Mopti organise un atelier d’appropriation de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger

Mopti, 19 septembre (AMAP) Les responsables de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ERAR) de Mopti et de la société civile étaient à l’école d’appropriation les 13,14 et 15 Octobre derniers de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, a constaté l’AMAP. Ont pris part à cette session outre les membres de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation (ÉRAR), les représentants des organisations de la société civile, les responsables des associations culturelles Guina Dogon, Tapital Pulaku, les associations Ir ganda, les chasseurs, les hommes de médias, les autorités traditionnelles et coutumières et les religieux. Initié par le ministère de la réconciliation avec l’appui financier de la coopération Suisse, cet atelier de trois jours avait pour objectif de permettre à l’équipe régionale d’appui à la réconciliation et à certains acteurs potentiels de la société civile de se familiariser avec l’accord et avoir une compréhension harmonisée de son contenu pour mieux véhiculer le texte. Sous la direction du facilitateur Abdoul Majid Maïga, l’atelier a fait une étude approfondie du document de l’accord pour la paix et la réconciliation dont le but est de trouver une solution globale et définitive à la crise multidimensionnelle de 2012. A l’entame des travaux, les participants ont d’abord été briffé sur les différents accords que le Mali à la recherche de solutions pérennes aux révoltes récurrentes notamment l’accord de Tamanrasset le 6 janvier 1992 ; le pacte national du 22 avril 1992 ; l’accord d’Alger du 4 juillet 2006 ; celui de Ouagadougou le 18 juin 2013 et successivement Alger 2014 – 2015 ; Bamako mai et juin 2015. Ils ont ensuite planché sur l’accord de son architecture à sa mise en œuvre avec les avancées et les difficultés rencontrées en passant par les principes et engagements généraux, les questions de défense et de sécurité, les questions de développement socioéconomique et culturel et les questions de réconciliation, justice et actions humanitaires. En plus des présentations de l’expert les réponses aux préoccupations posées par l’assistance en lien avec le contrôle de certaines parties du pays par les groupes armés, la nation de police territoriale, le problème de bonne foi et d’engagement ferme au niveau de certaines parties, le processus de désarmement et démobilisation ( DDR), l’insuffisance des ressources mobilisées en faveur de la mise en œuvre de l’accord ont suffisamment édifié l’assistance sur l’importance de l’accord dans la recherche de la stabilisation de notre pays. La cérémonie de clôture de cet atelier présidée par le chef de cabinet du ministère de la réconciliation, Mahamadou Djouara a été marquée par deux interventions. Pour le chef de l’équipe régionale d’appui à la réconciliation, Ali Kampo il est heureux de constater que l’accord est en mouvement malgré les vicissitudes et la multiplicité des acteurs. M. Kampo s’est réjoui de la délocalisation de cette session à Mopti en proie à l’insécurité qui a permis à nombres d’acteurs de la région de comprendre les défis et les enjeux de l’accord. Dans son mot de clôture, le chef de cabinet a, au nom des plus hautes autorités du pays remercié la Coopération Suisse pour son accompagnement et félicité les participants pour l’intérêt porté à l’accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger. « Le Mali est à la croisée des chemins, toutes les puissances sont en guerre et ont l’appétit tourné vers nous. Nous ne devons permettre à personne de transporter sa guerre chez nous. Pour ce faire transcendons nos divergences pour nous unir pour amener notre bien commun à bon port » a conclu M. Djouara.  DC/KM (AMAP)

Mali : La Sous-secrétaire d’Etat américaine exhorte les autorités au respect du calendrier électoral 

Bamako, 19 oct (AMAP) La Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques des Etats-Unis d’Amérique, Victoriat Nuland, en séjour au Mali, a appelé, mardi, les autorités de la Transition à respecter le chronogramme électoral, mais également à soutenir la population dans leur approche de la sécurité. «Nous avons échangé sur comment améliorer la sécurité et essayer d’établir une bonne coordination entre les Forces armées maliennes et la MINUSMA», a confié la diplomate américaine, au terme des discussions avec le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. Les échanges, qui se sont déroulées au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ont porté sur le calendrier électoral au Mali. Victoriat Vuland a salué les efforts des autorités de la transition, en mettant l’accent sur l’adoption de la loi électorale et l’inclusivité autour du processus. La situation sécuritaire au Mali étaient également au menu des discussions entre les deux personnalités sur. Une situation dont «le peuple malien a beaucoup souffert», a dit la sous-secrétaire américaine,  au terme de la rencontre. La diplomate américaine, qui a souligné que le Mali et les Etats-Unis sont des partenaires depuis des décennies, a exhorté les autorités à faire en sorte que le pays ne devienne «une victime des forces extérieures». La rencontre a enregistré la présence du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara et de son collègue de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué. BD/MD (AMAP)  

Diéma : Des jeunes ont posé des barricades pour réclamer de l’eau et de l’électricité

Diéma, 19 oct (AMAP) Hier mardi a été un jour noir à Diéma. Depuis 8 heures, les jeunes, pour protester contre le manque d’eau et d’électricité, ont barricadé tous les axes routiers de la ville, empêchant les véhicules de passer, sauf les ambulances, les véhicules militaires,  la protection civile.  Les routes internationales Diéma-Bamako, Diéma-Kayes, Diéma-Nioro-Nouakchott, sont carrément coupées si bien qu’il est difficile même à un piéton de se frayer un passage. Adama Sidibé, convoyeur dans une compagnie de transport adhère à la marche. Mais il affirme que cette situation pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans un bus, par exemple, il peut y avoir une personne malade grabataire. Si elle n’est pas acheminée à temps, elle peut mourir. Le cas des femmes et des enfants aussi est à prendre en compte. Mme Mariam Samaké, en partance pour Kayes,  qui précise ne pas être ressortissante de Diéma, souhaite que cette marche continue, afin que les populations de Diéma soient desservies correctement en eau et en électricité. Pour Modibo Tamboura, vendeur ambulant de boisson, « c’est l’ affaire de à nous tous ». « Depuis que cette coupure d’électricité a débuté, moi je suis obligé de commander de la glace jusqu’à Nioro », fulmine l’homme. Salif Bathily est passager d’un bus. Il s’indigne et dit : « On nous a mis en retard. Ils ne devraient pas s’en prendre aux routes, qui n’ont rien à avoir avec leurs problèmes d’eau et d’ électricité. » Inoussa Cissé, vendeur de viande grillée au quartier Razel, prend son mal en patience. S’il n’y a pas de courant, c’est une grande perte pour lui. Les  délégués des marcheurs ont été reçus par le premier adjoint au préfet, Djigui Keita. Leur porte-parole Nakounté Diakité, a transmis aux autorités les messages de ses concitoyens. « Trop, c’est trop ! Les populations de Diéma sont fatiguées de vivre ce calvaire », clamait- il. Les jeunes se sont dit décidés « à aller jusqu’ au bout, jusqu’à l’arrivée du nouveau groupe électrogène tant de fois promis à Diéma. En réponse aux doléances des manifestants, le président du Conseil de Cercle, Makan Koma, a exprimé aux jeunes son soutient, ajoutant que leur lutte est noble. Mais il n’a pas cautionné le blocage des routes. Selon lui, cela pourrait aggraver davantage l’insécurité dans la ville, sans compter d’autres problèmes inhérents. Il a rappelé tous les efforts entrepris pour stabiliser le courant et l’ eau dans la ville de Diéma. En direction des marcheurs, il a prôné d’ apaisement, « pour un meilleur dénouement ». Abondant dans le même sens, le premier adjoint au préfet, Djigui Keita, a demandé « humblement aux marcheurs de lever les barricades pour ne pas entrainer d’autres crises pour les paisibles populations qui ne les méritent pas. » Il a réitéré l’engagement des autorités locales à apporter des solutions idoines, « dans la mesure de leurs compétences »,  à l’absence d’eau et d’électricité qui perdure dans la ville de Diéma depuis plusieurs mois. Selon les  dernières informations, toutes les barricades ont été levées. OB/MD (AMAP)

Mali : L’avant-projet de Constitution restitué au gouvernement

Bamako, 18 oct (AMAP) La Commission de rédaction de la nouvelle Constitution a présenté, lundi, au Premier ministre par intérim et aux membres du gouvernement les grandes innovations apportées dans l’avant-projet qu’elle a élaboré. Lors de la  rencontre, à la Primature, sous la présidence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, le président de la Commission de rédaction de la nouvelle  Constitution, le Pr Fousseyni Samaké, a expliqué que l’avant-projet comporte de grandes innovations. Dans sa structure, l’avant-projet compte 195 articles contre 122 pour la Constitution de 1992. Les titres sont plus subdivisés dans sa présentation par rapport à l’ancienne. Et beaucoup d’articles sont des reformulations. Selon Pr Samaké, les innovations sont nombreuses sur le fond. En effet, le document prend en compte dans son préambule des éléments de préoccupations récentes de notre pays. Il a expliqué, par exemple, qu’au niveau du Titre I du projet de texte fondamental, l’article 9 stipule que le mariage se fait entre homme et femme pour lever toute équivoque. À propos du Titre II,  Pr Fousseyni Samaké a indiqué que les innovations portent sur le caractère unitaire du Mali. Une autre formulation se situe au niveau des langues. Sur ce point, le président de la Commission de rédaction a fait noter que les langues nationales ont la vocation de langues officielles. Toutefois, il a souligné que « l’érection des langues nationales en langues officielles est extrêmement contraignante pour l’État. » Les Institutions de la République sont ramenées à sept au lieu de huit dans l’actuelle Loi fondamentale. Le Pr Samaké est revenu sur des innovations les plus marquantes concernant le président de la République. Désormais, le président de la République aura le pouvoir de nommer et de démettre le Premier ministre de ses fonctions. Mieux, l’avant-projet de Constitution verrouille la limitation du mandat du président de la République en stipulant qu’«en aucun cas, nul peut exercer plus de deux mandats de président de la République». L’autre nouveauté concerne la nationalité et l’âge des futures candidats  à la présidentielle. L’avant-projet de Constitution limite la taille du gouvernement à 29 membres. Il préconise, aussi, un Parlement à deux chambres (Assemblée nationale et Haut conseil de la Nation), tout en interdisant le nomadisme politique. En outre, l’avant-projet innove en consacrant des Titres sur l’Armée, l’Administration et les légitimités traditionnelles. «Ce travail remarquable est un souci d’adaptation à la réalité avec la suppression de certaines Institutions et la création de nouvelles autres ainsi que la redéfinition de leurs missions, le caractère militaire, les attributions du président de la République, la gestion des ressource et la laïcité », a dit le Premier ministre par intérim. Le colonel Abdoulaye Maiga, qui a félicité l’équipe de rédaction de la nouvelle Constitution, a ajouté que le document sera soumis à un examen avant d’être amendé. « Le gouvernement ne faillira pas à jouer sa partition », a-t-il assuré. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, après avoir reçu l’avant-projet de Constitution, la semaine dernière, a instruit la Commission de rédaction de restituer le document aux différentes Institutions de la République. Ce travail de restitution a commencé avec le gouvernement. OD/MD (AMAP)   

L’analyse de deux éminents juristes sur l’avant-projet de Constitution du Mali

Propos recueillis par                                                           Bembablin DOUMBIA et Massa SIDIBE Bamako, 18 oct (AMAP) Le texte élaboré par la Commission de rédaction a été remis officiellement au président de la Transition et au Premier ministre par intérim. Me Mountaga Tall et Me Kassoum Tapo, deux avocats de renom et non moins acteurs politiques de premier plan, se prononcent sur les propositions. Me Mountaga Tall : « Cette Constitution, comme celle de 1992, ne sera que ce qu’en feront les Maliens » Avant tout, il convient de s’entendre sur la nature du document produit par la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution du Mali qui s’intitule textuellement «Avant-projet de Constitution de la République du Mali». Un avant-projet n’est autre chose que la rédaction provisoire ou l’étude préparatoire d’un projet. Les ingénieurs, autres concepteurs ou bâtisseurs d’ouvrages diront une maquette ou une esquisse. Cette première précision me parait utile pour cerner les contours des débats en cours. Pour l’instant, rien n’est gravé dans du marbre et les discussions et analyses sont certainement utiles et doivent être bienvenues. Ensuite, il faut accepter le fait que l’unanimité autour d’un projet est aussi ambitieux qu’impossible. Elle ne peut se réaliser ni chez les citoyens intéressés au premier chef, ni chez les «sachants» et autres analystes, ni même au sein de la commission de rédaction même si une obligation de réserve doit prévaloir chez ses membres. Je sais que même les autorités qui prennent l’initiative d’une nouvelle Constitution ont quelques contrariétés face au produit fini qui leur est livré. C’est pour toutes ces raisons, au demeurant, qu’une campagne référendaire suivie d’un référendum sont organisés avec parfois des résultats serrés dans certains pays. L’important en cette matière est d’être le plus consensuel possible, le moins clivant et de ne surtout pas faire de l’écriture d’une nouvelle Constitution un moyen de faire prévaloir des visions personnelles ou des intérêts politiques et encore moins de faire prévaloir un groupe sur l’autre. Je pense qu’il n’en a pas été ainsi. Ces observations faites, je crains qu’une appréciation technique de l’avant-projet article par article par exemple ne soit fastidieuse voire impossible dans notre cadre. Car, nonobstant la qualité du document pour laquelle il faut féliciter les membres de la commission de rédaction, il y a bien évidemment quelques points qui peuvent être améliorés. La réflexion pourrait ainsi se poursuivre sur l’autorité qui déterminera la politique de la Nation en cas de cohabitation ou sur les clarifications à apporter sur le type de régime proposé.  On peut également s’interroger sur le rôle du Haut conseil de la Nation, qui pouvait être la fusion du Conseil économique, social et culturel (CESC) et du Haut conseil des collectivités actuels. Ainsi, on impliquerait davantage les légitimités religieuses et traditionnelles dans la vie de la nation sans les exposer aux  prises de position politiques et partisanes inévitables dans une chambre parlementaire. Je ne suis pas aussi sûr que la navette parlementaire que supposent deux chambres au Parlement soit gage d’efficacité dans notre environnement politique et économique. Par ailleurs, l’on peut constater que le louable souci de pédagogie a quelquefois conduit à insérer dans la Constitution des normes qui relèvent normalement de la loi organique et parfois même de la loi ordinaire. Il y a aussi, et c’est plus important, certaines dispositions, qui dans leur application, pourraient poser des problèmes d’articulation, de fonctionnement et de stabilité des Institutions. Il est vrai que les Assises nationales de la refondation (ANR) sont passées par là avec les conclusions dont il fallait impérativement tenir compte. Ce sont d’ailleurs ces conclusions qui constituent l’aune principale d’appréciation de l’Avant-projet même si certaines d’entre elles posaient de sérieux problèmes de logistique voire d’équilibre et de stabilité politique et institutionnelle. Je voudrais terminer sur la pertinence et le moment de la rédaction d’une nouvelle Constitution qui sont contestés par certains. Le besoin d’une nouvelle Constitution ne doit pas être interprété comme la «mise à la poubelle» de la Constitution de 1992 qui, quoi qu’on en dise, a tenu trente ans. Mais, depuis son adoption, la pratique politique et institutionnelle du Mali a mis en évidence la nécessité d’intégrer de nouvelles dispositions. Car souvenons-nous, c’était notre première expérience d’une constitution pluraliste et démocratique. Face à ces impératifs et après trois tentatives infructueuses et la demande insistante des Maliens à travers les ANR, le travail ne pouvait plus être différé. Et la date indiquée pour le referendum constitutionnel doit rassurer ceux qui pensaient que l’initiative de la nouvelle Constitution n’était qu’un stratagème pour proroger la Transition. Je dirais pour conclure que cette Constitution, comme celle de 1992, ne sera que ce qu’en feront les Maliens, gouvernants comme gouvernés. Les premiers en faisant preuve de vertu républicaine et démocratique et les seconds, en jouant leur rôle de sentinelle vigilante. Me Kassoum Tapo : «L’Avant-projet a plus l’allure d’une loi organique que d’une Constitution» D’abord, il faut féliciter les auteurs d’avoir, en si peu de temps, fait un avant-projet de Constitution. Cela étant, il y a beaucoup de choses à dire là-dessus. On ne fait pas comme cela une nouvelle Constitution pour un pays. D’abord, je trouve que le document est un peu trop long avec 195 articles. Alors qu’à titre comparatif, la Constitution de 1992 comporte 122 articles contre 89 pour la Constitution française de 1958 dont elle s’inspire. Parce que, certainement les auteurs ont voulu prendre en charge tous les problèmes institutionnel, politique, économique et social du pays. Ce qui fait que l’avant-projet a plus l’allure d’une loi organique que d’une Constitution qui prend en charge un peu les problèmes relevant du domaine du Code civil, des Codes de déontologie, de l’administration etc… donc du domaine de la Loi. Toutes choses qui n’ont forcément pas leur place dans une Constitution qui doit se limiter aux principes d’organisation des pouvoirs publics. Je pense que ce n’est qu’un avant-projet comme son nom l’indique et qui est susceptible d’être amélioré pour aboutir à un projet définitif à soumettre par référendum au peuple. L’innovation majeure, c’est la possibilité de destitution du président de la République. Mais aussi celle des présidents du Haut conseil de la Nation et de l’Assemblée nationale. Je pense qu’aujourd’hui, nous avons plus à nous soucier de la stabilité de l’Etat qu’autre chose. Permettre aux deux chambres de

Lait et viande de dromadaire : Que de vertus et de vitamines !

Par Abdourhamane TOURE Gao, 18 oct (AMAP) « Le dromadaire est très utile. Son utilité ne se limite pas seulement au transport des bagages. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le lait et la viande du dromadaire ont des vertus et sont très riches vitamines A et C», révèle le directeur du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) et représentant de l’Institut d’économie rurale (IER) à Gao, le Dr Mohomodou Moussa. Selon le directeur du CRRA, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur l’évaluation de la production et de la productivité du dromadaire en zone subhumide et sahélienne, assure que le lait du dromadaire contient du cholestérol digestif qui n’a pas d’inconvénient sur la santé. « Le lait du dromadaire est très digestif, il contient beaucoup d’insulines et peut aider à traiter le diabète. Un litre de lait du dromadaire peut contenir jusqu’à 5,8 unités d’insulines », indique-t-il. Ce n’est pas tout, notre interlocuteur ajoute que le lait du dromadaire « est également très efficace dans le traitement des maladies métaboliques notamment l’hypertension artérielle et peut être utilisé dans le traitement  de l’arthrose. » Selon Dr Mohomodou Moussa qu’il n’existe pas de chameaux au Mali, mais plutôt des dromadaires dont le nom scientifique est «camelus dromaderus». Le dromadaire a seulement une bosse. Le Mali compte environ 1,2 million de têtes de dromadaire, grand mammifère domestique du genre camelus, selon les statistiques de 2015 de la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA). «En fonction des localités, notre pays possède plusieurs espèces de dromadaires : le dromadaire de Tamasna, de Dossahak , du Sahel, de Berebiche, de l’Adrar des Ifogas et le dromadaire de Timitrine de Gao», précise-t-il. VERTUS THERAPEUTIQUES – Selon Dr Mohomodou Moussa, la direction du CRRA a déjà lancé des projets de recherche pour la production de fromages et de yaourts à base de lait de dromadaire mélangé avec de la papaye. La structure a également initié l’élevage des dromadaires au centre, à l’IER de Bamako et Niono. Le président de la Coopérative des éleveurs de dromadaires du Sahel de Gao, Mohamed Ag Hamati, indique que le regroupement est constitué de 80 éleveurs. Elle compte des hommes et des femmes et dispose d’un point de vente de lait qui peut collecter 20 litres de lait par jour. La vente du lait de dromadaire est lente, parce que les populations de Gao ne sont pas friandes de ce lait. Ce sont surtout les nomades qui consomment le lait de cet animal. Ils achètent un à trois litres chaque semaine à raison de 1 500 Fcfa le litre. « Le problème principal de la coopérative, explique Mohamed Ag Hamati, c’est le manque de vétérinaires et le fait que l’animal ne peut pas être élevé en ville ». Le directeur général de l’hôpital de Gao, Dr Youssouf Touré, se souvient que que durant son enfance, ses parents lui donnaient à boire le lait de dromadaire pour étancher sa soif. A cette époque-là, les puits n’étaient pas nombreux dans la brousse. «A cause de la rareté de l’eau, souvent nous constations sur le passage des ossements de bergers ou de voyageurs  morts de  soif. » CINQ TÊTES PAR JOUR – Dr Touré ne cite pas de documents scientifiques sur le dromadaire au Mali, mais il se souvient que ses parents utilisaient l’urine, l’estomac et les bouses du dromadaire pour traiter des maladies comme le paludisme, l’ulcère, le hoquet etc. La viande du dromadaire a les mêmes vertus que le lait de l’animal. L’estomac du dromadaire est utilisé dans le traitement traditionnel de l’hémorroïde, de l’ulcère gastrique et de l’asthme. Certaines personnes traitent le rhumatisme avec les os de l’animal. Médecin nutritionniste à la Direction régionale de la santé de Gao, Dr Isaac Kodio affirme que la viande de dromadaire diffère de la viande bovine. Boucher de son état, Hado vend la viande de dromadaire au marché de Gao depuis près d’une trentaine d’années. «Avant la crise (Ndlr, sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA), je pouvais abattre cinq têtes par jour. Sur le marché de Wabaari, le prix d’achat d’un dromadaire varie entre de 600.000 à 650.000 Fcfa. Un kilo de viande du dromadaire sans os coûte 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa pour la viande avec os ». « La viande du dromadaire est meilleure que celle de la vache», tranche le boucher qui ajouter «La viande du dromadaire, la peau, l’estomac et même les sabots de l’animal sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. Quant à son urine, elle sert pour le traitement du paludisme». Harber Maiga est routier entre Gao et le Ghana. Lui aussi connaît bien la viande de dromadaire et ne tarit pas d’éloges sur l’animal. Selon lui, la plupart des médecins traditionnels conseillent la viande de l’animal aux personnes du troisième âge à la place du boeuf, du mouton ou de la chèvre. Harber Maiga assure que la consommation de la viande du dromadaire peut guérir de nombreuses maladies. « Quand on y goûte une fois, on ne peut plus s’en passer », affirme-t-il. AT/MD (AMAP)

Rapport du secrétaire général sur le Mali : Le gouvernement invite l’ONU à recentrer sa mission

Bamako, 18 oct (AMAP) Le gouvernement malien invite la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à recentrer sa mission sur les fondements de sa présence dans le pays, a appris l’AMAP. Dans un mémorandum que le ministre malien des Affaires étrangères de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, présentera aujourd’hui, mardi, devant le Conseil de sécurité, Bamako indiquera « les actions » qu’il appelle « de ses vœux, dans le cadre d’une coopération efficace avec les Nations unies. » Le mémorandum du gouvernement malien porte, entre autres, sur le soutien à la restauration de l’autorité de l’État (malien) sur l’ensemble du territoire, la protection des populations civiles, une meilleure articulation avec les services compétents maliens et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord. Dans ce mémorandum, Bamako réagit au dernier rapport trimestriel du secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali qui sera débattue, aujourd’hui, par le Conseil de sécurité, en présence du chef de la diplomatie malienne. En observation générale, le gouvernement malien se félicite qu’Antonio Guterres ait reconnu les progrès réalisés par les autorités de la Transition. Cependant, il regrette que « le rapport mette un accent particulier sur les défis et difficultés rencontrées, en passant sous silence, de nombreuses réalisations dans le cadre de la conduite de la Transition. » Au plan politique, les autorités maliennes se réjouissent que le rapport reconnaisse les progrès politiques importants réalisés ayant permis la levée des sanctions économiques et financières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il s’agit, entre autres, de la fixation de la durée de la transition, la création de la commission chargée d’élaborer un avant-projet de Constitution, l’adoption puis la promulgation de la Loi électorale, la reprise des travaux du cadre de concertation entre le gouvernement et les partis politiques, la création de la Commission de suivi du chronogramme des réformes politiques et électorales. AVANCÉES NOTABLES – Bamako signale que l’absence de consensus évoqué dans le rapport était interne aux forces vives de la Nation qui ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur les critères de désignation de leurs représentants au sein du collège de l’Agence indépendante de gestion des élections (AIGE). Sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, en réponse aux accusations de «lenteur dans la mise en œuvre», le gouvernement estime au contraire que la période sous examen a été marquée par des avancées notables, notamment, la tenue de la réunion de niveau décisionnel à Bamako du 1er au 05 août 2022, de la réunion ministérielle du Comité de suivi de l’Accord à Bamako le 02 septembre 2022. Le gouvernement soutient que les consensus auxquels les parties maliennes sont parvenues marquent une étape majeure dans le processus de paix, notamment en ce qui concerne l’intégration de 26.000 ex-combattants d’ici à 2024, les mesures à prendre pour régler la question des grades et de la chaîne de commandement au sein des forces de défense et de sécurité ainsi que sur l’intégration des hauts responsables civils des mouvements signataires. La mise en œuvre de l’Accord a connu une autre étape importante avec la tenue, le 11 octobre 2022, de la 46è session du Comité de suivi de l’accord (CSA) où les parties maliennes ont renouvelé leurs engagements en vue d’une mise en œuvre diligente et effective. Au plan sécuritaire, Antonio Guterres exprime sa préoccupation concernant les conditions de sécurité au Mali, en dépit «des opérations militaires visant à stabiliser le Centre du pays». Il évoque l’augmentation des activités des éléments extrémistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Ndrl, acronyme arabe JNIM) et à l’Etat islamique dans le grand Sahara (IGS, marquée par une extension de l’insécurité vers l’Ouest et le Sud du Mali, avec leur corollaire de menaces contre les populations civiles, les forces de défense et de sécurité et la MINUSMA. Le rapport indique que, face à cette situation, la MINUSMA a mené 175 patrouilles conjointes avec les Forces de défense et de sécurité maliennes au 4 septembre. « À ce propos, le gouvernement reconnaît que nos Forces militaires ont certes effectué des patrouilles avec la MINUSMA, mais estime que ce chiffre est à revoir largement à la baisse », indique le rapport onusien. Il soutient qu’à Tombouctou, aucune patrouille n’a été effectuée dans ce sens et aucune sur l’axe Tombouctou-Goundam depuis quatre mois. SAISINE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ – Toujours dans le chapitre sécuritaire, le gouvernement trouve surprenant que le rapport du secrétaire général ait passé sous silence la saisine du Conseil de sécurité par le Mali concernant les tentatives de déstabilisation et de violations répétées de l’espace aérien par les forces françaises. Le Mali renouvelle sa demande d’une réunion spécifique du Conseil de sécurité. Le rapport évoque le retrait du Mali du G5 Sahel, puis soutient que «la coopération transfrontalière s’est érodée et les conditions de sécurité dans la zone des trois frontières ont continué à se détériorer». À ce sujet, le gouvernement fait observer qu’il ne saurait y avoir de relation de cause à effet entre le retrait du Mali et la détérioration de la situation sécuritaire, comme tend à l’établir M. Guterres. Car, cette coopération a toujours été un défi même lorsque le Mali était membre du G5 Sahel. Sur la situation des droits de l’Homme dont certaines violations sont imputées aux forces maliennes, les autorités maliennes précisent qu’aucune plainte concernant les cas cités n’a été reçue par les services compétents de la défense et de la sécurité de la part des populations. Au sujet des défis opérationnels de la MINUSMA, contrairement aux informations contenues dans le rapport, le gouvernement réitère qu’ « il n’existe aucune volonté de restreindre les mouvements de la Mission sur le terrain, mais plutôt une volonté de coordination des actions avec les Casques bleus. « Sur le dossier des soldats ivoiriens, le gouvernement rappelle la teneur de son communiqué n°034 du 11 juillet 2022, expliquant en détails, les conditions illégales dans lesquelles, ces forces étrangères, dont une trentaine des forces spéciales, sont

Mali : Une Conférence sociale pour poser les jalons d’un climat social apaisé

Bamako, 18 oct (AMAP) La Conférence sociale durable a débuté, lundi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) avec pour objectif de permettre aux participants de faire un diagnostic clair des causes réelles de la détérioration du climat social et, surtout, de favoriser l’élaboration et la signature d’un Pacte de stabilité sociale. La conférence qui se terminera, vendredi, permettra aux participants d’identifier les inégalités salariales et leurs causes pour plus d’équité et de justice sociale, et d’identifier les besoins de renforcement des capacités des acteurs tripartites et du cadre juridique et institutionnel du dialogue social. Les acteurs du monde du travail, qui seront réunis durant toute la semaine, s’attelleront à identifier les moyens et mécanismes permettant d’aboutir à une stabilité sociale durable. Durant les travaux, les participants se pencheront sur trois thématiques principales : la liberté syndicale et l’exercice du droit de grève, le dialogue social, ainsi que la gestion des carrières et la politique de rémunération. Selon la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo dont le département est l’initiateur de la conférence sociale, cette rencontre « est l’occasion de poser les jalons d’une évolution permettant à l’ensemble des acteurs sociaux d’avoir une convergence de vue pour l’apaisement du climat qui a été fortement perturbé au cours des cinq dernières années. » « En termes de statistiques, a-t-elle précisé, mon département avec ses services centraux et déconcentrés ont enregistré respectivement 114 préavis de grève en 2019, 125 en 2020 et 103 l’année dernière pour les secteurs public et privé. » Mme Diawara Aoua Paul Diallo a indiqué que ces conflits affectent de plus en plus les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé, la justice, le trafic aérien, l’économie nationale et même la sécurité. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé l’ouverture  travaux, a relevé que le Mali et d’autres pays dans le monde subissent les effets néfastes d’une évolution profonde de la nature du travail qui s’explique notamment par l’évolution démographique, le creusement des inégalités, la situation économique difficile, les nouveaux visages de la production et de l’emploi. Il a rendu hommage aux organisations syndicales pour leur résilience dans un contexte de crise, à travers l’observation spontanée de la trêve sociale par tous. Pour sa part, le directeur du Bureau-pays de l’Organisation internationale du travail (OIT), Frédéric Lapeyre, dont la structure a  apporté son appui technique à la tenue de la rencontre, a noté que le dialogue social et le tripartisme qui prévaut dans cette conférence sont des valeurs qui sont au cœur de sa structure et de son fonctionnement. Selon lui, les pistes stratégiques que la conférence pourrait explorer sont, entre autres, la formation des acteurs, la mise en place d’initiatives volontaristes, la promotion de la négociation collective et la politique de rémunération dans les secteurs public et privé. S’y ajoute l’organisation des travailleurs et employeurs de l’économie informelle. Les représentants des centrales  syndicales ont, tour à tour,  exprimé  leurs attentes et aspirations parmi lesquelles la visibilité de la politique générale du syndicalisme, la confirmation des traitements pacifiques des revenus et pouvoirs d’achats, l’assainissement des relations de travail et la reconnaissance du volet socio-économique du syndicalisme. Le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, a apprécié la pertinence  des thèmes qui, selon lui, interpellent le secteur privé. Il a rappelé que son organisation s’est toujours investi dans la promotion d’un climat social apaisé. Après la cérémonie d’ouverture, les participants se sont repartis en groupes de travail, afin de traiter en profondeur les trois thématiques de la conférence sociale. MDD/MD (AMAP)        

Trois casques bleus tués dans une explosion à Tessalit, dans le Nord du Mali (MINUSMA)

Bamako, 17 oct (AMAP) Trois casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ont été tués, lundi, dans une explosion à Tessalit, dans la Région de Kidal (Nord-est), a annoncé la mission onusienne sur son compte twitter. La MINUSMA précise que les trois casques bleus ont été tués lorsque leur véhicule a percuté un Engin explosif improvisé (EEI) lors d’une patrouille de recherche et de détection de mines à Tessalit. « Cet incident a également fait 4 blessés graves parmi les casques bleus », indique le communiqué, avant de rappeler que depuis l’installation de la Mission en 2013, les engins explosifs improvisés ont arraché la vie à 74 soldats de la paix. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane, a exprimé dans un tweet ses « pensées aux casques bleus déployés au Mali ». « Pensées émues à nos casques bleus : les morts et les blessés à Tessalit, dans le nord du Mali, suite à l’explosion d’une mine », a écrit M. Wane. Le chef de la mission onusienne a souligné que les EEI  sont l’une des plus graves menaces à laquelle font face les casques bleus, en saluant à nouveau leur « courage et le sens du devoir.» SS/MD (AMAP)

L’ancien Premier ministre du Mali, Younoussi Touré, est décédé à 81 ans

Bamako, 17 oct (AMAP) L’ancien Premier ministre du Mali, Younoussi Touré, est décédé, ce lundi, à Paris, en France, des suites d’une maladie, à l’âge de 81 ans, a annoncé le Bureau exécutif national (BEN) de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), parti dont il était un membre fondateur. Dans un communiqué, le BEN de l’URD ajoute que « les obsèques feront l’objet d’un communiqué ultérieur. » Figure importante de la scène politique malienne, Younoussi Touré, est né le 1er janvier 1941 à  Niodougou, dans le Cercle de Niafunké, dans la Région de Tombouctou (Nord). Il a été un grand commis de l’État qui a exercé de très hautes responsabilités, notamment Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré, du 9 juin 1992 au 12 avril 1993 (10 mois et 3 jours), président de l’Assemblée nationale (2012-2014). Sur le plan politique, il a également été, de 2003 à 2014, président de l’URD, avant d’être remplacé à la tête de cette formation par Soumaïla Cissé. M. Touré a suivi ses études primaires et secondaires à Niafunké, à l’École des artisans soudanais, à l’École normale de Sévaré (Centre), à l’École normale de Katibougou et au lycée Askia Mohamed de Bamako. Il a commencé ses études universitaires en 1963 à l’Université d’Abidjan dont il est sort en juin 1965 avec le diplôme d’études économiques générales (DEEG). Il a continué à l’Université de Dakar, à l’École de formation technique de la Banque de France. Il est titulaire d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées en sciences économiques. Ce parchemin lui a permis de travailler dans le domaine de la Banque, notamment à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dont il a été directeur de l’Agence du Mali. A.T/MD (AMAP)