Sur Salif Kéita, ils ont dit …

Moussa Balla Diakité : ancien ministre de la Jeunesse et des Sports : «J’ai connu le défunt Salif en tant que dirigeant sportif, je me rappel d’un homme très humble, très posé et qui aimait profondément le football en un mot son pays le Mali. Nous avons travaillé un peu ensembles C’est une grande perte pour la nation, c’était un homme bien. Nous prions pour le repos éternel de son âme» Mokè Diarra, ancien joueur du Djoliba : «Salif Keïta savait jouer au ballon, il était le meilleur joueur d’Afrique et on ne peut pas avoir un autre Salif Keïta en Afrique. Salif ne savait pas aussi se mettre à l’écart dans un match et laisser les autres jouer. Quand nous étions à Yaoundé 1972, si Salif touchait le ballon, c’était tout le stade qui levait pour applaudir. Il aimait le Mali mais le Mali n’a pas reconnu ses efforts. Salif était très simple, très ordinaire partout où il va jusqu’à sa mort il resté humble. Je présente mes sincères excuses à sa famille». Gaoussou Drabo, ancien ministre de la Communication : «Sans modestie, le défunt Salif était l’un des plus grands joueurs africains. Entre 1965, la finale des Jeux Africains et la finale de 1972 Salif était présent et 1966 lorsque le Réal de Bamako a pris un parcours incroyable en club champion, les joueurs réalistes avaient inscrit 25 buts en 8 rencontres et sur les 25 buts vous avez 14 buts pour Salif Keïta. Cela montre l’étendu de son rôle en équipe nationale mais aussi en club. Lorsqu’il est devenu Ballon d’Or en 1970, il n’ y’avait pas une très grande attraction pour les joueurs africains. Pour qu’un journal accepte de créer un Ballon d’Or ça veut dire dans le rang du football professionnel européen il y a quelqu’un qui surpasse largement la moyenne et il mérite qu’on le distingue très particulière. Donc le défunt a été l’un des plus grand joueur Africains qu’on n’est connus et qu’il a certainement ouvert la voix aux autres des moins talentueux qui sont venus après lui. C’était un homme qui facture la défense, sur les entraîneurs il imaginait toute sorte de tactique mais toutes ces tactiques sont impuissants lorsque vous avez en face de vous quelqu’un qui passe avec le bal au pied et qui le prépare la Persée individuel et l’exploit individuel Salif était comme ça. Avant sa mort, Salif a beaucoup souffert, les supporters ne lui ont jamais complétement pardonné, parce qu’il n’a pas remporté un trophée pour le Mali alors que c’est un joueur d’exception. De son vivant ça été une peine pour lui qu’il a porté. Mais il faut reconnu aussi qu’il a crée un Centre de football qui porte son nom «Centre Salif Keïta», il s’est investi dans l’édification à la construction d’un hôtel ce qui n’est pas trop habituel pour les footballeurs au moins le défunt a voulu faire une chose remarquable après football» Boukary Ouédrago, ancien international Burkinabé : «Salif Keïta était le monstre du football, il a apporté tout ce qui peut excité dans la technique footballistique au public. C’est pourquoi j’ai tenu à faire le déplacement pour le dernier jour de mon frère car nous avons partagés beaucoup de choses ensembles. Je présente mes sincères excuses au peuple malien durement attristé par ce décès, sa famille mais aussi ses anciens compagnons que nous sommes» Chérif Souleymane, ancien international guinéen, 3è Ballon d’Or Africain : «Je retiens énormément de Salif je ne peux pas dire tout ici, il était notre frère, un ami pas dans la bouche mais nous étions très complice. Nous étions soudé l’un vers l’autre on s’aimait, on s’orientait et s’appelait et nous étions ensembles dans tous les rassemblements. Malgré cela il y a des fois où nous étions rivaux sur le terrain aux équipes nationales. Salif était engagé sur le terrain, sa persévérance, mais surtout sa technique ce qui faisait la différence avec les autres. Salif était un joueur universel de l’Afrique, il a été un exemple pour tous les Africains. Je prie pour le repos éternel de son âme» Propos recueillis par Ladji M. DIABY

Kadiolo : Remise de don aux Forces Armées Maliennes

Kadiolo, 7 septembre (AMAP) La cérémonie de remise de vivres et de la somme d’une somme d’argent à nos francs aux Forces Armées et de Sécurité par la population de Kadiolo, a été présidée mardi par le Gouverneur de région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, a constaté l’AMAP. Elle s’est déroulée en présence du préfet de Cercle de Kadiolo, Bakary Dioma Diakité, du préfet du cercle de Sikasso Djiby Diawara, du représentant du maire de la Commune urbaine de Sikasso, Abdramane Sidibé et du porte-parole de la commission d’organisation de l’évènement Moulaye Diabaté président du Conseil de Cercle de Kadiolo. La donation qui s’inscrit dans le cadre du soutien de la population du « Folona » aux autorités de la Transiton est composée de 11,5 tonnes de maïs et d’un montant d’un million de Franc CFA. Il s’agissait également, à travers cette remise, de soutenir les FAMA dans leur mission de sécurisation des personnes et de leurs biens ainsi que de défense de l’intégrité du territoire national. Le Gouverneur de la région Sikasso a, dans son intervention, fait savoir que cette initiative démontre la solidarité et l’unité qui sont les piliers de notre société. « Ce geste est un témoignage éloquent de l’engagement de la population du Folona pour la protection et la stabilité de notre région », a-t-elle indiqué. Et de rappeler le rôle important joué par les Forces de Défense et de Sécurité du Mali. « Les FAMA sont nos protecteurs. Nous leur sommes tous redevables pour leur dévouement inlassable », dira-t-elle, avant d’ajouter que cette contribution sera un message fort de reconnaissance et de soutien moral. « Nous devons tous nous inspirer de cet exemple de solidarité », a-t-elle exprimé. Pour sa part, le président de la commission d’organisation a affirmé que cette cérémonie est le parachèvement des journées de reconnaissance aux autorités nationales du Mali que le Cercle de Kadiolo avait organisé les 5 et 6 mai dernier. A l’en croire, c’est suite à cela qu’ils ont décidé d’organiser une quête qui les a permis de collecter la somme d’un million de franc CFA. Ils ont également organisé l’opération 5 kg de maïs par ménage, ce qui les a permis d’avoir les 11,5 tonnes de maïs. « Ce don est peu à l’image des efforts que les FAMA fournissent pour la population malienne », a-t-il indiqué. Avant de poursuivre que ce geste montre leur adhésion totale aux initiatives prises par les autorités de la Transition. Le représentant des Forces vives de Kadiolo, Abdoulaye Touré et le président de l’association des ressortissants de Kadiolo vivant à Sikasso Yaya Sanogo ont, tour à tour, exprimé leur engagement à soutenir les autorités de la transition. « Ce geste nous va droit au cœur » a déclaré le porte-parole des FAMa, le Commandant Abdramane Coulibaly. Qui a adressé ses sentiments de joie à l’endroit de la population du Cercle de Kadiolo. « Ce jour restera inoubliable pour nous. Cela prouve que vous avez confiance en nous », a-t-il conclu. Pour rappel, Le Secrétaire Général de la mairie de la commune rurale de Fourou (Cercle de Kadiolo) avait auparavant octroyé une partie de son salaire aux Forces Armées Maliennes (FAMA). MT/KM (AMAP)

Salif Keïta dit «Domingo» : Le Mali rend un dernier hommage à une légende du football mondial 

  Par Seïbou S. KAMISSOKO Bamako, 07 sept (AMAP) Salif Keïta dit Domingo ou La Panthère noire repose désormais au cimetière d’Hamdallaye en Commune IV du a Bamako, la capitale malienne où l’ancien international, sans doute un des meilleurs footballeurs de tous les temps du Mali et d’Afrique a été accompagné à sa dernière demeure par une foule de parents, d’amis, d’anciens coéquipiers du Réal de Bamako et de l’équipe nationale et de dirigeants sportifs, toutes disciplines confondues. Avant d’être porté en terre, le premier Ballon d’or africain a eu droit à un hommage digne de son statut qui s’est déroulé à la Place du Cinquantenaire. La cérémonie était présidée par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba et de deux délégations venues du Burkina Faso et de la Guinée. Le troisième Ballon d’or africain, Chérif Souleymane faisait partie de la délégation guinéenne. Une tribune centrale et une dizaine de petites tentes éparpillées ont été installés à la Place du Cinquantenaire et plusieurs milliers de personnes ont bravé la chaleur (30°c à l’ombre) pour venir rendre un dernier à Domingo, décédé le samedi 2 septembre à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Des portraits géants de la légende du football malien étaient affichés sur le lieu et la cérémonie a commencé avec l’allocution très émouvante des filles de l’illustre disparu, notamment l’aînée Raky Keïta. «Un soir d’hiver à Boston, papa est arrivé à la maison, fatigué bien trop fatigué. Maman a regardé papa inquiète. Elle a demandé à son mari : Qu’est ce qui ne va pas Général ? Papa s’est confié à maman. Il a dit à maman que le football devenait trop comme un métier et le ballon perdait de sa magie. Quand je dispute mes matches aujourd’hui Fanta loin de la maison, c’est comme si j’étais presque une machine qui fait la même chose tout le temps. C’est avec vous, toi et les filles que je redeviens Salif. Je veux passer plus de temps avec vous car nos filles grandissent et je les vois trop rarement. Papa et maman se sont assis pour planifier leur avenir ce jour car ils étaient des complices, des amis et surtout des partenaires. Des partenaires qui se battaient tous les jours loin de leur pays, leur famille et leurs cercles d’amis, pour donner un avenir à leurs deux filles. Papa et maman ont décidé de poursuivre des études pour rentrer armés au Mali», a raconté Raky Keïta. Elle poursuivra : «Et après avoir raccroché les crampons pour entamer un nouveau métier, Papa est devenu notre papa à plein temps et on a découvert que papa n’était pas juste un footballeur exceptionnel. Il avait le don de rendre un simple évènement magique». Et de continuer : «Tous les jours notre famille se réveillait tôt car on avait du trajet à faire. Et une fois au volant de sa voiture papa sortait sa cassette magique. Je vais vous faire découvrir la plus belle voix au monde les filles : Salif Keïta (le musicien, ndlr). Et quand Salif Keïta se mettait à chanter papa secouait la tête le sourire aux lèvres pour dire : Mon homonyme Salif Keïta fait les louanges du plus grand Roi au monde : Soundiata Keïta. Qui est l’origine du plus grand Royaume au monde, qui engendra le Roi le plus puissant et riche de tous les temps, Mansa Moussa. Et vous Raky et Séré Keïta vous êtes des princesses de Naréna. Et Séré rigolait et était fière d’être une Princesse. Soudainement papa se mettait à rire, son rire légendaire pour dire, votre nom Keïta est puissant. Beaucoup de Keïta ont fait de grandes choses». Après ce récit émouvant de la fille aînée de Salif Keïta, ce fut au tour de Mamadou Dipa Fané, ami, frère et compagnon de l’illustre disparu de prononcer l’oraison funèbre dans laquelle il insistera sur le parcours sportif exceptionnel de l’homme, son humanisme et son amour pour le pays. «Il n’y a pas si longtemps, au détour d’une conversation libre, Salif Kéita confiait à un ami : «À notre âge, on ne peut plus avoir peur de la mort. Il est temps, sans regret, de mettre les voiles, de prendre le vaisseau sans retour pour l’au-delà». La gorge nouée, Mamadou Dipa Fané renchérira : «il est donc réconfortant, voire gratifiant, de savoir que notre bien-aimé s’était préparé pour affronter, avec philosophie, l’issue inexorable d’existence sur terre. Une belle et poignante leçon de vie que nous lègue l’immortel. Tout au long de sa vie, si bien remplie, Salif nous gratifiera d’autres leçons de vie inoubliables. Le talent de cet incomparable génie du football sera sans doute brillamment conté par d’autres voix autorisées. Je voudrais, pour ma part, me limiter à la dimension d’un homme que l’Histoire retiendra au-delà de toutes les contingences dérisoires, un homme d’une envergure exceptionnelle, avec ses qualités et bien sûr ses limites. Qui sommes-nous pour nous juger les uns les autres; qui sommes-nous pour juger un être d’exception que fut Salif ? ». Pour conclure, Mamadou Dipa Fané dira : «Il avait une grande soif de ses amis, les vrais, ceux dont la sincérité est indiscutable. Salif avait souvent été un incompris. À cause d’une pudeur qui lui collait à la peau, à cause d’une méfiance maladive qui l’a toujours tenaillé, Salif avait l’expression rare, rare certes, mais pas difficile. Quand il avait un projet en tête, il déployait un trésor d’énergie pour atteindre ses objectifs. Oui, bien sûr, nul n’est parfait. Salif, comme chacun de nous, pouvait avoir des limites, des limites inhérentes à la nature humaine. Des limites sur le plan de la vie sportive comme sur le plan de la vie de tous les jours. Il ne serait donc pas bienséant de procéder à un quelconque audit d’une vie aussi immensément riche et exemplaire. L’heure est plutôt au recueillement et contenir la

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 06 septembre 2023

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 06 septembre 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte concernant la ratification de la Convention de Financement signée à Bamako, le 07 juin 2023, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, relatif au Financement du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre-Série de Projet I. L’insuffisance des données statistiques de haute qualité en Afrique est l’un des principaux obstacles à un meilleur suivi des stratégies de réduction de la pauvreté, des progrès économiques et des résultats du Développement. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement a sollicité et obtenu de l’Association internationale de Développement, un financement concessionnel d’un montant de 56 millions 600 mille Euros, soit 37 milliards 127 millions 166 mille 200 Francs CFA. La réalisation du projet, objet du présent financement, vise : à améliorer la disponibilité de données statistiques de bonne qualité ; à orienter les politiques publiques visant à soutenir l’adaptation et l’atténuation des risques ; à favoriser une croissance économique durable et équitable ; à renforcer la modernisation du système statistique. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des ministres de l’organisation des festivités du 22 septembre 2023. Le 22 septembre 1960, le Mali a accédé à la souveraineté nationale et internationale après l’éclatement de la fédération du Mali. Depuis l’accession du Mali à l’indépendance, la célébration du 22 septembre a toujours été marquée par des festivités sur toute l’étendue du territoire national. Ces festivités prennent des formes de manifestions socioculturelles des différents terroirs du Mali et des défilés militaires et civils. Ces dernières années, les festivités du 22 septembre ont connu une période d’hibernation due essentiellement à la crise multidimensionnelle que le Mali a connue. Cette hibernation a été fortement ressentie par les citoyens et a considérablement impacté la conscience nationale. Cette année, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a décidé de donner un éclat particulier à la célébration du 22 septembre qui intervient au lendemain de l’avènement de la 4ème République, consacrée par la Constitution du 22 juillet 2023 qui dispose que « l’action publique est guidée par les principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’Etat, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts ». La célébration de la fête de l’indépendance a été retenue comme une activité prioritaire du Gouvernement pour renforcer le sentiment de patriotisme des citoyens et le réarmement moral des forces de défense et de sécurité. Elle s’inscrit également dans le contexte de la montée en puissance des forces de défense et de sécurité qui combattent le terrorisme et les crimes organisés. Les activités retenues se tiendront entre le 21 et 22 septembre 2023 sur toute l’étendue du territoire national et permettront : de réaffirmer la souveraineté du Mali en perpétuant les efforts des pères de l’indépendance ; de raffermir la fibre patriotique ; de renforcer le vivre ensemble, la paix et la cohésion sociale. La célébration du 22 septembre offre l’occasion d’une part, aux Autorités de magnifier la souveraineté et la communion avec les citoyens, et d’autre part, aux citoyens de manifester leur patriotisme et leur attachement au pays. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.

Unités de production de fer : Le ministre en charge de l’Industrie exige le respect des normes

Bamako, 06 sept (AMAP) Les usines de production de fer qui continueront à ne pas respecter les normes pourraient être fermées, après la deuxième phase de vérification et de sensibilisation menée par les services techniques, a mis en garde, lundi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, en marge d’une visite sur les sites de l’Industrie du Mali et de fer (IMAFER), à Fougadougou dans la Commune rurale de Tienfala. Le Mali a connu, récemment, l’effondrement d’immeubles construits ou en construction entrainant des dégâts matériels et financiers importants. Dans certains cas, des pertes en vies humaines ont été enregistrées. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a, à cet égard, instruit la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) et l’Agence malienne de métrologie de conduire un vaste programme de contrôle et de vérification du diamètre et de la longueur dans toutes les unités de production de fer sur l’ensemble du territoire national. Le résultat de cet audit mené par les deux structures est sans appel. «Des fers commercialisés sur le marché comme étant du fer 6 ont été contrôlés diamètre 4, des fers 8 présentés et vendus au prix du fer 8 ont été contrôlés au diamètre 6, des fers 10 ont été contrôlés au diamètre 7 et ceux présentés comme des fers 12 et vendus à ce prix ont été contrôlés 9. Les longueurs ne sont pas respectées», a dénoncé Moussa Alassane Diallo. Pour le minsitre en charge de l’Industrie, cette situation est inacceptable pour le gouvernement et insupportable pour les populations. C’est pour cette raison que toutes les unités de production de fer ont été réunies le 22 août dernier pour partager avec elles, les conclusions des études de vérification et de contrôle menées par les services techniques. À l’issue de cette réunion, des recommandations fortes et des décisions ont été prises par le département. La visite terrain du ministre a consisté à vérifier la mise en œuvre effective de ces recommandations et décisions. «Le développement économique inclusif et durable du Mali se fera avec l’industrie ou ne se fera pas. C’est pourquoi, soutenir l’industrie dans notre pays est une exigence pour mon département. L’objectif recherché est de permettre à nos industries de transformer notre production locale, pour que nous puissions assurer nos besoins nationaux par la production nationale», a-t-il expliqué. Selon M. Diallo, nos industries doivent donner des produits de qualité qui respectent les normes. Autrement, il sera difficile de tenir sur la durée les engagements pris par rapport à la politique industrielle du pays. «La conduite de cette politique qui se repose sur la promotion et le développement de l’industrie locale (petite, moyenne et grande) ne peut aller avec la promotion de la médiocrité. Nous devons être meilleurs en matière de production», a-t-il insisté. Cette visite a permis au ministre Diallo de constater qu’il y a un nombre important d’usines qui ne respectent pas les normes. «D’ici octobre prochain, une deuxième vague de contrôles et de vérifications sera enclenchée par mes services. Si nous arrivons aux conclusions qu’il y a encore des unités de production de fer au Mali qui ne respectent pas les normes, nous serons amenés à assumer nos responsabilités et cela pourrait conduire à la fermeture de ces usines», a-t-il averti. Les orientations et exigences du ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation et de supervision mis en place, à la fois, pour contrôler la qualité et le respect des normes, seront partagés avec les acteurs du secteur pour un développement industriel réussi. Évoquant le problème d’énergie, le ministre Diallo a dit que c’est une donnée permanente. « Dans les réflexions que nous sommes en train de conduire, il s’agira de voir, aussi, comment on peut rendre nos industries moins dépendantes de l’énergie thermique. Pour cela, plusieurs pistes s’offrent à nous, surtout en ce qui concerne le solaire. On a déjà rencontré les promoteurs de l’énergie solaire, des réflexions sont en cours pour concevoir une politique industrielle où nos industries seront moins dépendantes de l’énergie à partir de l’EDM. SA», a-t-il dit. Les responsables des unités industrielles visitées ont salué cette démarche du ministre Diallo qui vise à assainir le secteur. BBC/MD (AMAP)    

Il y a urgence à assainir la production d’eau en sachet plastique

Par Aminata DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) L’unité de conditionnement d’eau en sachet plastique d’Assitan, considérée comme clandestine, est l’illustration parfaite de l’explosion, aussi bien à Bamako qu’à l’intérieur du Mali, de ces fabriques, à la pelle et sans parfois tenir compte des règles élémentaires d’hygiène, de sachets d’eau. Sans passer par aucun dispositif de filtrage, l’eau du robinet est prélevée et directement conditionnée dans des sachets en plastique à l’aide d’une machine. Ici, même les enfants sont mis à contribution pour notamment empaqueter les sachets produits. Ils ne s’encombrent guère de mesures d’hygiène. La ptote affaire d’Assitan n’est pas conneu des services techniques. Elle n’a d’ailleurs jamais cherché à formaliser son activité, de peur qu’elle n’ait à «payer des taxes». Quid du respect des normes édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les services nationaux compétents en la matière ? Elle n’en sait rien. Nombreuses sont les petites unités qui, comme celle d’Assitan, évoluent dans la clandestinité, donc en marge des textes régissant le secteur. Elles prélèvent directement l’eau au robinet, des fois avec une forte présence d’éléments étrangers. Certaines utilisent l’eau de forage. Avec la durée, l’eau, contenant du chlore, peut avoir des effets indésirables (saveur, odeur) au contact avec le sachet s’il n’est pas de qualité aux normes. Pour écouler facilement leurs produits, ces unités utilisent de fausses adresses et de faux contacts quand elles ne s’octroient pas tout simplement les références d’une unité connue, se livrant ainsi à une concurrence déloyale. Selon les spécialistes, l’installation d’une unité de mise en sachet d’eau potable doit se faire suivant des normes de sécurité sanitaire en vigueur. «Ce qui garantira que l’eau est propre à la consommation et ne présente aucun risque pour la santé des consommateurs», rappelle Dr Maïga Hamssatou Touré, chef du service assurance qualité et secrétaire permanente de la Commission nationale d’autorisation de mise sur le marché. « Pour obtenir cette autorisation de mise sur le marché (AMM), ajoute-t-elle, le producteur doit approcher le secrétariat afin de s’enquérir des informations et entreprendre les démarches nécessaires. » HORS DE CONTROLE – Aminata Niaré, propriétaire d’une unité clandestine, trouve qu’il n’est pas «facile de respecter les exigences de l’Etat». Pour avoir l’autorisation, dit-elle, il faut des mois. «Ce n’est pas que nous refusons de nous mettre en règle mais nous sommes découragés à cause des attentes assez longues. Le processus, c’est vraiment un parcours du combattant», se justifie la productrice d’eau en sachet. Des unités clandestines continuent ainsi de produire. Les services techniques en charge de la question semblent dépassés par l’ampleur du phénomène. «C’est difficile de reconnaître les unités qui produisent clandestinement, car elles sont très nombreuses et leurs sources de production sont masquées », concède le directeur général adjoint du Laboratoire national de la santé (LNS), Dr Seydou Moussa Coulibaly. L’action de son service et celle du Laboratoire national des eaux (LNE) ne portent que sur les unités répertoriées où des missions de contrôles et de vérifications sont régulièrement effectuées. Le LNE procède à une série d’échantillonnage des eaux en sachet à Bamako et à Kati. « Il ressort des résultats que les paramètres physico-chimiques mesurés au laboratoire sont conformes aux directives de l’OMS », résume une note technique publiée en avril dernier par le ministère de l’Energie et de l’Eau. Cependant, les non-conformités sont constatées souvent au niveau des analyses bactériologiques. Aussi, souligne la même note, «il existe de nombreuses unités clandestines, les mêmes emballages sont utilisés par plusieurs entreprises et également beaucoup de sachets existent avec de fausses adresses». Ces facteurs font que le suivi de la qualité de ces eaux est assez complexe, soutient-on au LNE. Les spécialistes indiquent également que les emballages utilisés peuvent agir sur la qualité des eaux si les indications mentionnées sur les étiquettes ne sont pas respectées. PRÉSERVER LA SANTÉ – Pour Dr Seydou Moussa Coulibaly du LNS, il est du devoir de tout bon citoyen de participer à la préservation de la santé de ses concitoyens, en évitant de mettre sur le marché des produits illégaux et dont la source de production n’est pas connue. «Les personnes qui font ce travail illicite veulent avoir de l’argent au détriment de la santé des autres», dit-il, tout en demandant aux consommateurs de ne payer que des «sachets étiquetés et dont la provenance est connue». Vendeuse d’eau en sachet au marché de Kalaban Koulouba depuis deux ans, Kadia Kouyaté, aide-ménagère, travaille pour le compte de Djénèba Soumaré qui habite non loin du marché du quartier. Sa patronne a découvert le filon, il y a cinq ans. Et depuis, elle en a fait sa principale source de revenus. Djénèba Soumaré dit s’approvisionner auprès d’un distributeur d’eau et avoue n’avoir jamais cherché à savoir ni la provenance ni les conditions de la mise en sachet du liquide. «Ce qui m’intéresse, c’est le profit. Par jour, je gagne entre 2 500 et 3 000 Fcfa», confie-t-elle. Une bonne partie des sachets produits se retrouvent en vente aux carrefours. distribués lors de cérémonies de baptême, de mariage ou encore de funérailles. Toutes choses qui ont favorisé la prolifération des unités de conditionnement. Les prix appliqués (25 à 50 Fcfa) sont à la portée de toutes les bourses. «J’achète les sachets d’eau parce que j’ai pas assez d’argent. L’eau minérale, c’est pour les riches. Je ne peux pas me prononcer sur leur qualité mais il y en a qui sont vraiment désagréables et elles sentent des odeurs bizarres», affirme Sitan Dramé, vendeuse de légumes au marché Woninda. Cette prolifération d’eau en sachet constitue de nos jours un danger pour la santé humaine en raison du mode de prélèvement et de conservation. Selon Mme Maïga Hamssatou Touré, cheffe de service à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA), les eaux en sachets peuvent exposer à la contamination microbiologique, aux virus, aux parasites ou d’autres micro-organismes pathogènes. Elles peuvent être sources de maladies : diarrhée, problèmes liés aux reins, au foie et au système nerveux. «Il est donc essentiel de s’assurer que les eaux que nous consommons sont produites légalement

Communiqué du Conseil des ministres du 06 septembre

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 06 septembre 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte concernant la ratification de la Convention de Financement signée à Bamako, le 07 juin 2023, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, relatif au Financement du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre-Série de Projet I. L’insuffisance des données statistiques de haute qualité en Afrique est l’un des principaux obstacles à un meilleur suivi des stratégies de réduction de la pauvreté, des progrès économiques et des résultats du Développement. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement a sollicité et obtenu de l’Association internationale de Développement, un financement concessionnel d’un montant de 56 millions 600 mille Euros, soit 37 milliards 127 millions 166 mille 200 Francs CFA. La réalisation du projet, objet du présent financement, vise : à améliorer la disponibilité de données statistiques de bonne qualité ; à orienter les politiques publiques visant à soutenir l’adaptation et l’atténuation des risques ; à favoriser une croissance économique durable et équitable ; à renforcer la modernisation du système statistique. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des ministres de l’organisation des festivités du 22 septembre 2023. Le 22 septembre 1960, le Mali a accédé à la souveraineté nationale et internationale après l’éclatement de la fédération du Mali. Depuis l’accession du Mali à l’indépendance, la célébration du 22 septembre a toujours été marquée par des festivités sur toute l’étendue du territoire national. Ces festivités prennent des formes de manifestions socioculturelles des différents terroirs du Mali et des défilés militaires et civils. Ces dernières années, les festivités du 22 septembre ont connu une période d’hibernation due essentiellement à la crise multidimensionnelle que le Mali a connue. Cette hibernation a été fortement ressentie par les citoyens et a considérablement impacté la conscience nationale. Cette année, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a décidé de donner un éclat particulier à la célébration du 22 septembre qui intervient au lendemain de l’avènement de la 4ème République, consacrée par la Constitution du 22 juillet 2023 qui dispose que « l’action publique est guidée par les principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’Etat, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts ». La célébration de la fête de l’indépendance a été retenue comme une activité prioritaire du Gouvernement pour renforcer le sentiment de patriotisme des citoyens et le réarmement moral des forces de défense et de sécurité. Elle s’inscrit également dans le contexte de la montée en puissance des forces de défense et de sécurité qui combattent le terrorisme et les crimes organisés. Les activités retenues se tiendront entre le 21 et 22 septembre 2023 sur toute l’étendue du territoire national et permettront : de réaffirmer la souveraineté du Mali en perpétuant les efforts des pères de l’indépendance ; de raffermir la fibre patriotique ; de renforcer le vivre ensemble, la paix et la cohésion sociale. La célébration du 22 septembre offre l’occasion d’une part, aux Autorités de magnifier la souveraineté et la communion avec les citoyens, et d’autre part, aux citoyens de manifester leur patriotisme et leur attachement au pays. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.

Que signifient les sobriquets «Domingo» et «la Panthère noire» ?

Bamako, 06 sept (AMAP) D’où viennent les deux sobriquets de Salif Keïta, à savoir «Domingo» et «La Panthère». Selon Mad Diarra, l’un des doyens de la presse sportive du Mali, c’est un ami d’enfance de l’ancien international qui lui a donné le premier sobriquet, alors que le deuxième vient des supporters de Saint-Étienne, selon Ketch Arol, un écrivain camerounais. «C’était des gamins de Ouolofobougou de 13-14 ans à l’époque. Alors qu’il se baladait avec ses camarades devant le Soudan Ciné, il tombe sur une affiche de cinéma où figure le nom Domingo. L’un de ses amis le surnomme alors Domingo et Salif Keïta accepte», raconte Mad Diarra. À l’époque, le premier Ballon d’or et ses amis d’enfance jouaient sur le petit espace, en face de l’ex-Soudan Ciné qui est devenu aujourd’hui un jardin public. «Dans le quartier (Ndlr, Ouolofobougou) tous les gamins de son âge l’appelaient Domingo, plus tard quand le succès viendra, il ne voulait plus de ce surnom», révèle le doyen. Doté d’une immense technique et d’une élégance dans le jeu, Salif Keïta semait la terreur dans les défenses adverses, marquant 140 buts en 185 matches. Selon Ketch Arol, c’est à son arrivée à Saint-Étienne que Salif s’est vu attribuer son deuxième sobriquet de La Panthère noire. Ce surnom, qui est l’emblème de Saint-Étienne (la panthère), traduit simplement l’efficacité de l’ancien international devant les buts et son élégance dans le jeu. BK/MD (AMAP)

Dernier hommage du Mali, ce mercredi, à Salif Keïta, la Panthère noire

Bamako, 06 sept (AMAP) Les funérailles de Salif Keïta dit Domingo auront lieu cet après-midi à 15h à la Place du Cinquantenaire, a annonce un communique officiel signé du secrétaire général du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, Amadou Diarra Yalcouyé. Le premier Ballon d’or africain (1970) a été arraché à l’affection du monde du football mondial, le samedi 2 septembre à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Dans un premier temps, on avait annoncé que les funérailles de La Panthère noire (Ndlr, surnom de Salif Keïta) seront organisées sur le terrain de la Commune III, mais lundi dernier, on apprenait, via un autre communiqué, que la cérémonie a été délocalisée au Complexe sportif Kadialy Diawara de Djicoroni-Para, le terrain d’entraînement du Réal de Bamako. Dans ce deuxième communiqué, il est écrit que la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a décidé de prendre en charge les funérailles du vice-champion d’Afrique (1972) et vainqueur à trois reprises du championnat de France avec Saint-Étienne (1968, 1969, 1970). Le même lundi, ce troisième communiqué émanant du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports,  est tombé en début de soirée. «Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne informe l’opinion nationale que les obsèques de Salif Keïta dit Domingo, décédé le samedi 2 septembre 2023 auront lieu le mercredi 6 septembre à partir de 15h à la Place du Cinquantenaire, près de l’ENSUP « , annonce le texte. Le ministre invite le mouvement  sportif national et le public malien à venir rendre un dernier hommage mérité à la légende du football malien, africain et international». Symbole fort de la souveraineté du Mali, la Place du Cinquantenaire sera donc le lieu où le plus grand footballeur malien et africain de tous les temps, recevra le dernier hommage de la nation. Jusqu’à hier, il n’y avait aucune information sur le déroulé de la cérémonie, mais il est sûr que la Place du Cinquantenaire sera bondée de monde cet après-midi et l’émotion, très grande au sein de la foule. Selon nos informations, c’est Cheick Oumar Diarra, ex-sociétaire du Djoliba, qui sera chargé de lire l’éloge funèbre au nom des anciens coéquipiers de Salif Keïta au Réal et en équipe nationale. Comme l’Espagnol d’origine argentine, Alfredo Di Stefano, le Hongrois Ferenc Puskäs ou encore le Portugais d’origine mozambicaine, Eusébio avant lui, Domingo a obtenu en 1996 l’Ordre du Mérite, la plus haute distinction de la Fédération internationale de football association (FIFA)_. La Place du Cinquantenaire a été réalisée en 2010 par l’ancien président malien,  feu Amadou Toumani Touré «ATT», l’occasion du 50è anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale. Le lieu a déjà abrité plusieurs grands événements, dont le Festival Bama-Art, le Festival culturel Ogobagna. Après la cérémonie d’hommage, Salif Keïta «Domingo» sera conduit à sa dernière demeure au cimetière d’Hamdallaye où repose son épouse Fanta Diallo, décédée en 2005. SBT/MD (AMAP)

L’artiste nous a quittés

Par Mamadou DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) Le souvenir de Salif Kéita «Domingo», jeune et virevoltant joueur-vedette des historiques matches inter-quartiers de Bamako des années 1960, reste gravé dans la mémoire de ses contemporains. Depuis, le meilleur footballeur malien de tous les temps n’a pu fédérer sur son nom les suffrages des Maliens. Beaucoup lui préfèrent la constance d’Ousmane Traoré ou de Sadia Cissé. Soliste incomparable, Salif Kéita «Domingo» ne fut pas toujours un coéquipier à la même hauteur. Joueur-charnière entre deux générations également douées, Salif Kéita est de toutes les belles épopées de notre football post indépendance. Il a aussi partagé ses plus cuisants échecs. Au départ, ce furent les anciens qui assument pour lui le poids moral de la défaite. Plus jeune international de l’histoire du football malien, il joue en équipe nationale à l’âge de 15 ans et 11 mois (il est né le 12 décembre 1946) lors des Jeux des Forces montantes (GANEFO 1963) en Indonésie. La renommée internationale commence quand il renforce le Stade malien dans la première édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Afrique). Cette première finale africaine est perdue par le jeune attaquant. Les Blancs cédèrent (1-2) contre l’Oryx de Douala en 1965 à Accra au Ghana. La seconde désillusion survient face au Congo Brazzaville (pays organisateur) au nombre de corners en prolongation en finale des premiers Jeux africains. Le jeune joueur fut cependant exempt de reproche. Ce ne fut plus le cas l’année suivante, en finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, perdue par le Réal de Bamako face au Stade d’Abidjan. Vainqueurs à l’aller (3-1), les Noirs et blancs cédèrent au retour (2-4) sur les berges de la lagune Ebrié. Salif avait marqué lors de tous les sept matches joués (14 buts), avant ce match retour à Abidjan. La fureur du public malien se déchaîne contre le prodige. Il fut accusé d’avoir été trop peu combatif et d’avoir raté un but facile. Cette rencontre fatidique fit oublier que Salif avait souvent sauvé la mise à son équipe et qu’il terminait meilleur buteur de la compétition avec 14 buts inscrits en 8 matches. Objet du désamour quasi général des supporters, l’attaquant trouve son salut dans l’exil. Il atterrit dans un premier temps à Saint Étienne. Il y décroche un Soulier d’argent européen (40 buts derrière Josip Skoblar 44) et un Ballon d’or africain, le premier mis en jeu. Mais il ne peut pour autant se réconcilier avec le public malien. La faute à la Coupe d’Afrique des nations de 1972 à Yaoundé. Attendu comme le messie, il délivre une prestation en demi-teinte et, blessé, termine sur la touche. La malchance aidant, Salif a sans doute laissé passer l’ultime occasion de démontrer qu’il pouvait être le joueur providentiel attendu par le public, un joueur capable de ramener un trophée continental au pays. Il quitte Saint Étienne en dénonçant le contrat qui faisait des joueurs de simples produits à la disposition des présidents de club. Arrivé à Marseille, il refuse de prendre la double nationalité qui aurait permis au club de l’aligner en même temps que le Yougoslave Josip Skoblar et le Suédois Magnusson mis sur la touche à son arrivée dans la cité phocéenne. La polémique qu’il suscite n’empêche pas Alfredo Di Stefano d’aller le chercher pour le compte de Valence (1974). À l’arrivée de Kempès en 1977, il passe au Sporting de Lisbonne puis au Boston Teamen. Sa carrière prend fin au sein de ce club. Une carrière qui ne lui a pas fait atteindre les sommets que pouvait lui offrir son talent. Reconverti dans l’hôtellerie, Salif Kéita va créer un centre sportif pour se relancer dans le football. Il met ensuite en place son club, le Centre Salif Kéita. Décoré par la CAF et la FIFA, le prodige du ballon devient ministre durant la Transition en 1991, et président de la Fédération malienne de football de 2005 à 2009. Depuis le 27 septembre 2009, «Domingo» est le premier joueur africain à donner son nom à un stade de football en France. C’est cet immense joueur qui nous a quittés le samedi dernier. La Nation malienne lui rendra un hommage mérité aujourd’hui à la Place du Cinquantenaire. Dors en paix, Salif. PS (Spécial Cinquantenaire de L’Essor) MD/MD (AMAP)