Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Par Bamako, 9 oct (AMAP) En cette période, l’arachide est le produit vedette qui capte immédiatement l’attention des usagers du marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako. Les sacs d’arachides de certains commerçants grossistes et les étals surchargés des détaillants, peu soucieux de l’ordre public, débordent sur la principale voie bitumée qui traverse ce marché. Piétons et conducteurs d’engins doivent redoubler de vigilance pour éviter les accidents. Entre commerçants, la concurrence est rude : chacun interpelle, à sa manière, les passants. Dans cette zone surnommée «Bougouni place», l’arachide se vend comme du petit pain. Président du marché des arachides de Ouolofobougou, Abdoulaye Konaté, entouré de plusieurs vendeurs et revendeurs, explique que l’arachide est à la fois une denrée importée et exportée. « Avant que notre propre récolte ne débute, nous importons l’arachide de la Côte d’Ivoire. Ensuite, nous l’exportons au Sénégal, d’où les Gambiens s’approvisionnent également », explique notre interlocuteur. Il précise que la « campagne de l’arachide » commence au Mali après celle de la Côte d’Ivoire. « Ici, l’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons », dit-il. Le prix du sac d’arachide de 100 kg fluctue selon l’état du marché : vendu actuellement à 18 000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25 000 Fcfa ou descendre à 15 000 Fcfa. Et le sac de 100 kg de cacahuètes destinées à la fabrication de pâte d’arachide est vendu à 70 000 Fcfa. Abdoulaye Konaté estime que ce commerce est très bénéfique pour l’économie nationale, notamment grâce aux frais de douane qui peuvent aller jusqu’à plus de 250 000 Fcfa par camion. « Chaque camion doit s’acquitter de ces frais, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour le pays », commente le commerçant. Il note qu’une bonne partie de sa marchandise provient des Régions de Sikasso et de Bougouni, notamment des localités de Kolondièba et de Wassolo. À quelques mètres de là, Moussa Haïdara, un autre exportateur, explique que ses principaux clients sont des étrangers et des femmes locales. « Nous avons des jeunes qui se chargent d’exporter notre arachide vers le Sénégal et la Gambie », affirme-t-il. Selon lui, la qualité du produit joue un rôle déterminant dans les revenus. « Avec une arachide de bonne qualité, il n’y a pas de souci à se faire. Les clients paient le prix fort pour la qualité », assure-t-il. Cependant, des problèmes peuvent survenir, comme quand les cacahuètes pourrissent en cas de panne des véhicules de transport. Selon Moussa, la production est excédentaire cette année, ce qui permet de couvrir largement la demande locale et d’exporter vers des pays voisins, particulièrement le Sénégal. « Nos gros clients sont des Sénégalais. Certains achètent jusqu’à 60 sacs à la fois », confie-t-il. TracasserieS – Medoun Sarr, un exportateur sénégalais, fait face à d’importantes difficultés lors de l’acheminement de ses cargaisons. Bien que « les documents requis (feuille de route, certificat sanitaire, etc.) soient en règle », il se plaint des contrôles routiers fréquents qui bloqueraient les marchandises pendant des heures. « Nous obtenons ces documents qui coûtent 40 000 Fcfa auprès de transitaires agréés, mais lors des contrôles, on nous dit souvent qu’ils ne sont pas valides », se plaint-il. « Récemment, ma cargaison a fait deux jours de route à cause des douaniers. Pour éviter des pertes, j’ai été obligé de payer 500 000 Fcfa », accuse le commerçant sénégalais. Il appelle les autorités maliennes à s’impliquer pour faciliter les procédures. Massama Sidibé, un vendeur d’arachide depuis plus de dix ans, discute avec un client en français du prix des sacs d’arachide. Prenant quelques graines dans sa main pour bien le faire voir au client, il met en avant l’importance de l’exportation pour soutenir la production locale. « Le Mali ne peut pas consommer toute l’arachide qu’il produit. L’exportation est donc essentielle pour réguler les excédents et stimuler la production », soutient-il. Selon le chef de la division statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry l’arachide constitue l’un des moteurs de l’économie nationale. M. Barry estime que la promotion de cette filière peut contribuer à améliorer le Produit intérieur brut (PIB) à travers la vente de l’arachide coque et l’huile d’arachide. Et de souligner qu’en 2023, les superficies emblavées en arachide sont de 494 788 ha sur une prévision de 493 174 ha, soit 100,33% de réalisation. La production est de 454 736 tonnes en 2023 contre 442 679 tonnes en 2022, soit une hausse de 3%. Samba Barry précise que les principaux bassins de production sont les régions de Koulikoro, Kayes, Bougouni, Kita et Sikasso. FMS/MD (AMAP)
Campagne agricole 2024-2025 au Mali : Koutiala (Centre) produit sa première balle de coton
Par Envoyé spécial N’Famoro KEITA Bamako, 8 oct (AMAP) Le président directeur général (PDG) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Mamadou Moustapha Diarra, a assisté, samedi dernier, à l’usine de Koutiala (Centre), à la sortie de la première balle de coton fibre de la campagne 2024-2025. « Les producteurs doivent protéger la production contre les pluies qui sont annoncées pour perdurer. Les gestionnaires du dispositif de transport de coton graine, des champs jusqu’aux usines, doivent se mobiliser tous. Les industriels, eux-mêmes, doivent pouvoir assurer une cadence optimale afin de produire du coton de qualité, a dit M. Diarra. Il était accompagné de l’administrateur général de la filiale Nord-Est, Ousmane Sanogo et plusieurs dirigeants de la chaine coton. Les premières productions, qui ont été égrainées, sont venues des secteurs de Kimparana et de Karankana B. Le Pdg leur a tout de suite remis les factures de payement en guise d’encouragement. Pour Tidjani Dieng, chef d’usine 1 de Koutiala, la sortie de cette première balle dans son unité réconforte toute son équipe et cela relance déjà les travaux de la nouvelle campagne d’égrainage. Il a assuré que tous les membres de l’encadrement vont conjuguer leurs efforts pour égrainer le coton dans les meilleures conditions et dans le délai souhaité. Déjà, il y a eu beaucoup de sacrifices dans toute la chaine pour que ces premières productions parviennent à l’usine, a-t-il ajouté. Après avoir été témoin de la sortie de la première balle de la campagne, le Pdg de la CMDT et sa suite se sont rendus à Bandiagara 2, dans la Commune de Zangasso, pour visiter des installations de pompes, de récupération de pluies, de toilettes modernes permettant de récupérer les défécations et les utiliser en engrais. Il y a aussi des champs d’essais consistant à fertiliser des terres pauvres, en leur apportant les doses d’engrais nécessaires. Ces réalisations sont l’œuvre de la coopération brésilienne. À la fin de sa visite, le Pdg de la CMDT s’est réjoui de la sortie de cette première balle de coton qui est, selon lui, symbolique et importante. Il a appelé l’ensemble des acteurs de la chaine de transformation de coton à se mobiliser. Son message est aussi destiné à « ceux qui sont chargés d’expédier les balles aux destinations (ports) pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin d’éviter des pertes de qualité des balles pour qu’on puisse réaliser des ventes et avoir des revenus ». Mamadou Moustapha Diarra a salué les travailleurs pour leurs efforts, avant d’affirmer que la CMDT restera toujours à leur côté. « Chacun doit redoubler d’effort pour que la campagne se déroule dans le meilleur délai. J’exhorte les dirigeants de la chaine à écouter les travailleurs pour maintenir la cohésion sociale entre eux », a-t-il lancé. Et de souhaiter aussi que tous les employés se sentent propriétaires de la CMDT pour la bonne marche de la filière. Mamadou Moustapha Diarra a apprécié les installations faites à Bandiagara 2 par le partenaire brésilien. Des réalisations qui vont améliorer la productivité dans les champs, surtout en système coton. « Il y a des essais dans le champ d’expérimentation sur la fertilisation des sols et sur la gestion de l’eau. Ils sont installés sur des sols très pauvres et abandonnés, donc c’est comme un moyen de récupération des terres. Ces essais qui sont à leur 3è année permettent d’avoir de rendement à hauteur d’environ 1 tonne par essai. C’est un bon résultat », s’est félicité le PDG de la CMDT. FK/MD (AMAP)
Hivernage au Mali : Montée inquiétante des eaux
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 8 oct (AMAP) La saison des pluies de cette année est particulièrement dévastatrice aussi bien au Mali que dans la sous-région. À ce jour, la cote d’alerte de 1967 est est atteinte et même dépassée sur différentes portions des cours d’eau du Mali. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés dans les inondations à travers le Mali. Il y a 187 767 sinistrés dont certains sont logés dans des écoles. C’est donc désormais une évidence : les cours d’eau débordent et la situation hydrologique du Mali inquiète. De Banankoro, sur le fleuve Niger, à Gourbassi (Ouest) sur le Falémé, en passant par Kéniéroba et Sélingué sur le Sankarani, Koulikoro, Ségou, Ké-Macina (Centre), Diré et Ansongo (Nord) sur le Niger, l’alerte critique aux crues est déjà lancée depuis des semaines. La montée des eaux est spéculaire de Bamako, la capitale à Sofara (Centre) en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti (Centre). Selon un communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises, les précipitations enregistrées dans la Bande sahélienne et localement au nord des pays du golfe de Guinée (Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria et la Guinée Conakry) ont été supérieures de 120 à 200% aux moyennes de ces cinq dernières années. La situation hydrologique le long des fleuves Niger et Bani est marquée par la poursuite de la montée des niveaux d’eau. Une situation qui provoque déjà des débordements des eaux du cours normal par endroits. Les seuils d’alerte sont dépassés notamment à Bamako. Plusieurs zones de la capitale sont mises en vigilance rouge, indique le Centre de coordination et de gestion des crises. Il s’agit de Kalaban Coro, sur toute la partie de la station de pompage de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), Djicoroni para, de Badalabougou (sur toute la zone située entre le palais de la culture et l’ancienne ambassade du Sénégal), de la Cité du Niger surtout la zone de l’hôtel Mandé, de Sotuba zone industrielle, de la Corniche du cinquantenaire (aux alentours de la brigade fluviale). Autres localités concernées : Koulikoro (partie avale de la brigade fluviale, le village de Diarrabougou), Ségou (village de Sekoro et quartier Somono), San (Bélény Kegni. Goukoro), Djénné (Sy, Touara, Soala), Mopti ville (zone périphérique de la confluence Ban/Niger), Diré, Tombouctou (Koryoumé), Banankoro, Ké-macina et Diafarabé. A cet égard, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, secrétaire permanent du Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, invite « les populations à l’évacuation des zones riveraines car la montée continue et les apports d’eau sont très importants. » Pour mieux appréhender la situation actuelle, l’analyse des spécialistes de l’hydraulique comme le Dr Abdrahamane Sylla, spécialiste en hydrologie et observateur des cours d’eau, assure que les risques de débordement et d’inondations sont réels. « La montée des eaux continue avec une cadence très importante, ce qui présage des risques d’inondations dans les semaines à venir », alerte-t-il. Selon lui, la situation hydrologique particulière de cette année a été prédite par les services météorologiques annonçant que cette année, l’hivernage sera marqué par une pluviométrie exceptionnelle. « Ainsi, à ce jour, explique-t-il, la cote d’alerte est dépassée de 20 cm à Bamako. « Ce dépassement va continuer. Il faut noter que Banankoro (Kangaba) constitue la première station d’observation du fleuve Niger à son entrée sur le territoire malien à partir de la Guinée. À ce jour, le niveau de montée d’eau à Banankoro est estimé à 744 cm contre 508 cm en 2023, 691 cm en 2018 et 712 cm en 1967. Le seuil d’alerte étant fixé à 750 cm », explique notre interlocuteur. De la réunion du Comité interministériel de gestion de crises et catastrophes, tenue le 19 septembre dernier au Centre de coordination et gestion des crises (CECOGEC), il ressort un cumul de 377 cas d’inondations depuis le début de l’hivernage, 6 cas de vents violents, 8 cas de foudre, 30 209 cas d’effondrements et 32 822 cas de maisons à risque d’effondrement ou endommagées. Cette situation a engendré 187 767 personnes sinistrées, soit 53 417 hommes, 58 676 femmes et 75 674 enfants. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés. SEUIL D’ALERTE – Il ressort du bulletin d’information des services hydrauliques qu’à Kénieroba, à la confluence Sankarani/Niger, le niveau d’eau actuel est estimé à 608 cm contre 428 cm en 2023, 647 cm en 2018 et 650 cm en 1967, alors que le seuil d’alerte est de 650 cm. Quant au barrage de Sélingué, toujours sur le Sankarani, le niveau d’eau est estimé aujourd’hui à 346,48 m contre 346,50 m requis. À Bamako, sur le Niger, le niveau d’eau est estimé à 390 cm contre 393 cm en 2018 et 390 cm en 1967, le seuil étant de 380 cm, soit un dépassement de 10 cm. À Kayes sur le fleuve Sénégal, le niveau de l’eau est de 752 cm contre 379 cm en 2023, 587 cm en 2022 et 976 en 1967, alors que le seuil est fixé à 859 cm. À Gourbassi sur la Falémé, le niveau d’eau est aujourd’hui de 650 cm contre 377 cm en 2023, 444 cm en 2022 et 538 cm en 1967. Dr Sylla indique que cette situation présage divers types d’inondations, notamment les celles par la formation de crues torrentielles suite aux fortes pluies, les inondations par le ruissellement urbaine et agricole mais aussi les inondations par les montées d’eau ou celles liées à la crue du fleuve. Notre interlocuteur signale aussi les apports d’eau qui viennent toujours de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de façon générale des pays voisins. Pour cause, les fleuves sont interconnectés entre les pays. Parlant des lâchers d’eau qui ont commencé, il y a un mois, au niveau de différents barrages, notre interlocuteur explique que le processus se fait à travers un mécanisme bien maîtrisé par les services hydrologiques. « Ici, le mécanisme est
Liban : Les migrants maliens à l’abri
Bamako, 7 oct (AMAP) Le bureau de Beyrouth du Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME) qui a recensé 20 compatriotes au Liban, âgés majoritairement de 18 à 55 ans, s’est assuré qu’ils sont en sécurité et a informé les autorités afin de prendre les mesures idoines. Le chargé des affaires sociales et des questions migratoires au secrétariat exécutif du HCME, Mamadou Lamine Bane, a assuré que deux de nos compatriotes qui étaient dans la zone de conflit ont rejoint les autres Maliens dans une zone plus sure. M. Bane, qui précise que ces informations ont été fournies par le Bureau du HCME de Beyrouth, assure qu’« aucun des 20 Maliens recensés n’est impacté par cette crise. » « À la date d’aujourd’hui, indique Mamadou Lamine Bane, ces expatriés n’ont pas encore exprimé un besoin de retour assisté. » Il assure que le secrétariat exécutif du HCME suit l’évolution de la situation. Le conflit opposant le Hezbollah, parti politique et paramilitaire chiite, à l’Etat d’Israël a engendré une crise humanitaire préoccupante, notamment au Liban. Dans les villes ciblées, les civils fuient les bombardements israéliens. L’Organisation des Nations unies (ONU) estime qu’environ un million de personnes ont été déplacées depuis octobre dernier. Parmi eux des migrants. Sur son compte X, l’ONU a cité le chef du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Mathieu Luciano, qui a déclaré que plus de 165 000 travailleurs migrants sont dans 800 abris collectifs à travers le pays. Il s’agit d’écoles ouvertes d’urgence par le gouvernement. M. Luciano ajoute que « les chiffres continuent d’augmenter, alors que les bombardements intensifs se poursuivent au sud, dans la vallée de la Bekaa, à Beyrouth et dans d’autres régions. » Le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la Méditerranée orientale a indiqué sur le réseau social X, que « le 4 octobre dernier la guerre a causé au Liban la mort de 1 974 personnes et blessé 9 384 autres. » Selon l’organisation onusienne, plus de 340 000 personnes ont quitté leur domicile. MD/MD (AMAP)
Biennale de la photographie : du 16 novembre prochain au 16 janvier 2025
Bamako, 7 oct (AMAP) Le Mali accueillera la 14è édition des Rencontres de Bamako ou la Biennale de la photographie qui se déroulera du 16 novembre prochain au 16 janvier 2025 dans la capitale malienne sous le thème : «Kuma», la parole ou le discours. La cérémonie officielle du lancement de ce grand rendez-vous culturel, vieux de 30 années s’est déroulée, vendredi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo. C’était en présence de certains de ses collègues du gouvernement, des représentants du Conseil national de Transition (CNT), des membres du corps diplomatique, notamment l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, dont le pays est invité d’honneur, et plusieurs partenaires techniques et financiers. Egalement le directeur artistique des Rencontres de Bamako, Lassana Igo Diarra, et un beau parterre d’artistes photographes et hommes de culture. Le thème de cette édition invite les artistes à faire entendre la voix du continent et à donner la parole aux libres penseurs et créateurs. Le ministre Guindo a exprimé « l’engagement des autorités à poursuivre les Rencontres de Bamako et en faire un évènement incontournable dans l’agenda ce des grands événements culturels. » Il a également dit l’engagement du Maroc à accompagner l’évènement et . a salué l’ambassadeur de ce pays et la compagnie Royal air Maroc, qui reste depuis plusieurs années, maintenant le partenaire officiel des Rencontres de Bamako. Il a souligné le patriotisme de l’artiste Salif Keïta qui a aussi accepté de parrainer l’édition de cette année. Nées en 1994 de la vision des autorités d’alors, les Rencontres de Bamako sont aujourd’hui la principale manifestation artistique dans le domaine de la photographie en Afrique. Elles se sont imposées dans l’agenda des rencontres photographiques à l’échelle continentale. Elles sont un évènement culturel majeur apprécié de la diaspora africaine, au même titre que le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Dak’art (manifestation d’art contemporain africain) et le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan (MASA). « La Biennale de la photographie, c’est aussi trente ans de tissage de liens, de brassage d’idées et de rencontres d’esprits », a dit le ministre Guindo. « Malgré les crises multiformes que notre pays a connues, l’événement reste constant et résiliant. Et nous célébrons cette année les 30 ans de son existence comme une panafricaine de la photographie », a-t-il ajouté. Selon Andogoly Guindo, « une image vaut mille mots ». Pour cette édition, 30 artistes photographes ont été retenus sur 500 candidatures d’artistes africains et de la diaspora. Parmi eux figurent quatre photographes maliens dont deux femmes. (Kanni Sissoko, John Kalapo, Mariam Niaré et Seyba Keïta). Le ministre a aussi annoncé que plus de 300 professionnels et une centaine d’hommes de médias sont attendus pour cette 14è édition des Rencontres de Bamako. Lassana Igo Diarra a expliqué largement la thématique « Kuma » qui est inspirée de la chanson du célébré artiste-chanteur et compositeur Salif Keïta. Il a souligné que les expositions seront reparties entre le Musée national, le Musée du district de Bamako, le Palais de la culture Amadou Hampâté Ba et d’autres sites dans le District de Bamako. Il a salué le travail remarquable de l’équipe de curatelles. La projection d’un film documentaire sur les 30 ans des Rencontres de Bamako et la prestation de l’artiste conteur Salif Berthé ont aussi émerveillé les invités. AS/MD (AMAP)
Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme : Le directeur général du GIABA en visite de plaidoyer
Bamako, 4 oct (AMAP) Le directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Edwin W. Harris Jr, effectue une visite de plaidoyer au Mali où il a été reçu jeudi par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. L’objectif de cette visite est de s’assurer de l’implication et de l’appui au plus haut niveau des autorités politiques du Mali dans la perspective du troisième cycle de l’évaluation mutuelle des pays membres du GIABA. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, cette visite intervient à un moment charnière de notre histoire. « Aussi, a rappelé Alousséni Sanou, depuis que notre pays a été évalué pour le 2è cycle des évaluations mutuelles en mars 2019, et particulièrement depuis l’inscription sous le suivi accru du Groupe d’action financière (GAFI), le Mali a entrepris, souvent avec l’appui de GIABA, un important chantier de réformes. Ces réformes visent à combler les insuffisances de conformité technique et à renforcer l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Il s’agit, concrètement, de l’achèvement de l’évaluation nationale des risques, de la création et de l’opérationnalisation d’un cadre juridique pour la mise en œuvre des sanctions financières ciblées et de l’adoption récente d’une nouvelle loi LBC/FT/FP qui contribuera à corriger la majorité des insuffisances de conformité technique. Selon le ministre Sanou, l’adoption de la nouvelle loi LBC/FT/FP permettra aussi la sortie du Mali du suivi renforcé du GIABA, une des conditions pour les critères de l’examen du 3è cycle des évaluations, objet principal de la visite. « En dépit de ces avancées, des défis importants restent à surmonter. Au nombre de ceux-ci, il y a les conséquences du retrait avec effet immédiat de notre pays et des autres pays de l’AES de la CEDEAO. À notre sens, ce retrait n’implique aucunement notre retrait du GIABA. Il induit certes un changement de statut au sein de l’Institution», a indiqué le patron de l’hôtel des Finances. C’est pourquoi, a dit Alousséni Sanou, lors du Comité ministériel de l’Institution, tenu le 1er juin 2024, «nos représentants» ont réaffirmé le souhait des États membres de la Confédération AES à demeurer au Giaba comme pays africains non membres de la CEDEAO, tel que prévu par les dispositions des statuts. « Nous sommes disposés à échanger sur les modalités ainsi que les conditions y afférentes. En tant que membre du réseau global du GAFI, le Mali est déterminé à poursuivre son engagement dans la lutte commune contre toutes les menaces vis-à-vis de l’intégrité du système financier mondial », a assuré le ministre. Pour sa part, le directeur général du GIABA, après avoir salué les efforts consentis, a indiqué que l’objet de cette visite est d’avoir l’engagement politique des autorités pour la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Edwin W. Harris Jr a plaidé pour la mise de moyens à la disposition de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) afin de lutter efficacement contre ces fléaux. BBC/MD (AMAP)
Mois de la solidarité au Mali : Pour plus de générosité et d’entraide
Bamako, 2 oct (AMAP) La conférence inaugurale de la 29è édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion au Mali sous le thème : « La solidarité envers les victimes des catastrophes, un devoir citoyen et un acte de civisme » ,s’est tenue, mardi, à la Maison des aînés. L’événement donne le départ de quatre semaines thématiques respectivement en relation avec la femme et l’enfant, les personnes en situation de handicap et l’entreprenariat, jeunesse et emploi. Il est parrainé par l’international malien de football, Seydou Keïta alias Seydoublen. Parmi les activités de cette première semaine, figure la visite du colonel Assimi Goïta chez la doyenne de Bamako. Le secrétaire général du ministère en charge de la Santé, Dr Abdoulaye Guindo, a expliqué que ce thème est dédié au soutien des victimes des inondations désastreuses que notre pays vit actuellement. « La solidarité n’est pas un slogan, mais un comportement que l’on se doit de manifester tous les jours à l’égard des personnes les plus vulnérables et les plus nécessiteuses », a insisté Dr Guindo. Pour lui, l’organisation d’un Mois de la solidarité offre l’opportunité de mener des activités spécifiques au profit de certains groupes sociaux particulièrement fragiles. Le parrain de la 29è édition s’est dit honoré d’assumer cette responsabilité. Le Pr Kagnoumé Jean Bosco Konaré a affirmé que la solidarité est une composante importante de notre culture pour la réalisation de la mission de souveraineté dans laquelle les autorités de la Transition sont engagées. L’historien a souligné la nécessité de débloquer des mécanismes de gestion d’aide d’urgence. Le conférencier a expliqué aussi que l’assistance encourageant la paresse doit être bannie. Le parrain a invité les autorités à punir les élus communaux qui sont à l’origine de ces catastrophes. Et de conseiller aux populations d’éviter d’occuper les zones inondables. Il a encouragé nos compatriotes à combattre l’incivisme. Quant à la Marraine, Mme Diakité Kadia Togola, elle a salué les autorités pour avoir initié cette activité en faveur des personnes âgées et vulnérables de la société. Elle a relevé que l’Union nationale des femmes musulmanes du Mali, qu’elle préside, a commencé à assister les sinistrés des inondations. MDD/MD (AMAP)
Kangaba : Situation de la campagne agricole 2024
Kangaba, 2 oct (AMAP) Le chef secteur de l’agriculture, Ousmane Tangara a fait, avec l’AMAP, le point de la situation de la campagne agricole 2024 dans le cercle de Kangaba, qu’il a qualifié de « relativement calme dans l’ensemble » « Sur le plan pluviométrique, la campagne a connu un démarrage tardif, une mauvaise répartition dans le temps et dans l’espace à la deuxième décade de juin et une situation normale à excédentaire du début de la première décade de juillet jusqu’au 20 septembre », a expliqué M. Tangara. Sur le plan phytosanitaire, « la situation est relativement calme dans l’ensemble. » Il faut cependant signaler la présence de chenille légionnaire d’automne du maïs. » « La situation évolutive de la campagne révèle tout de même que la campagne agricole 2024 sera jugée moyenne à cause des inondations signalées dans toutes les communes du Cercle de Kangaba, particulièrement celles riveraines », a annoncé le technicien. En tous les cas, l’objectif global de la production toutes céréales confondues est estimée à 99 685 tonnes pour une superficie de 50 827 ha. Pour les cultures maraîchères de contre saison, il est d’une superficie de plus de 2 000 ha pour une production de plus de 17 000 tonnes. S’agissant des agrumes et autres arbres fruitiers il est prévu 316 ha pour une production de plus de 48 000 tonnes. Le Cercle de Kangaba a été sérieusement frappé par les inondations. Les superficies perdues, toutes spéculations confondues sont estimées à 1 176,25 ha et les producteurs touchés sont au nombre de 457. Les hauteurs de pluies enregistrés du 1er mai au 20 septembre 2024 sont supérieurs à celles de l’année dernière à la même période. SD/MD (AMAP)
Enrichissement illicite : L’OCLEI renforce les capacités des cadres à Ségou
Ségou, 2 oct (AMAP) L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a organisé, mardi, un atelier de sensibilisation au profit d’une cinquantaine de cadres de l’administration générale, financière et de la justice de la région de Ségou (Centre). L’objectif général était d’informer et de sensibiliser les différents acteurs de la haute Administration sur la lutte contre la corruption et ses conséquences néfastes sur l’atteinte des objectifs de développement socio-économique. Citant une étude de l’OCLEI de 2021, sur les « Techniques d’enrichissement illicite dans l’administration publique au Mali », le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré, a indiqué que le niveau de perception de l’amplitude de l’enrichissement illicite est le plus élevé à Kayes avec 50,70%, suivi de Ségou et de Bamako qui font respectivement 41,80% et 40,90%. Le gouverneur, qui a présidé la rencontre, a souligné que ce score de deuxième place n’est pas reluisant pour qui Ségou doit faire mieux. “ Ségou est une région d’agriculture et un carrefour commercial par excellence, d’où les risques élevés de corruption. A cet effet, il est important pour nous de mettre en place des moyens de nous éloigner de ce cancer qui gangrène notre société et d’accompagner l’OCLEI dans ses actions de tous les jours pour une gouvernance vertueuse de nos maigres ressources”, a-t-il-dit. Pour ce faire, le Contrôleur général de police Alassane Traoré a souligné le rôle et la place déterminants des cadres de l’Administration « dans son entièreté et de les inviter à accorder toute leur attention à l’atelier. » Dans son allocution le représentant du président de l’OCLEI, Seïdina Oumar Diarra, Seïdina Oumar Diarra, affirmé que la corruption affecte considérablement notre pays et impacte négativement la qualité des prestations de service de l’Administration dans son entièreté. Cet état de fait est corroboré par des études dontune enquête d’opinion publique conduite par la Fondation Friedrich-Ebert, datant de 2021, qui « révèle que la Police, la Justice et la Santé font partie des secteurs les plus touchés par la corruption au Mali. » Par ailleurs, il ressort des rapports des structures de contrôle que, « de 2005 à 2019, l’Etat du Mali a perdu 1 266 milliards de Fcfa des suites de détournements de deniers publics, de fraudes aux marchés publics, de gaspillages et de détournements de biens de l’Etat ». « Il est estimé que ces moyens financiers spoliés à l’Etat pouvaient lui suffire pour construire 264 hôpitaux de haut standing, 1 767 centres de santé de référence, etc », a-t-il dit. Il a réitéré l’engagement de l’OCLEI à jouer « toute sa partition, dans ce combat des plus nobles. » Dans son exposé, qui a marqué la journée, le président du pôle prévention et déclaration de biens à l’OCLEI, Dr Djibril Coulibaly, a présenté la struture et s’est appesanti sur son rôle dans l’architecture institutionnelle de la lutte contre corruption. Il a, aussi, présenté le cadre juridique de la lutte contre la corruption et les conséquences socio-économiques néfastes de ce fléau. L’atelier d’une journée entre dans le cadre des traditionnelles activités d’information, d’éducation et de sensibilisation, initiées par l’OCLEI à travers son pôle « Prévention et Déclaration de biens », en partenariat avec le Projet d’appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres (LUCEG). Le phénomène de la corruption, devenu systémique au Mali, selon un rapport de la Banque mondiale, se manifeste sous plusieurs formes. Il peut s’agir, selon le mode d’action, de pots-de-vin, d’extorsion, de trafic d’influence, de népotisme, de fraude, de détournement de fonds, d’abus de biens ou de deniers publics, d’enrichissement illicite entre autres. Les conséquences de ce fléau sont dévastatrices pour nos populations qui, de ce fait, ont un accès limité aux services sociaux de base telles que l’éducation, la formation, la santé, la justice, l’eau, l’électricité, etc. La rencontre a noté la présence du représentant du maire de la Commune urbaine de Ségou, Mamadou Sylla. ADS/MD (AMAP)
Visite du ministre de l’Agriculture dans la zone Office riz Ségou : des potentialités à développer
Par Mamadou SY Ségou, 1er Oct (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, à la tête d’une délégation, s’est rendu dans la zone Office riz Ségou (ORS), au 2ème et dernier jour de sa visite de supervision de la campagne agricole 2024-2025 dans la région de Ségou (Centre). Avant de se rendre dans les champs pour échanger avec les producteurs, le ministre et sa délégation ont d’abord fait une escale au complexe hydraulique de Dioro. Il ressort des explications des techniciens, qu’en plus de cet ouvrage qui a une superficie de 20 910 km2, l’ORS dispose de complexes hydrauliques à Farako et Tamani. La délégation ministérielle s’est, ensuite, rendue dans les parcelles de riz d’Abdoulaye Diallo, exploitant une superficie de 2 ha dont 0, 25 en Système de riziculture intensive (SRI) avec maîtrise de l’eau et Mamadou Diawara, producteur de mil et de fonio. La visite dans le casier de Tien Konou a permis à la délégation d’avoir une vue d’ensemble de la submersion contrôlée. Pour le directeur général de l’ORS, Amedé Kamaté, la campagne agricole dans la zone est globalement satisfaisante. Amédée Kamaté a précisé que plus de 200 000 tonnes, toutes céréales confondues, sont attendues dans le cadre de cette campagne agricole, dont 115 000 tonnes de riz paddy et plus de 84 000 tonnes de céréales sèches. De retour à Ségou, le ministre de l’Agriculture a rencontré les cadres des structures relevant de son département dans la salle de conférence de l’ORS. Tirant le bilan de cette visite de terrain, Daniel Siméon Kelema a apprécié l’état végétatif des cultures qui ont fière allure, malgré quelques cas d’inondations de parcelles et d’attaques de chenilles. Selon le chef du département de l’Agriculture, il est important d’aller en maîtrise totale de l’eau pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays. « Aujourd’hui, avec les changements climatiques, il est mieux d’avoir un système de riziculture en maîtrise totale de l’eau que d’être lié à la pluie, à la crue et bien d’autres facteurs. L’Office Riz Ségou a déjà amorcé ce processus de reconversion », a-t-il dit. « Cette démarche permettra aux exploitants agricoles de produire à tout moment et de mener d’autres activités dans le cadre de l’intégration de l’agriculture et de l’élevage », a-t-il ajouté. Il a invité à la transformation du « potentiel que nous avons en outil de développement, de production et d’amélioration du niveau de vie des populations rurales et urbaines. » En outre, Daniel Siméon Kelema a expliqué la vision du président de la Transition qui vise à faire du secteur agricole le moteur de croissance de notre économie. Pour ce faire, il recommande, entre autres, l’élaboration d’un plan de renouvellement de semences, la diversification des cultures et le développement des interprofessions. MS/MD (AMAP)

