Grande commission mixte Mali-Guinée : Une nouvelle page des relations bilatérales
Massa SIDIBÉ Envoyé spécial Conakry, 17 nov (AMAP) Les travaux de la 9è session de la Grande commission mixte de coopération entre le Mali et la Guinée ont débuté, mercredi, à Conakry, dans un contexte où les deux pays entendent dynamiser un partenariat stratégique afin de relever les nombreux défis en termes de développement, a constaté l’AMAP. La session qui a démarré, sous la co-présidence du ministre malien des Affaires étrangères et la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et de son homologue guinéen, Dr. Morissanda Kouyaté, se tient dans un contexte difficile pour les deux États traversent une période charnière de leur histoire marquée par une transition politique. Le Mali doit relever de nombreux défis notamment au plan politique, avec les réformes politiques et institutionnelles, la préparation des élections générales. Mais, aussi, des défis économiques et sécuritaires, par exemple la lutte contre le terrorisme. A cela est venue se greffer la crise en Ukraine impactant de plein fouet les économies de plusieurs pays dont le Mali et la Guinée. ADVERSITÉ ET HOSTILITÉ – Au cours de son intervention, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a, opportunément, remercié les autorités et le peuple guinéen pour leur solidarité et leur soutien multiforme et sans faille à l’égard du Mali « suite aux sanctions illégales, illégitimes et injustes imposées à notre pays par la CEDEAO et l’UEMOA, le 9 janvier dernier». Le Mali, qui est redevenu premier producteur de coton en Afrique avec une production record de plus de 760.000 tonnes, au titre de la campagne 2021-2022, exporte une quantité non négligeable de cette production depuis le port de Conakry. Du reste, l’adversité et l’hostilité auxquelles nos deux Etats font face doivent être perçues comme des opportunités d’avancer. « Parce que l’on se rend compte, a expliqué le chef de la diplomatie malienne, que si le Mali et la Guinée parviennent à maitriser et valoriser leur potentiel, l’esprit de domination qui préside aux relations avec beaucoup de leurs partenaires va certainement s’estomper ». « Pour relever les défis les deux Etats doivent renforcer la coopération dans tous les domaines mais, aussi, jouer d’une solidarité sans faille », préconise Abdoulaye Diop, ajoutant qu’il est impératif que le partenariat stratégique, spécifique entre les deux Etats soit dynamisé dans tous les domaines de coopération à travers une mutualisation des efforts. Le ministre Diop s’est dit « convaincu que les potentialités énormes, y compris les ressources naturelles et humaines dont regorgent les deux pays, méritent d’être exploitées de manière optimale afin de favoriser le développement socioéconomique ». Il a insisté sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux et diligent de la coopération entre Bamako et Conakry. « À ce propos, a-t-il averti, pour pouvoir mesurer ce que nous faisons, la boussole sera la satisfaction de nos populations. » ENSEMBLE CONTRE L’INJUSTICE – Pour le ministre des Affaires étrangères de la Guinée, son pays et le Mali ont toujours entretenu de bonnes relations d’amitié, de fraternité et de bon voisinage fondées sur des principes historiques, de solidarité naturelle, de respect mutuel, d’entraide. Etayant ses propos, Dr Morissanda Kouyaté est revenu sur quelques pages glorieuses de l’histoire, en relevant que c’est à Woyowayanko, à la fin du 19è siècle, que l’Almamy Samoury Touré a gagné contre l’impérialisme et le colonialisme français, «au nom de l’Afrique et des deux pays. » « C’est dire que nous avons toujours lutté ensemble contre l’injustice et la domination», s’est réjoui le ministre Kouyaté qui a rappelé que les présidents Modibo Keïta, Moussa Traoré et Ahmed Sékou Touré « ont suivi le même chemin. » Pour Dr Morissanda Kouyaté, la présence de l’importante délégation malienne à Conakry est le témoignage du caractère étroit et la profondeur des relations d’amitié existantes entre les deux pays. Et de confier que le gouvernement et le président de la Guinée apprécient hautement le volume global de nos échanges et souhaitent qu’ils soient rehaussés. «Nous devons, sans tarder, capitaliser cette marche afin de densifier la coopération entre les deux pays», a galvanisé le ministre guinéen des Affaires étrangères. NOUVEL ELAN – La présence de la délégation malienne à Conakry est l’illustration des excellentes relations d’amitié et de coopération qu’entretiennent les deux pays et les présidents Assimi Goïta et Mamady Doumbouya qui ont décidé de les placer sur une nouvelle rampe de lancement. Cela, afin d’établir définitivement une relation stratégique, spéciale et exemplaire en Afrique. En prenant part le 22 septembre dernier aux festivités de la célébration du 62è anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance, le président de la Transition de la Guinée a donné, ainsi, la preuve de sa solidarité et de son engagement aux côtés du Mali. En retour, le président Goïta a élevé son homologue guinéen à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national à titre étranger. Pour rendre la pareille, quelques semaines plus tard, le Premier ministre par intérim, colonel Abdoulaye Maïga, à la tête d’une importante délégation, s’est rendue en Guinée pour rehausser l’éclat de la fête nationale de la Guinée. Une dizaine de ministre maliens participé à cette rencontre. MS/MD (AMAP) . .
Le Mali et l’Algérie font un match nul (1- 1) en amical
Bamako, 17 nov (AMAP) Le Mali et l’Algérie ont fait match nul 1-1 lors d’une rencontre amicale disputée, mercredi soir, à Oran, a appris l’AMAP de source dans la délégation malienne. Le sélection malienne a égalisé à la 58ème minute grâce au défenseur Massadio Haïdara. Le Lensois a repris, au deuxième poteau, un centre de Falaye Sacko qui traînait dans la surface algérienne. Ce premier match contre une grande sélection africaine sonne comme un test réussi pour le sélectionneur des Aigles, Eric Sékou Chelle, qui reste sur trois victoires et un match nul sur ces quatre premiers matches avec l’équipe du Mali. La rencontre avait démarré par une grande intensité mise dans le jeu par les Algériens. Les jeunes milieux de terrain Aboubacar Traoré, Cheick Doucouré et Lassana Coulibaly titularisés par le sélectionneur national ont vite répondu au défi physique des Fennecs. Les deux équipes se sont créé des situations dangereuses en première période. Le Mali, notamment avec l’attaquant El Bilal Touré, aligné avec Ibrahima Koné comme avant-centre. L’Algérie avec le capitaine Riyad Mahrez qui voit sa frappe repoussée par le gardien malien Ismaël Diawara. Les Fennecs parviendront à ouvrir le score juste avant la mi-temps. Riyad Mahrez transforme un penalty à la 47 minute sur une faute de main dans la surface de Ibrahima Koné. Au retour des vestiaires, Massadio Haïdara égalise pour les Aigles à la 58ème minute. Le score ne changera pas malgré une forte pression des Algériens dans les dernières minutes du match. MT/MD (AMAP)
Education : L’UNICEF et le PAM font œuvre utile à travers le PAIS
Bamako, 17 nov (AMAP) Une caravane de presse, organisée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial PAM afin de s’imprégner de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Projet d’appui à l’inclusion scolaire (PAIS), financé par l’Union européenne (UE), s’est déroulée du 07 au 11 novembre 2022 dans trois établissements des villages du cercle de Kolokani, Région de Koulikoro, a constaté l’AMAP. Les écoles publiques des villages concernés sont Tenezana, Kodjan et Kodjè ont accueilli la caravance, en présence des directeurs, des Centres d’animation pédagogique (CAP) de Nossombougou et de Kolokani, des directeurs d’école, des responsables des ONG G Force et la Fondation Strome, des parents d’élèves, des responsables de cantines scolaires et des présidentes de la scolarisation des filles. L’objectif du projet est d’insérer, de réinsérer et de maintenir à l’école 250 000 enfants dont au moins 50% de filles non scolarisées dans les régions du Sud du Mali à haute démographie et forte exclusion scolaire . D’autre part, il offre des opportunités éducatives aux enfants démunis et non scolarisés, dont au moins 50% de filles et permettre le retour et le maintien à l’école primaire dans les zones affectées par l’insécurité au Centre et dans le Nord du Mali. Enfin, il vise à pérenniser le fonctionnement des cantines dans les communes ayant les plus faibles indicateurs éducatifs et de sécurité alimentaire pour favoriser l’accès, le maintien et la performance éducative des enfants, notamment des filles. La mise en œuvre du projet a permis d’insérer et de réinsérer plus de 67 000 enfants à l’école formelle à travers la stratégie de scolarisation accélérée/passerelle (SSAP) et l’insertion directe, à 6 000 familles de recevoir des transferts monétaires qui ont servi à l’inscription et le maintien de leurs filles à l’école et 96 écoles des régions de Koulikoro et de Sikasso (Sud) ont été dotées d’infrastructures d’hygiène et d’assainissement à travers des points d’eau, des latrines équipées de dispositifs de lavage des mains bénéficiant à 23 381 élèves (11 061 filles) ainsi que 88 enseignants ; (19 femmes) ; 72 000 filles ont reçu des kits d’hygiènes menstruelle ; Sur le plan de la qualité, 7 148 enseignants (1 692 femmes) ainsi que 178 animateurs (dont 46 femmes) ont été formés sur la didactique et la pédagogie et dotés de kits enseignants ; plus de 150 000 élèves ont reçu des kits scolaires en 2021-2022 ; Par ailleurs, la mise en œuvre du projet a été l’occasion pour 14 105 membres de 1 848 CGS dont 4 209 femmes d’être formées sur leurs rôles et responsabilités dans la gestion de l’école ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de projets d’amélioration de l’environnement scolaire ; Les élèves du fondamental 1 ciblés par l’action possèdent des compétences en lecture/écriture et en calcul correspondant à leur niveau ; Les élèves inscrits dans les centres d’apprentissages accélérés ciblés par l’action sont préparés et réintégrés dans l’école formelle ; L’engagement des parents et des responsables dans l’éducation formelle et non formelle des enfants et les moyens d’envoyer régulièrement les filles et les garçons à l’école sont améliorés. Le représentant de l’UNICEF, Amadou Samaké, a précisé que son institution couvre à travers le projet PAIS, la Région de Ségou (Centre), Sikasso (Sud), Koulikoro et Kayes (Ouest) et vise à insérer, et à maintenir à l’école 250 000 enfants de la tranche d’âge de 7 à 12 ans. Il mène, aussi, des activités accessoires dont la formation des CGS, des enseignants, la dotation en point d’eau, l’organisation de cours de rattrapage… Les élus locaux, les directeurs des CAP de Nossombougou et de Kolokani ont salué les organisations onusiennes « pour le travail remarquable sur le terrain » avant de les assurer de leur accompagnement et du suivi du projet. Les parents d’élève, les président des CGS, de tous les établissements visités ont remercié les partenaires avant d’exprimer leur satisfaction pour cet appui de l’UNICF et du PAM, à travers des dotations en kits scolaires et alimentaires qui ont permis d’accroitre le taux de scolarisation et de réussite scolaire. « Les élèves issus du Programme de la scolarisation accélérée passerelle (SSAP) font des merveilles dans leurs écoles d’accueil respectives, car ils figurent toujours parmi les meilleurs », selon le directeur de l’école de Tenezana, Abdoulaye, Il donne en exemple Binta Ba,10 ans, et Dramane Coulibaly, 12 ans, tous deux, issus de SSAP, en 4 ème année, à Tenezana, qui ont obtenu respectivement une moyenne de 7,84 et de 8,02. « Le PAM évolue dans le domaine de l’alimentation scolaire notamment dans les cantines, à travers le projet PAIS, qui couvre 44 écoles, dans la Région de Koulikoro, avec environ, 9 000 pensionnaires qui bénéficient tous les jours, d’un repas chaud », a précisé son représentant, Issa Diakité, qui est confiant quant à la relève du projet, « avec la détermination de la communauté ». KM (AMAP)
Koulouba : Le président Goïta reçoit les lettres de créance de trois nouveaux ambassadeurs
Bamako, 16 (AMAP) De nouveaux ambassadeurs accrédités auprès du Mali ont présenté leurs lettres de créance, mercredi, au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, lors d’une cérémonie dans la salle des banquets du palais de Koulouba, a constaté l’AMAP. Le nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran a été le premier à être reçu par le chef de l’État. Né en 1964 à Amol en Iran, Hossein Taleshi Salehani est détenteur d’une licence en sciences politiques et d’une maitrise en relations internationales. Marié et père deux enfants, Hossein Taleshi Salehani, a signé son entrée au ministère iranien des Affaires étrangères de la en tant qu’expert à la Direction Afrique,entre 1992 et 1994. À partir de cette date, le diplomate iranien amorce une carrière diplomatique riche lui permettant d’être le troisième secrétaire à l’ambassade d’Iran à Accra (Ghana). Il a aussi été, successivement, expert à la Direction de la coopération économique multilatérale et expert économique à l’ambassade d’Iran à Copenhague,de 2000 à 2001 et de 2001 à 2005. Bien avant qu’il soit nommé ambassadeur, Hossein Taleshi Salehani était le chargé des affaires de l’ambassade d’Iran à Bamako, d’octobre 2020 à mai 2022. La nouvelle ambassadrice du Royaume de Norvège au Mali a été la deuxième personnalité introduite dans la salle des banquets de Koulouba. Pour avoir servi plusieurs dans plusieurs pays du continent, Mme Rigmor Elianne Koti connaît bien l’Afrique. Elle a occupé le poste de première secrétaire de l’ambassade du Royaume de Norvège à Abidjan, de chargée de coopération bilatérale à Nairobi ainsi que de Directrice par intérim, section pour la Corne de l’Afrique et l’Afrique de l’Ouest. Mme Rigmor Elianne Koti a été, de 2019 à 2022, la représentante spéciale de son pays pour le Sahel. Née à 1966 à Trondheim, mariée et mère de deux enfants, Mme Rigmor Elianne Koti a marqué ses premiers pas de diplomate, de 1996 à 2001, au ministère des Affaires étrangères du Royaume de Norvège entant que conseillère. L’ambassadrice du Royaume de Norvège au Mali possède un master en langue française et culture francophone. Elle détient aussi le diplôme d’études de développement mondial/relations internationale. Le troisième ambassadeur qui a présenté ses lettres au président de la Transition est celui du Canada. Avant d’être accrédité au Mali, il était le directeur régional pour l’Asie du Centre d’étude et de coopération internationale. De 1990 à 2005, François Lafrenière a travaillé dans plusieurs pays dans le secteur des Organisations non gouvernementales (ONG), notamment au Népal, Vietnam, Cambodge et en Inde. Il a, également, travaillé à l’Agence canadienne de développement international en 2005, avant d’occuper les postes de directeur adjoint dans les secteurs de l’Asie, de l’Afrique et du Partenariat canadien. François Lafrenière a été aussi directeur des programmes de développement de l’Afghanistan et du Sri Lanka de 2015 à 2016 et des programmes de développement du Myanmar et des Philippines de 2016 à 2019. Il a récemment été ambassadeur du Canada au Myanmar, de 2019 à 2022. OD/MD (AMAP)
Berges du fleuve Niger : L’industrie du sable tourne à fond
Par N’Famoro KEITA Bamako, 16 nov (AMAP) Le quartier de Djicoroni para, en Commune IV, dans la capitale malienne, Bamako, abrite l’un des plus grands sites de vente de sable. Un marché s’est développé autour de l’exploitation de granulats avec plusieurs autres activités connexes génératrices de revenus. Le sable est un matériau indispensable dans la construction d’infrastructures tels les routes, ponts et bâtiments, entre autres. Ce qui en fait un produit commercial très prisé. Son extraction et sa commercialisation sont, aujourd’hui, une industrie qui crée beaucoup d’emplois. Ici, on distingue plusieurs catégories de travailleurs. La première chaîne est composée de propriétaires de pirogues. Ceux-ci emploient directement des extracteurs de sable dans le fleuve ou louent leurs embarcations à des particuliers. Ces derniers, à leur tour, font travailler des extracteurs pour charger les pirogues de sable à des dizaines de kilomètres de la berge. La chaîne est bien organisée. Chaque jour, un convoi de 20 voire 30 pirogues, attachées les unes aux autres, est propulsé par une seule pinasse à moteur. Celui-ci quitte le port d’attache pour le voyage à la recherche du sable. Le périple peut durer souvent des jours. A leur retour, on assiste à un spectacle d’embarcations chargées à ras bord, qui glissent en grappe vers le port. A quelques centaines de mètres, elles se détachent et arrivent en rang dispersé. Ce spectacle rythme le quotidien des acteurs et les riverains du «Tchin tchin danguan», le quai de sable de Djicoroni para. Sur la berge, se trouvent les acteurs de l’autre maillon de la chaîne : les négociants de sable parmi lesquels l’on retrouve beaucoup de femmes qui y ont fait fortune et les intermédiaires ou «coxeurs» qui cherchent de potentiels clients pour les revendeurs. On assiste à un ballet incessant de camions bennes qui assurent le transport du sable vers les clients. Ces véhicules sont chargés au rythme des cris de gaillards triés sur le volet, compte tenu de la rudesse de la tâche qui consiste à charger les véhicules à la pelle. Cette activité très lucrative a favorisé la création d’un marché où, on peut trouver sur place tout ce dont on a besoin. Des étals pour articles d’usage courant, aux gargotes, en passant par les vendeurs ambulants, tout y passe. On se croirait dans une fourmilière. Yaya Keïta est propriétaire de deux pirogues. Ce qui lui permet « de gagner dignement » sa vie, confie-t-il. Il envoie régulièrement ses pirogues chercher du sable sur commande des clients. Il rémunère les déchargeurs à 15 000 Fcfa. A quelques encablures, nous rencontrons Kanda Camara. Assis sur une chaise, à l’ombre d’un arbre, discutant avec ses collègues. Il nous parle de sa petite entreprise au port de sable. Il est propriétaire de trois pirogues et explique comment les choses se passent. «Nous donnons nos pirogues aux laptots (ouvriers chargeurs) qui partent extraire le sable à plusieurs kilomètres d’ici. A leur retour, je paie les miens à 15 000 Fcfa chacun, les dockers à 13 000 Fcfa et il revient à la pirogue à moteur 17 500 Fcfa de la part de tous les piroguiers associés à lui. Car, une seule pirogue à moteur peut tirer une vingtaine d’embarcations». Selon le jeune homme, les bennes sont numérotées entre 7, 6, 5, 4 et 3, en fonction de leur contenance. Un chargement de pirogue équivaut à un chargement de benne de 7 ou 6 bombée (plus évasée). Kanda Camara dit vendre un chargement de benne 7 bombée (b7b) à 65 000 F cfa et non bombée à 50 000 Fcfa. Il ajoute que les chauffeurs de benne peuvent vendre à leurs prix et selon les distances. Il explique aussi, que quand le prix du carburant augmente, les propriétaires des pirogues à moteur majorent aussitôt leurs prix. Le jeune patron déplore, le tarissement progressif du fleuve. «Quand l’eau tarit, à partir du mois de janvier, les marchés ralentissent au port de Djicoroni para, car les pirogues cognent les rochers. Toute chose qui cause des dégâts», regrette-t-il. Kounadi Doumbia nous a accueilli. Maniant la pelle, aussi bien que les mots, elle nous lance : « Eh mon fils ! Ni ye ntori ye san fè, dugumala man nôgon a bolo », prosaïquement : « quand on voit le crapaud grimper, cela atteste des difficultés que le batracien éprouve plus bas. » La sexagénaire est entourée d’autres femmes. Certaines remplissent les récipients de sable pour constituer un stock. Elle avoue évoluer dans cette activité depuis 20 ans. «Notre travail est de sortir le sable de l’eau pour constituer un stock qui est ensuite vendu par les chefs. Ce que nous gagnons par semaine est reparti entre les travailleuses et la caisse collective pour faire face aux taxes et autres problèmes sur le site». Selon Kounadi, ce gain oscille entre 15 000 à 20 000 Fcfa par semaine pour chacune d’entre elles. La brave femme exprime son regret de toujours exercer cette activité malgré son âge. Moussa Diarra, marié et père de 5 enfants, y évolue depuis 25 ans et arrive à joindre les deux bouts. Il rappelle aussi que les difficultés rencontrées sont liées au ravitaillement en bois. Ces bois viennent de la Côte d’ivoire ou de la Guinée Conakry. « On les utilise pour souder les pirogues », explique le quadragénaire. Le prix d’une pirogue neuve peut atteindre un peu plus de 1,1 million de Fcfa selon la dimension. Solomane Djiré est natif de Sinzani, dans la Région de Ségou (Centre). Marié et père de deux enfants, ce jeune laptot vient travailler pendant 6 à 7 mois, chaque année. Après il retourne au village auprès des siens. Selon lui, cette activité lui permet d’être indépendant, d’aider ses parents au village. Mais il reste conscient que c’est un travail pénible aussi sans oublier l’épuisement corporel et l’insomnie. « Quand on quitte ici dans la journée, on arrive à destination souvent à des heurs indues. Nous remplissons nos pirogues en plongeant dans l’eau pour extraire le sable. C’est un travail de nuit, même en période de froid», explique-t-il, avant de préciser qu’en plus de
Koutiala, de Sikasso et de Bougouni : Les constats rassurants du ministre Modibo Keïta
Par Kadiatou OUATTARA Envoyée spéciale Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, s’est rendu, le weekend passé, dans les Régions de Koutiala, de Sikasso et de Bougouni (Sud), en zone cotonnière pour constater la commercialisation de la production. Pour la première étape de la visite, samedi, la délégation composée des membres de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a mis le cap sur un espace de commercialisation cotonnière, à Koutiala, capitale de l’or blanc. Sur le marché de coton de la coopérative « Koto gnogon tala » au village de Signe situé à 17 km de la ville de Koutiala, la délégation a pu voir les expositions des récoltes de coton graine de la saison en cours. Le coton sera pesé avant de l’acheminer vers les unités d’égrenage. Cette période de commercialisation a débuté depuis le 27 octobre dernier. Le secrétaire général de la coopérative, Drissa Koné, a révélé que 250 hectares de coton ont été cultivés et 100 tonnes sont vendues. « C’est une grande satisfaction pour moi de voir ce rendu », s’est réjoui le ministre du Développement rural. La visite a permis à Modibo Keïta de recenser les difficultés auxquelles les cotonculteurs ont été confrontés lors de cette campagne. Evoquant les difficultés, le président de la coopératif, Aguibou Sounkara, a souligné les maladies du cotonnier provoquées par les ravageurs piqueurs suceurs appelé « Jassides ». Ce ravageur s’est mué en deux nouvelles espèces qui sont apparues pour la première fois au Mali. Il s’agit de Jacobiasca et Amrasca biguttula. Selon M. Sounkara, les pluies abondantes et l’insuffisance d’engrais ont réduit la quantité de récolte. Il a également demandé la mise en place à temps des subventions nécessaires pour les cultures. La visite s’est poursuivie dans la ville de Koutiala, à l’usine d’égrenage. Là, le directeur industriel de la filiale Nord-Est de la CMDT, Moussa Yattara, a expliqué que les balles sont classées par catégorie, stockées et expédiées vers les ports de Lomé (Togo) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Après cette étape, le ministre du Développement rural a réuni les directeurs des services techniques et les responsables des producteurs. Au cours de cet échange, ils ont fait le bilan des travaux réalisés. Pour le ministre Keïta, la campagne a été bonne en matière de pluviométrie. Il a invité les exploitants agricoles à bien gérer les céréales. « J’espère que nous allons conserver notre position de premier producteur en Afrique », a dit Modibo Keïta. Auparavant, la délégation avait rendu une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la région de Koutiala. Nkouroula, une localité située à 50 km de Sikasso, fut la deuxième étape de la tournée. La délégation a fait une descente dans le champ de coton de Adama Sanogo qui fait une superficie de 17 hectares. Ce cultivateur natif de la zone, a effectué les premières récoltes dans son champ. Il a également fait face aux attaques du « Jassides » dans son cotonnier, ce qui lui a causé beaucoup de pertes. « Les cotonniers qui ont été plantés très tôt ont donné quelques capsules. Par contre, ceux qui ont été plantés en retard, n’ont rien donné. Ce qui a joué sur le rendement », a-t-il dit. Modibo Keita a, au cours d’une rencontre avec ses collaborateurs, membres de la filiale Sud Sikasso et les producteurs, assuré que les chercheurs mènent des travaux en vue d’anéantir les insectes qui font des ravages. Il a également expliqué que les contraintes d’approvisionnement en engrais sont dues au conflit en Ukraine et à la fermeture des frontières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour sa part, l’administrateur général de la filiale Sud-SA, Kabaou Dolo, a déclaré que durant cette campagne agricole, sa filiale a fait une production de 307 926 tonnes de coton graine, à raison d’un rendement de 1 041 kg/ha. « Cette production représente 40 % de la production nationale avec une valeur de production de 88 milliards de Fcfa », a-t-il estimé, ajoutant que le prix du coton est de 285 Fcfa le kilogramme. L’administrateur général a souligné que les travaux des routes dégradées ont commencé, en vue de faciliter le transfert des produits. Parlant des difficultés, le délégué régional, Hamidou Goscoko, a évoqué les besoins en aliment bétail. Le périple de deux jours s’est achevé à Zantiéla, une localité de Bougouni par la visite du champ de 5 hectares de coton de Bakary Kouyaté. Le paysan s’est réjoui de la présence de la délégation sur son périmètre au moment où il avait entamé la cueillette du coton. Sur place, le ministre du développement rural s’est dit satisfait. Modibo Keita a salué et félicité les efforts du producteur. KO/MD (AMAP)
Mali-BAD : Le ministre de l’Economie et des Finances reçoit l’administrateur du Groupe de pays du Mali
Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances et gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali a reçu en audience, lundi, Désiré Guedon, administrateur siégeant au Conseil d’administration de la BAD pour le compte du Mali en visite de consultation et d’orientation, a annoncé le département en charge de l’Economie. Nommé il y a quelques semaines, Désiré Guedon, qui est chargé de défendre les intérêts du Mali au sein de la BAD, « est venu se présenter au ministre-gouverneur Sanou et recevoir ses conseils et orientations avisés dans le cadre d’un meilleur accomplissement de sa mission au service du Mali », précise la source Après l’avoir félicité pour son élection au poste, le ministre Alousséni Sanou a partagé avec M. Guedon « les orientations des autorités du Mali en matière de politique économique, financière et budgétaire, leurs attentes en termes d’amélioration de l’état du portefeuille des projets et programmés financés par le BAD. » M. Sanou a, aussi, porté à l’attention de son hôte « les nouvelles perspectives, notamment dans les domaines agricole et énergétique qui constituent des piliers essentiels de l’économie malienne. » Il a indiqué que ces orientations des autorités du Mali et les priorités du gouvernement sont destinées à mieux conforter l’administrateur au Conseil d’administration de la BAD dans son rôle de promotion et de défense des intérêts du Mali au sein de l’institution financière. L’administrateur qui s’est dit « satisfait de la qualité des orientations et conseils reçus » a assuré le ministre de tout son engagement à défendre les positions maliennes au sein de la BAD. À la date du 31 octobre 2022, le portefeuille actif du secteur public de la BAD au Mali compte vingt projets pour un montant total approuvé de 458,484 millions d’Unités de compte (UC), soit environ 391,37 milliards de Fcfa. Le total des décaissements effectués sur les montants engagés est de 175,236 millions d’UC, soit environ 149, 59 milliards de Fcfa. Le taux global de décaissement à la date du 31 octobre 2022 affiche 38,22 % pour un âge moyen du portefeuille de 5,41 ans. Le portefeuille de la BAD compte deux opérations en faveur du secteur privé pour un montant total de 33, 895 millions d’UC, soit environ 28,93 milliards de Fcfa. Le conseiller supérieur au Bureau de l’administrateur, Gaoussou Sylla, et le représentant pays de la BAD au Mali ont pris part à cette séance. MD (AMAP)
Emirats arabes unis : Ouverture de la 1ère édition de « Global Media Congress » à Abu Dhabi
Kader MAIGA Envoyé spécial Abu Dhabi, 16 nov (AMAP) La 1ère édition du « Glogal Media Congress », organisée à Abu-Dhabi par le Centre national d’exposition d’Abu-Dhabi, en partenariat avec l’Agence de presse des Emirats (WAM) a débuté, sous la présidence du Vice-Premier ministre et ministre de la Cour présidentielle, Son Altesse Sheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. Le Vice-Premier ministre émirati a assuré que cette rencontre « déterminera la façon de concevoir l’avenir des médias avec un impact positif sur l’évolution des sociétés, l’exécution des tâches des plateformes par des professionnels, sur les investissements et la coopération. » Cette édition, qui regroupe des hommes de médias, des influenceurs, plus de 193 entreprises exposantes de plus de 42 pays, en plus d’environ 8 000 participants, sera l’occasion de voir les derniers services, produits et technologies modernes appliqués dans les secteurs des médias et de la culture. Au cours de cette rencontre, qui prendra fin jeudi prochain, un certain nombre de thèmes seront développés notamment la communication numérique, l’impact de l’intelligence artificielle sur les médias contemporains et l’intégration des technologies de pointe et de l’innovation dans le secteur des médias. L’exposition, qui est une plate-forme influente dans le secteur des médias, offre l’occasion aux entreprises émergentes d’entrer au Moyen-Orient et de présenter leurs produits et services, notamment les services de diffusion, la production de contenu, les technologies, les équipements et les appareils modernes. A cela s’ajoutent les plateformes de médias sociaux et leurs outils qui ont eu un grand impact ces temps sur l’évolution des communautés. Des sessions spécialisées dans les domaines de la presse, de la radio, de la télévision, d’Internet, des médias sociaux et des influenceurs mondiaux seront également organisées au cours de ce grand évènement. KM/MD (AMAP)
Niakaléna : Les écoliers retrouvent leur pirogue scolaire
Boubacar MACALOU Bafoulabé, 16 nov (AMAP) Les élèves de Niakaléna, petit village à 1 km de Bafoulabé, son chef-lieu de Commune, dans la Région de Kayes (Ouest), avaient besoin d’aide pour acheter une nouvelle pirogue et faire la navette entre leur bourgade et la ville de Bafoulabé où ils étudient. Ils ont enfin pu faire réparer leur embarcation restée à quai, pendant 15 jours pour réparation. La pirogue a repris le trafic, le lundi 20 Octobre 2022 ! Ici vivent peulhs, sénoufos et bambaras pour une population de 70 habitants, tout confondu. A cause de sa situation démographique, cette localité ne remplit pas les conditions pour la création d’une école. Une situation qui la pénalise. Mais, le village espère et croit au miracle et la grâce de Dieu. « A cause de la petite taille de sa population, ce village ne peut pas avoir d’école. De ce fait, les parents sont obligés d’envoyer leurs enfants dans les différentes écoles de la ville de Bafoulabé. Ces enfants empruntent à longueur de journée la seule pirogue dont dispose le village, depuis 2010, pour se rendre dans leurs écoles respectives », dit Sakalé Dembélé, une écolière en 3ème Année de l’Ecole de Bafoulabé III. L’état de la seule pirogue dont dispose ce village pour la traversée du fleuve Bafing, n’est pas rassurant, même si elle vient d’être réparée à 50 000 Fcfa. D’après le fabricant Brouma Séréta, qui signale que la garantie de toute pirogue est de trois ans, cette embarcation, vieille de 12 ans, peut tomber en panne à tout moment. Depuis la rentrée de cette année scolaire, les élèves de la localité du Cercle de Bafoulabé effectuent à pied un parcours de trois kilomètres pour joindre leurs camarades du village de Babaroto voisin, Babaroto, afin qu’ils fassent ensemble la traversée du fleuve Bafing. « A cause de l’état dégradé de la pirogue, certains écoliers préfèrent marcher 3 km pour se joindre à leurs camarades à Babaroto afin de regagner la rive gauche », confirme l’écolière. La situation n’est pas du tout facile pour les élèves de ces villages, parmi tant d’autres. Ces jeunes scolaires sont obligés de faire la corvée, matin et soir, afin de ne pas rater les cours. « Nous souffrons beaucoup actuellement. Nous faisons le parcours quatre fois par jour. Pour arriver à Babaroto, nous traversons une rivière. Une fois en classe, nous ne pouvons pas suivre les explications du maître, à cause de la fatigue. Nous souhaitons avoir une pirogue scolaire afin de traverser dans la quiétude », lâche-t-elle. En attendant de voir le bout du tunnel, les habitants de Niakaléna ont été obligés de prendre leur mal en patience. « La population ne pouvait pas trouver 300 000 Fcfa pour acheter une pirogue », s’était lamenté Moussa Sidibé, président de la jeunesse de Niakaléna. INQUIETUDE DISSIPEE – « Nous avons tenu plusieurs concertations avec les politiques et l’administration scolaire au sujet de l’acquisition d’une nouvelle pirogue. A présent, les démarches administratives n’ont pas abouti», avait déclaré le chef de village Niakaléna, Ousmane Diakité. La population de Niakaléna, consciente du danger qui guette les habitants et soucieuse de l’avenir de ses enfants, a tenu au village, le 26 septembre 2022, une assemblée sur cette épineuse question. Le chef de village et ses conseillers, Makan Sanogo, Seydou Diakité, ainsi que Moussa Sidibé de la jeunesse ont été envoyés en délégation à Bafoulabé, le 2 octobre dernier, auprès des autorités de la Commune dont fait partie Niakaléna pour plaider la cause des écolières et écoliers et trouver des fonds afin de réparer la vieille pirogue de 12 ans. Le maire Kandé Doucouré a reçu la délégation. Il leur avait proposé payer la moitié des frais de réparation et a demandé aux émissaires de [prendre en charge l’autre moitié de la somme. « Car, la mairie ne peut pas tout gérer, faute de moyens financiers », avait expliqué l’édile de Bafoulabé. D’après Makan Sanogo, cette proposition n’a pas été du goût des émissaires du village, Ceux-ci ont simplement remercié leur hôte pour sa bonne foi, avant de prendre congé de lui. Toujours en quête du bon samaritain, la délégation s’est rendue le 4 octobre 2022 au Centre d’animation pédagogique (CAP) pour rencontrer l’adjoint Fomba. Le directeur Oumar Sissoko, empêché, pour raisons de santé. Bien que le CAP n’a pas de budget pour les actions humanitaires, il a donné 25 000 F à la délégation, en guise de contribution. Après avoir obtenu la moitié des frais de réparation et n’ayant plus d’autres alternatives, les émissaires de Niakaléna ne pouvaient que revoir leur position, en allant voire à nouveau le maire de Bafoulabé pour lui signifier leur adhésion à sa proposition, en lui présentant les 25 000 F cfa comme leur propre quote-part. C’est ainsi que le maire leur a donné le complément. Et le lendemain, la pirogue a été envoyée à Mahinading chez Séréta. BM/MD (AMAP)
Campagne agricole 2022/2023 : La CMDT revoit ses ambitions à la baisse
Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 16 nov (AMAP) La direction générale de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a revu ses ambitions à la baisse, en prévoyant une production cotonnière inferieure à celle annoncée au titre de la campagne agricole 2022/2023, a annoncé la compagnie étatique, dans une note consultée, samedi dernier, par l’AMAP. «La production de coton graine attendue sera en deçà des prévisions fixées au début de la campagne agricole et inférieure à la production de la campagne 2021/2022», précise la Holding CMDT dans sa note. Cette source précise que la baisse pourrait dépasser 20%, par rapport au niveau de production de 2021/2022. Cette contreperformance attendue est, selon le document de deux pages, due à l’abondance de pluies, aux inondations, au lessivage des sols, aux attaques des jassides. La conjonction de «ces facteurs défavorables» a entrainé l’abandon par les paysans d’une superficie totale de 158.090 ha sur un total 743.824 ha semés. En effet, analyse la CMDT, les hauteurs de pluies enregistrées jusqu’en fin septembre 2022 ont été excédentaires au niveau de plusieurs postes pluviométriques. De fortes pluies ont été enregistrées dans toutes les zones de production. Elles ont entrainé des inondations dans les parcelles situées au bord des cours d’eau et dans les bas-fonds. L’encadrement dit avoir, en la matière, dénombré en début du mois d’octobre 34.596 ha de coton inondés. Or «le cotonnier n’aime pas les fortes pluies et les fréquences élevées de pluies», expliquent les experts de la Compagnie. En conséquence, des cas de lessivage sont visibles dans plusieurs parcelles. « Les plants sur ces parcelles sont rabougris. La pourriture des capsules de base est constatée sur plusieurs parcelles de coton . » Les excès de pluies ont toujours été contreproductifs pour le rendement du coton, font remarquer les spécialistes. Ils illustrent leur analyse par les contreperformances de la campagne 1999/2000 au cours de laquelle la pluviométrie «très excédentaire» a occasionné des inondations. La production du coton graine est ainsi passée de 518.364 tonnes en 1998/1999 à 459.123 tonnes en 1999/2000, soit une baisse de 11%. Il en a été de même pour la «campagne 2018/2019 où la pluviométrie a été également très excédentaire, occasionnant des submersions. «La production du coton graine est ainsi passée de 728.606 tonnes en 2017/2018 à 656.531 tonnes en 2018/2019, soit une baisse de 10%», rappelle la CMDT. Elle ajoute : «Le seul fait de la forte pluviosité entrainant les inondations, favorisant l’enherbement des parcelles et le lessivage peut occasionner une baisse de production de plus de 10% par rapport à une campagne normale.» PULLULATION DE JASSIDES– Des superficies d’environ 32.523 ha n’ont pas pu être entretenues. Il s’agit des parcelles très enherbées à cause de la fréquence élevée des pluies, celles endommagées par les animaux et quelques cas de reconversion en d’autres cultures. À ces phénomènes est venue se greffer la forte pullulation des jassides, depuis fin juillet 2022. L’espèce de jassides habituellement connue dans la sous-région est Jacobiella fascialis. Les produits insecticides disponibles permettent de la maîtriser. Mais la capture et l’analyse des individus de jassides de cette campagne dans les pays infestés a abouti à l’identification de deux espèces dominantes : Jacobiasca lybica et Amrasca biguttula. Ces deux espèces font leur apparition pour la première fois au Mali. C’est surtout l’espèce Amrasca biguttula qui était beaucoup plus dominante. Cette espèce se multiplie très rapidement et fait plus de dégâts que la Jacobiella fascialis. Les attaques sévères de l’Amrasca ont amené les producteurs à abandonner 90.971 ha. La mission conjointe traditionnelle CMDT-Institut d’économie rurale (IER) relative au suivi phytosanitaire des cultures du système coton s’est rendue sur le terrain pour faire le constat. Le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, et ses techniciens ont pris des mesures urgentes pour limiter les dégâts. Il a ainsi été demandé à l’encadrement et aux producteurs un changement immédiat de stratégie de protection phytosanitaire du cotonnier en réduisant l’intervalle de traitement de 14 à 07 jours et l’utilisation des produits indiqués contre les jassides. Le GIE C-SCPC/CMDT/OHVN a commandé et mis à disposition des quantités d’insecticides contre les jassides recommandés par le Programme coton de l’IER. Des campagnes de sensibilisation ont été diffusées dans ce sens sur les radios pour informer les producteurs des mesures à prendre pour maîtriser les jassides. Ce phénomène de pullulation de jassides est un problème sous régional. Les pays touchés sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo. Le Bénin, le Cameroun et le Tchad sont moins touchés. Ainsi, la production de coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait sensiblement diminuer lors de la campagne 2022/2023 pour se situer à environ un million de tonnes de coton-graine, selon des chercheurs. D’après les estimations de plusieurs négociants, comparativement au niveau de production de 2021/2022, la baisse pourrait même dépasser 20%. SOUTIEN DES AUTORITES – Le mauvais signal avait commencé dès le début de la campagne agricole 2022/2023 qui a démarré dans un contexte difficile marqué par deux principales situations défavorables. La flambée des prix des intrants agricoles sur le marché mondial (suite de l’impact de la pandémie de Covid-19 et du conflit entre la Russie et l’Ukraine). L’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de janvier à juillet 2022, privant le Mali de l’accès aux principaux ports d’approvisionnement du pays. Ce qui a entrainé une hausse des prix des engrais du système coton (coton, maïs, mil et sorgho). À titre d’exemple, le prix fournisseur du complexe coton est passé de 383.000 Fcfa en 2021/2022 à 620.000 Fcfa/tonne. Celui du complexe céréales est passé de 380.000 Fcfa/tonne à 615.000 Fcfa/tonne. Et celui de l’urée est passé de 370.000 Fcfa à 640.000 Fcfa/tonne. Il faut, aussi, noter l’insuffisance de cet engrais sur le marché mondial. Pour y faire face, le président de la Transition, lors de la 12ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture en mars 2022, a pris des décisions qui ont encouragé les producteurs. Le prix

