Journée du 8 mars à Bafoulabé : Parcours de Mme Fatou Diallo, une vendeuse de charbon atypique
Bafoulabé, 5 mars (AMAP) Dans notre pays comme partout ailleurs dans le monde, nombreuses sont les femmes qui s’illustrent après avoir connu un parcours difficile. Tel est le cas de Mme Fatou Diallo, une vendeuse de charbon atypique, un exemple à Bafoulabé, cercle de la région de Kayes, à l’ouest de la capitale, a constaté l’AMAP. Née à Brigo (Kita), mariée à Bafoulabé, Mme Fatou Dialo, mère de 2 enfants est aujourd’hui âgée de 37 ans. Son mari qui a connu des ennuis de santé, n’arrivant pas à joindre les deux bouts, l’a obligé de redoubler d’ardeur et d’efforts pour affronter la vie et s’occuper de son foyer. Ainsi, avec le rappel à Dieu de son mari en 2009, elle a décidé, en plus de ses travaux de ménage, d’être lavandière pour subvenir aux besoins de sa famille, avant d’être bûcheronne et par la suite vendeuse de charbon. Comme dit le dicton, » on peut partir de rien pour réussir sa vie ». Fatou, comme l’appellent affectueusement les siens, a d’abord commencé à acheter du charbon par baignoire à 500 FCFA pour le revendre, avec 350 FCFA de bénéfice. D’une baignoire, elle passa à un sac qui a connu une variation de prix allant de 1000 FCFA à 2000 FCFA à nos jours, pour un bénéfice de 250 FCFA. Son activité devenait de plus en plus florissante car la demande était supérieure à l’offre. Pour faire face aux besoins des familles en charbon, Fatou a contracté un prêt d’1 000 000 de Francs CFA auprès de la caisse d’épargne de la localité de Bafoulabé, qui lui a permis d’améliorer ses conditions de travail. Aujourd’hui, grâce à ce prêt, Fatou achète des milliers de sacs par mois aux exploitants des villages environnants pour approvisionner le marché de Bafoulabé et environnants. Son imagination l’a poussé à payer régulièrement le permis d’exploitation, afin d’éviter des défaillances dans l’évolution de son activité. Aujourd’hui, grâce à son courage, son activité s’est beaucoup améliorée, lui permettant d’épargner de l’argent. Ce qui lui a permis d’acquérir une parcelle d’habitation, qu’elle a construite en dur. Avant d’aménagé un jardin potager au bord du fleuve et acheté une moto de livraison. Fatou, à n’en pas douter, est aujourd’hui une référence en matière de commerce de charbon à Bafoulabé. Mieux, avec son activité qui prospère, elle a recruté 2 jeunes qui sont rémunérés chacun à 20 000 FCFA par mois pour la livraison de son produit à Bafoulabé et environnants. Malgré les difficultés qu’elle a connues, Fatou se dit heureuse aujourd’hui. Cette dame dont le parcours est atypique encourage ses sœurs maliennes singulièrement celles de Bafoulabé à s’engager dans des activités génératrices de revenus pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de celles de leur famille. En tous les cas, les populations du premier cercle du Mali apprécient cette dame qu’elles ont vu évoluer avec courage et abnégation pour atteindre « le bout du Tunnel ». BM/KM (AMAP)
Journée du 8 mars à Youwarou : Fatoumata Sory Bilankoro, une femme exemplaire
Youwarou, 6 mars (AMAP) Entre commerçant, leaders de vie associative et responsable politique, Fatoumata Sory Bilankoro s’illustre dans le cercle de Youwarou tout en devenant l’idole incontestée dans sa communauté Née en 1967 d’une famille somono de Youwarou-Homboloré, Madame Fatoumata Sory Bilankoro s’est lancée dans le commerce du poisson dès le bas âge. Rita Marley, le nom de jeune fille de Fatoumata Sory, s’intéressa aux travaux domestiques et au petit commerce de poisson sur le lac Débo. Chaque matin elle se rendait au hameau de pêche « Bora », situé à 2 km pour acheter le poisson frais afin de le revendre au marché de condiments de Youwarou dénommé « petit marché ». Depuis cette époque de son enfance, notre brave dame commence à se démarquer et faire parler d’elle. Contrairement aux autres filles de son âge, Fatoumata Sory Bilankoro s’achetait ses habits de fête et assurait ses propres besoins sans pourtant faire recourt à quelqu’un d’autre. A l’âge du mariage, Fatoumata Sory Bilankoro se maria et rejoint son foyer conjugal à Kadiolo, dans la région de Sikasso. Elle apprend, ainsi, beaucoup avec les femmes sénoufos. Notre femme battante appris l’agriculture de l’oseille, du maïs, tout comme le commerce de la pomme de terre. Quelques années plus tard, Fatoumata Sory Bilankoro retourne à Youwarou avec l’esprit de femme éveillée. Elle entama, sur l’axe Bamako-Youwarou, le commerce des tissus, des habits prêts à porter pour femmes et hommes. Son enthousiasme lui permet d’attirer plus de clientèle dans le milieu juvénile et devenir une commerçante réputée dans la contrée. Fatoumata dite Rita Marley embarrasse et s’intéresse également aux activités associatives et politiques tout en créant l’Association Annora. Laquelle qui s’érige en société coopérative des vendeuses de poissons. Plus tard, à travers sa compétence, notre brave dame arrive à mettre ensemble 67 présidentes de sociétés coopératives. C’est à partir de cette union qu’elle crée l’Union des sociétés coopératives « Benkadi » des femmes vendeuses et transformatrices de poissons de Youwarou. Mère de trois filles actuellement initiées dans la réalisation des activités génératrices de revenus, devenue une femme d’affaires incontestée dans sa localité, les ambitions de Madame Fatoumata Sory Bilankoro lui poussent à s’inscrire dans des cours d’apprentissage de l’alphabet français. Au-delà de sa vente de poisson séché, fumé et frais avec des commandes à honorer à Bamako et Mopti, notre femme battante se livre à la fabrication artisanale du savon appelé « Kabakourouni ». Son chiffre d’affaire lui permet aussitôt de se lancer dans la transformation des produits locaux comme la farine de maïs, la farine de mil, le pain de jujube, le jus d’oseille, la farine de gombo, la poudre de tanin, les cacahouètes, entre autres. Autodidacte, Fatoumata dite Rita Marley est présentement la présidente des femmes rurales du cercle de Youwarou et le point focal du REFAMP (Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires). Suite à sa défense de la cause féminine à tous les niveaux, Fatoumata est arrivée à se faire élire conseillère municipale à la mairie de Youwarou. Comme si cela ne suffisait pas, elle créa l’Association des femmes musulmanes de Youwarou qui, tous les ans, fête le Maoulid avec éclat, et s’emploie à sensibiliser, œuvrer pour l’entente entre les épouses et époux qui se traduit par le respect des premières à leur époux. Bref, pour notre brave dame, la religion demeure un pan important dans la vie d’un couple qui doit se traduire par le respect réciproque entre les deux conjoints. SC/KM (AMAP)
Célébration du 8 mars : Mme Dinamba Traoré, modèle dans l’agroalimentaire
Bamako, 5 mars (AMAP) Mme Dinamba Traoré est une femme battante qui évolue dans le domaine de l’agroalimentaire malgré sa situation de handicap physique, a constaté l’AMAP. Cette quadragénaire, mariée et mère de trois enfants, nous a accueilli le mercredi 26 février 2025, à son domicile à Niamakoro cité Unicef, en présence de poches parents. Malgré sa situation de mobilité réduite, elle a su évoluer dans un secteur économique adapté à son état et réalise des exploits. Chaque mois, Mme Dinamba Traoré prépare 100 kilogrammes de fonio séché et 100 autres kilogrammes de fonio mélangés avec de l’arachide pour en faire le « djouka ». Notre interlocutrice transforme également une importante quantité de petit mil pour en faire des grains de bouillies. Ainsi, elle affirme vendre par mois 100 kilogrammes de fonio séchés, 100 kilogrammes de djouka, 50 kilogrammes de grain de bouillie et 50 kilogrammes de farine de mil séché. Selon elle, ses produits sont livrés à la maison, à des alimentations de la place, certains services publics et une partie destinée à l’exportation. Avant de préciser que quatre employées l’aident dans le processus de transformation de ses produits. Selon notre interlocutrice, cette initiative qui a débuté il y a de cela 5 ans, était au début destinée exclusivement à la consommation familiale et de ses parents proches. Cette activité, de l’avis de la promotrice, parvient à subvenir à ses besoins et contribue de manière significative à la scolarisation de ses enfants. « Je ne veux pas être une mendiante comme de nombreuses femmes handicapées. Je cherche mes revenus et je m’impose car le handicap n’est pas une fin en soi. On peut toujours trouver un emploi adapté à notre situation physique », soutient Mme Dinamba Traoré. Cette dame courageuse affirme être confrontée à des difficultés d’équipements et de matériels, d’un espace adéquat pour mener à bien ses activités et l’écoulement des produits. Sur ces questions, elle sollicite les autorités afin qu’elles apportent son accompagnement aux femmes vivant en situation de handicap physique sur le plan de la formation et des métiers. « En créant des projets pour les femmes en situation de handicap physique, cela contribue à soutenir les foyers et réduire considérablement la pauvreté dans la société », conclut la brave dame. BT/KM (AMAP)
Journée mondiale des Femmes : A la découverte de Mme Nienta Kadidia Nienta, battante pour la promotion de la poterie.
Mopti, 5 mars (AMAP) La poterie traditionnelle, pierre angulaire de la culture qui marque l’histoire des peuples fait son chemin au Mali depuis les temps immémoriaux, constate l’AMAP. Partie intégrante de l’artisanat malien, elle est une forte expression culturelle qui magnifie la relation entre l’homme et son environnement. Etroitement associée à la vie quotidienne des populations avec ses formes et ses fonctions variées qui vont de la vaisselle courante aux jarres funéraires ou aux récipients destinés à conserver l’eau, l’huile ou les céréales, ce savoir est de nos jours en péril à cause de la pression de l’industrialisation céramique et le désintérêt de la jeune génération, entre autres. Mme Nienta Kadidia Nienta fait partie de celles qui sont engagées pour la sauvegarde et la protection de ce savoir longtemps considéré comme une activité réservée aux femmes. Réputée pour son amour pour ce métier de modelage de l’argile, Mme Nienta Kadidia Nienta est l’une des rares potières du Mali en général et de la région de Mopti en particulier à se faire distinguer par son combat pour la promotion de la poterie traditionnelle. Native de Mopti, descendante d’une famille potière de Komoguel II, communément appelé « Waïnkoré » âgée de 45 ans, mariée et mère de 4 enfants, Mme Nienta a très tôt maitrisé le modelage de l’argile dont la transmission se fait au sein des familles, de génération en génération, par la pratique. Elle tire bien son épingle du jeu dans cette activité héritée de ses ancêtres. D’une ingéniosité hors pairs, elle a imprimé une touche particulière aux produits de la poterie à Mopti. Ainsi, au-delà des jarres et autres objets, elle a innové avec la création d’une gamme riche et variée dans le domaine de la décoration et de l’esthétique, entre autres, les pots de fleurs, les cendriers, les portes bics, de bougies, les lava beaux. Dans le cadre de l’embellissement de la ville de Mopti, comme contribution personnelle, elle a réalisé environ une dizaine de monuments en terre installés aux différents points stratégiques de la ville. Elle dispose d’un atelier de production, d’un centre de formation et d’une boutique de vente qui emploient 6 salariés permanents et environ 20 employés temporaires. Soucieuse de la préparation de la relève, Mme Nienta a, au-delà des activités de son centre basé à Mopti animé des sessions de formation à l’intérieur de la région notamment à l’intention d’une trentaine d’auditeurs et auditrices des cercles de Bankass et de Djenné. Ce haut lieu d’acquisition du savoir en modelage de l’argile a déjà formé plus de 100 jeunes dont 10 blancs et 20 autres y sont actuellement en cours de formation dans le centre. La qualité de ses œuvres lui a ouverte la porte du marché sous régional et international. Elle a déjà participé à de nombreuses foires expositions au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, à Sikasso, Ségou, Bamako, aux Etas Unis et à toutes celles organisées dans la Venise malienne dont la dernière a été à la faveur de la foire artisanale « La beauté de Mopti ». Au chapitre des distinctions, Mme Nienta a une bonne douzaine de diplômes de reconnaissance et de mérite au compteur acquit lors des foires et des grands évènements. Son courage et son engagement en faveur de la promotion du patrimoine culturel et du développement lui a valu la distinction de la médaille du mérite national et d’être la nominée l’Homme de l’année 2011 que la radio Jamana de Mopti organise chaque année. Malheureusement, les effets de la crise sécuritaire sont là. Depuis l’éclatement de la crise et la coloration de Mopti en zone rouge, les activités de l’artisanat sont allées en lambeau avec le tourisme. Le secteur du tourisme et les activités connexes ne nourrissent plus leur homme. « Nous sommes à l’arrêt total, nos produits ont de la peine à être écoulés » a expliqué la battante Kadidia Nienta. A cela s’ajoute une contrainte majeure, le problème d’espace qui l’a obligé à loger en location séparant ces trois structures (l’atelier de production, la boutique de vente et le centre de formation). « Le modernisme ne doit pas nous faire abandonner notre tradition. Les grands parents nous ont enseigné qu’au-delà de la beauté, l’esthétique, que les jarres de Mopti ont un aspect mystique qui empêche à la nouvelle mariée qui en dispose dans son trousseau l’abandon du foyer conjugal » commente Mme Nienta pour justifier son combat pour perpétuer la poterie. Son souhait le plus ardent est l’acquisition d’un espace digne de ce nom et la participation à des stages de perfectionnement dans le domaine des porcelaines soit au Maroc ou en Tunisie. DC/KM (AMAP)
Ramadan : Les prières surérogatoires (Nanfila) nuits du mois
Par Baya TRAORE Le ramadan est le neuvième mois du calendrier islamique. C’est aussi le mois au cours duquel le coran a été révélé au prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui. Selon l’imam des 700 logements sociaux de Yirimadio, dans la Commune VI du District de Bamako, Check Mamadou Konaté, c’est le mois ou les dou’a sont exhaussés et, aussi, le moment où on doit exprimer ses soucis au bon Dieu. Cependant, pour l’imam Konaté, Il y a des nanfila spécifiques que les croyants peuvent faire pendant les différentes nuits du mois de ramadan. Donc, toute personne qui a des problèmes de mariage, de travail, de chance, de santé, de maison, de dette ou des expatriés qui ont des problèmes de dossiers peuvent faire ses nanfila. 5ème nuit : Pour la 5ème nuit, Check Mamadou Konaté propose 4 rakats . A chaque rakat, Souratoul Fatihat 1 fois+ Alam Nasrah Laka Sadraka 1 fois (Ash-Sharh n°94) + Koul Hou Wa Layou Ahad 3 fois (Al- Ikhlas n° 112). Zikir _Astagfiroullah 100 fois ; – Ya somadou 100 fois ; – Salatoul Fati 100 fois BT (AMAP)
Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire
Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)
8 mars à Kayes : Mme Niambélé Kadiatou Konaté ouvre un centre d’apprentissage pour les femmes et les jeunes filles
Kayes, 4 mars (AMAP) La directrice de la Maison de la Femme de Kayes, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a ouvert un centre dans le but d’aider les femmes et les jeunes filles à apprendre un métier afin d’améliorer leurs conditions de vie, a constaté l’AMAP. Située aux Logements Sociaux ou ATT Bougou de Kayes, la Maison de la Femme joue un rôle majeur dans la formation et l’insertion socioprofessionnelle des femmes et des jeunes filles grâce au dévouement de sa directrice, Mme Niambélé Kadiatou Konaté. Titulaire d’une maîtrise en Histoire-Géographie de l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) de Bamako, cette dame peut se glorifier d’avoir donné un nouveau souffle à cette structure du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Deux ans après sa nomination à la tête de la Maison de la Femme, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a conçu un programme de formation en vue d’aider les filles déscolarisées, les filles non orientées après leur admission au DEF (Diplôme d’Etudes Fondamentales) et au Bac, ainsi que les ménagères menant des activités génératrices de revenus, à apprendre un métier pour faciliter leur insertion et leur autonomisation. Dans ce centre, on y retrouve plusieurs spécialités : le henné traditionnel, le tatouage (henné moderne), le maquillage, la saponification et l’informatique. La filière informatique est destinée aux femmes qui mènent des AGR (Activités Génératrices de Revenus). Actuellement, la Maison de la Femme de Kayes assure la formation de 158 auditrices. Cette structure dispose d’un chargé de programme et de 4 encadreurs. Cependant, pour bénéficier d’une formation en couture dans ce centre, l’auditrice doit savoir lire et écrire. La formation s’étend sur trois ans. De ce fait, la directrice est en train d’entreprendre des démarches auprès des structures compétentes, dont la Chambre des métiers, pour que les certificats ou attestations qui seront délivrées aux apprenants puissent être certifiés ou reconnus par l’Etat. La première promotion compte 32 personnes au départ, un chiffre qui ne tient pas en compte les cas d’abandon. S’agissant des autres filières, la formation s’étend sur 3 mois et est sanctionnée par une attestation. Pour la couture, chaque apprenante doit payer 11 000 pour s’inscrire et avoir une tenue et 10 000 F pour la cotisation mensuelle. Mais, le centre prend en charge les frais d’équipement. Pour les autres filières, les frais d’inscription plus la tenue coûtent en tout 5 000 F et la cotisation mensuelle est fixée à 5 000F. D’après la directrice Mme Niambélé Kadiatou Konaté, sa structure a pu suivre certaines auditrices après leur formation. « En général, nous avons constaté que ces gens travaillent bien. Certaines auditrices ont mis du temps avant d’entamer leurs activités c’est pourquoi, elles ont rencontré des difficultés », assure la directrice de la Maison de la Femme de Kayes. « Parmi nos récipiendaires, certaines veulent revenir pour se former dans d’autres spécialités afin de diversifier leurs activités et multiplier leurs gains. C’est le cas de Hawa Fofana de Sadiola qui veut apprendre le maquillage et de Hawoye Touré de Kéniéba. Actuellement, Mme Niambélé Kadiatou Konaté et son équipe ont besoin de partenaires pour équiper leur centre et élargir son champ d’actions et étoffer son personnel. La Maison de la Femme souhaite former des gens dans d’autres domaines comme la transformation des produits alimentaires, le perlage. Mais, cette structure a besoin de partenaires pour financer ses projets. Il est à noter que Mme Niambélé Kadiatou Konaté est née le 1er Avril 1972 à Kita. Mariée et mère de deux enfants, cette dame a suivi les traces de ses parents Mamadou Konaté et Fanta Diallo, tous des enseignants. BMS/KM (AMAP)
Journée Internationale de la Femme à Diéma : Regard sur Mme Assata Traoré, animatrice et militante des droits des femmes
Diéma, 4 mars (AMAP)A l’instar du monde entier, notre pays célèbre le 8 mars, la journée internationale de la Femme. A cette occasion, nous avons décidé à l’Agence Nationale de Presse, de faire le portrait des femmes battantes dans leur localité respective. A cet effet, nous avons rencontré Mme Assata Traoré, animatrice de son état et militante des droits des femmes à Diéma. Agée d’une quarantaine d’années, mariée et mère de nombreux enfants, cette brave dame émerveille les populations de Diéma, de par ses animations en langue foulfoulbé sur une radio privée de la place. Ses émissions concernent la santé, la bravoure et l’engagement des femmes ou « Mussow dambe ni uka tiessiri », le développement de la commune ou « Siguida yiriwali », entre autres. Ses émissions ont contribué a changé les comportements dans la commune à travers l’éducation à la citoyenneté et la sensibilisation. L’animatrice talentueuse ne cesse d’affirmer dans son émission sur l’économie familiale : « Une femme ne doit pas laisser toutes les charges dans les bras du maître de la maison, sans quoi elle devient inutile ». En plus de l’animation à la Radio, Mme Assata Traoré dirige une association qui milite pour la défense des droits des femmes, en vue de leur autonomisation. Dans le cadre de la prévention et la gestion des conflits, les membres de son association, parviennent souvent à réconcilier des couples… Membre de la CAFO, elle excelle dans la fabrication et la vente du savon, ayant reçu une formation dans le domaine de la saponification. L’infatigable dame encourage la tenue périodique du cadre de concertation pour la protection des enfants, initié par le service de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, auquel prennent part, plusieurs acteurs. Par ailleurs, Mme Assata Traoré fait de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), son leitmotiv, afin d’apporter sa modeste contribution à l’éradication de cette pratique néfaste qui semble ne pas faiblir dans cette localité, nonobstant les immenses efforts que l’Etat et ses partenaires ne cessent de consentir. Cette courageuse dame qui s’occupe de son foyer, pratique également l’embauche ovine, disposant de quelques têtes de moutons qu’elle entoure de soins. Aujourd’hui, elle sollicite un appui pour obtenir un appui lui permettant de développer ses activités de saponification et d’embouche et l’acquisition d’un tricycle, lui facilitant le transport de ses produits au marché. En tous les cas, les populations de Diéma sont fières des actions de cette brave dame pour la cohésion et le développement de leur commune. OB/KM (AMAP)
8 mars : Aissata Magassouba transforme son handicap physique en opportunité de réussite
Bamako, 4 mars (AMAP) Frôlant ses 30 ans, célibataire de son état, née d’une malformation congénitale, Aissata Magassouba met ce handicap physique à profit pour s’imposer dans le domaine de la comédie sur le plan national et international. Très joviale, Aissata Magassouba a accueilli, l’équipe de l’Agence Nationale de Presse à son domicile à Magnanbougou le mercredi 26 février 2025 . Celle qui est née le 13 mai 1995 à Nioro du Sahel, d’une beauté magnifique, des cheveux tirés en mode de « queue de cheval », porte une robe longue de couleur rougeâtre. La trentenaire, rayonnante de mille feux, jaillisse la joie à des milliers d’internautes qui la suivent dans ses moments de prestations en ligne. En effet, Aissata Magassouba, née d’une malformation congénitale dont une bosse sur le dos, est la deuxième fille d’une fratrie de sept personnes. Comédienne par vocation, c’est en 2021 qu’elle commença à jouer dans les théâtres. Selon notre comédienne, de cette date à nos jours, elle a joué dans quatre pièces de théâtre que sont : Ada l’orpheline ; Bamako dans l’âme ; la voix du Mali et Crika. Mieux, Aissata Magassouba collabore avec quelques chaines sur YouTube et quelques chaines de télévision de la place. « Toutes mes folies ont commencé seulement quelques années, et ce n’était pas du tout facile à mon début. Car, je n’avais pas aussi confiante en moi-même… », témoigne-t-elle. Car, les gens se moquaient d’elle et certains la dévisageaient. Notre brave jeune dame a pu surmonter cette épreuve malgré sa peur dans les rues de Bamako et devant les médias. Pis, Aissata Magassouba vécu un coup dur de la vie, précisément le divorce de ses parents qui l’a contraint de s’occuper de ses jeunes frères et sœurs tout en jouant le rôle de maman. « A chaque fois qu’un de mes sœurs ou frères avait des soucis de santé, ou des problèmes dans leur école, j’étais là au secours », se confie-t-elle. D’ailleurs, c’est suite à cette étape que notre comédienne s’arme de courage de pugnacité dans sa profession. Du coup, nourrie de confiance, elle se lance dans des prestations en direct sur les réseaux sociaux. Séduisant sa comédie sur les réseaux sociaux, Aissata Magassouba sera contactée par certains prestataires afin qu’elle les fasse des spots. Elle nous révèlera son amour dès le bas âge à jouer des pièces ou scénarios de théâtre. « La première fois que J’ai eu le courage de jouer à un théâtre, c’était il y a 4 ans. Un jour, quand j’étais devant la télé, il y’avait une chaine de la place qui jouait une pièce de théâtre. Et après la fin du film, J’ai pris le numéro du réalisateur et je l’ ai contacté après », nous raconte Aissata Magassouba. Et de préciser que ce réalisateur lui a donné un rendez-vous séance tenante. Et ce fut le démarrage de son aventure avec un rôle dans la scène « Ada l’orpheline ». Le fait de jouer dans les théâtres et d’apparaitre sur les réseaux sociaux a ouvert des portes et d’autres opportunités à la brave comédienne. Et aujourd’hui grâce à ses relations, Aissata Magassouba gagne des revenues de quoi à subvenir à ses besoins et de demeurer en soutien à ses frères et sœurs. Toutefois, elle lance un appel vibrant à toutes les personnes de bonne volonté de la soutenir pour se former davantage et d’avoir un moyen de déplacement propre à elle. Surtout qu’elle souhaite faire carrière dans le théâtre et les moyens font défaut. Souvent, à cause de moyens de déplacement, y égard à sa formation physique, notre comédienne en herbe rate des castings. S’il faut se déplacer en Sotrama (moyen de transport en commun très prisé par une grande catégorie de bamakois). Et dès fois, il lui faut prêter de l’argent pour prendre un taxi, toute chose qui peut conduire au découragement parfois. C’est pourquoi, elle lance un cri de cœur aux réalisateurs nationaux et internationaux de l’aider à concrétiser son rêve le plus ardent, c’est-à-dire, devenir une grande actrice ou encore une star du cinéma. Celle qui est recalée au niveau du Brevet de technicien supérieur en comptabilité reste ouverte à tout accompagnement surtout qu’elle se sert de son handicap physique pour émerveiller le public, comme quoi cette déficience ne saurait être un frein à l’épanouissement humain. BT/KM (AMAP)
Semaine littéraire : « L’édition n’est pas faite absolument pour nourrir son homme tout de suite et maintenant » dixit Fatoumata Keita, écrivaine et éditrice
Bamako, 4 mars (AMAP) Passionnée de littérature depuis une trentaine d’années, promotrice d’une maison d’édition, Fatoumata Keita que nous avons rencontrée le 19 février 2025 à Muso Kunda, s’exprime sur l’état de la littérature au Mali, la situation de l’édition, les relations entre éditeurs et auteurs, le droit d’auteur et les perspectives d’avenir de ces secteurs, entre autres. Comment se porte la littérature malienne ? Pour Fatoumata Keita, « la littérature se porte au mal par faute de structures publiques qui encouragent la création, la production de la pensée écrite et l’insuffisance d’espaces de promotion et de diffusion du livre ». « Or, nous sommes en face d’une jeunesse en besoin d’informations, de formations pour être préparée à faire face aux défis et enjeux de développement de son pays. » poursuit-elle. Figuira éditions a été créée pour donner une grande place à la production d’ouvrages de référence dans divers genres. Elle a 108 ouvrages publié à travers six grandes collections : la collection les grandes Figures, la collection Contes et Légendes d’Afrique, la collection les grandes Voix d’Afrique, la collection Jigiya, la collection Les tout Petits, la collection Guide de décision en médecine en Afrique. Figuira éditions envisage de créer en 2025 la collection Villes et villages du Mali. « Nous avons également initié le concept de village de lecture-contes qui vise à créer des espaces de promotion de la lecture pour la diffusion de notre collection Contes et Légendes d’Afrique auprès des enfants dans les écoles » précise Fatoumata Keita. La collection contes et légendes enregistre 15 nouvelles parutions par an et compte à ce jour 60 ouvrages de littérature de jeunesse (sur les 108 publiés) dont des livres de contes, de légendes, de fiction et des livres factuels. Pour alimenter la collection Contes et légendes d’Afrique, Figura éditions fait des résidences d’auteurs et des ateliers d’écriture pour faciliter la création de textes de littérature de jeunesse aux auteurs et potentiels auteurs. Bien que des initiatives se développent, le monde de l’édition rencontre des difficultés parmi lesquelles « le manque de soutien, le manque de réseau de diffusion, les difficultés d’avoir du personnel qualifié, les difficultés de maintenir ses employés, l’absence de culture de la lecture au Mali, la non valorisation du livre et de son contenu » a-t-elle déclaré. Et de préciser, que les gens préfèrent demander de leur offrir un livre que de l’acheter. De plus, Fatoumata Keita déplore la mauvaise présentation d’un livre au public. En effet, elle soutient qu’au Mali « on présente un livre sans jamais mentionner ni la maison d’édition ni l’année et le pays d’édition, a fortiori la collection dans laquelle il est édité ». Le monde de l’édition est lié aux auteurs. Ces derniers collaborent avec les maisons d’éditions. Il y a 4 types de contrat présenté aux auteurs : les comptes éditeurs, les comptes auteurs, d’autres des comptes sponsoring le contrat mi- auteur mi- éditeur. Combien coûte l’édition d’un livre de la conception à la publication ? « Difficile à dire » soutient Fatoumata Keita. En effet, cela dépend de la maturité du texte à éditer, car c’est ce qui déterminera le volume du travail, du nombre de pages, du nombre d’exemplaires (on y applique l’économie d’échelle quand il ne s’agit pas de l’impression numérique), puis des spécifications de l’impression (type de papier : en couleur ou en noir et blanc? type de finition: dos carré collé, dos carré collé et cousu ou piqué à cheval ?) A titre d’exemple, elle rappelle « il m’est arrivé d’imprimer un de nos livres de la collection contes et légendes à 1100 fr/ l’unité chez l’imprimeur avec les spécifications suivantes : Nombre d’exemplaires 500 Nbre de pages : 48 pages intérieures en couleur, … » « L’édition n’est pas faite absolument pour nourrir son homme tout de suite et maintenant » renchérit-elle. L’éditrice a conclu en ces termes « C’est avec le temps et la mise en place d’un réseau de diffusion sûre, le soutien de l’état, la mise en valeur des productions de qualité, en les achetant pour les coins de lecture et en les mettant au programme d’enseignement, la mise en place d’espaces de promotion et la formation de lectorat que cela se fera ». OS/KM (AMAP)

