Spécial 8 mars : Dr Sidibé Djénéba Diallo, pilier central des soins d’urgence

Bamako, 8 mar (AMAP) Dr Sidibé Djénéba Diallo est une bénédiction pour le Service d’accueil des urgences à l’Hôpital du Mali. Celle qui est constamment aux petits soins des malades, dont le pronostic vital est parfois en jeu, est un bon disciple d’Hyppocrate qui marche dans le sillon tracé par ses prestigieux maîtres de la médecine d’urgence au Mali Le dévouement et l’abnégation de Dr Sidibé Djénéba Diallo en font une inspiration pour ses collègues. Rokia Nadette Traoré, infirmière aux Services des urgences du même établissement hospitalier, loue la conscience professionnelle de sa collègue. Dr Sidibé Djénéba Diallo, aujourd’hui âgée de 41 ans, avait une prédilection pour l’ingénierie électromécanique. Elle finit par opter pour la médecine à la demande de son père. Elle sert aujourd’hui aux urgences, un service constamment sous pression. Elle a fait ses premières armes au Service d’accueil des urgences (SAU) du Centre hospitalier universitaire (CHU) : Gabriel Touré où elle a aide, en tant qu’interne, à faire fonctionner cette unité de soins hyper sollicitée du fait de la position géographique de l’établissement. Elle explique avoir soutenu sa thèse en 2009 à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) d’alors et servi une année au SAU de l’hôpital Gabriel Touré, avant de regagner le seul établissement hospitalier public de la rive droite (Hôpital du Mali) en 2011. Elle y est depuis 11 ans maintenant, mais est surtout restée longtemps la seule femme médecin de l’ouverture de cette unité de soins urgents en 2011 jusqu’en 2014. Aujourd’hui, ce service compte une équipe féminine bien étoffée. Celle qui a pris de la bouteille affiche constamment aux coins des lèvres un sourire et incite ses collègues à servir la bonne cause, celle des patients. Elle a participé à la prise en charge des blessés de la bousculade meurtrière lors du Maouloud organisé par l’Association Ançardine de Chérif Ousmane Madane Haïdara, il y a quelques années, de ceux des attaques terroristes, mais aussi des personnes atteintes d’Ébola et de la Covid-19. Dans toutes ces situations, l’urgentiste a brillé par sa compétence, son abnégation et son humanité à soulager la douleur. Elle se souvient en 2014, de la gestion du premier cas suspect d’Ébola à l’Hôpital du Mali. Malades et accompagnants avaient cédé à la panique. «J’étais seule face à un patient atteint d’une pathologie que je ne connaissais pas beaucoup. Les autorités sanitaires avaient décidé de le référer dans un centre à Lassa. J’ai eu beaucoup de difficultés à le faire parce que des jeunes de ce quartier étaient opposés à cette décision. Sans l’intervention de mon ambulancier qui y résidait, ils allaient nous agresser», confie-t-elle. Pour son expérience dans la gestion des épidémies et des catastrophes, Dr Sidibé Djénéba Diallo se retrouvera à la tête de l’unité  d’accueil des urgences Covid-19, créée pour préserver les autres malades du Service des urgences d’une éventuelle contamination au contact des patients atteints de la Covid-19. Dr Cissé Mamadou Abdoulaye Chiad, chef du Service d’accueil des urgences à l’Hôpital du Mali, est l’un des maîtres de Dr Sidibé Djénéba Diallo. Selon cette figure connue de la médecine d’urgence au Mali, «la battante et tonique Djénéba» a tous les atouts pour travailler dans un service des urgences. Elle a le don de gérer le flux et de prendre les bonnes décisions. «Sa vivacité et sa détermination m’ont conduit à lui confier en 2019 le poste de chef d’unité du service d’accueil des urgences Covid-19. Elle m’a donné des résultats satisfaisants», se réjouit ce spécialiste de la médecine d’urgence et des catastrophes qui surnomme sa collègue : Margaret Thatcher, en référence à la poigne de l’ancienne Première ministre du Royaume-Uni. Djénéba Diallo est aussi diplômée du Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag) du Sénégal. Elle séduit par sa vision, son implication dans les soins et la dose d’humanité qu’elle met à conforter les parents des malades. MDD (AMAP)

Spécial 8 mars : Le long chemin de l’implication des femmes dans le processus de paix 

Bamako, 8 mar (AMAP) Le processus de paix et de réconciliation a été lancé dans notre pays en 2013. Il intervient après la crise multidimensionnelle qui l’a secoué en 2012. Ainsi, des négociations ont été menées à Alger entre 2014 et 2015, aboutissant à la signature de l’Accord communément appelé «Accord d’Alger» en 2015. Premières victimes de cette crise multidimensionnelle, les Maliennes attendent encore d’être impliquées à souhait dans ce vaste chantier de la paix et de la réconciliation nationale entamé par notre pays. Pourtant, toutes les dispositions sont prises pour l’inclusion effective des femmes dans ledit processus. Notre pays a ratifié, sans réserve, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedaw), ainsi que le Protocole de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo). Par ailleurs, la Constitution de 1992 garantit l’égalité des droits à tous les citoyens sans distinction de sexe. En 2010, le Mali a adopté une politique nationale genre. Ce n’est pas tout, en 2012, le Mali a lancé son premier Plan d’action national (PAN) pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité (Pan 1325). Le deuxième PAN 1325 a été lancé en 2015, pour la période 2015-2017. Présentement, notre pays dispose de la 3è génération du Pan (2019-2023). Il a pour but de promouvoir la participation des femmes au processus de paix et de réconciliation et dans la gouvernance post-conflit. Enfin, une loi garantissant un quota de 30% de femmes dans les nominations aux institutions nationales et aux organes législatifs a été adoptée en décembre 2015. Malgré tout, les recommandations des organisations féminines portent toujours sur la représentation substantielle des femmes dans les organes nationaux de décision et de gouvernance, leur participation effective aux mécanismes de mise en œuvre de l’accord pour la paix et leur représentation la décentralisation et le développement local. Il est établi que lorsque les femmes participent au processus de paix, c’est toute la société qui en bénéficie. Par ailleurs, lors d’une rencontre nationale de réflexion sur la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali en 2020, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali a rappelé le ferme engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) à poursuivre son soutien aux autorités. Cela, dans la recherche des solutions pour la paix et la réconciliation au Mali et notamment la participation effective des femmes aux mécanismes de suivi et de mise en œuvre de l’Accord. «Malgré nos efforts, les femmes restent sous-représentées dans les mécanismes officiels de mise en œuvre de l’Accord de paix. Il est donc nécessaire de lever les goulots d’étranglement qui les empêchent de participer», a-t-il déclaré. Pourtant, l’Accord d’Alger a des orientations qui traitent la protection des femmes et la lutte contre l’impunité. Cependant, le document reste muet sur d’autres questions relatives au genre, aux droits des femmes et leur participation au processus de paix. Elles sont nombreuses les organisations des femmes à exprimer leur frustration par rapport à leur persistante exclusion du processus de paix. Avec toutes ces dispositions, la sous-représentativité des Maliennes dans les mécanismes chargés de la mise en œuvre et du suivi de l’accord de paix reste incompréhensible. En effet, le tableau est peu reluisant. Le Comité de suivi de l’Accord (CSA). au début, ne comptait aucune femme. Cette tendance a changé actuellement grâce aux plaidoyers des organisations féminines. Les femmes ont été incluses six ans après sa mise en place lors du 40è session du CSA. On note aussi qu’une seule femme a été nommée parmi les autorités intérimaires. La commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) compte également une femme, tandis que le Conseil national de la réforme du secteur de la sécurité (RSS) compte quatre femmes membres. En moyenne, la participation des femmes aux mécanismes de mise en œuvre de l’Accord d’Alger est d’environ 3%. En effet, il n’y a que 31 femmes sur 1 045 hommes dans l’ensemble du processus de mise en œuvre de la paix. Les femmes sont mieux représentées à la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). En effet, 4 commissaires sur 25 sont des femmes, soit 16%. Depuis les premières heures de la négociation, les femmes n’ont cessé de prétendre à un plus grand rôle dans tous les aspects du processus de paix et de réconciliation nationale. Elles sont nombreuses les Maliennes qui vivent les conséquences de la violence et de l’insécurité quotidiennement. Il urge donc de les inclure réellement dans le processus de paix. Face à la situation, le gouvernement affiche sa volonté à corriger l’inégalité décriée par les femmes. Malheureusement, cette dernière peine à être concrétisée. MAT (AMAP)  

Spécial 8 mars : Paix, sécurité et réconciliation, jamais sans les femmes

Bamako, 8 mar (AMAP) En dépit des nombreuses difficultés et du poids de la société, certaines femmes contribuent activement au processus de consolidation de la paix et de la réconciliation dans notre pays. A l’instar de la communauté internationale, le Mali commémore la Journée internationale de la femme, le 8 mars. Le thème retenu, cette année, par notre pays est : «Femmes, actrices incontournables, debout pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali». Ce thème fait ressortir le rôle central que jouent les femmes dans la prévention, la gestion et la résolution des conflits. Les femmes sont des actrices clés en matière de paix, sécurité, cohésion sociale et réconciliation. Une réalité réaffirmée par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon les données de Onu Femmes, lorsque les femmes participent aux processus de paix, les accords de paix ont 35% de chance de durer au moins 15 ans. Dans son rapport publié en octobre 2022, l’organisation onusienne indique qu’au Mali, 15 femmes supplémentaires ont été nommées au Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Les femmes sont, en effet, de plus en plus nombreuses à initier des actions visant à consolider la paix et la cohésion sociale à travers des associations et organisations féminines. Par exemple, l’Association des femmes initiatrices d’actions de développement (AFIAD) sensibilise ses membres à travers des causeries de groupe et la formation sur l’importance de la paix, de la cohésion sociale et de l’intérêt pour les communautés de se réconcilier. Pour sa présidente, Touré Diahara Drahamane, la fragilisation et la déchirure du tissu social, l’enrôlement des jeunes et des citoyens dans les groupes armés sont à l’origine des conflits. La solution, selon elle, passe avant tout par la création par l’état d’emplois permettant de gagner des revenus décents et d’organiser des formations relatives aux conséquences des conflits et des guerres pour les citoyens. Par ailleurs, elle déplore la faible implication des femmes dans la prise de décisions, la faiblesse de leur formation sur les questions de paix, de cohésion sociale, de réconciliation et de citoyenneté. En outre, les associations manquent de ressources pour vulgariser les décisions prises par les autorités, déplore-t-elle. De son côté, la présidente de l’Association «An ka ben Mali moussow» (qui existe depuis près de 4 ans), Mme Konaré Lafia Diarra, explique que «An ka ben Mali moussow» intervient dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud) et Ségou (Centre). Evoquant ses activités, elle dira : «Nous rassemblons les femmes pour échanger sur l’éducation des enfants, basée sur les principes de nos anciennes valeurs. Ainsi, chaque mois, nous nous réunissons pour échanger sur des sujets qui consolident la paix», poursuit-elle. Le retour à nos valeurs éducatives traditionnelles pourra largement diminuer les conflits. La femme, selon elle, reste l’actrice principale en matière d’éducation des enfants et de transmission des valeurs. «Malheureusement, beaucoup d’entre elles n’assument plus ce rôle aujourd’hui, en raison de nos occupations professionnelles», regrette-t-elle, avant d’ajouter que les enfants de celles qui ont démissionné risquent de devenir, dans de nombreux cas, des dangers pour la sécurité et la paix sociale. Mme Konaré invite les associations féminines à aller à la rencontre des femmes rurales pour les sensibiliser sur les avantages de la paix et à les exhorter à conjuguer leurs efforts pour une cause commune. POIDS DE LA SOCIÉTÉ – L’anthropologue chercheur, Modibo Galy Cissé, lui, attire l’attention sur le fait que la femme joue un rôle très important dans les différentes sphères de la vie sociale en temps de paix comme en temps de guerre. Mais, en réalité, son implication dans les opérations de recherche de la paix, de réconciliation et de sécurité laisse à désirer, regrette-t-il. C’est seulement grâce aux ONG qui conditionnent tout leur accompagnement, notamment financier, à l’inclusion que certaines femmes, plus ou moins influentes, sont associées aux activités. Dans beaucoup de cas, elles parviennent difficilement à s’imposer ou à faire valoir leurs idées parce que le poids de la société pèse encore sur les mentalités, fait-il remarquer. Pour que les femmes puissent réellement contribuer à la consolidation de la paix et de la réconciliation, il importe de les valoriser en les mettant au devant de la scène et en les aidant à sensibiliser d’autres femmes afin qu’elles puissent s’accorder sur l’objectif à atteindre, estime- t-il. «Nous vivons dans une société où le respect accordé à la mère est une priorité, et où les propos de la sœur ou de la fille peuvent avoir un effet sur n’importe quel Malien. Ceci étant un facteur facilitateur, il importe de chercher les femmes capables de satisfaire nos attentes en matière de sécurité, de cohésion sociale, de paix et de réconciliation», suggère l’anthropologue. à titre d’exemple, à Gao, ce sont les femmes leaders qui avaient mobilisé des fonds pour aller dans les régions du centre, du sud et de l’ouest pour convaincre les déplacés du Nord de retourner au bercail après le retour de l’Administration en 2013, a-t-il ajouté. Modibo Galy Cissé soutient que le taux d’analphabétisme des femmes au Mali est un obstacle majeur à leur implication dans les opérations de paix, de sécurité et de réconciliation. «à cause des travaux domestiques, des mariages précoces, des maternités, les filles se voient dans l’obligation de mettre un terme à leur cursus scolaire et même universitaire», dit-t-il, avant d’inviter certaines femmes leaders à cesser de se servir de leurs semblables pour leur agenda personnel ou celui de leurs organisations. MDD/MD (AMAP)

Spécial 8 mars : Femmes battantes, ces dames qui font bouillir la marmite

Par Baya TRAORÉ Bamako, 08 mar (AMAP) Piliers incontournables, elles font preuve d’endurance et de dévouement pour leurs progénitures. Galerie de portraits de ces braves soutiens de famille, a loccasion de la Journée internationale des droits des femmes LAVANDIERE – Comme on le dit, la vie est un combat. Beaucoup de femmes l’ont compris et par conséquent, refusent de croiser les bras. Ces battantes font de petits métiers pour subvenir aux besoins de leurs familles et nourrir l’espoir de l’épanouissement. Awa Coulibaly, une veuve, fait partie de ces braves dames qui travaillent sans relâche pour assurer le repas quotidien de ses enfants. Elle a choisi la profession de lavandière. Depuis 6 heures du matin, la quadragénaire commence à travailler à Samè, un quartier de la Commune IV du District de Bamako. Elle travaille 10 heures par jour, pour un salaire variant de 1.500 à 3.000 Fcfa. Ce qui est frustrant, c’est que certains clients refusent de la payer après service rendu. « J’utilise l’argent que je gagne pour acheter la nourriture, payer les frais de scolarité, les ordonnances médicales et autres», confie-t-elle. «J’ai quatre enfants dont une fille, âgés de 16 à 12 ans. Au début, je lavais deux fois par semaine. Mais, après le décès de mon mari il y a 6 ans, ce travail est devenu ma principale source de revenus parce que je ne pouvais plus compter que sur mes propres forces », fait remarquer Awa Coulibaly. En termes de perspectives, la veuve  ambitionne d’économiser de l’argent pour financer son projet de commerce. «Je vais continuer à travailler dur pour la réussite de mes enfants», promet-elle malgré la fatigue et sa santé fragile. Mariétou Togola, une cliente de Awa Coulibaly, trouve sa lavandière simple, aimable et respectueuse. “Depuis la mort son époux, explique-t-elle, Awa Coulibaly vit dignement de cette activité.” L’un de ses fils est très fier de sa maman. « Grâce à maman, on souffre peu de l’absence de notre père. Maman s’occupe bien de nous», reconnaît l’adolescent. AGENT DE GARDIENNAGE – Il est 19 heures. Kadiatou Traoré, âgée de 42 ans, assure la surveillance devant une entreprise bancaire à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. Son travail est rotatif entre les services demandeurs. La brave dame travaille jour et nuit , à des heures tardives, depuis 10 ans. « Mon travail consiste à vérifier les pièces d’identité et les outils des usagers», explique l’agent de sécurité privée. «Mon mari est décédé il y a 12 ans, laissant derrière lui 3 enfants dont 2 filles à ma charge. Au moment de son décès, notre première fille avait 8 ans, l’autre, 3», confie-t-elle les larmes aux yeux. Notre interlocutrice dit avoir été abandonnée par tous les proches de son mari depuis le décès de ce dernier. Aussi, s’occupe-t-elle des charges de la famille y compris les factures d’eau et d’électricité et l’éducation des enfants. Kadiatou se bat quotidiennement pour la survie de sa famille. «Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin, et je suis sur pied de 7 heures à 17 heures ou 18 heures», explique Kadiatou qui a perdu son mari à 30 ans, mais ne s’est jamais remariée. La quadragénaire consacre son énergie à la survie de ses enfants. «C’est pourquoi, je ne peux pas me faire plaisir et j’évite les cérémonies sociales», regrette-t-elle. En attendant de trouver mieux, elle est fière de son travail et remercie le Tout-puissant de lui avoir donné la force de s’occuper de ses enfants. Sa première fille témoigne : «Après le travail, quand maman rentre à la maison, elle se met au lit. Souvent, elle refuse de manger avec nous ou attend qu’on finisse d’abord pour manger les restes. Tout le temps, on la voit pleurer en cachette. C’est triste mais on s’en remet à Dieu», affirme-t-elle. TECHNICIENNE DE SURFACE – Mme Samaké Maïmouna Doumbia, elle, est très matinale. Cette technicienne de surface, âgée de 45 ans, habite à Guarantiguibougou en Commune V et commence à travailler à partir de 5 heures 30 du matin dans un commissariat de la Rive gauche. « Tous les jours, je me lève à 4 heures du matin. Je finis mon travail à 15 heures», précise celle qui a passé 11 ans comme technicienne de surface pour un salaire mensuel de 20.000 Fcfa. Ce salaire lui permet d’aider son mari a faire face aux dépenses familiales. «Mon mari n’a jamais trouvé de travail fixe. Raison pour laquelle, je suis obligée de l’aider pour pouvoir supporter les frais de la maison et l’éducation des enfants», souligne-t-elle tout en remerciant certaines personnes généreuses du commissariat pour leurs appuis financiers d’autant que son employeur (une mairie de la place), ne l’a pas payée depuis plus de 2 ans. «Je continue de venir parce que j’aime mon travail qui m’a permis de tisser des liens fructueux avec le personnel du commissariat», poursuit- elle. Selon le chef de poste du commissariat, Mme Samaké, est ponctuelle et respectueuse. « J’ai commencé à travailler dans ce commissariat il y a plus de 5 ans, mais je ne l’ai jamais vu se disputer avec un agent ou un usager. En plus elle ne demande jamais de l’argent à quelqu’un», a ajouté le major de police Boubacar Camara, avant de lancer un appel aux bonnes volontés pouvant aider cette brave femme. BT (AMAP)    

Spécial 8 mars : «Fédérons nos énergies et nos intelligences pour devenir des actrices incontournables de la refondation de l’Etat» (Mme Wadidjé Founé Coulibaly, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille )

Propos recueillis par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 08 mar (AMAP) À l’occasion de la célébration du 8 Mars, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidjé Founé Coulibaly, explique le choix du thème national : «Femmes, actrices incontournables, debout pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au Mali» et présente les activités prévues dans le cadre de la Journée internationale. Elle invite aussi les femmes à jouer pleinement leur rôle dans l’édification du Mali Kura AMAP : Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème pour la célébration de la présente édition de la Journée internationale dédiée à la femme ? Mme la ministre : Permettez-moi de vous remercier pour l’opportunité que vous me donnez pour m’adresser à l’opinion nationale et internationale à l’occasion de la célébration de cette journée importante. Notre pays a actuellement besoin de citoyen qui est en paix avec son environnement. La femme malienne, depuis la nuit des temps, a le secret pour cultiver la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation au sein de la société (en famille, dans le quartier, au village, dans les fractions, au sein des différents groupes). Elles sont des conseillères par excellence. C’est ce qui a motivé le département à choisir ce thème pour la commémoration de la présente édition de la Journée internationale de la Femme. AMAP : La paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation sont à la mode actuellement. Quelles sont les actions phares initiées par les Maliennes pour une paix durable dans notre pays ? Mme la ministre : Ce n’est pas un luxe de parler de paix dans notre pays actuellement, car c’est une préoccupation quotidienne. Le pays a besoin de cette paix pour ses filles et ses fils qui souffrent des conséquences de la crise depuis plus d’une décennie. Les femmes maliennes ont beaucoup souffert des séquelles de la crise : certaines ont perdu leurs maris, leurs fils, leurs frères et d’autres ont été victimes de viols, de mariages forcés et autres atrocités. Des familles ont été séparées, des femmes et filles ont été violées devant leurs maris et parents. La violence physique a été amplifiée à travers les mutilations et les châtiments corporels. Cette barbarie a eu comme conséquence, les déplacements massifs et forcés des populations dont les femmes et les enfants constituent la grande majorité. Par ailleurs, il faut souligner que les femmes ont été des actrices en faveur du retour de la paix et de la réconciliation à travers plusieurs initiatives. Leur participation dans la recherche de la paix, faut-il le rappeler, est un droit reconnu à travers la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 2000. Dans la même dynamique, d’autres Résolutions ont suivi pour garantir sa mise en œuvre dont la Résolution 1820, 1889, 1960… À travers la Résolution 1325, le Conseil de sécurité rappelle l’importance de la participation des femmes au même pied d’égalité que les hommes dans la prévention, le règlement des conflits et la consolidation de la paix. Malgré l’existence de ces résolutions, la participation des femmes maliennes dans le processus de négociation formelle pour la paix a été très faible, toutefois leurs places restent indéniables pour la restauration de la paix, la cohésion sociale et la réconciliation. La consolidation de la paix, la réinsertion socioéconomique passent inéluctablement par la prise en compte du rôle particulier dans les stratégies de consolidation de paix au niveau local, régional et national, car en tant qu’épouses, mères, sœurs, elles ont une aptitude particulière à conseiller, à convaincre et à promouvoir la paix. AMAP : Qu’est-ce que votre département fait pour rassembler les Maliennes dans la quête de la paix et la réconciliation nationale ? Mme la ministre : On sait qu’au Mali, un département est dédié aux questions de paix et de réconciliation. Cependant, dans le cadre de la complémentarité et de la solidarité gouvernementale, chaque ministère joue sa partition. C’est dans cette veine que le nôtre a choisi ce thème assez évocateur pour le 8 mars 2023. En plus des sessions d’informations, de formations, de plaidoyers sur la prévention, la gestion des conflits et le processus de paix, mon département abrite l’Unité de gestion de la Résolution 1325 des Nations unies dont les actions ont fortement contribué à l’implication des femmes et des jeunes dans les organes et instances de la paix à tous les niveaux (central, régional, local). En appui au département en charge de l’Action humanitaire, notre ministère accueille et assiste les personnes déplacées dans les Maisons de la femme, de l’enfant et de la famille et les Directions régionales de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille des localités ci-après : Mopti, Ségou, Sikasso, district de Bamako. Ces déplacées bénéficient des Actions comme la distribution de kits de dignité aux femmes déplacées (seaux, couvertures, savons, pâte dentifrice, brosse à dent, 6 pagnes, pommade, matériels de toilette…). Il faut aussi noter l’organisation des activités d’information, de débats intergénérationnels, de sensibilisation et de formation des femmes dans les zones très affectées par le conflit. Mon département a aussi initié une campagne nationale de communication et de mobilisation pour l’appropriation de l’accord, basée sur la réelle participation de toutes les femmes du Mali. S’y ajoute, l’organisation d’une rencontre des femmes du Mali appelée : «Appel des femmes du Mali». Cette rencontre a été une opportunité rare à saisir par les femmes maliennes, pour forger une vision commune pour la paix durable. «L’appel des femmes du Mali» a été une réussite qui a permis aux femmes de s’écouter, de se découvrir et de découvrir les femmes des autres régions par le dialogue et les échanges dans le cadre de l’instauration d’une paix durable et de la cohésion sociale au Mali. AMAP : Pouvez-vous nous parler des projets et programmes mis en œuvre par votre département pour une large implication des femmes pour la promotion de la paix, la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation ? Mme la ministre : On

Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» : Trente-huit entrepreneurs en formation virtuelle

Bamako, 08 mar (AMAP) Des chefs d’entreprises de l’agro-alimentaire du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont débuté, lundi, à Bamako, une formation en ligne dans le cadre du Programme intitulé «Lab innova agrobusiness au Sahel», a constaté l’AMAP. «Notre institut national de commerce, pour la première fois au Mali, lance ce projet qui vise la formation professionnelle, surtout dans le domaine de l’agriculture intensive qui peut créer des milieux de poste de travail pour les Maliens», a expliqué Stefano A. Dejak, l’ambassadeur d’Italie au Mali. Les entreprises qui achèveront la formation avec succès participeront à la Foire internationale Macfrut (partenaire du projet), en mai prochain, pour, approfondir leur connaissance du marché et des entreprises italiennes. Faisant partie du Projet «Lab innova for Africa», ce programme intégré d’assistance et de formation est promu par l’Agence italienne du commerce (ITA), pour le secteur agro-alimentaire, notamment les filières mangue et tomate. L’objectif recherché est de renforcer les techniques et capacités managériales afin de consolider la compétitivité sur les marchés européens, de promouvoir l’innovation et le transfert de technologie en s’inspirant du modèle agro-industriel italien. Au total, 10 Burkinabé, 11 Maliens et 17 Nigériens prennent part aux six cessions qui durent du 6 au 17 mars 2023. Les ambassadeurs italiens dans les trois pays concernés ont pris part à l’ouverture de cette rencontre virtuelle. Le Programme «Lab innova agrobusiness au Sahel» vise à favoriser les partenariats et échanges commerciaux gagnant-gagnant avec les entreprises italiennes et à booster les exportations et l’industrie locale. La formation en cours est dispensée par des experts d’ITA dans un cadre dynamique enrichi par des mises en situation des partages d’expériences et des jeux de rôle. «Il s’agit d’un projet très important pour l’Italie étant donné qu’on a ouvert notre ambassade au Mali à l’été 2021. Maintenant, on a travaillé pendant un an pour bâtir des relations commerciales ». a dit le diplomate italien. Il a ajouté que ce projet de formation professionnelle est développé avec la grande foire des fruits et épices, «Macfrut», à laquelle quinze entreprises maliennes ont pris part l’année dernière. Il a signalé que son pays est le plus grand exportateur de fruits et épices de l’Union européenne (UE) et vise 450 millions de consommateurs assez riches. Stefano A. Dejak a assuré que c’est un marché avec un potentiel pour les producteurs maliens, ajoutant que c’est, cependant, « un marché ouvert uniquement aux agriculteurs qui font une production organisée pour l’exportation avec des standards à un niveau assez élevé.» « Au Mali, nous avons des fruits comme la mangue et le gingembre de bonne qualité qui offrent une meilleure demande sur le marché. C’est une marge de profit qui est énorme», a relevé Stefano A. Dejak. Il s’agit, selon lui, de mettre l’accent sur la vulgarisation, surtout, sur les produits qui ont des potentiels énormes sur les marchés européens. Pour ce faire, les producteurs doivent être formés à produire, à organiser chaque cycle de production, en visant les marchés européens. « Lab innova est initié dans ce sens », a-t-il précisé. Selon une note d’information, les entreprises retenues pour la foire internationale Macfrut, bénéficieront d’un voyage d’études de cinq jours, organisé conjointement avec Macfrut, à Rimini (Région de l’Emilie-Romagne). Au programme, des visites guidées de l’exposition et des entreprises, des rencontres B2B, des ateliers de formation en matière de Business plan et d’accès au financement et une session de coaching dispensée par les experts d’ITA pour tisser des relations avec de potentiels partenaires italiens. BBC/MD (AMAP)  

Office riz Ségou : Plus de 200 000 tonnes de céréales attendues

Ségou, 08 mar (AMAP) L’Office riz Ségou (ORS) table sur une production de plus de 203 532 tonnes, toutes céréales confondues, dont 115 721 tonnes de riz paddy, pour la campagne agricole 2023-2024, a annonce, mardi, le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, lors de la 31è session du Conseil d’administration de l’ORS. Selon m. Kelema, « l’atteinte de cet objectif de production dépendra largement de meilleures conditions pluviométriques, hydrologiques, sécuritaires et phytosanitaires. » Le secrétaire général du ministère du Développement rural a rappelé que la session se tient à une période où, le Mali traverse des moments difficiles, mais non insurmontables grâce aux efforts consentis par les autorités du pays. « Les conséquences de la guerre en Ukraine et de la Covid-19 continuent, a-t-il poursuivi, d’impacter négativement le secteur agricole, en affectant la disponibilité des intrants agricoles, particulièrement l’engrais minéral dont le prix est en hausse sur le marché. » S’y ajoute l’insécurité qui sévit encore dans toute la zone d’intervention de l’Office riz Ségou dans le Centre du Mali. À l’ordre du jour de cette session portait, notamment, sur l’adoption du procès-verbal de la 30è session, l’état d’exécution des recommandations issues de la précédente session, la présentation du rapport annuel de performance 2022 et du projet annuel de performance 2023. Le budget prévisionnel 2023 de l’ORS se chiffre à un peu plus de 2,6 milliards de Fcfa contre un peu plus de 3,2 milliards Fcfa en 2022, soit une diminution de 18,56%. Cette régression s’explique par la fin annoncée du Projet de développement intégré et de résilience climatique dans les plaines du delta 2 (Pdir-PD2) en avril 2023 et du Projet d’appui au développement rural de Soké 1 (Pader-S1). «Conformément à la vision du département, les actions de l’ORS se focalisent sur la promotion d’une agriculture durable, moderne et compétitive en vue de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays et améliorer les revenus des exploitants et exploitantes agricoles », a rappelé Daniel Siméon Kelema. « Pour y parvenir, la stratégie qui sous-tend cette vision s’appuie sur deux piliers à savoir la promotion des exploitations familiales pratiquant principalement une agriculture de subsistance et les entreprises agricoles connectées aux marchés», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a révélé que l’accompagnement du secteur agricole par l’État a permis aux acteurs du monde rural de bénéficier de plus de 2 386,7 tonnes d’engrais subventionnés au cours de la campagne agricole 2022 sur un besoin exprimé de 7.451 tonnes. « L’un des défis majeurs, aujourd’hui, est d’arriver à produire en quantité et en qualité tout en réduisant le coût de production ; a analysé M. Kelema qui a évoqué la nécessité, pour l’ORS, de rechercher des financements pour l’aménagement de 21 000 ha dans l’inter-fleuve, 4 650 ha de Soké II et Dioro I, la réhabilitation du réseau hydraulique de tous les complexes et des études de reconversion de 1 350 ha de Famana et d’aménagement de 2 000 ha de Mallé. La réunion s’est tenue dans les locaux de la structure, en présence du directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Ségou, Afel B. Yattara, du directeur général de l’ORS, Salif Sangaré et des administrateurs. MS/MD (AMAP)

La filière privée explique la hausse des tarifs du pèlerinage à la Mecque

Bamako, 08 mar (AMAP) L’augmentation du coût du Hadj pour les pèlerins maliens est due, en grande partie, à la guerre en Ukraine qui a impacté le prix du pétrole, sans compter la hausse du coût des prestations à Mina et Arafat de presque 300%, a expliqué, mardi, la coordinatrice de la commission du pèlerinage de la filière privée, Mme Cissé Fatoumata Kouyaté. Le coût du Hadj, s’élèvant, cette année, au niveau de la filière privée, à 4. 675. 000 Fcfa comme en 2022, n’est pas abordable pour nombre de fidèles musulmans. Face à la presse, à la Maison du Hadj, Mme Cissé Fatoumata Kouyaté, en présence du secrétaire général de la commission, Amadou Maïga, et du Pdgde BTANG voyage, Boubacar Tangara, a justifié cette hausse par la guerre en Ukraine qui a impacté le prix du pétrole. Elle a évoqué, aussi, l’augmentation du coût des prestations à Mina et Arafat ( en Arabie saoudite) de presque 300%. « La démolition des immeubles du centre de la Mecque et leur remplacement par des immeubles modernes et coûteux, la hausse du taux de change du dollar qui est la monnaie de change de prédilection, l’augmentation du coût des services du Muassassa à 400% sont aussi des facteurs pris en compte », a détaillé Mme Cissé Fatoumata Kouyaté. Elle a expliqué que « les agences de voyage sont des prestataires de services qui ont une obligation de résultats et sont donc contraintes de fournir des services de qualité. » Mme Cissé Fatoumata Kouyaté a fait remarquer que la hausse est, aussi, perceptible au niveau de la filière gouvernementale qui bénéficie, pourtant, de certaines subventions qui allègent les coûts. « Tous les voyagistes doivent s’apprêter à affronter la privatisation de l’organisation du Hadj en Arabie saoudite », a-t-elle souligné, ajoutant que cette évolution engendrera beaucoup de changements dans l’organisation du rendez-vous de la Mecque. Mme Cissé Fatoumata Kouyaté a assuré que le coût du Hadj de la filière privée du Mali, pour cette année, est l’un des plus bas de la sous-région. À titre de comparaison, elle a rappelé que le tarif du Hadj de la filière privée, cette année, en Côte-d’Ivoire s’élève à 5 525 000 Fcfa, sans compter le prix du mouton à immoler et le coût du document de voyage (le passeport). Quant à Boubacar Tangara, il a confirmé la hausse des coûts du voyage en raison de la conjoncture internationale et des changements opérés par les autorités saoudiennes. En appui à son propos, il a cité le prix des hôtels et l’alimentation, la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 15%, une nouveauté introduite par l’Arabie saoudite. Les inscriptions pour le Hadj 2023 ont commencé et prendront fin le 5 mai prochain. NS/MD (AMAP)      

Salon des prospecteurs et entrepreneurs canadiens : Le Mali  est un « eldorado » pour les investisseurs miniers, dit le ministre en charge des Mines 

Bamako, 08 mar (AMAP) « Le Mali reste une destination sûre pour les investisseurs et les autorités mettent tout en œuvre pour la préservation des investissements », a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, mardi, à Toronto, au Canada, selon une source officielle malienne. Le ministre en charge des Mines, en marge du 91è salon de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (PDAC 2023), qui se tiennent depuis dimanche dans la ville canadienne, a présenté les potentialités du Mali devant un public composé essentiellement d’investisseurs et d’hommes d’affaires, rapporte le service de communication du département des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Dans son exposé, en présence de l’ambassadeur du Mali à Ottawa, Mme Fatouma Meité, indique la même source, le ministre Traoré a rappelé que « le Mali est une vieille nation démocratique où est née la première Charte des droits de l’Homme la plus connue qu’est la charte de Kourankanfouga. » Il a, aussi, évoqué la situation actuelle du pays « qui se caractérise par la volonté des autorités de mener des réformes indispensables au retour définitif de la stabilité et à l’amélioration des conditions de vie des populations. » Parlant des ressources minières, outre l’or, Lamine Seydou Traoré a relevé que le Mali regorge de plusieurs autres en grande quantité. Il s’agit du lithium, un minerai critique, très recherché aujourd’hui pour la confection des batteries pour l’énergie solaire. À cet effet, le ministre Traoré a annoncé que son pays « dispose de l’une des plus grandes mines de lithium en cours d’installation » dans la localité de Bougouni, dans le Sud du Mali et « dont la production va commencer très bientôt. » « La vision de nos autorités, qui ont engagé des réformes dans le secteur, est de faire en sorte que l’État, les populations et les entreprises profitent de l’exploitation minière », a dit le ministre malien. « Le code minier met un accent sur le contenu local afin de faire bénéficier davantage l’État et les populations des ressources minérales du pays »,a-t-il poursuivi. « Déjà, l’or contribue beaucoup à l’économie de notre pays avec plus de 25% d’apport au budget national, 75% des recettes d’exportation et 10% du PIB », a signalé le ministre des Mines, de l’Energie et l’Eau. En 2022, la production d’or a été de 72,2 tonnes dont 6 tonnes pour l’orpaillage artisanale. Cette tendance en augmentation devrait continuer en 2023, comme l’a témoigné la société B2GOLD dans sa présentation, au cours de l’événement. Selon le ministre Seydou Lamine Traoré, « le Mali est et reste une terre d’accueil pour les investisseurs. » Il a ajouté que toutes les réformes menées ou en cours dans le secteur minier « ont pour objectif ultime de concilier les intérêts des bénéficiaires que sont l’État, les populations et les entreprises. » Le ministre Traoré a, également, rappelé les efforts en cours et résultats obtenus dans le cadre de la sécurisation de l’ensemble du territoire. « Cela en mettant l’accent sur les zones minières qui restent non affectées par l’insécurité, contrairement à l’image que certains médias véhiculent. », a dit M. Traoré. SS/MD (AMAP)

DIRPA : Le directeur donne des précisions sur les différentes missions menées courant février

Le directeur de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA), le Colonel Souleymane Dembélé a animé lundi au siège de sa structure une conférence de presse dont l’objectif était d’édifier la presse nationale et internationale sur les différentes actions menées les forces armées de sécurité et de défense du Mali, a constaté l’AMAP. Il s’agissait selon le Colonel Dembélé « d’éclairer la population sur l’évolution de la situation sécuritaire de notre pays au cours du mois de février au cours duquel 84 missions offensives ont été menées ». Selon lui, il y a eu, courant février sans le cadre de la lutte contre le terrorisme « 23 opérations aéroportées,36 missions de reconnaissance offensives, 16 missions de frappes aériennes,06 missions de frappe de drone et 03 opérations de frappes d’artillerie. Le directeur du service de l’information des Armées a précisé que ces opérations ont été menées respectivement dans les régions de Mopti, Douentza, Bandiagara, Nara et Kita au sud et dans les cercles de Koro, Bankass, Ségou, Niono, Tenenkou ainsi que dans les secteurs de Sofara et de Djenné. Au cours de ces opérations, le bilan fourni par le Colonel fait état de « 153 terroristes neutralisés, 79 interpellés, 02 PKM saisies (74 PM, 02 LRAC, 20 fusils, 07 véhicules et 46 motos) récupérés, 15 bases terroristes et 15 EEI détruites ; 49 sacs de riz de 100 kg et 04 sacs de 50 kg de riz et plus de 100 têtes de bovins récupérés ensuite remis aux autorités compétentes ; 112 véhicules escortés. Lors de ces différentes missions, on déplore la mort de 7 FAMa et 24 blessés ». Grâce à l’intensification des opérations offensives, les GAT ont été désorganisés, a précisé le Colonel Dembélé. KM (AMAP)