L’Armée malienne a capturé un lieutenant d’Amadou Kouffa (Etat-major général)

Bamako, 09 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMA) ont interpelé 05 suspects terroristes à la foire de Sofara, Région de Mopti (Centre) parmi lesquels Alhadji Diakité, connu sous le nom d’Abou Anass, indique le communiqué hebdomadaire de l’état-major général des armées, publié le 7 octobre. Le communiqué, qui fait le point sur le terrain, révèle l’interpellation, le 27 septembre dernier, du suspect présenté comme « un responsable de la Katiba Macina commandant les secteurs de Sofara et Bandiagara. » Il a été appréhendé avec un autre suspect, Amadou Diakité, « responsable de la Katiba Macina, commandant les secteurs de Quenkoro et Mafouné », selon l’armée. Le 29 septembre 2022, une action aéroportée dans le secteur de Ganguel , cercle de Djenné, Région de Mopti (Centre) a fait un « bilan de 01 blessé léger FAMa, 02 terroristes neutralisés, 04 motos, 01 pirogue et 01 hameau détruits, 02 motos, plusieurs armes, des chargeurs de PM, des talkies walkies, des commandes à distance et des objets divers récupérés. » Du 03 au 05 octobre 2022, des patrouilles d’opportunité menées et appuyées par des frappes aériennes dans le secteur de Tiemaba et Bamada, Cercle de Niono (Centre) « à la recherche d’un groupe terroriste en mouvement et auteur de harcèlement contre les populations civiles ont fait un bilan de 31 terroristes neutralisés, 02 bases et plots logistiques détruits, de même que tous les matériels lourds », indique le communiqué de l’armée. L’état-major souligne, également, que le 03 octobre 2022, des frappes aériennes ont ciblé une position terroriste dans le secteur de Saré Dina, situé à 12km au Nord-Est de Kouakourou. « Le lendemain, à Sofara, une fouille de la localité a permis d’interpeler 33 présumés terroristes. Les enquêtes en cours ont pu identifier formellement 15 terroristes recherchés et fichés dans les bases de données », précise la source militaire. « La recherche de suspects terroristes étrangers en recrutement de locaux dans le secteur de Diabaly (Centre) s’est poursuivie, le 05 octobre 2022, avec la localisation d’objectifs ciblés par des tirs d’artillerie », nous apprend l’état-major. Une mission de reconnaissance offensive FAMa a interpelé 04 suspects terroristes, le 6 octobre, dans le secteur de Konna, région de Mopti (Centre). Le même jour, plusieurs suspects ont été interpellés, des véhicules et des minutions, des batteries et divers objets de fabrication d’engins explosif improvisés saisis dans la localité de Diengueni – Foulbé et Gouni – Foulbé située à 32 km au Nord-Est de Sofara contre une base de la Katiba Macina. En ce qui concerne les Régions de Gao (Nord) et Ménaka (Nord-Est),  la priorité opérationnelle a porté sur la collecte de renseignements sur les terroristes responsables d’exactions contre les populations. Ainsi, l’état-major des Armées  annonce la récupération de 03 tricycles et 05 motos de même que plusieurs pièces diverses de rechange, le 26 septembre 2022, suite à un raid FAMa aux alentours de la mare de Tessit (Nord). Des frappes sur 02 plots logistiques terroristes dans la forêt refuge de Fitilli, au Sud de Tessit, avec un bilan de 08 terroristes neutralisés, plusieurs blessés et la destruction d’importants matériels ont été menées le 27 septembre. Une mission d’escorte de 160 véhicules civils a été prise à partie par des hommes armés, le 1er octobre, dans les environs de Fafa, Région de Gao, avec un bilan de 06 blessés et 04 camions endommagés. Du 03 au 06 octobre 2022, les FAMa ont mené des patrouilles de réassurance des populations suivie d’actions civilo-miliaires dans le secteur de Djebock, région de Gao. Mais, également, à 20 km au Nord et au Nord-Est de Ménaka.Les FAMa ont consolidé, le 05 octobre 2022, la plateforme aéroportuaire de Gao, suite au crash du Sukhoi-25 en vol d’entrainement et de réassurance des populations. « La précision de renseignements a permis l’interpellation, le 07 octobre 2022, d’un suspect terroriste d’origine étrangère », indique le communiqué. Dans le secteur de Koutiala, le 04 octobre 2022, les FAMa ont procédé « à l’interpellation d’un grand terroriste logisticien recherché ». Une patrouille de réassurance des populations a été conduite, le 6 octobre, dans le village de Toumanibougou, Cercle de Kati (près de Bamako). Deux engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts et détruits, le 7 octobre, à environ 700 m du village de Guiré, Région de Nara, pas loin de la frontière mauritanienne. Une recherche de renseignements a été opérée sur les secteurs de Mourdiah et Kaloumba, « en vue de retrouver des terroristes auteurs de la pose d’EEI contre un convoi logistique sur l’axe Nara-Kwala, le 02 octobre 2022. » L’état-major général des armées « appelle, une fois de plus, à la vigilance et à la retenue contre ces velléités propagandistes, d’intox et de désinformation de certains médias dont le seul but est de semer le chaos, la haine, la division et la désolation au Mali. » « Des enquêtes de gendarmerie ont été ouvertes pour confirmer ou infirmer les informations faisant état d’un présumé assassinat de 53 civils dans le village Gouni-Habé, dans le secteur de Bandiagara, région de Mopti », conclut le communiqué. MT/MD (AMAP)

Coupe de la CAF : Victoire du Réal de Bamako (3-0) sur les Ghanéens de Hearts of Oak

Bamako, 09 oct (AMAP) Le Réal de Bamako a pris une belle option sur la qualification aux barrages de la Coupe africaine de la Confédération (CAF), en s’imposant 3-0, samedi, face aux Ghanéens de Hearts of Oak au match aller du 2è tour préliminaire de la compétition continentale. Les buts des « Scorpions » ont été marqués par Siaka Sidibé et Ismaël Dama (12è min et 31è min) et Cheickné Diakité (75è min). La match retour est prévu dans une semaine au Ghana. Les hommes de l’entraîneur Nouhoum Diané auront à confirmer leur performance réalisée au stade du 26 Mars. On se rappelle qu’au tour précédent, les Réalistes (les noirs et blancs) avaient éliminé les Burkinabé de l’AS Douanes. Dans l’autre compétition africaine des clubs, le Djoliba affronte, ce dimanche, les Algériens du CR Belouizdad, au 2è tour des éliminatoires de la Ligue des champions. Une belle performance lors de cette double confrontation ouvrira aux Rouges de Bamako les portes d’une qualification historique en phase de poule de la prestigieuse compétition. Ce qui serait une première pour le football national. MT/MD

Football : Le Mali en finale du Tournoi U17 UFOA-A

Bamako, 08 oct (AMAP) Les Aiglonnets du Mali se sont qualifiés pour la finale du Tournoi U17 de la Zone A de l’Union des fédérations ouest-africaines (UFOA-A) en battant 2-0 les hôtes de la compétition, les cadets mauritaniens, vendredi, au stade Cheikha Boïdiya de Nouakchott. Les deux buts de la partie ont été inscrits par Aboubacar Diarra (24è min et 85è min). L’attaquant de Guidars FC a été élu Homme du match. Il compte désormais trois réalisations dans la compétition. Il avait marqué le premier but lors de la victoire 2-1 devant le Sénégal, lors de la 3è journée de la phase de poules et a été élu Homme du match de cette rencontre. Le Mali disputera la finale contre le Sénégal, dimanche 9 octobre 2022. Les Sénégalais ont  éliminé les Sierra léonais dans la première demi-finale. À l’issue du temps règlementaire et de la prolongation, les deux équipes étaient à égalité au tableau d’affichage (0-0). Les Lionceaux du Sénégal se sont imposés 6-5 lors de la séance des tirs au but. Les deux finalistes, le Mali et le Sénégal représenteront la zone Ouest A à la CAN U17, Algérie 2023. Rappelons que l’année dernière, le Mali a perdu la finale de la compétition contre le Sénégal (0-2) à Dakar. Les deux équipes s’étaient qualifiés pour la CAN U17, Maroc 2021 mais la compétition a été annulée pour cause de la Covid-19. LMD/MD (AMAP)

CHAN 2023 : Les groupes sont connus  

Bamako, 07 oct (AMAP) Les 18 pays qualifiés pour la 7è édition du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), Algérie 2023, connaissent désormais leurs adversaires de la phase de poules après le tirage au sort, samedi dernier, à Alger, par la Confédération africaine de football (CAF) qui a constitué cinq poules pour cette phase initiale de la compétition qui se déroulera du 13 janvier au 4 février. Le Mali, représenté à la cérémonie par le président de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), Mamoutou Touré «Bavieux» et le sélectionneur national, Nouhoum Diané, a hérité du groupe D qui comprend également l’Angola et la Mauritanie. Les Aigles locaux, comme on les appelle, débutent la compétition le 16 janvier contre l’Angola avant d’affronter la Mauritanie, le 24 janvier pour une place en quarts de finale. Détail important, seul le premier de la poule se qualifie pour les quarts de finale. Il n’y a donc pas de calculs à faire, pour être sûr de décrocher la qualification, les protégés de Nouhoum Diané doivent faire carton plein, c’est-à-dire, battre l’Angola et la Mauritanie. Jamais le Mali n’a affronté ces deux pays en phase finale du CHAN. Toutefois, les Aigles locaux et les Mourabitounes locaux (surnom de la sélection de la Mauritanie) se sont affrontés à plusieurs reprises lors des éliminatoires. Au dernier tour qualificatif de Rwanda 2016, le Mali s’est imposé 2-1 au stade du 26 Mars avant d’aller arracher le nul 1-1, au retour, à Nouakchott, un résultat synonyme de qualification pour la sélection nationale. Deux ans plus tard, (Maroc 2018), les Mauritaniens ont pris leur revanche. Après le match nul 2-2 à l’aller, ils sont venus s’imposer 1-0 au stade Modibo Keïta, barrant ainsi la route du Royaume chérifien aux Aigles locaux. L’acte III entre les deux pays a tourné à l’avantage du Mali lors du dernier tour des éliminatoires du CHAN, Cameroun 2020. Après le match nul 0-0 à l’aller, les Aigles locaux ont gagné 2-0 au match retour au stade Modibo Keïta. Les matches du groupe D se disputeront au stade Olympique d’Oran, une arène dont la capacité d’accueil est de 40.143 places et dont le terrain est revêtu du gazon naturel. Les Aigles locaux ont raté l’édition inaugurale du CHAN en Côte d’Ivoire (2009) et celle de 2018 au Maroc. En 2016 et 2020, ils ont atteint la finale, mais ont chuté face, respectivement à la RD Congo (3-0) et au Maroc (2-0). L’Angola va jouer son 4è CHAN en Algérie et les Palancas Negras locaux (Ndlr, surnom de l’équipe d’Angola), ont été vice-champions d’Afrique en 2011 au Soudan (défaite 3-0 devant la Tunisie). La Mauritanie sera à sa troisième apparition à la phase finale du CHAN et n’a jamais réussi à franchir la phase de groupes. Logée dans le groupe A, l’Algérie sera opposée à la Libye, vainqueur de l’édition 2014, à l’Ethiopie et au Mozambique. Le match d’ouverture mettra aux prises Algériens et Libyens, le 13 janvier au stade du 5-Juillet 1962. Dans le groupe B, la RD Congo, double championne d’Afrique (2009 et 2016), affrontera l’Ouganda, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, alors que le groupe C met aux prises le Maroc, double tenant du titre (2018 et 2020), le Soudan, Madagascar et le Ghana. Quant au groupe E, il est composé du Cameroun, du Congo et du Niger. Les deux premiers des groupes de quatre équipes et les premiers des groupes de trois se qualifient pour les quarts de finale, prévus les 27 et 28 janvier. Les demi-finales auront lieu le 31 janvier, alors que la petite finale et la grande finale se joueront, respectivement les 3 et 4 février Cette année, à l’exception de la Tunisie (2011), tous les vainqueurs du tournoi sont présents. LMD/MD (AMAP)  

Mossa Ag Attaher : « La rencontre des chefferies traditionnelles doit contribuer a la paix et la sécurité »

Propos recueillis par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 07 oct (AMAP) Du 8 au 9 octobre 2022, l’ensemble des chefferies traditionnelles du Mali se retrouvent à Bamako, la capitale, pour parler de sécurité, de paix et de développement. L’évènement est parrainé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, qui a bien voulu nous accorder, jeudi, un entretien pour évoquer les enjeux de cette rencontre et le rôle que jouent les chefferies dans la pacification du Mali L’Essor : En tant que parrain, quelle signification donnez-vous à cette rencontre ? Mossa Ag Attaher: La tribu Kel Ansar regroupe l’ensemble des Kel Ansar du Mali, particulièrement dans la Région de Tombouctou (Nord). C’est une grande tribu dont le chef est engagé, depuis des années, pour le retour de la paix, pour la cohésion sociale et la réconciliation entre les Maliens. La tribu organise cette grande rencontre qui va réunir, du 8 au 9 octobre 2022, à Bamako, toutes les chefferies traditionnelles et coutumières de toutes les régions et du District de Bamako. Les chefferies d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger et la Libye y sont invitées. L’objectif principal de cette grande rencontre est d’impliquer ces chefferies transitionnelles et coutumières pour une contribution positive à la construction de la paix. Il s’agit de leur demander des contributions afin d’accompagner tout le processus de paix, toutes les initiatives que le Mali mène pour la paix. C’est pourquoi, j’ai accepté, à la demande du chef de la tribu Kel Ansar, de parrainer cet évènement qui est placé sous la haute présidence du chef de l’État. L’initiative cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et vient renforcer les actes qu’il a posés pour la reconnaissance des chefferies. Il n’y a pas longtemps, il a fait remettre à tous les chefs de tribu, de village, de fraction… l’emblème de l’Etat et des certificats. Nous avons le devoir d’accompagner cela et c’est pourquoi nous avons décidé de parrainer cet évènement. En le faisant, nous apportons notre soutien moral mais également notre contribution. L’Essor : Le thème retenu est : « la sécurité, la paix et le développement ». Quelle corrélation entre ces trois concepts ? MAA : Ces trois concepts sont exactement ceux le Mali a le plus besoin aujourd’hui. Nous avons besoin de paix, mais nous savons qu’il n’y a pas de paix sans sécurité et il n’y a pas de sécurité sans développement. Donc, la corrélation entre ces trois concepts est naturelle. Ouvrir le débat sur les problématiques de paix et interroger nos chefferies traditionnelles sur leurs propositions pour renforcer la paix, je pense que c’est très bien réfléchi. Interroger les mêmes entités sur les questions de sécurité est aussi pertinent. Parce que l’insécurité dont nous souffrons aujourd’hui, ne relève pas seulement du Mali. Nous vivons une insécurité partagée avec tous les pays voisins et même au-delà. Tous ceux qui viendront à Bamako, souffrent d’une manière ou d’une autre du manque de sécurité et des enjeux de la paix que nous vivons ici au Mali. Quant au développement, je pense que c’est l’aspiration profonde de toutes nos populations. Donc, poser le débat, l’ouvrir en ces termes en mettant le curseur sur les aspects les plus importants aux yeux de nos populations, c’est-à-dire retrouver la paix, la sécurité et être engagé profondément dans les actions de développement. Je pense qu’on ne pouvait pas avoir meilleur thème pour cette grande rencontre. L’Essor : Cette rencontre n’est-elle pas une opportunité pour définir un mécanisme clair permettant aux chefferies traditionnelles de participer pleinement à la pacification du Mali, plus globalement, à l’édification du Mali nouveau ? MAA : Les chefferies traditionnelles ont un rôle très important à jouer dans au Mali. Elles sont d’abord le prolongement de l’Etat et, très souvent, les représentants indirects de l’Etat là où celui-ci est absent. Elles ont, également, un rôle auprès de la population, parce qu’une communauté bien organisée est une communauté qui écoute son chef, le suit et l’accompagne. Et un bon chef de tribu ou de village, c’est celui qui prend en compte les préoccupations des communautés au nom desquelles il est choisi ou il est élu. Je pense que les chefferies traditionnelles sont déjà d’un grand apport pour l’État dans la gouvernance, dans les questions de sécurité et de développement. Nous allons saisir cette opportunité pour leur demander de s’engager davantage. Ces chefferies font déjà beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup de zones dans les régions du Nord ou du Centre où il n’y a pas l’Etat. Mais il n’y a pas une zone où il n’y a pas un chef de village. Il s’agit pour nous de demander à l’ensemble de ces chefferies de s’impliquer là où il n’y a pas l’Etat et d’accroître leur implication là où l’Etat existe pour qu’une complémentarité constructive se fasse entre les actions de l’Etat et l’engagement des communautés à la base. À cet égard, je tiens à remercier les chefferies pour le travail qu’elles font tous les jours pour soutenir l’Etat dans ses actions de recherche de sécurité, de paix et de développement. Une zone sécurisée, c’est une zone où il y a une collaboration directe et étroite entre les services de défense et de sécurité et les populations. Et pour mieux coordonner cette coopération entre les services de sécurité et les populations, faudrait-il qu’il y ait des chefs traditionnels qui organisent cela en amont et qui facilitent la collaboration et la complémentarité. L’Essor : L’évènement est annoncé comme celui de tous les espoirs d’un Mali réconcilié. À quoi peut-on s’attendre au sortir de cette rencontre ? MAA : Le premier acquis de cette rencontre, avant même qu’elle ne se tienne, c’est le fait de réunir à Bamako toutes les chefferies traditionnelles et coutumières du Mali. C’est un grand pas pour la paix qu’elles se rencontrent déjà, se connaissent, discutent ensemble des problématiques communes et se donnent la main pour la recherche

Journée mondiale des enseignants : Les syndicats réclament de meilleures conditions de travail

Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 06 oct (AMAP) À l’instar de la communauté internationale, le Mali  a célébré, le mercredi 5 octobre 2022, la 28è édition de la Journée mondiale des enseignants sous le thème : «La transformation de l’éducation commence avec les enseignants». Cette journée internationale est célébrée le 5 octobre de chaque année et a pour but de sensibiliser à l’importance et au rôle des enseignants dans le système éducatif tout en examinant la qualité du travail des formateurs dans le monde. À l’occasion de la Journée des enseignants, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont fait une déclaration commune à la Maison de l’enseignant. Ce message lu par le porte-parole de la Synergie, Ousmane Almoudou, rappelle que la Journée mondiale des enseignants offre une opportunité de célébrer les enseignants, mais, aussi, de réfléchir au soutien dont ils ont besoin pour mettre leurs connaissances au service du bien de la communauté, notamment dans l’apprentissage des élèves. L’évènement permet, également, de reconsidérer la perspective d’avenir de la profession au niveau mondial. Le thème de la fête des « soldats de la craie », soutient le leader syndicaliste, est évocateur de la réalité malienne. Selon lui, « cette transformation de l’éducation passe nécessairement par les enseignants surtout s’ils sont mieux payés, protégés et sécurisés dans leur profession ». « Autrement dit des enseignants mis dans les meilleures conditions de travail », a déclaré Ousmane Almouudou. Le syndicaliste a rappelé que l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avait donné une autre tonalité à la Journée en la célébrant officiellement au Palais de Koulouba, en 2019. En cette occasion, il avait rendu un hommage appuyé aux enseignants  et reconnu que le Mali avait accusé un retard dans la reconnaissance de cette Journée. Le porte-parole des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 regrette de voir cet événement tomber dans les oubliettes. Selon le syndicaliste, au lieu de réunir toutes les conditions pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le gouvernement a préféré retirer aux enseignants les acquis syndicaux qui sont le fruit des années de lutte. «Cet acte hautement dommageable est une source de perturbation. Il est contraire aux textes internationaux, à l’esprit qui a prévalu lors de l’obtention du statut du personnel enseignant et symbolise le mépris pour l’enseignant et sa fonction», soutient Ousmane Almoudou. Et le leader syndical d’ajouter que la Synergie invite les autorités de la Transition à valoriser la Journée mondiale des enseignants. Il exhorte, également, les autorités de la Transition à remettre les enseignants dans leurs droits. Et Ousmane Almoudou d’appeler ses collègues à la solidarité et au maintien de la cohésion dans leur mouvement pour la préservation des acquis syndicaux. La Journée a été décrétée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’International de l’éducation, depuis le 5 octobre 1994. On dénombre plus 70.000 enseignants au Mali. SYW (AMAP)    

Mali : Le gouvernement opte pour la militarisation de la Police nationale et la Protection civile 

Bamako, 06 oct (AMAP) La police et la protection civile maliennes seront militarisées, a annoncé le gouvernement dans le communiqué du Conseil des ministres publié mercredi. « Le projet de loi adopté consacre la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile », précise le communiqué qui explique que cette militarisation « permettra de déployer la Police nationale dans les zones reconquises par l’Armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des forces du mal ». Le projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile que le Conseil des ministres a adopté, sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, intervient « au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les Forces de défense font face », indique la même source. La décision. qui a été « souverainement » recommandée lors des Assises nationales de la Refondation, est étendue à la Protection civile qui constitue le deuxième segment du ministère de la Sécurité et de la Protection civile avec la Police nationale. Il s’agit  de « permettre de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l’Administration et les populations. » Sur cette base, poursuit le communiqué, « les fonctionnaires de la Police nationale et de la Protection civile engagés en opération, bénéficieront des mêmes avantages que les autres militaires. » La militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concourt à la réalisation des objectifs de refondation de l’Etat. Elle ’était l’une des principales conclusions des Assises nationales de la refondation de l’Etat (ANR), qui ont eu lieu à Bamako, du 27 au 30 décembre 2021. SS/MD (AMAP)

Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 05 octobre 2022  

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 05 octobre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Au regard de la situation sécuritaire et des défis multiples auxquels les forces de défense font face, il a été souverainement recommandé lors des Assises nationales de la Refondation de militariser la Police nationale. Le projet de loi adopté consacre la militarisation de la Police nationale et de la Protection civile. Cette militarisation permettra de déployer la Police nationale dans les zones reconquises par l’Armée afin d’y assurer la sécurité des populations et de leurs biens et empêcher le retour des forces du mal. Elle est étendue à la Protection civile qui constitue le deuxième segment du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile avec la Police Nationale pour permettre de couvrir l’arrière des forces engagées au combat en vue de préserver les acquis et sécuriser l’Administration et les populations. Sur cette base, les fonctionnaires de la Police nationale et de la Protection Civile engagés en opération, bénéficieront des mêmes avantages que les autres militaires. La militarisation de la Police nationale et de la Protection civile concourt à la réalisation des objectifs de la refondation de l’Etat. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la convention de concession relative à la construction et à l’exploitation d’une centrale solaire photovoltaïque de 48 Méga Watts crêtes avec stockage dans la localité de Férékoroba/Sounsoukoro dans la Commune rurale de Ouélessébougou. La convention de concession est conclue entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société Sélingué Solar PV pour un montant de 41,2 milliards de Francs CFA et une durée de 30 ans. Sa mise en œuvre permettra de renforcer la capacité de production nationale d’énergie et de réduire la facture pétrolière du sous-secteur de l’électricité. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive et son plan d’actions 2022-2024. La criminalité transnationale, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, par leur capacité à infiltrer les sphères économiques et financières à l’échelle nationale et internationale, constituent une menace pour la paix et la sécurité mondiale. La stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme est élaborée pour faire face à cette situation. Son objectif est de créer un cadre permanent de renforcement et de suivi évaluation du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. La stratégie est articulée autour de six axes et sera mise en œuvre à travers des plans d’actions dont le premier couvre la période 2022-2024. Sur le rapport du ministre des Affaires Religieuses, du Culte et des Coutumes, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication écrite relative au Plan d’actions 2020-2026 de la Politique nationale de Prévention et de Lutte Contre l’Extrémisme Violent et le Terrorisme. Face à la montée de l’extrémisme violent, le Gouvernement a adopté et mis en œuvre  la Politique nationale de Prévention et de Lutte Contre l’Extrémisme violent et le Terrorisme et son plan d’actions 2018-2020. Cette politique vise à mettre en place un cadre inclusif de concertation et de coordination intersectoriel pour la mise en œuvre des actions du Gouvernement et de ses partenaires en matière de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. L’évaluation de la mise en œuvre du plan d’actions 2018-2020 a révélé des insuffisances qu’il convient de corriger. Le présent plan d’action est élaboré à cet effet. Il couvre une période de cinq ans allant de 2022 à 2026. Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau a informé le Conseil des ministres des résultats de la mise en œuvre des dispositions prises contre l’exploitation frauduleuse des richesses du sous-sol malien. Dans le cadre de la lutte contre l’exploitation frauduleuse des richesses du sous-sol, une mission du Ministère des Mines, de l’Energie de l’Eau, avec l’appui du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile et du Ministère des Transports et des Infrastructures, a sillonné au cours du premier semestre 2022, certaines localités des cercles de Kangaba, Kénièba Konlondieba et Yanfolila. La mission a constaté une grande affluence d’exploitants illégaux issus de plusieurs nationalités. Ces exploitants illégaux, en plus de causer d’énormes dégâts environnementaux, spolient notre pays d’une quantité importante de devises. La mission a démantelé vingt-neuf sites d’exploitation frauduleuse, interpellé et mis à la disposition de la justice 136 exploitants illégaux. D’importantes quantités d’équipements ont également été saisis et remis à la justice. Afin de juguler ce fléau, le Gouvernement réaffirme sa volonté de renforcer et de multiplier les missions de contrôle à travers une brigade spéciale. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant rappelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.  

Le procureur Idrissa Hamidou Touré parle de la bonne distribution de la justice

Propos recueillis par Aboubacar TRAORE Bamako, 05 oct (AMAP) Dans cette interview, le procureur du Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako aborde la problématique de la lenteur de la justice. Il explique les causes de cette situation préjudiciable à la bonne distribution de la justice. L’Essor : Quelles sont les causes de la lenteur de la justice ? Et comment se manifeste-t-elle ? Idrissa Hamidou Touré : On parle de l’incompétence lorsqu’un agent de la chaine judicaire est négligeant dans le traitement d’un dossier ou lorsqu’il produit un dossier avec des nullités ou omet de solliciter l’avis d’un expert en cas de besoin. Cela met en péril l’issue de la procédure et l’efficacité de la décision à rendre. L’efficacité d’une décision de justice est largement tributaire des qualités professionnelles de l’agent qui l’a rendue. La compétence professionnelle des praticiens de justice tient au respect d’un ensemble d’éléments : d’abord, le respect de l’éthique et de la déontologie. Aussi, des attitudes inappropriées du genre : afficher des signes d’ennui ; de nonchalance, d’impatience voire d’irritabilité, peuvent entamer la qualité des procédures voire la confiance des parties en l’appareil judiciaire. Par exemple, une victime ou même un témoin qui manque de confiance pourrait être en mesure de faire une description détaillée de ce qui s’est passé, dans un environnement émotionnellement favorable, mais pourrait être embarrassé ou se renfermer s’il a l’impression d’être exposé à la vue du public ou attaqué. Ensuite, le respect des règles de procédure telle que le principe du délai raisonnable. Il s’agit là d’une vertu qui n’est pas que personnelle mais qui engage collectivement la justice. La garantie du délai raisonnable commence à courir dès la naissance de la procédure, donc à partir des enquêtes préliminaires, par exemple, jusqu’à l’exécution de la décision par l’huissier de justice. La diligence n’est pas la rapidité ou la précipitation, lesquelles peuvent être source d’erreurs mais bien la nécessaire conscience chez l’agent de justice que sa décision est attendue et que sa négligence ou son laxisme dans le traitement des affaires peut avoir des répercussions négatives pour les parties et pour l’ordre public. Enfin, il y a le manque de moyens (humains et matériels). Nous sommes 532 magistrats sur lesquels beaucoup ne sont plus dans la distribution de la justice pour plus de 20 millions d’habitants. L’Essor : Quelles sont les formes de la lenteur de la justice ? IHT : Elle revêt plusieurs formes qui vont des enquêtes policières enlisées, des erreurs de procédures, des dossiers jamais réglés à temps aussi bien par les parquets que par les cabinets d’instruction. Mais également des dessaisissements de procédures motivés par des questions de personne, des renvois successifs et autres sine die, des cédules de citation irrégulièrement formalisées, ou qui ne le sont jamais parce que les honoraires des huissiers ne sont pas payés par l’État de sorte qu’eux aussi s’abstiennent de dépenser encore. S’y ajoutent des rabats de délibérés injustifiés et autres délibérés prorogés, la rédaction tardive des factums par les juges, le manque de ponctualité du magistrat pour l’examen des causes soumises à son office. Or, la longueur du temps obscurcit la clarté des décisions de justice. L’Essor : Que répondez-vous à ceux qui trouvent qu’il y a trop de mandats de dépôt actuellement et que les gens ne sortent pas de prison ? IHT : Il faut souligner que le taux de délinquance a explosé et que tout le monde a démissionné, laissant la régulation sociale à la seule justice. On n’a donc que le choix de réprimer. Comme disait Montesquieu : «on examine la cause de tous les relâchements, on verra qu’elle vient de l’impunité des crimes et non pas de la modération des peines». L’impunité avait trop droit de cité dans ce pays, il fallait la combattre et on est en train de gagner ce combat aussi bien dans le monde physique que dans le monde virtuel. Par exemple aujourd’hui en Commune IV, il n’y a plus ou presque de spéculateurs fonciers. Ces délinquants qui pouvaient en toute impunité, morceler même votre titre foncier et le vendre ou vendre un seul terrain à deux, trois personnes. Ils sont pour la plupart en prison et ceux qui n’ont pas été retrouvés, ont fui le pays. Depuis, les gens sont tranquilles par ici. Dans le monde virtuel, les injures grossières de père et de mère à visage découvert sur le territoire national, c’est du passé. Il ne reste plus que ceux qui sont à l’extérieur. Contre la plupart, il y a des mandats d’arrêts au niveau d’Interpol. Seulement, il se trouve que tant que la personne ne se présente pas dans un aéroport en vue de voyager ou qu’elle ne fait pas l’objet d’un contrôle de police, elle n’est pas interpellée car les agents ont tellement de choses à faire qu’ils ne vont pas les chercher. C’est souvent à la suite d’un banal contrôle de police qu’ils se rendent compte qu’il y a un mandat et alors, ils arrêtent la personne. L’avantage est que dès qu’un mandat est envoyé à Interpol, la personne visée est tout de suite inscrite au Tableau des antécédents judiciaires (TAJ) de sorte que dès qu’elle est contrôlée par la police quelque part, tout de suite, elle est arrêtée. Donc, on n’est nullement pressé concernant ces gens. Tôt ou tard ils seront arrêtés et renvoyés au pays. Aussi, ce que les gens ne disent pas à propos de la surpopulation carcérale, si la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) a été construite pour recevoir 400 personnes, c’est parce qu’à cette époque, ce n’était pas le même nombre d’habitants qu’il y a aujourd’hui dans la capitale. La population a explosé. Or, plus il y a du monde dans une ville, plus le taux de délinquance grimpe. Malgré tout, les magistrats, qui sont largement en nombre insuffisant, font de leur mieux. Par exemple, ici en Commune IV, de janvier 2022 à maintenant, on est à près de 800 mandats pour le parquet sur lesquels près de 700 ont été