Processus de transition : le Mali peut compter sur le partenaire allemand (ministre allemande de la Défense)

Bamako, 16 dec (AMAP) La ministre allemande de la Défense, Mme Christine Anelle Lambrech, en visite au Mali, a réaffirmé, jeudi, à Bamako, l’engagement de Berlin a soutenir le processus de transition au Mali, rapporte la Direction de l’information et des relations publiques de l’Armée (DIRPA). A sa sortie d’une audience avec son homologue malien, le colonel Sadio Camara, Mme Lambrech a, aussi, invité les autorités maliennes à maintenir la dynamique vers des élections crédibles. Mme Christine Anelle Lambrech, cité par la DIRPA, a indiqué que les échanges ont porté sur la décision prise par le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne « de continuer à soutenir le processus de Transition du Mali jusqu’à mai 2024. » Elle a invité les autorités maliennes « à maintenir la dynamique amorcée allant vers des élections crédibles ». Elle a, aussi, souhaité le maintien du contrat opérationnel avec le Mali, notamment avec le vol de drones et la réalisation des missions de reconnaissance qui leur sont assignées au sein de la Mission multidimensionnelles intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Selon la DIRPA, l’objectif de cette visite était de réaffirmer une fois de plus l’engagement de son pays auprès du Mali mais aussi de la coopération bilatérale entre les deux pays. La ministre fédérale allemande a remercié son homologue malien, le colonel Sadio Camara, pour sa disponibilité. Elle a également souligné que « le gouvernement allemand respecte et respectera la souveraineté du Mali. » Quant au ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, il a remercié la République fédérale d’Allemagne, à travers sa ministre de la Défense, pour cette visite qui « marque la vitalité de la relation bilatérale entre nos deux pays », a rapporté la DIRPA. La même source ajoute que le colonel Sadio Camara a assuré que la volonté des autorités de la Transition est de faire en sorte que les élections puissent se tenir dans de bonnes conditions. Cette visite de la ministre allemande de la Défense, selon le colonel Camara, « a permis d’éclaircir certains points » comme la disposition du Mali « à travailler avec tous les États tant que sa souveraineté est préservée. » Mme Christine Anelle Lambrech, avait auparavant rendu visite au contingent allemand déployé au sein de la MINUSMA qui compte environ 1100 soldats sur le territoire malien. Il y a trois semaines, l’ambassadeur d’Allemagne au Mali, Dietrich Pohl, avait rencontré la presse pour évoquer la décision du retrait de son pays de la MINUSMA prévu en mai 2024. Cependant, le diplomate allemand avait tenu à préciser que cette décision «ne veut pas dire que (son) pays va tourner le dos au système onusien et au Mali». Le diplomate allemand a ajouté que Berlin va certainement poursuivre ses appuis financiers, précisant qu’entre le Mali et l’Allemagne, « il n’y a pas de mésentente ni de zones d’obscurité. » Par ailleurs, le diplomate allemand avait estimé que la crise multiforme à laquelle le Mali est confronté depuis une décennie, ne pouvait être résolue juste par l’action militaire. «On ne va jamais gagner une guerre asymétrique comme cela. Pour gagner cette confrontation, il faut offrir de bonnes opportunités et des perspectives de développement. C’est dans ce sens qu’on prend aussi notre engagement ici», avait dit l’ambassadeur. MK/MD (AMAP)

Conférence internationale à Moscou sur le renforcement de la coopération médiatique entre la Russie et le monde islamique (UNA)

Moscou, 16 dec (UNA-AMAP) – La Fédération de Russie et le monde islamique  ont appelé, jeudi, au renforcement de leur coopération médiatique, lors d’une conférence internationale à Moscou, rapporte l’Union des agences de presse de l’Organisation  de la coopération islamique (OCI) La conférence sur le thème : « La Russie et le monde islamique : étapes pratiques de la coopération médiatique » a appelé au renforcement de la coopération et des partenariats entre les deux parties dans le domaine des médias, sur la base de leurs valeurs et objectifs communs. Les travaux de cette conférence internationale, organisée conjointement par le Groupe de vision stratégique « Russie – Monde islamique », ont été lancés dans la capitale russe en présence de l’Agence de presse internationale Sputnik et l’UNA On y a noté une large participation de responsables de la Fédération de Russie et de l’OCI, de représentants d’organisations régionales et internationales et de professionnels des médias de différents pays du monde. Le président de la République du Tatarstan, président du groupe de vision stratégique, Roustam Minnikhanov, a affirmé au début de la conférence que « les relations entre la Russie et les pays du monde islamique se sont historiquement caractérisées par un haut niveau de confiance et de coopération, ». Il a ajouté dans son allocution vidéo qu’ « il y a aussi une nouvelle dynamique, comme en témoignent les événements réguliers organisés par le Groupe Vision Stratégique. M. Minnikhanov a souligné que la coopération avec les pays islamiques par le biais des médias est l’un des principaux aspects de la politique internationale russe, notant que cette coopération est d’une importance particulière en termes de lutte contre la diffusion de fausses informations, ainsi que de diffusion des valeurs spirituelles traditionnelles. Pour sa part, le président du Comité du Conseil de la Fédération de Russie sur les affaires internationales, Grigory Karasin, a affirmé que la Russie est un pays multinational et multiconfessionnel, et que ses résidents « soutiennent traditionnellement le renforcement des relations avec les pays qui embrassent l’islam, indiquant que la Russie apprécie la contribution de l’islam au développement du pays. » Il a expliqué que le but de la conférence est de discuter des moyens d’établir une coopération égale entre la Fédération de Russie et les pays islamiques, de fournir aux citoyens un accès égal à des informations véridiques et objectives, soulignant que la conférence promouvra les intérêts réels de la coopération multilatérale, y compris dans le domaine des médias, notant la nécessité d’une coopération à cet égard Le lien entre l’Union de Yuna et les grandes agences de presse en Russie. A son tour, le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’OCI, Ramazan Abdoulatipov, a évoqué dans son allocution la récente visite du Secrétaire général de l’Organisation en Russie, au cours de laquelle « les principaux axes de coopération entre la Russie et l’Organisation de la coopération islamique ont été identifiés ». Il a souligné que « nous sommes confrontés à la tâche de fournir un soutien informatique à cette direction importante de la coopération entre la Russie et l’Organisation de la coopération islamique ». Dans son discours lors de la conférence, le directeur général par intérim de l’UNA, Mohammad bin Abd Rabbo Al-Yami, a apprécié le grand rôle joué par le groupe  Vision stratégique « Russie – le monde islamique » pour renforcer la coopération à long terme entre la Russie et les pays islamiques. Al-Yami a souligné que cette conférence vise à définir des étapes pratiques pour la coopération médiatique entre le monde islamique et la Russie, et à construire des ponts de communication entre les deux parties. Il a offert  les services de l’UNA en tant qu’organe médiatique et centre de formation international, qui apporte regroupe 57 membres de quatre continents sous son égide et dispose d’une plate-forme d’information internationale en trois langues : arabe, anglais et français. Le directeur du département des médias de l’OCI, Wajdi Ali Sindi, a souligné l’importance d’établir des partenariats stratégiques dans le domaine des médias avec un certain nombre d’institutions médiatiques de premier plan de la Fédération de Russie. Lors de son intervention à la conférence, il a ajouté que l’organisation demande instamment le renforcement de la coopération et de la solidarité des médias, « Nous nous efforçons d’assurer une couverture médiatique intégrée des différentes visites du Secrétaire général et des entretiens bilatéraux périodiques que l’organisation organise avec des responsables de la Fédération de Russie », a-t-il dit. L’OCI, a-t-il poursuivi, met en lumière dans les médias traditionnels et modernes les résultats de ces consultations, » afin d’éclairer l’opinion publique locale russe, islamique et internationale sur les questions en discussion et les programmes organisés entre le organisation et la Fédération de Russie. » Le chef du centre de presse du ministère russe des Affaires étrangères, le directeur adjoint du département de l’information et de la presse, Ivan Nechayev, a également passé en revue une partie du travail du ministère avec les journalistes étrangers des pays islamiques. Il a indiqué que la Russie est un Etat de multiples composantes nationales « avec une riche expérience historique de coexistence entre différentes cultures », Selon lui, le développement de la coopération avec le monde islamique est l’une des plus importantes priorités de la politique étrangère russe. La conférence a vu, en marge, la signature d’un mémorandum de coopération entre l’UNA et l’Agence internationale de vidéo (Ruptly), spécialisée dans la fourniture d’informations visuelles contenu. MD (AMAP)

Agro écologie : Manger bio, c’est possible à Bamako

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 dec (AMAP) Il est 11 heures, le soleil s’est levé, dans un ciel brillant. La porte de la villa de Léa Stéphane est ouverte pour la vente de condiments au marché «Sugu Horon», à l’Hippodrome en Commune III du District de Bamako. Mariam, vendeuse et transformatrice, se tient debout devant une table sur laquelle sont posées bouteilles et sachets remplis de produits transformés. En face d’elle, de grands paniers de tomates, papayes, salade, d’oignons…meublent le décor. Les producteurs de ces légumes sont organisés en un Réseau solidaire en agroécologie paysanne citoyenne (RESAPAC). Ils sont regroupés en trois catégories d’acteurs les producteurs agro-écologiques, les transformateurs de produits agro-écologiques et les consommateurs. Ce réseautage, qui crée un cercle vertueux, est la formule qu’ils ont trouvée pour promouvoir l’agro-écologie. Selon la chargée de communication du RESAPAC, cette solidarité est la meilleure façon de faire la promotion de l’agro-écologie pour que tout le monde s’engage, en synergie, pour son bon fonctionnement. «Acheter dans les superettes, des produits qui viennent d’Europe n’a pas beaucoup d’avantages pour le Mali», constate Helène N’Diaye. Et pour que les produits soient abordables, le Réseau fait en sorte que les producteurs soient directement en contact avec les clients. Les «intermédiaires» sont ainsi «court-circuités» pour éviter les spéculations. Sandrine Tembely est la présidente du RESAPAC. En cette matinée, elle fait le tour des étals, échange avec les vendeurs pour s’assurer que tout est en bon ordre. Elle vérifie si tous les légumes sont sur place. L’ambition du réseau, selon sa présidente, est de créer des marchés partout à Bamako. Et ce n’est pas un vœu pieux. En seulement quatre années, le RESAPAC a réalisé cinq marchés où des producteurs vendent en direct. Ces marchés, situés notamment à Magnambougou, Hippodrome, Baco-Djicoroni, sont ouverts les samedis de 10h 14h. Le dernier marché est virtuel, car les ventes se font en ligne via WhatsApp. Le RESAPAC est un réseau ouvert à tous les producteurs agro-écologiques. Mais il faut répondre à des critères précis. «Pour être sûr que c’est de l’agro-écologie, nous avons une équipe d’agronomes, des experts en la matière, qui évaluent les producteurs qui souhaitent devenir membres du RESAPAC», explique Sandrine Tembely. Ils (les experts) se rendent sur le terrain pour contrôler la qualité des produits, en vérifiant notamment la présence des pesticides et des engrais dans les plantes. Et s’il s’avère que les produits du «candidat» ne répondent pas aux normes, l’accès au réseau lui est refusé et les experts lui prodiguent alors des conseils. Récemment, le RESAPAC a «validé son 38ème producteur». Sandrine Tembely le concède : Tout ce qui est «bio» coûte cher. « Mais, argue-t-elle, manger des produits bio évite de tomber malade et de dépenser dans les médicaments». Et d’ajouter que les «produits bio sont de saison et leurs prix ne changent pas parce qu’il y a une fête quelconque». Abdoulaye Coulibaly est un «producteur bio» du village de Fanafié Koro dans la zone de Kambila. Depuis plusieurs années, il produit des poivrons de la basilique, de la patate, des carottes, des mâches, des papayes et des citrons. «Je voudrais que cette activité se développe plus, car c’est une activité rentable mais qui demande beaucoup d’efforts», confie-t-il. Son souhait est que les autorités appuient tous les cultivateurs agro-écologiques afin d’inciter au respect de la biodiversité et favoriser le retour aux cultures ancestrales. Un mardi du mois de décembre. Au marché appelé «24 heures», les légumes sont étalés dans un kiosque de couleur verte, sur de la pailles C’est là que Amadou Sékou Nimaga vend ses condiments bio. Il est le promoteur et président d’Africa connecting, une société en ligne spécialisée notamment dans l’achat-vente et l’agriculture écologique. Son ambition est d’assurer la sécurité alimentaire et promouvoir la consommation. C’est le chômage qui l’a poussé à intégrer l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou. Africa connecting, selon son promoteur, est un «marché conventionnel et bio».  «Chaque mardi, nous vendons du bio au marché de Africa connecting où les familles passent leurs commandes en ligne et nous faisons la livraison à domicile», explique-t-il. Les produits de la société viennent essentiellement de Baguineda et de la ferme Sidibé. Au total, la société travaille avec 29 paysans fournisseurs qui font tous de l’agriculture écologique. De l’avis d’Amadou Sekou Nimaga, l’État doit mener une politique autour de l’agriculture écologique pour plus de changement et plus de consommation de produits Bio. «Tout le monde doit se nourrir de ces produits qui sont sains et naturels», commente-t-il. Aujourd’hui, de nombreux Bamakois ont compris l’importance de consommer bio. Par semaine, certains peuvent acheter jusqu’à 10.000 Fcfa de légumes bio. Salifou Touré est un habitué du marché de l’hippodrome où nous l’avons rencontré. Panier en main, il est venu s’approvisionner en pain, carotte et patate. Il est convaincu qu’avec les produits bio, on ne «tombe pas malade facilement». «Quand un légume est bio, on peut même le manger avec sa peau, parce que c’est très riche en vitamines» soutient-il, Il vient d’acheter 2 kg de patates à 2.000 Fcfa. FMS/MD (AMAP)

Mali: Vers des solutions durables de l’assainissement de Bamako

Bamako, 15 déc (AMAP) La problématique de l’assainissement de Bamako, la capitale malienne, a été le sujet d’une réunion, entre le gouvernement et les acteurs impliqués dans le domaine, mercredi, au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Cette réunion hebdomadaire dont les travaux ont été dirigés par le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation,  colonel Abdoulaye Maïga, a permis aux participants d’identifier la problématique de l’insalubrité à Bamako. Pour le colonel Abdoulaye Maïga, le problème de l’assainissement de la capitale est «structurel» et ne peut être réglé de manière instantanée. « Cependant, s’est-il félicité, il y a un début de solutions grâce à l’implication de tous les acteurs. » Le ministre Maiga a indiqué que l’Etat a résilié le contrat avec la société marocaine Ozone pour des raisons de souveraineté, dont le respect est l’un des trois principes clés qui guident l’action publique au Mali. Mais aussi pour des raisons d’efficacité. «Parce que la collaboration entre la mairie du District et Ozone n’était pas opérationnelle. Malgré des interventions de la société, il y avait toujours des points noirs ici et là», a dénoncé le ministre d’Etat. « En lieu et place, nos efforts ont consisté à remettre la Voirie du District sur pied, a-t-il dit. Grace à l’appui de l’État par le truchement de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), la Voirie a été dotée en matériels, notamment des camions de ramassage d’ordures d’une valeur de 780 millions de Fcfa. 17,4 MILLIARDS DE FCFA – Le ministre d’État a aussi annoncé la signature, entre le ministère en charge de l’Economie et la Banque mondiale d’un accord de prêt d’environ 17,4 milliards de Fcfa pour reconstruire la décharge finale de Noumoubougou (Région de Koulikoro), près de Bamako. Il a rappelé qu’initialement, cette décharge finale devait être moderne, permettant le tri et le traitement des déchets. Son budget initial s’élevait à 7 milliards de Fcfa. «Malheureusement, ce que nous avons à Noumoubougou n’est pas du tout ce qui était prévue. Cette décharge est loin d’être fonctionnelle», a regretté le colonel Abdoulaye Maïga. Il a, en outre, signalé qu’un audit a été mené et a révélé beaucoup de dysfonctionnements. Le ministre en charge de l’Administration territoriale a assuré que les travaux de la reconstruction de la décharge de Noumoubougou commenceront « très bientôt. » Il a, aussi, annoncé l’acquisition d’un financement pour la construction d’une autre décharge finale à Moutougoula (Cercle de Kati). Ce qui permettra, selon lui, d’avoir à Bamako deux décharges finales et d’autres infrastructures de traitement de déchets. Le colonel Maïga a également annoncé la construction d’une nouvelle décharge de transit à Médina Coura, en Commune II du District de Bamako. Sa construction démarrera dès la semaine prochaine. Cette construction sera entièrement financée par le ministère en charge du Transport. « Ces infrastructures permettront de réduire encore la pression en termes de déchets dans notre District », a souligné le ministre d’Etat qui a appelé les populations de Bamako à plus de patience, assurant que le gouvernement posera le jalon d’une solution durable pour régler le problème de l’assainissement dans la capitale. Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné et sa collègue des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ont pris part à la remcontre. BD/MD (AMAP)        

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 décembre 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 14 décembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : –  adopté des projets de texte ; –  et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant modification du Décret n°06- 426/P-RM du 06 octobre 2006 fixant les modalités d’application de la Loi n°01-082 du 24 août 2001 relative à l’assistance judiciaire. L’accompagnement des autorités judiciaires est un des objectifs majeurs visés par la Loi d’Orientation et de Programmation pour le Secteur de la Justice dont la finalité est de bâtir un service public de justice accessible, efficace et performant de nature à restaurer la confiance des justiciables. En matière criminelle l’assistance de l’Avocat est obligatoire. C’est dans ce cadre que depuis plusieurs années, l’Etat met à la disposition des accusés un Avocat commis d’office pour assurer leur défense. Il ressort de l’analyse que le montant des indemnités allouées à l’Avocat commis d’office devant les juridictions criminelles s’est avéré, de nos jours, dérisoire en raison, notamment des moyens déployés par l’Avocat pour assurer la défense du client. Le présent projet de décret est adopté en vue de relever le taux des indemnités des Avocats commis d’office devant les Juridictions criminelles de 50 000 Francs CFA à 250 000 Francs CFA à compter de janvier 2021. Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant le cadre organique de l’Inspection de l’Equipement et des Transports. L’inspection de l’Equipement et des Transports, créée par la Loi n°09-037 du 19 novembre 2009, a pour mission : de contrôler le fonctionnement et l’action des services et organismes relevant du Ministère en charge de l’Equipement et des Transports ; de veiller au respect et à l’application des dispositions législatives et réglementaires relatives à la gestion administrative, financière et matérielle par les services et organismes du Département ; d’assister les services, les organismes personnalisés et le personnel par des conseils de gestion ou d’aide à l’organisation ou par la mise en œuvre de programmes d’information et de formation pouvant contribuer au renforcement de leurs capacités et à une gestion saine des services et des deniers publics. L’évolution du secteur a rendu nécessaire la relecture du Décret n°09-640/P-RM du 30 novembre 2009 déterminant le cadre organique de l’Inspection de l’Equipement et des Transports. Le projet de décret adopté vise à ouvrir le cadre organique à d’autres corps et à doter l’Inspection de l’Equipement et des Transports, pour les cinq prochaines années, en personnel nécessaire pour l’exécution de ses missions. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant Règlement du Budget d’Etat 2019. La loi de règlement d’un exercice budgétaire, conformément à la Loi n°2013-028 du 11 juillet 2013 relative aux Lois de Finances, constate le montant définitif des encaissements de recettes et des ordonnancements de dépenses. A ce titre, elle : ratifie, le cas échéant, les ouvertures supplémentaires de crédits décidées par décret d’avances depuis la dernière loi de finances ; régularise les dépassements de crédits constatés résultant de circonstances de force majeure ou des reports de crédits, et procède à l’annulation des crédits non consommés ; rend compte de la gestion de la trésorerie de l’Etat et de l’application du tableau de financement de l’Etat ; arrête les comptes et les états financiers de l’Etat et affecte les résultats de l’année ; rend compte de la gestion et des résultats des programmes. La loi de règlement du budget d’Etat 2019 est la deuxième du genre présentée en mode programme, conformément aux dispositions de la Loi de finances. L’adoption du projet de loi permet de rendre compte au Conseil national de Transition, du résultat d’exécution du Budget d’Etat 2019 et de constater son règlement définitif. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des Ministres de l’évaluation de la situation des Associations, Organisations Non Gouvernementales, Fondations et assimilées, concernées par la mesure d’interdiction. Suivant le Communiqué n°042 du 21 novembre 2022, le Gouvernement de la Transition a décidé d’interdire, avec effet immédiat, toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France. Le Décret n°2022-0738/PT-RM du 29 novembre 2022 portant interdiction des activités de certaines Associations et Fondations sur le territoire de la République du Mali confirme le Communiqué susvisé, en précisant que la mesure concerne notamment : les associations nationales ordinaires ; les associations signataires d’accord-cadre avec l’Etat ; les associations étrangères ; les fondations. Dans le cadre du suivi et du contrôle des activités des Associations et des Fondations, une commission a été créée suivant la Décision n°2022-000805/MATD-SG du 15 novembre 2022. Les travaux de la Commission ont permis de dénombrer 294 Associations, Organisations Non Gouvernementales, Fondations et assimilées concernées par la mesure. La Commission recommande : – de tenir des réunions d’information en vue d’expliquer les modalités d’application du décret d’interdiction et de présenter les mesures complémentaires prises par le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation dans le cadre du suivi et du contrôle de ces organisations ; de mettre en place par voie d’instruction un dispositif commun de coordination, de suivi et de contrôle des activités des Associations, Organisations Non Gouvernementales et des Fondations sur toute l’étendue du territoire national ; de prendre des mesures adéquates pour adapter l’ensemble des dispositifs d’intervention des partenaires extérieurs à l’orientation politique et à la souveraineté du Mali. Le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions a informé le Conseil des ministres :

Aboubacar Touré : L’artiste qui pense bogolan

Par Fadi CISSE Bamako, 14 dec (AMAP) Depuis son enfance, Aboubacar Touré rêvait de devenir entrepreneur. Aujourd’hui, c’est fait ! Le jeune artiste trentenaire veut communiquer sa passion pour le bogolan, bien au-delà de Ségou (Centre) où il travaille. Devant son atelier est affiché le sigle de Consommer africain (CA) comme un slogan, dessiné sur le mur en motif bogolan. Sous un hangar, avant d’accéder à sa boutique, pagnes et chemises en bogolan sont étendus sur une tôle. Aboubacar Touré, dans un tee-shirt blanc, assorti d’un pantalon jeans, tient un bidon de teinture. Pas besoin d’engager la discussion avec le natif de Gao (Nord) pour comprendre qu’il vit et pense bogolan depuis toujours. Le bogolan, c’est sa passion, c’est l’air qu’il respire… Tout a commencé au Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (CERFITEX) de Ségou. Licence en technologie textile en poche, il enchaine les stages dans plusieurs structures dans le domaine du tissage. Avant de créer en 2017 sa propre entreprise. Toutefois, l’essor entrepreneurial est venu en 2021 avec le soutien du Fonds d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (FACEJ). «A partir de là, je suis entré dans la danse de l’entreprenariat. Je suis obligé de travailler dur pour rembourser mes dettes et aller de l’avant», souligne l’artiste qui emploie aujourd’hui neuf autres personnes dont trois hommes. C’est à souligner, car à l’en croire, beaucoup de gens considèrent que c’est un travail pour les femmes. Deux types de tissus sont employés pour ses bogolans : les tissus traditionnels et ceux importés. Ensuite, le textile est imprégné de n’galama, une matière produite avec des feuilles d’arbres. «C’est le produit de base, avant de faire n’importe quel dessin sur le tissu», explique l’artiste, tout en traçant avec attention, tête baissée, son motif. Ses apprentis, de l’autre côté de l’atelier, trempent les pagnes trois fois dans le n’galama de couleur verte, avant le dessin qui intervient après séchage. Ce motif est repris jusqu’à trois fois, pour donner plus d’éclat au tissu et renforcer sa couleur avant de l’étaler sous le soleil. Le séchage est une opération-clé ; « le jour où il n’y a pas de soleil, pas de travail. » Selon Aboubacar Touré, c’est le bon séchage qui donne au bogolan toute sa qualité. Chaque motif nécessite un temps particulier de réalisation et certains dessins, faits sur commande, peuvent prendre une semaine. «Avant, on travaillait avec une idée de stock zéro. Avec l’évolution de l’entreprise, j’ai commencé à en faire à l’avance pour pouvoir les présenter lors des foires», précise le jeune créateur. Aussi bien dans le pays qu’au-delà de nos frontières, le talent de Aboubacar séduit de nombreux stylistes qui lui font des commandes. Mais l’exigence de plus grande production, qui prend dès lors du temps, suscite des difficultés économiques spécifiques, car le retour sur investissement est moins rapide. Surtout lorsque les clients considèrent que le prix de cette production de qualité est trop élevé. Et il y a les mentalités. Une croyance soutient que le travail du bogolan relève du fétichisme. «Dans la société, on pense encore que la personne qui fait ce métier est un féticheur. Des gens me disent : on ne peut pas prier avec du bogolan, c’est un habit pour les féticheurs», explique l’artiste qui pense qu’il est temps de mieux valoriser nos tissus traditionnels, au lieu d’importer des textiles d’ailleurs. Pas de quoi décourager l’entrepreneur, qui avec cette activité subvient à ses besoins et ceux de sa famille. Dans sa boutique, toutes sortes d’articles s’entassent: pagnes tissés, chemises, sacs, jetés de tables, couvre-lits, etc… Aboubacar Touré assure également la décoration en bogolan des séminaires et autres cérémonies, notamment les mariages. S’il réside à Ségou, la majeure partie de sa clientèle se trouve à Bamako et à l’étranger, grâce aux plateformes de vente. Les réseaux sociaux l’ont beaucoup aidé à se faire connaitre et il est suivi aujourd’hui par des milliers de followers. Chaque jour, il livre des articles à Bamako. Sa cliente du jour est Hawa Dembélé, venue en compagnie de sa grande sœur résidant à Ségou. Elle l’a connu à travers le bouche à oreille. Hawa témoigne : « le jour où, j’ai porté un habit d’Aboubacar, toutes mes amies m’ont dit que j’étais splendide. Je suis devenue ensuite accro au bogolan. Et fidèle à un artiste qui «fait de belles choses, en plus d‘être  compréhensif et abordable». FC/MD (AMAP)

Lutte contre la corruption : L’OCLEI sonne la mobilisation

Bamako, 14 dec (AMAP) l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), a lancé, mardi, la 2è édition de la Semaine nationale de lutte contre la corruption sous le thème : «Tous unis et mobilisés contre la corruption et l’enrichissement illicite». Cette semaine s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, célébrée le 9 décembre. Depuis 2017, l’OCLEI initie régulièrement des activités d’information, de sensibilisation et de contributions à l’éducation contre ce fléau. Cette année, l’évènement sera marqué par une série d’activités à Bamako, Kati (près de la capitale), Koutiala, (Sud) Kéniéba (Ouest) et à l’université de Kabala. «Construire un monde uni contre la corruption» était le thème choisi pour la conférence inaugurale. Pour le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la rencontre, ce thème « est assez révélateur de la nécessité d’une synergie d’actions » Elle « s’inscrit en droite ligne de la vision du gouvernement esquissée en termes de mécanismes opérationnels et efficaces de lutte contre la corruption dans le respect strict des règles d’éthique et de transparence d’ici l’horizon 2032 », a ajouté M. Maiga. Ibrahim Ikassa Maïga a rappelé que le Mali est confronté à une crise multidimensionnelle depuis 2012. Ainsi, les autorités de la Transition, soucieuses d’une gouvernance vertueuse et légitime, ont inscrit dans le plan d’actions du gouvernement de Transition 2021-2022, l’élaboration d’une stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Il s’agit de l’axe 4 intitulé : «Promotion de la bonne gouvernance et adoption d’un pacte de stabilité sociale». A cet effet, les Assises nationales de la refondation (ANR) ont fait des recommandations traduites en actions dans le cadre stratégique de la refondation de l’Etat. Dans cette même perspective, le ministre Maïga a précisé que son département a élaboré un projet de stratégie comportant des axes relatifs à  la gouvernance et aux réformes, la prévention et la détection des faits de corruption, la répression et la réparation. S’y ajoute la communication et la sensibilisation. Selon les dispositions, cette nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption sera soutenue par d’autres documents cadres de référence en voie de finalisation. Il s’agit notamment des stratégies nationales de «dématérialisation des actes et procédures administratifs», de «rationalisation des structures administratives et des institutions» et de «dépolitisation de l’administration». Le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, a souligné que la corruption a des impacts négatifs sur la société, en compromettant le développement social et économique. Selon les institutions internationales, a-t-il rapporté, « la corruption est le principal obstacle au développement économique et social dans le monde. » Parlant des statistiques, Moumouni Guindo a révélé que la Banque africaine de développement (BAD) chiffre à 9 212 milliards de Fcfa, chaque année, l’impact de la corruption en Afrique. Ce qui représente 25% du PIB de l’Afrique. Et d’autres institutions chiffrent à 2 600 milliards de dollars le coût annuel de la corruption dans le monde, soit 5% du PIB mondial. «C’est pourquoi l’OCLEI, chaque année, pour informer et sensibiliser de manière adéquate, mobilise chacun et tous contre ce phénomène et mène des actions», a conclu M. Guindo. Le président de l’OCLEI a invité à une inclusion de tous les acteurs, en l’occurrence publics et privés et de la société civile pour la bonne gestion de cette lutte incontournable. Il a remercié les partenaires techniques et financiers, tels que la direction générale des impôts, le Centre de formation des collectivités territoriales, les rectorats de l’université. KO/MD (AMAP)

Mali : Parents de nonuplés, le couple Arby dans le « Guinness Word records »

Bamako, 13 dec (AMAP) Les parents des seuls nonuplés au monde, (neuf bébés dont cinq filles) nés dans une clinique marocaine le 4 mai 2021, Kader Arby (36 ans) adjudant de l’Armée malienne, et son épouse, Halima Cissé (27 ans), sont entrés dans le prestigieux livre « Guinness Word records », a appris l’AMAP mardi à Bamako. Les nonuplés et leurs parents ont reçu, vendredi à Casablanca, l’équipe et un certificat du Guinness Book des Records. Le couple malien et leurs neuf enfants sont arrivés, très tôt ce mardi 13 décembre 2022, à Bamako. Ils ont été accueillis à l’aéroport international président Modibo Keïta-Senou, par la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, en présence de plusieurs parents et proches de la famille. Cette naissance de neuf bébés d’une seule et même grossesse, par césarienne et prématurément, est exceptionnelle. La survie comme celle de leur mère a été rendue possible par la mobilisation de plusieurs médecins au Mali, des autorités maliennes et de l’équipe médicale de la clinique Aïn Borja de Casablanca, au Marc. C’est en mars 2021 que Halima Cissé enceinte avait pris l’avion en direction du Maroc pour une prise en charge d’urgence de cette grossesse multiple à très haut risque. De Tombouctou à Bamako, plusieurs médecins maliens s’étaient mobilisés pour la faire transférer au Maroc et donner, ainsi, toutes leurs chances de survie à ces bébés qu’on pensait être au nombre de sept. A à la surprise générale, Ils se révèleront être neuf arrivés par césarienne.   Les cinq filles ont été baptisées Adama, Oumou, Hawa, Kadidia, et Fatouma et quatre garçons s’appellent Oumar, Elhadji, Bah et Mohammed VI en honneur respectivement à l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw et sa Majesté le Roi du Maroc. AT/MD (AMAP

Surpopulation carcérale : Un défi pour l’administration pénitentiaire

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 13 dec (AMAP)  «La surpopulation qui constitue incontestablement une des plaies de notre système carcérale s’explique par notre système judiciaire caractérisée par la lourdeur, la lenteur et une certaine inefficacité», a dit le ministre malien de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, pour dépeindre les conditions de vie dans nos prisons. Le ministre Kassogué intervenait à l’ouverture de la 6ème édition de la conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, tenue le mois dernier, dans la Région de Ségou (Centre). Au Mali, les Maisons d’arrêt concernées par cette surpopulation sont notamment celles de Bamako, la capitale,  Kayes (Ouest) et Sikasso (Sud). La Région de Ségou est, également, confrontée à cette situation. La surpopulation carcérale est une réalité dans les Maisons d’arrêt de Ségou (environ 240 km de la capitale malienne) et de Niono. Celle de Ségou, qui nous intéresse ici, a été construite pour une capacité d’accueil de 100 détenus. Elle compte actuellement 220 détenus, soit un taux d’occupation de 220%, et un surplus de 120 détenus, selon la Direction régionale de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée. Pour s’en convaincre, notre équipe de reportage s’y est rendue. Construite par les colons français pour mieux assoir leur autorité, la Maison d’arrêt et de correction de Ségou est située dans le Camp de la Garde nationale. En cette matinée de mardi, c’est le calme à l’extérieur. Le personnel pénitentiaire est en poste. Pour avoir accès aux lieux de détention, les visiteurs, sans exception, se prêtent à une fouille minutieuse. Sacs et autres matériels tels que le téléphone y sont interdits. La vieille bâtisse résiste aux aléas du temps. Deux portes s’ouvrent pour permettre l’accès. La Maison d’arrêt de Ségou compte trois quartiers : un pour Hommes, un pour Mineurs et un pour Femmes. Au quartier des hommes, où nous entamons notre visite, sous un vaste hangar, des pensionnaires jouent à la belotte, aux dames, tissent des panier et des éventails. Certains font du rafistolage ou fabriquent des sacs. Depuis des chambres, d’autres observent curieusement les visiteurs à travers les grilles. Entre peur et souci de mener à bien notre mission, nous franchissons le seuil d’une des cellules. Certains détenus sont condamnés, d’autres des prévenus. Chacun dispose d’un matelas. Quelques-uns font la grasse matinée, d’autres devisent tranquillement. Ventilateurs et humidificateurs rivalisent pour rafraîchir les lieux. Dans cette cellule de 16,86 m sur 4,94 m, on peut voir aussi des bouteilles d’eau et de quoi brancher les appareils électroménagers comme les téléviseurs. Sans compter des effets personnels comme des couvertures, des draps, des moustiquaires… dans un état de propreté plus ou moins acceptable. Le chef de chambre H.B précise qu’ils sont au nombre de 41 pensionnaires. RÉDUIRE LE NOMBRE – « La cellule d’en face accueille 35 personnes », répond S.C, condamné pour escroquerie. Il y séjourne depuis 6 mois et doit purger une peine de 5 ans. «Nous sommes nombreux au point qu’on se couche les uns sur les autres en plein sommeil. Il est vrai que nous ne pouvons pas vivre comme si nous étions chez nous mais nous invitons les autorités à faire des efforts pour réduire le nombre dans les chambres», plaide le trentenaire, avant d’expliquer les désagréments liés à ce facteur. «Quand vous êtes nombreux, souvent il y a des disputes. Certains te provoquent même si tu te retiens, dès fois tu es obligé de répliquer. En dehors de cela, ton intimité n’est pas respectée. Souvent, en tant qu’adulte, tu t’habilles devant tes petits frères. Ce n’est pas tellement commode», se plaint ce père de deux enfants. Il invite la justice à accélérer les procédures : «Beaucoup parmi nous ne sont pas encore jugés. Si certains sont jugés et innocentés cela pourra réduire le nombre». Au quartier pour mineurs, un garçon de 14 ans en détention pour vol, exprime sa frustration. «Comme vous pouvez le constater, nous sommes six dans la chambre entre trois lits superposés. Je trouve que ce nombre est trop élevé. Il y a beaucoup de désagréments. Quand certains tombent malades, tu peux passer une nuit blanche à cause de leurs complaintes», confie l’ancien apprenti carreleur. Des constats que partage le directeur régional de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, l’inspecteur principal Abdoulaye Séméga. «Nous avons un effectif de 220 détenus dont 46 prévenus, 80 inculpés dont 2 femmes, 8 garçons mineurs et une fille mineure, 94 condamnés dont 17 étrangers», explique Abdoulaye Séméga. Et de préciser que 126 détenus sont en attente de jugement. Les raisons sont multiples, selon lui. « La ville se développe, sa population aussi tandis que la capacité d’accueil est restée intacte car il n’y eu aucune construction de cellules ou de quartiers », souligne Abdoulaye Séméga. S’y ajoute, selon lui, la lenteur dans la procédure judiciaire, le nombre limité de magistrats, la non application des mesures alternatives à l’emprisonnement comme le Travail d’intérêt général (TIG), la médiation pénale, l’insécurité généralisée dans la région, l’insuffisance des sessions d’Assises et l’augmentation de la délinquance. Cette situation contribue, estime l’inspecteur principal, à la dégradation générale des conditions de détention (hygiène, santé, alimentation des personnes détenues). « La surpopulation carcérale augmente le stress, provoque l’insomnie chez le personnel pénitentiaire, rend difficile le respect des droits des personnes détenues et leur réinsertion socio-professionnelle », développe le directeur régional de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée. RÉINSERTION SOCIALE – Pour y faire face, l’inspecteur principal Séméga prône la construction d’une nouvelle Maison d’arrêt sur un grand espace qui respecte les normes de détention en lien avec le respect des Droits de l’Homme en milieu carcéral et la réinsertion sociale. Il propose des mesures comme les peines alternatives à l’emprisonnement, l’application stricte du Code pénal et le code de procédure pénale (CPP), la diminution des renvois, l’institution de juges d’application de peines, la promotion des pénitenciers agricoles et la multiplication des grâces présidentielles… Il préconise également la visite permanente des centres de détention par les magistrats du parquet et les juges d’instruction. La recherche des solutions à la surpopulation a conduit le

Sanctions américaines contre Karim Keïta : l’ambassade us au Mali donne des détails

Bamako, 13 dec (AMAP) Le chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Mali, Briant Neubert, est revenu en détails, lundi, à Bamako, sur les sanctions de son pays à l’encontre du fils de l’ex-président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Au cours d’une conférence de presse dans les locaux de la représentation, le diplomate américain, a expliqué que les Etats-Unis d’Amérique (USA) détiennent des dossiers permettant de comprendre comment Karim Keïta a utilisé «sa position» pour s’enrichir. «Nos lois concernent notre pays, mais nous pensons que cette décision sert comme signal aux   juridictions des autres pays que cet individu a un dossier de corruption et de violation des droits de l’Homme», a souligné Briant Neubert. Le Trésor américain a publié, vendredi dernier, une liste de plus de quarante personnalités ciblées par des sanctions pour « des faits de corruption et de violations des droits de l’Homme». Parmi ces personnalités figure Karim Keïta, ancien président de la Commission défense de l’Assemblée nationale du Mali. Les sanctions concernent le gel des avoirs et la restriction de voyage du mis en cause aux USA. Le diplomate américain a ajouté que « cette décision peut, également, signifier aux gouvernements actuels en Afrique et un peu partout dans le monde, y compris les responsables des anciens régimes, que leurs actes auront des conséquences dans l’avenir. » Le chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Mali a dit qu’en principe, ces «biens gelés» doivent être restitués au Mali, soulignant que son pays coopère avec le gouvernement malien dans ce sens. Le fils de l’ex-président de la République est visé par un mandat d’arrêt international par l’Interpol dans l’affaire dite de la «disparition du journaliste Birama Touré».Est-ce que les Etats-Unis soupçonnent Karim Keïta d’avoir assassiné ce journaliste ? En réponse, le conférencier a indiqué que la liberté de la presse doit être protégée. A la question de savoir si les Etats-Unis vont collaborer avec les autorités maliennes pour exécuter ce mandat, Briant Neubert a déclaré qu’en principe, son pays est toujours « disponible à coopérer dans ce sens. » Parmi les personnalités visées par les sanctions américaines figure, également, l’ancien chef de l’État guinéen, Alpha Condé. BD/MD (AMAP)