « le peuple malien pour l’accueil très chaleureux. » Selon Abdoulaye Maïga, il n’a fait que son devoir au service du peuple. Toutefois, il a ajouté que « lorsque nos compatriotes sortent de manière spontanée, ceci ne peut que ragaillardir les dirigeants dans leur mission ». Concernant la mission elle-même et son contexte, le chef du gouvernement par intérim a rappelé que l’année dernière jusqu’à cette 77è session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Mali a traversé des situations inédites dans les relations internationales. «Jamais dans l’histoire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), un État n’a subi autant de sanctions ». « Des sanctions qui, en plus d’être inédites, totalement illégales, illégitimes, sont inhumaines contre un peuple qui fait déjà face à une situation sécuritaire très complexe», a déploré le colonel Abdoulaye Maïga. D’après lui, il fallait dire haut et fort à la communauté internationale que le Mali a été injustement sanctionné. OUVERTURE – Abdoulaye Maiga estime que le Mali fait l’objet « d’une combine » dans le dossier des 46 mercenaires ivoiriens. «Nous avons tous assisté à la synchronisation, à la mise en scène et à l’harmonisation des éléments de langage pour faire passer notre pays de statut de victime à un statut de coupable», a dénoncé le chef du gouvernement par intérim. Avant de soutenir que ce qu’il a dit relève de la logique. «Vous ne verrez dans aucun pays au monde où des militaires peuvent débarquer sans autorisation avec des armes. Forcément, si les autres ne l’acceptent pas, pour quelle raison voudraient-ils que le Mali l’accepte ?», se demande-t-il. Le responsable malien précise que ceci ne voudrait pas dire que «nous sommes fermés au dialogue». Il a précisé que c’est un dossier judiciaire dans lequel « le gouvernement n’est pas du tout bien placé pour s’impliquer. » «Le président de la Transition peut le faire car, en plus d’être chef suprême des Armées, chef de l’État, il est également le président du Conseil supérieur de la magistrature», a rappelé le colonel Abdoulaye Maïga. Il a souligné qu’il fallait exprimer cette position « haut et fort » pour que les interlocuteurs du Mali comprennent que, « dorénavant, des approches consistant à nous faire taire ou à subir des assauts, des adversités et des injures ne passeront pas. » «On ne peut pas accepter qu’au 21è siècle on vienne nous insulter. Le Mali n’insulte pas. Vous ne verrez pas un seul communiqué de la Transition où le gouvernement s’ingère dans les dossiers des autres», a soutenu le chef du gouvernement par intérim. Selon lui, ce sont là des principes élémentaires des relations internationales. « Et on ne peut pas accepter que les autres s’ingèrent dans nos affaires intérieures ». Pour le colonel Maïga, le Mali est ouvert à tous les partenaires. « Notre pays ne peut pas être pris au piège par des guerres idéologiques qui ne le regardent pas, parce que nous avons nos défis», dit-il. «Si nous avons des partenaires qui peuvent nous aider à faire face à ces défis, ils seront toujours les bienvenus à condition que les trois principes qui guident l’action publique au Mali et définis par le chef de l’État soient respectés», a insisté le chef du gouvernement par intérim. Il s’agit « de la souveraineté du Mali, du respect de nos choix stratégiques et de partenaires et, surtout, de la prise en compte de l’intérêt du peuple malien dans toutes les décisions. » Le chef du gouvernement par intérim a engagé nos compatriotes car, selon lui, le combat que le Mali mène, il le fait pour les générations futures. DD/MD (AMAP)
Accueil triomphal au colonel Abdoulaye Maïga à Bamako, de retour de New York
Bamako, 27 sept (AMAP) Des milliers de Bamakois se sont mobilisés, mardi, pour accueillir le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, de retour de New-York où il a prononcé un discours devant la 77è session de l’Assemblée générale des Nations unies et largement apprécié au Mali. Une foule compacte attendait le chef du gouvernement par intérim, à l’atterrissage de son avion sur le tarmac de l’aéroport président Modibo Keïta-Senou. Le colonel, qui s’est confié à la presse, à sa descente d’avion, a remercié chef de l’État, le colonel Assimi Goïta et l’ensemble du peuple malien. « Nous sommes des exécutants qui avons accompli notre mission. On ne s’attendait pas à un tel accueil. Nous n’avons fait que notre devoir. En toute honnêteté, c’est trop d’honneur pour ma modeste personne », a dit le colonel Abdoulaye Maïga, avant d’exprimer sa « grande fierté » et de solliciter « l’accompagnement de tous les Maliens. » Le cortège du Premier ministre par intérim a roulé sous les vivats d’une foule en liesse. Le colonel Maïga a pris un bain de foule au monument de l’Indépendance ou l’attendait des milliers personnes qui ont pris d’assaut les lieux. Son cortège s’est ensuite dirigé vers le Palais de Koulouba, sur les hauteurs de Bamako, où l’attendait le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta. MT/MD (AMAP)
Loi électorale : Explication de texte
Bamako, 27 sept (AMAP) Un atelier de restitution des séances de vulgarisation et d’appropriation de la nouvelle Loi électorale, qui se sont déroulée, du 12 juillet au 20 septembre derniers, à Bamako et dans les capitales régionales, s’est tenu mardi dernier dans un hôtel de la capitale. Le président du Conseil d’administration du Centre malien pour le dialogue inter-partis et la démocratie (CMDID), Boubacar Sandinan Camara a espéré que « les réflexions et les échanges des participants permettront de faire des propositions pour améliorer ce texte ». Il attend, aussi, que les contributions et conduiront « à une meilleure compréhension du nouveau cadre législatif des élections » au Mali. Mais, aussi, « à l’organisation d’élections crédibles et transparentes conformément au chronogramme établi par les autorités. » De son côté, le représentant du Conseil national de Transition (CNT), Nouhoum Sarr, a indiqué que le retour à l’ordre constitutionnel est, aujourd’hui, la priorité principale des autorités de la Transition. M. Sarr qui a présidé l’ouverture des travaux, a remercié les partenaires, qui malgré les difficultés du moment et quelques fois les «hostilités», « se tiennent aux côtés des organes de la Transition ». « Ce, afin que le processus électoral, qui est déterminant pour le retour à l’ordre constitutionnel, soit inclusif, acceptable et transparent pour l’ensemble des acteurs ». Cet atelier avait pour objectif d’échanger avec les populations sur les enjeux de la réforme électorale, les innovations contenues dans la nouvelle Loi électorale ainsi que leur implication dans l’organisation et la gestion des opérations électorales et référendaires dans notre pays. Il offrait, également, la possibilité aux participants d’échanger avec la Commission des lois du CNT sur les indispensables réformes de cette loi qui devront intervenir avec l’adoption de la nouvelle Constitution. Organisée par Idea international en partenariat avec la Commission des lois du CNT, le Pnud, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) , la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) et le CMDID, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui aux réformes et aux élections au Mali (PAREM). Au Mali, le processus électoral constitue une préoccupation majeure. Le Dialogue national inclusif (DNI), les Assises nationales de la refondation (ANR) et d’autres fora ont fait d’importantes recommandations relatives aux questions électorales et aux insuffisances des anciennes lois électorales dans leur application. D’où une relecture pour y apporter des améliorations. Et ce, en vue de la tenue d’élections libres, justes, crédibles, transparentes et apaisées au terme de la Transition qui marquera le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays. Pour ce faire, l’adoption par le CNT de la loi électorale n°2022-019 du 24 juin 2022 donne l’opportunité d’approfondir la réflexion sur cette réforme. Le représentant de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (Idea international), Maurice Engueleguele, ainsi que des représentants de partis politiques et de la société civile étaient également présents. BD/MD (AMAP)
Le Mali assure la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité de développement du Liptako-Gourma
Bamako, 27 sept (AMAP) Le Mali, à travers son ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, assure depuis 17 septembre 2022 la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG ), a annoncé, lundi, le correspondant national de l’ALG, Issa Coulibaly. Intervenant, au ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau lors de la restitution des travaux de la 58è session ordinaire de l’ALG, tenue la veille à Niamey, au Niger, le conseiller technique et correspondant national de l’ALG a ajouté que cette session ordinaire de l’ALG, a décidé, également, qu’ « au titre des contributions, le montant de la quote-part de chaque État membre a été fixée à 180 millions de Fcfa, contre 163,8 millions de Fcfa pour l’exercice 2021. » Issa Coulibaly a expliqué que « le secrétariat exécutif est rotatif entre les deux pays n’abritant pas le siège de l’institution (le Mali et le Niger) ». « Quant à la Conférence des chefs d’État et la présidence du Conseil des ministres qui «vont de pair», elles sont tournantes entre les trois États », a précisé Issa Coulibaly. Cette session de Niamey a, également, vu l’adoption du rapport d’activités du secrétariat exécutif au 31 décembre 2021, du Programme triennal d’investissements (PTI) 2022-2024. Elle a été mise à profit pour examiner l’état d’exécution du budget 2021 de l’ALG au 31 décembre 2021, l’adoption, la présentation du rapport du Commissaire aux comptes sur les états financiers de l’exercice clos sur la même période et des documents spécifiques. « À la demande du Mali, a affirmé le conseiller technique, les points relatifs à la nomination du secrétaire exécutif désigné par le Mali, à la rotation de la présidence de la conférence des chefs d’État et de la présidence du Conseil des ministres de l’ALG ont été inscrits à l’ordre du jour. Ils ont été discutés à huis clos ». « L’adoption du Programme d’activités annuel 2022 du secrétariat exécutif de l’ALG, d’un nouvel organigramme et l’élaboration d’un nouveau Plan 2023 ont été reportés à la prochaine session que Bamako devra abriter en décembre 2022, a souligné M. Coulibaly. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui a présidé la séance de restitution, il a félicité les experts pour leur «bon travail». Il les a exhortés à redoubler d’efforts. La Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’ALG a décidé de la transformation de l’institution en un espace économique intégré couvrant l’ensemble des territoires des États membres : le Burkina Faso, le Niger et le Mali. C’était lors de sa 7è session ordinaire, tenue le 24 novembre 2011, à Niamey au Niger. Cette volonté a été concrétisée avec l’adoption du Traité révisé de l’ALG, le 24 janvier 2017 à Niamey, à l’issue de la 2è session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. FC/MD (AMAP)
Moussa Ag Acharatoumane : “Nous devons unir nos forces pour faire face au monstre l’État islamique ”
Propos recueillis par Massa SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) La collaboration entre l’Armée et les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans la lutte contre le terrorisme, la situation humanitaire dans la zone de Ménaka sont, entre autres, sujets sur lesquels s’exprime dans cette interview le secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA). Moussa Ag Acharatoumane livre, également, ses impressions sur l’intervention du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. L’Essor : Que retenez-vous du discours prononcé, samedi dernier, à la tribune de l’ONU, par le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga ? Moussa Ag Acharatoumane : J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le discours du Premier ministre par intérim à la tribune des Nations unies. Je suis heureux que le gouvernement ait réaffirmé son engagement à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, à rétablir l’ordre constitutionnel et à faire face aux multiples crises auxquelles le pays est confronté. Le Premier ministre par intérim aurait dû soutenir les aspirations du continent africain, exprimées par le président de l’Union africaine (UA), à réformer le Conseil de sécurité en fonction de l’évolution mondiale afin que le continent puisse participer pleinement au progrès du monde. Le Premier ministre par intérim aurait dû, aussi, profiter de cette tribune pour exprimer la compassion du gouvernement aux familles des centaines de morts dans le Nord et au Centre du Mali tués par des extrémistes et solliciter l’accompagnement de la communauté internationale pour faire face à la grave crise humanitaire qui touche nos populations. Enfin, vu la situation de notre pays, nous devons prôner l’apaisement avec nos voisins immédiats car c’est ensemble qu’on va relever le défi sécuritaire qui touche nos espaces communs. L’Essor : Quelles sont les possibilités de conjuguer les efforts entre les FAMa et les groupes signataires de l’Accord pour faire face à l’État islamique ? MAA : Aujourd’hui, vu la situation qui prévaut à Ménaka et Gao, je pense qu’on ne peut pas se dispenser d’amener les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires à conjuguer leurs efforts contre Daech. Daech est une organisation qui combat tout le monde, les Forces armées maliennes (FAMa), les mouvements signataires, les populations locales et même les partenaires internationaux. Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre ensemble pour faire face à ce “monstre”. Parce que Daech, c’est un véritable “monstre”. Ici, malheureusement, les gens n’ont pas pris encore l’ampleur et la gravité de la situation ainsi que de la menace qui est en face. Cette menace est inédite. L’Essor : Quels sont les obstacles à une telle unité d’action et quelle solution pour y arriver ? MAA : Le fait que la mise en œuvre de l’Accord tarde à avancer, je pense que c’est l’un des obstacles malheureusement qui fait qu’il n’y a pas d’unité d’action par rapport aux menaces sécuritaires que le Mali vit. C’est pour cela qu’il est extrêmement important que les autorités de la Transition essayent d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, notamment suite aux décisions de la dernière réunion décisionnelle tenue à Bamako. Cette réunion prévoit l’intégration de 13.000 éléments issus des mouvements au sein des forces de défense et de sécurité. Compte tenu de la gravité de la situation sécuritaire, les autorités doivent faire en sorte d’avancer sur ce point. Cela va permettre à ce qu’on puisse recréer la confiance entre toutes les parties. C’est la seule solution pour avancer, parce que sans confiance, c’est extrêmement difficile. Ménaka est une exception. Les forces de défense et de sécurité et les mouvements signataires, notamment le MSA, le GATIA et la CMA ont, de 2016 à maintenant, toujours conjugué leurs efforts pour sécuriser la localité. La crise ne peut être résolue par la seule option militaire. Il faut, aussi, que l’administration joue pleinement son rôle, en ramenant les services sociaux de base auprès des populations; que des initiatives soient prises pour aider à réconcilier les communautés en les aidant à surmonter les problèmes inter et intra-communautaires. Ces régions sont dans un sous-développement qui ne peut qu’être bénéfique aux organisations criminelles, car ils ont en face d’eux une jeunesse qui n’a pas beaucoup de perspectives. Nous avons aussi des frontières souvent tracées en divisant des familles, des tribus, des communautés. De ce fait, nos États ne peuvent plus faire l’économie d’une collaboration renforcée pour mieux servir leurs populations des deux côtés de la frontière en tenant compte de ces réalités. L’Essor : Quelle est la situation humanitaire dans la zone de Ménaka? MAA : Une situation humanitaire très difficile. Je dirai même dramatique. Parce qu’aujourd’hui, sur les six cercles que compte Ménaka, il n’y a plus que la ville de Ménaka, dans laquelle il y a des milliers de populations qui s’entassent. Des femmes, des enfants, des vieillards, des populations qui sont aussi venus les mains vides et n’ont absolument rien. Aujourd’hui, dans la Région de Ménaka, pratiquement toutes les communes, tous les cercles se sont vidés de leurs populations. Les populations se réfugient dans la ville de Ménaka ou vont vers la Région de Kidal, l’Algérie ou le Niger. C’est une situation humanitaire extrêmement difficile. Je lance un appel pressant et urgent aux autorités, à tous les partenaires humanitaires internationaux qui sont présents chez nous pour venir en aide à ces populations en détresse surtout avec la saison des pluies et des maladies qui commencent à apparaitre. Il faut un plan de riposte spécial pour cette Région afin de venir en aide à ces populations sur le plan humanitaire. L’Essor : Y a-t-il actuellement une interaction entre votre Mouvement et les FAMa ? MAA : A Ménaka, oui. Nous travaillons ensemble. Nous coordonnons nos actions, échangeons des informations et sécurisons Ménaka-ville ensemble. Notre souhait, c’est qu’on puisse aller au-delà de Ménaka. Il est important de sécuriser des villes comme Anderamboukane et d’autres cercles dans la Région
Mali : Un projet hospitalier de 4e référence lancé, le jour de la fête de l’Indépendance
Par Namory KOUYATE Bamako, 27 sept (AMAP) A l’occasion des célébrations de la fête de l’indépendance, le jeudi dernier, le gouvernement malien a lancé un projet de construction d’un complexe hospitalier de quatrième référence à Bamako, qui une fois réalisé, pourrait prendre en charge, sur place, les maladies cardio-vasculaires, du rein, du cancer et bien d’autres, efficacement et à moindre coût, Ce projet présidentiel intervient après les Centres de santé communautaire (CSCOM), les Centres de santé de référence (CSRéf), les Centres hospitaliers universitaire (CHU) c’est-à-dire les hôpitaux qui constituent la pyramide sanitaire au Mali Le lancement du projet a eu lieu au palais de Koulouba, au cours d’une cérémonie co-présidée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et son homologue de de Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, en visite à Bamako pour participer aux festivités de l’anniversaire de l’indépendance du Mali. Ce complexe hospitalier sera bâti sur 40 hectares avec un coût estimé à 160 milliards de FCFA. «L’objectif est l’évacuation zéro », a souhaité le ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou Sangaré. En tant que porteuse du dossier, Mme Sangaré a souligné que ce projet est en adéquation avec la vision du chef de l’Etat. Selon elle, le président de la Transition a fait de la santé « une priorité absolue ». « En témoigne les précieux et importants dons et appuis dont notre système de santé et de protection sociale a bénéficié et continue de bénéficier de la part du président Goïta », s’est réjoui le ministre de la Santé. Diéminatou Sangaré a rappelé les trois axes sur lesquels les efforts de son département sont focalisés. Il s’agit d’offrir aux populations maliennes des soins de qualité, accessible géographiquement ; de développer le mécanisme de financement de la demande de soins ; de développer le financement de la demande de soins des indigents. « Pour chacun de ces actes, des actions concrètes sont en cours de réalisation », a-t-elle dit. Concernant le premier axe du projet de complexe hospitalier, elle a fait savoir qu’il est un élément important venant s’ajouter aux efforts de renforcement du plateau technique. Mais, aussi, à la création de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation des établissements de santé, à la signature récente des contrats de performance entre le ministère de la Santé et les directeurs des hôpitaux. Parlant du deuxième axe, la cheffe du département de la Santé a déclaré que la mise en œuvre du Régime d’assurance maladie universelle est en cours. Evoquant le troisième axe, le ministre a indiqué que, sur instruction du gouvernement, ses services ont entrepris le projet d’enrôlement de trois millions d’indigents au Régime d’assistance médicale. « Sur ce nombre, 2.168.133 indigents sont déjà enrôlés et immatriculés pour leur prise en charge médicale gratuite », a annoncé Diéminatou Sangaré. Elle a assuré qu’à partir de ce lancement, « les Maliens n’auront plus à choisir entre la mort et l’évacuation vers l’étranger ». A son tour, le conseiller technique du ministère de la Santé, Souleymane Traoré a présenté le projet de complexe hospitalier de quatrième référence du Mali. L’inauguration de cet hôpital est prévue pour novembre 2025. NK/MD (AMAP)
Rentrée scolaire à Bamako : Menace de boycott des syndicats d’enseignants
Bamako, 26 sept (AMAP) Les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako, la capitale malienne ont menacé de boycotter la rentrée scolaire 2022-2023, prévue le 3 octobre prochain. Ils ont déposé, le 13 septembre dernier, sur la table du gouverneur du District de Bamako, un préavis de grève de 8 jours, soit 192 heures, à compter du 3 octobre. Les syndicalistes réclament le paiement intégral et effectif des rappels d’avancement et de hiérarchisation de 2016 à 2020 des enseignants fonctionnaires des collectivités dans les établissements préscolaire, fondamental et secondaire publics. Le porte-parole des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 du District de Bamako, Adama Assouba, a précisé que les rappels d’avancement et de hiérarchisation sont classés en trois lots. Le premier concerne les mandants impayés qui s’élèvent à 1,007 milliard de Fcfa. Le deuxième a trait au rejet répétitif au niveau du bureau central des soldes du budget général. Le troisième porte sur les dossiers renvoyés pour insuffisance de crédit. Cela en dépit de l’engagement du ministre de l’Economie et des Finances à payer les dus des pédagogues. Selon le syndicaliste, le patron de l’hôtel des Finances a fait cette promesse lors de la rencontre qu’il a eue avec les enseignants. « Dans ces lots de rappels d’avancement et de hiérarchisation, ceux de 2019 et 2020 sont majoritaires », a dit M. Assoouba qui a rappelé qu’avant le préavis de grève, la synergie avait envoyé une lettre au gouverneur, le 23 août dernier, pour lui faire l’état des impayés. Et le syndicaliste d’ajouter que les enseignants ont, ensuite, rencontré le gouverneur le 6 septembre, en présence des représentants de la direction régionale du budget, du contrôle financier, des Académies d’enseignement Bamako-rive droite et gauche, de la mairie du District et des 6 communes de Bamako. Adama Assouba a relevé, aussi, que lors de cette réunion, les services techniques financiers ont précisé que le traitement des rappels ne pouvait être résolu qu’en 2023. En tout cas, le syndicaliste explique que la rentrée scolaire, dans le District de Bamako, « est conditionnée au paiement intégral et effectif des rappels d’avancement et de hiérarchisation des enseignants fonctionnaires ». Il a aussi rappelé qu’en cas de non satisfaction, les syndicats se donnent le droit de déposer un autre préavis de débrayage. SYW/MD (AMAP)

