Mali-Russie : Nouvelle page dans la coopération universitaire
Bamako, 20 oct (AMAP) Le président de l’Université privée Ahmed Baba (UPAB), Ousmane Dramé, et la vice-rectrice aux affaires internationales de l’Université électrotechnique d’Etat (LETI) de Saint-Petersbourg (Russie) Mme Anastasia Minina ont co-animé, mercredi, a Bamako, une conférence de presse dans les locaux de l’UPAB, à Sotuba ACI 2000. Mme Minina, à la tête d’une délégation de LETI, a séjourné au Mali, du 14 au 19 octobre 2022, pour consolider la coopération scientifique, technique et culturelle avec l’UPAB. A l’issue de la visite de travail de la délégation russe, il s’agissait d’annoncer les perspectives de la coopération scientifique et technique entre la Fédération de Russie et le Mali, à travers les deux universités. Ousmane Dramé a précisé que « la coopération va s’accentuer sur la mobilité des enseignants et des étudiants entre nos deux pays et l’accompagnement qui sont les points sur lesquels les deux universités vont travailler. « Une délégation de l’UPAB se rendra en Russie dans les jours a venir pour visiter LETI et finaliser des programmes d’activités, a-t-il annoncé. Quant à la vice-rectrice, elle a indiqué que son université formera les étudiants maliens. « Cela leur permettra d’utiliser les équipements modernes de leurs laboratoires ». Elle a, aussi, annoncé l’ouverture d’un laboratoire de langue russe à Ahmed Baba pour les scientifiques, les étudiants et les hommes d’affaires pour apprendre la langue russe avant d’aller en Russie. «Nous attendons les meilleurs étudiants en Russie. Nous espérons que les expériences que nous partagerons avec eux permettront de booster l’éducation et renforcer la coopération entre nos deux pays», a souhaité Mme Mme Anastasia Minina. L’Université privée Ahmed Baba, créée en 2012, offre des formations comme le droit, le journalisme, la communication, les mines, le pétrole, le génie civil, le genre industriel, l’environnement, la gestion, l’électromécanique, les télécommunications. L’Université électrotechnique d’Etat de Saint-Petersbourg a vu le jour en 1886 et accueille 10.000 étudiants dont 20% d’étrangers. Elle enseigne l’électrotechnique, l’électronique, la mécanique, l’informatique, les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle, la biomédecine, l’économie. Un partenariat a été scellé entre les deux universités pour matérialiser la volonté commune des dirigeants maliens et russes. La Fédération de la Russie a décidé de mettre en place un programme de bourses appelé «Projet d’éducation et de formation pour l’Afrique» (RAFU), dédié à la formation d’ingénieurs pour soutenir le développement de l’Afrique. Dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre nos deux pays, l’Université privée Ahmed Baba (UPAB) a pris le leadership de la relance de la coopération scientifique, technique russo-malienne dans les domaines éducatif, scientifique, technique, culturelle, de la recherche et de la formation. La collaboration entre l’UPAB et LETI s’inscrit en droite ligne de la relance de la politique de coopération bilatérale entre nos deux peuples. La coopération bilatérale entre le Mali et la Russie remonte aux premières années de l’indépendance malienne. Les relations entre Bamako et Moscou ne cesse de prendre du volume. La formation de nombreux cadres maliens en Russie, l’intervention de l’armée russe aux côtés des Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre le terrorisme et les récents appels téléphoniques entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et son homologue de la Russie, Vladmir Poutine, attestent du raffermissement de ces liens. SYW/MD (AMAP)
Sikasso (Sud) : Grand dénuement des déplacés internes
Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 20 oct (AMAP Chassés de leurs terroirs par les terroristes, de nombreux compatriotes ont trouvé refuge dans la Région de Sikasso (Sud). Des familles entières vivent aujourd’hui des moments difficiles. A l’image de Bintou Konaté, ressortissante de Wankoro, pres de Bandiagara, dans le Centre du Mali. « Les rebelles ont attaqué mon village. Ils ont kidnappé certains membres de ma famille. Ils ont emporté tous nos animaux, il y a de cela trois ans. Suite à ces désastres, ma famille a fui le village pour s’installer à Sikasso», dit-elle. Comme elle, de nombreuses personnes ont été contraintes d’abandonner leurs résidences habituelles pour sauver leur vie. Beaucoup d’entre vivent à Sikasso. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Tant leurs conditions de vie sont difficiles. Ils occupent des bâtiments en chantier. Les déplacés sont installés aussi dans le marché à bétail de Médine et dans les quartiers de Sirakoro, Médine, Attbougou, Lamine bambala, Hamdalaye, Ziembougou et Babembabougou. Certains se sont installés dans le Cercle de Kadiolo. Bintou Konaté, la ressortissante de Wankoro, fait partie des déplacés du quartier de Médine. La dame au teint noir révèle qu’elle vit ici avec ses 9 enfants. Elle ajoute qu’à cause de la cherté de vie, son mari « est retourné dans notre village pour faire de l’agriculture ». « Ici, je me débrouille pour subvenir aux besoins de mes enfants en vendant des galettes. Cela ne marche plus. Même aujourd’hui j’ai un plateau remplie de galettes non écoulées. Ce marché n’est plus rentable», ajoute-t-elle. Le regard dans le vide, elle poursuit : « Depuis six mois, je n’ai pas payé mon loyer, faute de moyens ». A présent, elle craint que le propriétaire ne l’expulse avec sa famille. C’est le sort qui attend la plupart des familles déplacées. «Mon souhait le plus ardent est de trouver un métier pour mes enfants. Cela permettra de réduire mes charges. Nous vivons ici depuis deux ans. Nos conditions de vie sont vraiment déplorables», témoigne-t-elle. Son père travaillait comme ouvrier sur le chantier deconstruction de la route 2X2 voies de Sikasso. « C’est suite à cela qu’il est tombé gravement malade. Après sa guérison, mon père a décidé de rentrer et, depuis son départ, il a disparu. Je crois qu’il a été soit kidnappé ou bien tué par les rebelles», pense-t-elle. Alidjouma Karambé vient de Bandiagara. Il habite à Sirakoro dans un bâtiment en chantier avec ses deux frères. L’homme au teint noir, la taille moyenne, a une famille de trente personnes. «La situation n’est pas facile. Nos enfants ne sont pas habitués au climat de Sikasso. Ce qui fait qu’ils sont toujours malades. Mes revenus sont tellement maigres qu’ils me procurent à peine mon pain quotidien», révèle qui travaille comme bûcheron. Karambé demande à l’Etat de mettre en place un régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants. BONNES VOLONTÉS – La veuve Mme Konaté Mala Korobara est la présidente de la Coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua. C’est également elle qui s’occupe de l’accueil de la plupart des déplacés de la région. Depuis près de quatre ans, elle reçoit et accompagne ces déplacés avec la collaboration des autorités régionales. Elle se rappelle qu’en 2019, elle a reçu 85 déplacés de Bankass et de Wankoro (Bandiagara). «Beaucoup d’entre eux ne possédaient que les habits qu’ils portaient. Des enfants à moitié nus. C’était vraiment difficile», témoigne-t-elle. Lorsqu’elle a informé les autorités régionales, une grande délégation composée du gouverneur, du directeur régional du développement social, du maire de la Commune urbaine, du préfet du Cercle de Sikasso et des ONG sont venus leurs apporter des dons. De nos jours, la présidente de la coordination des associations des victimes de Sikasso, Loloni, Kadiolo et Zégoua s’occupe de plus de 200 déplacés à Sikasso. « Chaque fois que les autorités ou encore les bonnes volontés veulent leur offrir des dons, je les rassemble chez moi et on leur partage les dons. Je fais de mon mieux pour eux. A présent, ils sont comme ma famille », souligne Mme Konaté. S’exprimant sur les difficultés des déplacés, Mala Korobara a mis l’accent sur l’accès au logement, à la nourriture, à l’habillement, à la santé et, surtout, à l’éducation pour les enfants. « Même ce matin, j’ai conduit 12 enfants déplacés à l’école de Médine pour les y inscrire », indique-t-elle. Par ailleurs, la veuve a évoqué le cas du vieux Djombo Traoré qui habitait à Sirakoro. Ce dernier a décédé de maladie. «Malgré mes démarches pour qu’il recouvre sa santé, on n’a pas trouvé de soutien. Finalement, il est décédé », explique notre interlocutrice qui ajoute que certains déplacés deviennent fous et disparaissent. Mme Konaté Mala Korobara demande que chacun considère les déplacés « comme ses propres frères et sœurs, d’autant plus qu’ils ont été obligés de quitter leurs localités à cause de l’insécurité ». « Chacun peut se trouver dans cette situation», dit Mala Korobara qui invite les autorités régionales à accélérer le processus d’acquisition du récépissé de sa coordination. Elle appelle les autorités à offrir de l’emploi aux chefs de familles des déplacés afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Le directeur régional du développement social de Sikasso, Mamoudou dit Mama Dioni, affirme que l’Etat et les ONG font de leur mieux pour ces déplacés. En ce qui concerne la mise en place du régime d’assurance maladie pour les déplacés et leurs enfants, Mama Dioni a révélé que les déplacés internes sont affiliés au Régime d’assistance médicale (RAMED). Ce régime constitue un dispositif public de protection social non contributif qui assure la prise en charge médicale des indigents, des personnes sans domicile, des prisonniers, des militaires et civils blessés au cours ou à l’occasion de conflits armés et de catastrophes. Par ailleurs, le directeur régional du développement social de Sikasso a dit que très bientôt un nouveau projet sera mis en place à Sikasso. Ce dispositif prendra en charge, en grande partie, les difficultés des déplacés internes de la région. MFD/MD (AMAP)
Mali/Agriculture : Des nuisibles dans les champs inquiètent les producteurs
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 oct (AMAP) La campagne agricole est prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du Mali. Le maïs, le riz sont arrivés à maturité. Le mil et le sorgho sont en épiaison, le coton est en fructification. Cependant, des paysans craignent les conséquences des invasions de nuisibles, ennemis des cultures. Issa Koné est cultivateur de coton dans le secteur de Garalo, Région de Bougouni (Sud). En plus du coton, il cultive du gombo, de l’arachide et du maïs. Depuis juin dernier, des nuisibles envahissent ses champs. «L’évolution des cultures était bonne et normale. L’apparition précoce des nuisibles a changé la tendance», regrette le paysan, contacté au téléphone. Deux des sept hectares qu’il possède ont été infestés par les ravageurs. Ils mangent les feuilles des plantes jusqu’à la sève, entraînant l’arrêt de leur croissance. «Tous les trois jours, je traite mon champ, mais les nuisibles résistent aux produits. J’ai investi plus de 250 000 Fcfa dans l’achat de pesticides. Depuis la campagne agricole de 2007, les attaques de nuisibles n’ont pas été aussi précoces et féroces», se rappelle M. Koné. Son collègue Yaya Ballo est cotonculture dans la zone de Konséguela, Région de Koutiala (Sud). Il déplore l’inefficacité des solutions apportées jusqu’ici. «Nous avons appelé les agents de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) qui, après des passages, peinent à nous trouver des solutions. Ils soutiennent que ces infestations sont causées par des nuisibles », dit Ballo. « Nous connaissons ces insectes qui apparaissent chaque année. Nous pensons que cette maladie est simplement liée à la pluviométrie», soutient le paysan dont les 34 hectares de coton sont affectés. Il implore les techniciens agricoles de trouver des solutions à ce fléau et sollicite le soutien des autorités du Mali. L’Office de protection des végétaux (OPV) est spécialisé en la matière. « Des nuisibles ont fait récemment irruption dans certaines zones de production de coton et d’autres cultures vivrières notamment, le gombo, le da, le riz, le maïs, etc. dans plusieurs bassins de productions », confirme le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, Adama Mallé. « Les céréales ne sont pas touchées pour le moment », rassure le technicien. Les spécialistes en protection des végétaux de l’OPV aident les producteurs à lutter contre ces ravageurs qui impactent fortement le rendement. SPECIFICITÉ – Au Mali, il existe plusieurs types de ravageurs des cultures : les criquets sont fréquents dans la bande sahélienne, les chenilles sur les cultures dont les tomates les concombres et les melons. Sans oublier les mouches de fruits, les coléoptères, les acariens blanches, termites et les maladies végétales. Il existe des nuisibles et maladies spécifiques à chaque zone de culture. À l’Office du Niger (ON) par exemple, « il y a eu des problèmes de rongeurs sur les cultures. Les rats, les souris et les oiseaux granivores font des dégâts sur le mil, le riz, le sorgho et les cultures maraîchères », explique le spécialiste. « La situation des nuisibles, poursuit le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV, est moins préoccupante cette année malgré quelques menaces ». «De façon générale, nous disons que la situation des nuisibles est relativement calme. Nous n’avons pas enregistré de cas d’infestations majeurs», rassure-t-il. Adama Mallé précise qu’il a été constaté, au niveau des champs de coton, l’arrivée précoce d’un ravageur sur le cotonnier : Jassides, piqueurs suceurs. Ce ravageur a affecté beaucoup de zones de production de coton et d’autres cultures maraîchères. Selon lui, ce ravageur qui existe sur place n’est pas nouveau. « Sa forte pullulation a surpris beaucoup de producteurs et même l’encadrement », ajoute-t-il, soulignant que des cas d’infestations ont été signalés sur des cotonniers à Kadiolo et dans plusieurs localités du Mali. JASSIDES – Concernant ce ravageur, le technicien révèle qu’il s’agit des Jassides appelés Jacobiella facialis. «Avec les responsables de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), nous avons mené une mission d’inspection dans les filiales de Kadiolo, Bougouni et de Sikasso. Dans ces zones-là, nous avons vu le ravageur sur le cotonnier et il a fait aussi des dégâts. Nous sommes en train d’analyser les facteurs qui ont entrainé cela», explique M. Mallé. En attendant, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV encourage les producteurs de continuer à intensifier le traitement des champs pour pouvoir venir à bout du destructeur. La nature du ravageur étant connu, il demande aux paysans de ne pas céder à la paniquer. « À l’instar des piqueurs suceurs (pucerons, jassides, acariens, etc.), d’autres ravageurs notamment, la chenille légionnaire d’automne se signalent », indique Adama Mallé. Introduite en Afrique en 2016, à partir du Nigeria, cette chenille originaire des États Unis d’Amérique apparaît au Mali en 2017, en s’attaquant au maïs de contre saison. Comparé aux années précédentes, certes, elle a été moins vorace sur le maïs cette année. «Mais, elle existe toujours. Nous sommes en train de la gérer de façon efficace et efficiente», explique Adama Mallé. Selon lui, la situation est relativement calme dans l’ensemble. Le technicien ajoute que la campagne agricole est même prometteuse dans plusieurs zones de productions agricoles du pays, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée. Pour prévenir l’expansion des ravageurs, le chef de division surveillance alerte et intervention à l’OPV invite les producteurs à mettre l’accent sur le traitement des champs. Il leur demande de signaler rapidement à son service toute présence de nuisibles. «Nous disposons d’un stock important de bio pesticides, depuis 2019. Les producteurs ne viennent pas souvent s’en approprier. Ces produits sont subventionnés par l’État et donnés gratuitement aux paysans pour le traitement de leur champ en cas d’infestations», explique Adama Mallé. En attendant, le paysan Issa Koné, lui, redoute une chute de son rendement. Et se demande comment il va faire pour rembourser les prêts qu’il a contractés chez les fournisseurs publics et privés. MS/MD (AMP)
PNLP : Dissémination des résultats de l’enquête sur les indicateurs du paludisme réalisés au Mali en 2021(EIP Mali)
Bamako, 20 octobre (AMAP) Une journée d’information sur les résultats de l’enquête sur les indicateurs du paludisme réalisés au Mali en 2021(EIP Mali, organisée par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP, en collaboration avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) à travers l’Initiative présidentielle des Etats-Unis contre le paludisme (PMI), s’est déroulée mardi à Bamako, a constaté l’AMAP. La directrice du PNLP, le lieutenant-colonel Aïssata Koné a saisi l’occasion pour rappeler que l’élimination du paludisme est possible dans notre pays à condition que chacun joue son rôle. La responsable du Programme estime qu’il faut juste un changement de comportement. Pour cela, elle dit compter sur la presse pour une meilleure sensibilisation de la population. Notons que tous les 5 ans, une enquête sur les indicateurs du paludisme est réalisée afin de fournir des estimations actualisées et mesurer à l’échelle nationale les indicateurs essentiels pour le suivi et l’évaluation de la maladie. Après celles de 2010 et de 2015, la dernière a été réalisée en 2021. Les données de l’enquête ont été collectées sur la période du 1er septembre au 12 novembre 2021. Au total, ce sont 5.627 ménages et 10.765 femmes de 15 à 49 ans qui ont été enquêtés. En sus, les enfants de 6 à 59 mois étaient éligibles pour les tests hémoglobine et du paludisme. Cette enquête a permis de déterminer les niveaux de couverture et d’utilisation des stratégies de lutte contre le paludisme, la prévalence de la parasitémie (quantité de parasites dans le sang) et de l’anémie chez les enfants de la tranche d’âge indiquée plus haut. Mais aussi d’évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques au sein de la communauté sur la prévention et la prise en charge du paludisme. Il ressort des données que 91% des ménages possèdent au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII). 72% des ménages ont accès à une MII. 68% de la population des ménages, 73% des enfants de moins de 5 ans, 76% des femmes enceintes ont dormi sous moustiquaire la nuit précédant l’enquête. 35 % des femmes enceintes ont pris trois doses de sulfadoxine pyriméthamine (SP/ Fansidar). 49% des enfants de 3 à 59 mois ont reçu un cycle de traitement chimio préventif du paludisme saisonnier. Les résultats indiquent aussi que 46% de femmes ont vu et entendu un message sur le paludisme au cours des six derniers mois. Une donnée non moins intéressante de l’étude est que désormais 92% de femmes savent qu’il y a des moyens efficaces de prévenir le paludisme. Dr Coulibaly Madina Konaté, représentante du PNLP, a indiqué que l’enquête avait pour objectif de collecter, d’analyser et de diffuser des indicateurs relatifs à la population et au domaine du paludisme. Pour elle, cette enquête est comme le baromètre de la lutte contre le paludisme avec comme objectif de mesurer à l’échelle nationale les indicateurs essentiels pour le suivi et l’évaluation de son programme. « Nous faisons cette enquête afin de réduire le niveau de la maladie jusqu’à ce qu’elle ne soit plus un problème », a-t-elle expliqué. Par la suite, une comparaison est faite et les résultats sont utilisés dans l’élaboration des programmes ou dans la planification des activités et la stratification. Les résultats permettront d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre, afin de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et du bien-être de la population en particulier des enfants et des femmes enceintes. Troisième du genre au Mali, après celle de 2010 et de 2015, cette étude de 2021 a été conçue par l’Institut national de la statistique (INSTAT). KM (AMAP)
Gestion des intrants agricoles : Concertation gouvernement-fournisseurs pour aplanir les problèmes
Bamako, 20 oct (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a rencontré, mercredi, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles pour des discussions sur les problèmes relevés dans l’approvisionnement du Mali en fertilisants chimiques cette année, a constaté l’AMAP. Au cours des échanges, le chef du gouvernement par intérim et ses interlocuteurs ont largement évoqué ces difficultés dans la satisfaction des besoins des producteurs en intrants agricoles lors de la présente campagne. La principale difficulté est le volume des intrants agricoles subventionnés par l’État estimée à seulement 15% cette année. Ce quota est largement insuffisant pour satisfaire les besoins des paysans, notamment les producteurs de coton. Ces derniers comptent beaucoup sur les engrais subventionnés pour booster leur rendement afin de permettre au Mali de maintenir son statut de grand producteur cotonnier en Afrique. Les gros fournisseurs connus de la place étaient presque tous présents dans la salle : Seydou Nantoumé de Toguna agro-industrie, Dadié Bah de la Société Gnoumani SA, Ibrahima Doucouré de Doucouré partenaires agro-industries (DPA) et Youssouf Coulibaly qui est, d’ailleurs, le président du Collectif. DES OPERATEURS INEXPERIMENTES – À l’issue de la rencontre, le Collectif des fournisseurs des intrants agricoles, par la voix de son président, a déclaré que les échanges avec le Premier ministre par intérim avaient pour but d’apporter des pistes de solutions pour un meilleur approvisionnement du Mali en intrants agricoles. Youssouf Coulibaly est revenu sur les difficultés rencontrées cette année, tout en déplorant le fait que les marchés d’approvisionnement du Mali en intrants agricoles soient attribués à des personnes n’ayant aucune expérience dans le domaine. À ce propos, M. Coulibaly a dit que le Collectif ne s’oppose pas à la libéralisation du secteur mais qu’il faudra alors confier les commandes aux opérateurs qui sont capables d’honorer leurs engagements. Par ailleurs, le président du Collectif a évoqué la lenteur dans la prise de décisions concernant, notamment l’ouverture des appels d’offres pour permettre aux fournisseurs de s’exécuter à temps. Le Collectif des fournisseurs a assuré de son « engagement à approvisionner le Mali en intrants agricoles au profit des paysans comme il a l’habitude de le faire par le passé. » En outre, le Collectif s’est réjoui de la mise en place d’une Commission sur la vie chère par le Premier ministre par intérim. « Cette commission, a indiqué Youssouf Coulibaly, travaillera à résoudre la problématique liée à l’approvisionnement de notre pays en intrants agricoles. » La gestion des intrants agricoles, notamment les engrais chimiques subventionnés par l’État, a été très décriée pendant de la campagne agricole en au cours. Le ministre en charge du Développement rural a donné des explications sur cette gestion mais l’opinion publique n’est pas satisfaite des argumentaires avancés. Le Front populaire contre la vie (FPCVC) était monté au créneau pour réclamer des comptes. Dans un communiqué largement diffusé par la presse, le FPCVC a exigé des autorités, l’ouverture d’une enquête sur ce qu’il appelle «l’affaire des intrants de la campagne agricole 2021-2022». C’est dans ce contexte un peu délétère que le Premier ministre par intérim a rencontré hier au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et du ministre délégué auprès du ministre du Développement rural chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah. OD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres le mercredi 19 octobre 2022
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 19 octobre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des sceaux, le Conseil des Ministres a adopté des projets de décret autorisant le changement de nom de famille de Madame Aminata SAMAKE et 09 autres personnes. Les conditions de changement de nom de famille sont prescrites par la Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant Code des personnes et de la famille. L’examen des dossiers révèle que les demandeurs remplissent individuellement les conditions prescrites par le Code. Les projets de décret adoptés autorisent ainsi le changement de nom de famille pour dix personnes. Sur le rapport du ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des ministres a adopté des projets de loi relatifs à l’organisation administrative et territoriale. L’organisation administrative de la République repose sur les circonscriptions administratives et les Collectivités territoriales, qui trouvent toutes leur source dans la Constitution. Conformément aux dispositions la Loi n°2012-006 du 23 janvier 2012 portant principes fondamentaux de l’organisation administrative du territoire, les circonscriptions administratives sont la région ou le District, le Cercle et l’Arrondissement. Selon les mêmes dispositions, les Collectivités territoriales sont la Région, le District, le Cercle et la Commune. La Loi n°2012-017 du 02 mars 2012 portant création des circonscriptions administratives en République du Mali a opéré une grande réforme administrative en créant les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit, Ménaka, Nioro, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza, Bandiagara et le District de Bamako. De même la Loi n°2012-018 du 02 mars 2012 a créé les Cercles et Arrondissements des Régions de Tombouctou, Gao, Taoudénit, Ménaka et Kidal. Il en résulte que les Régions de Nioro, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara ne sont pas dotées de Cercles et d’Arrondissements. Il demeure nécessaire de déterminer les circonscriptions administratives et les Collectivités territoriales des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Nioro, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara. Ce processus de réorganisation territoriale, en plus d’être inclusif et participatif, est largement consensuel et ses conclusions sont conformes aux aspirations des populations et aux recommandations des Assises nationales de la Refondation. La réorganisation permettra entre autres d’opérationnaliser et d’assurer le fonctionnement régulier de chaque Région en déterminant ses Circonscriptions administratives tout en promouvant le développement économique, social et culturel des différents terroirs. Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la Commission d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile. La norme 3.2 de l’Annexe 13 à la Convention de Chicago notifie aux Etats membres, la nécessité de la mise en place d’un service d’enquête indépendant sur les accidents et incidents d’aviation civile. Dans ce cadre, le Mali a prévu à l’article 225 de la Loi n°2011-014/AN-RM du 19 mai 2011 portant Code de l’aviation civile, la création d’un organisme ad hoc indépendant chargé de procéder aux enquêtes techniques relatives aux accidents et incidents d’aviation civile sur le territoire national. Le Décret n°2011-599/P-RM du 16 septembre 2011, pris en application de cet article, définit l’organisation et le fonctionnement de la Commission d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile. Sa mise en œuvre a révélé des insuffisances qu’il convient de corriger. L’adoption du projet de décret permettra de se conformer à l’évolution de la réglementation internationale et communautaire en matière d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a cependant rappelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie
Dégradation de la voie publique : Le trou de tous les désagréments au «Wonida»
Par Assitan KIMBIRY Bamako, le 19 oct (AMAP) Depuis le 10 septembre dernier, une partie importante de la voie, au niveau du carrefour de la place marchande dénommée en bamanakan «Pilasi kôrô», s’est effondrée suite à une pluie diluvienne. Sur cette intersection où le trafic est très dense, est apparu un trou à grand diamètre qui représente un réel danger pour les usagers de la voie. Ceux-ci n’apprécient guère de voir le bitume de nos grandes artères se dégrader, sans la moindre petite intervention des services compétents du ministère des Transports et des Infrastructures. Pour préserver les usagers, des blocs de béton ont été disposés tout autour de ce trou béant. Ce qui est l’origine d’un embouteillage à l’intersection qui conduit au Marché rose, au grand marché aux légumes de Bamako communément appelé «Wonida». Comme si cela ne suffisait pas, des vendeuses de légumes squattent aussi l’espace, depuis la destruction de cette partie du goudron, créant ainsi un tohu-bohu indescriptible. Un vrai cauchemar pour les riverains ! La situation complique davantage la régulation de la circulation par les policiers. Ceux-ci sont même pointés du doigt par certains usagers qui estiment qu’ils représentent un facteur de complication avec le contrôle systématique des véhicules de transport. Au détriment de la fluidité de la circulation. Les particuliers sont, aussi, contraints souvent à des contorsions pour se frayer un passage et sortir de la nasse. Moulaye Samaké conduit un véhicule de transport qu’il cherche à garer pour débarquer des passagers. Il manœuvre habilement pour s’arrêter dans un espace réduit. Le chauffeur fulmine contre ce gros trou qui pose de nombreuses difficultés. «On ne peut pas circuler librement. On doit faire le détour pour avoir des clients. Cela augmente notre consommation en carburant, surtout en cette période de hausse du prix des hydrocarbures», se lamente le transporteur désabusé. Il déplore la situation qui provoque un embouteillage. Selon lui, le syndicat des transporteurs aurait dû réagir et interpeler qui de droit pour réparer. BOUCHON PERMANENT – Un autre usager qui a souhaité garder l’anonymat, s’indigne du manque de volonté des autorités compétentes à entretenir les biens publics. Il explique ne pas hésiter à mettre la main à la poche pour contribuer à la réparation de certaines infrastructures. Il cite volontiers l’exemple d’un panneau de signalisation qui était abimé. Il dit avoir pris l’initiative de le réparer Le conducteur de moto taxi, Ali Badra Keïta, est lui aussi déconcerté par la situation en tant qu’usager. Il peste contre le grand bazar occasionné par la situation avec comme conséquence l’obstruction de la voie par les vendeuses de légumes. Celles-ci pensent malheureusement être en droit d’occuper les lieux et exposent leurs marchandises à même le sol. Elles sont grincheuses et invectivent qui tente de les raisonner. Aminata Sanogo, vendeuse de légumes a été chassée de son installation initiale du fait de la dégradation de la route. Elle a pu, selon elle, se caser sur la voie. Mamadou Coulibaly, transporteur et syndicaliste explique que ce trou est à l’origine du bouchon permanent sur la voie. Et cela constitue une perte considérable pour les conducteurs de Sotrama. Devant la situation, les principaux acteurs se rejettent la responsabilité. Le deuxième adjoint au maire de la Commune II du District de Bamako, Mamadou Kaou Touré, indique que la réparation de cette route n’est pas du ressort de sa collectivité. L’édile incrimine l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE). Un agent de cette structure dit être au courant de la situation. « Certes, reconnaît-il, notre mission consiste à réparer les routes. Mais, il la réparation de ce dégât relève plutôt de la société Builders ». Apparemment, une entreprise sous-traitante. Nos tentatives pour joindre les responsables de cette entreprise ont été vaines. AK/MD (AMAP)
Patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara : première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation
Bamako, 19 oct (AMAP) La première réunion du Comité de pilotage du Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)» s’est déroulée, mardi, au ministère en charge de la Culture. Ce programme vise à accélérer la reconstruction et la réhabilitation du patrimoine détruit par des terroristes, la resocialisation et la bonne conservation des objets cultuels. Mais, aussi, la reprise des pratiques et traditions culturelles intra et intercommunautaires. C’est en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), sur financement de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH). Le secrétaire général du département, Demba Hamane Cissé, qui a présidé la réunion, en présence du chef du bureau de l’UNESCO au Mali, Edmond Moukala, a exprimé la satisfaction du ministère pour la tenue de cette première réunion qui regroupe tous les acteurs de la chaîne. Demba Hamane Cissé a salué l’engagement constant de l’UNESCO auprès du Mali, ainsi que les autres partenaires techniques et financiers, particulièrement Aliph, pour son soutien financier. « Sous les assauts abrupts des terroristes, notre pays a vu son patrimoine culturel, richesse inestimable, détruit avec fureur au nom d’une guerre aux contours toujours contestables», a-t-il dit. Le secrétaire général du ministère en charge de la Culture a évoqué le site de Bandiagara (Centre) qui a été durement frappé par les tensions et conflits dont les conséquences ont été la destruction de maisons, de greniers à céréales, ainsi que des enlèvements de bétail, des pertes en vie humaine et la destruction des biens culturels, etc. C’est dans ce contexte difficile que le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, à travers la direction nationale du patrimoine culturel, a initié le Projet «Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays-dogon)». Le Projet cible quatre villages, à savoir Ogossagou, Sobane da, Djombolo et Tégourou. Il a pour objectif d’y reconstruire ou réhabiliter le patrimoine bâti détruit, pour renforcer le tissu social, la cohésion sociale et la paix. Quand à Edmond Moukala, il a salué la résilience des communautés à Bandiagara qui a permis à l’équipe de se rendre dans les différents villages. «Malgré les résultats encourageants, les défis pour ce projet restent importants et complexes à cause de la situation sécuritaire et de la forte attente de la population», a-t-il souligné. Edmond Moukala a salué ALIPH pour son appui financier et réitéré l’engagement de l’UNESCO pour la restauration de la paix et la construction du patrimoine culturel. Auparavant, les représentants de l’UNESCO et ALIPH étaient intervenus par visioconférence. Tous deux ont exprimé leur volonté de soutenir le Mali dans la restauration de son patrimoine culturel. Un film documentaire sur les 4 villages concernés par le projet a eté projeté . On notait la présence des représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), d’ALIPH, ainsi que des communautés. La réunion était également suivie en visioconférence par l’UNESCO à Paris et ALIPH. AS/MD (AMAP)
Légumes : Valse des prix à Bamako
Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 oct (AMAP) Assise sur une chaise, Kia Diarra appelant les clients du geste et de la voix. La vendeuse de tomate installée sur le bitume, à l’entrée du marché Wonida, propose des grands et petits paniers de tomates. Elle explique se frotter les mains depuis quelques jours. Or, les prix ont baissé sur le marché. Pour le marché de tomates, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les marchandes de t. «Les prix ont diminué en cette période. Il y a 15 jours, le grand panier était cédé à 20 000 Fcfa, aujourd’hui, on peut l’avoir à 15 000 Fcfa. Par contre, le prix du petit panier de tomates varie de 500 Fcfa à 1 000 Fcfa», souligne-t-elle. Et de préciser qu’à l’approche de la saison froide, la tomate sera encore plus abondante sur le marché et coûtera encore moins cher. Non loin de la vendeuse de tomates, se trouve Maïmouna Fofana. Autour d’elle, on aperçoit les céleris et les persils étalés par terre. Pour elle, le marché des légumes est maintenant acceptable. Les feuilles sont de bonnes qualités et peuvent faire 2 à 3 jours sans se faner. Elle dit acheter les tas de feuilles de céleris à 25 F au champ pour les vendre entre 100 et 250 Fcfa. Assétou Sow est de passage pour emprunter un véhicule de transport en commun. «Quand j’ai vu le tas de céleri, j’ai décidé d’en acheter pour le conserver dans mon frigo. Je trouve le marché Wonida moins cher que les marchés du quartier», explique Assétou Sow, qui vient d’en acquérir pour 1 000 Fcfa. A l’intérieur du marché, Assétou Niaré, est assise sur un tabouret, Elle arrose les poivrons et les aubergines avec de l’eau. Elle souligne que les prix des poivrons et des aubergines n’ont pas baissé pour le moment, mais qu’avec le changement de saison, les prix chuteront. Selon elle, le sac de poivrons, qui était cédé à 9 000 F cfa est vendu à 11 000 Fcfa aujourd’hui. «Ici, le tas est cédé entre 250 Fcfa et 500 Fcfa. Quant aux aubergines, les tas sont vendus à partir de 250 Fcfa», fait-elle noter. Quant à Mme Dramé Maman Touré, elle vend de la carotte, des choux et de l’ail. Tout en arrangeant ses marchandises, elle précise que le sac de carottes coûte un peu cher, même s’il a connu une baisse ces derniers temps. Le sac de carotte est obtenu à 35 000 Fcfa aujourd’hui contre 28 000 Fcfa précédemment. Le carton de l’ail est obtenu à 10 000 Fcfa au lieu de 11 000 Fcfa. Le sac de chou à 25 000 Fcfa contre 15 000 F cfa auparavant et le détail oscille entre 500 et1 000F cfa. Entouré de sacs d’oignon rouge et blanc et de pommes de terres dans des paniers et des sacs de 100 kg, Mamadou Traoré rappelle qu’il évolue dans ce domaine depuis dix ans. Il dit que ses oignons viennent du Maroc. Le sac coûte 12 250F cfa. Il fait noter qu’en cette période, les oignons du Mali se font rares et plus chers. Le kg d’oignon est vendu, de nos jours, à 550 Fcfa contre 700 Fcfa, il y a un mois. Djènèba Diarra est venue se ravitailler en oignon. Elle relève que l’oignon et la pomme de terre ne sont pas accessibles à toutes les bourses. Selon elle, il y a des périodes où on achète le kg de l’oignon à 250 ou 300 Fcfa et la pomme de terre ne dépasse pas 400 Fcfa le kg. Elle espère que les prix vont bientôt baisser. La ménagère se réjouit du fait que le gombo est moins cher, car il est passé de 10 000F à 7 500F cfa le sac. Selon elle, le petit seau varie de 750 à 1 000 Fcfa. Le piment est aussi très abondant sur le marché en ce moment. FMS/MD (AMAP)
Conseil de sécurité : Le chef de la diplomatie malienne réfute des points du rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Mali
Bamako, 19 oct (AMAP) Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a démenti, mardi, devant le Conseil de sécurité, de nombreuses allégations contenues dans le dernier rapport trimestriel du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Mali. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni pour l’examen du document, Abdoulaye Diop a estimé que le rapport « aurait gagné en objectivité s’il informait davantage sur les efforts et les progrès réalisés par le gouvernement du Mali dans le cadre de la recherche de la paix et de la sécurisation du territoire national et de la protection des populations civiles. » Les différentes interventions ont concerné, entres autres, les avancées enregistrées par le Mali dans le processus de transition, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, les violations des droits humains, des restrictions imposées par les autorités maliennes à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), la question des rotations, celle des soldats ivoiriens, la détérioration de la situation sécuritaire. La représentante de la Fédération de Russie à l’ONU, Anna M. Evstigneeva, a fait savoir que la situation au Mali se stabilise. D’après elle, malgré les difficultés, les Forces armées maliennes (FAMa) ont démontré, ces derniers mois, qu’elles étaient « capables de parvenir à de véritables résultats dans la lutte contre le terrorisme ». Elle a souligné que la Russie a fourni à l’Armée malienne une assistance multiforme, notamment en matière de renforcement de ses capacités et de formation des soldats. Elle a ensuite, ajouté que son pays est « vivement préoccupé par les tentatives de transformation du Sahel en théâtre de confrontation géopolitique entre les puissances étrangères ». Estimant cette situation contraire aux intérêts des États et des peuples du Sahel, Anna M. Evstigneeva a cité en appui à ses propos les désaccords internes du G5 Sahel, provoqués de l’extérieur et qui ont contraint le Mali à quitter cette organisation. Elle a dénoncé « les réactions vivement négatives de l’Occident contre le renforcement de la coopération entre la Russie et le Mali. PROGRES IMPORTANTS – Dans son discours, le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a d’abord indiqué que sur le plan politique, des progrès importants ont été réalisés pendant la période concernée par le présent rapport. Ces progrès portent « sur un retour apaisé et sécurisé à l’ordre constitutionnel, notamment l’adoption d’un chronogramme pour les réformes politiques et électorales, le calendrier des élections, la nouvelle loi électorale, la remise de l’avant-projet de la nouvelle Constitution au président de la Transition, etc. » Sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, M. Diop a dit que « le Mali reste totalement engagé dans sa mise en œuvre diligente et intelligente pour sa stabilité durable ». Il a rappelé la tenue de la réunion de haut niveau décisionnel au mois d’août dernier, suivie de la 6è réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord (CSA), le 02 septembre 2022, qui ont permis de lever certains obstacles. Mais aussi, la 46è session du CSA, tenue le 11 octobre 2022, qui a permis aux parties maliennes de renouveler leurs engagements pour une paix durable. Et, parallèlement, le gouvernement a organisé la première édition de la Semaine nationale de la réconciliation. En ce qui concerne la situation sécuritaire, selon Abdoulaye Diop, depuis le mois de décembre 2021, les Forces de défense et de sécurité du Mali ont lancé de grandes opérations militaires qui ont permis de détruire plusieurs sanctuaires terroristes, d’opérer des saisies importantes d’armes et de matériels de guerre, de libérer plusieurs localités et de favoriser le retour de personnes déplacées. Il a poursuivi que le gouvernement s’est doté d’une stratégie intégrée pour le Centre qui comprend des aspects purement sécuritaires, des approches politiques et de développement économique, social et culturel. LEGITIME DEFENSE – Le chef de la diplomatie malienne s’est dit surpris que le rapport ait passé sous silence la saisine du Conseil de sécurité par le Mali, le 15 août 2022, pour les tentatives de déstabilisation et les violations répétées de l’espace aérien malien par les forces françaises. C’est pourquoi, il a renouvelé la demande du gouvernement d’une réunion spécifique du Conseil de sécurité, qui lui donnera « l’occasion de présenter les preuves concrètes des actes de duplicité, d’espionnage et de déstabilisation de la France à l’encontre du Mali, y compris le partage de renseignements et le largage de matériels militaires au profit des organisations criminelles ». Abdoulaye Diop a declaré que « le gouvernement se réserve le droit de recourir à la légitime défense si la France continue à porter atteinte à la souveraineté du Mali, à son intégrité territoriale et à sa sécurité nationale ». Sur la question des droits de l’Homme, le ministre Diop a soutenu que les opérations militaires des Forces de défense et de sécurité sont conduites dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. « Le gouvernement reste fermement opposé à l’instrumentalisation et à la politisation de la question des droits de l’Homme à des fins de déstabilisation, d’intimidation et de chantage », a-t-il fait savoir. Il a expliqué que contrairement à ce qui est véhiculé, il n’existe aucune volonté de restreindre les mouvements de la Mission onusienne. Concernant le dossier des militaires ivoiriens, M. Diop a déploré que le rapport omet de faire référence à la note verbale en date du 22 juillet 2022 par laquelle, la MINUSMA établit clairement qu’il n’existe pas de lien entre les 49 militaires et la Mission. Enfin, il a rappelé les principes clés édictés par le président de la Transition et qui guident l’action publique au Mali, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. DD/MD (AMAP)

