2025, année de la Culture : Le parrain du mois d’avril, l’artiste peintre, Abdoulaye Konaté, donne sa 2e conférence
Bamako, 29 avr (AMAP) Le parrain du mois d’avril de l’année de la culture, l’artiste peintre, Abdoulaye Konaté, a animé une conférence de presse, mardi, au Mémorial Modibo Keita, sous le thème : « les étudiants et la culture africaine. » L’évènement, qui se situe dans le cadre des activités de 2025 année de la culture au Mali, décrété par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita, a été organisé par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Selon le représentant du ministre chargé de la Culture, Abdoulaye Diombana, le thème de la conférence démontre tout l’intérêt des plus autorités « à bien former les enfants et les jeunes pour un avenir radieux pour notre pays. » Il a rappelé que le parrain et conférencier est un éminent cadre des arts et de la culture. « Il est un pionnier dans son domaine et l’un des plus grands des arts classiques sur le continent africain, lauréat de plusieurs grands prix », a-t-il dit. Il a fait savoir que l’apprenant universitaire doit être en mesure de renforcer l’identité culturelle avec des contenus qui résonne avec leur environnent. Il a, ce propos, paraphrasé le ministre Mamou Daffé qui a affirmé : « il n y a pas d’indépendance viable sans renaissance culturelle. » Le conférencier et parrain du mois d’avril de 2025, année de la culture au Mali, Abdoulaye Konaté a expliqué que la jeunesse est l’ossature future du pays. « Dans ce sens, il est important que vous preniez conscience de ce que vous êtes en termes de culture et en termes de connaissance de votre continent, de votre pays », a-t-il dit à l’endroit des jeunes. « Bien sûr, on a étudié d’autres cultures. Mais, le défi principal que nous avons est que nos cultures ne sont pas enseignées dans les universités. A un moment, époque où l’intelligence artificielle fait émergence au niveau de la jeunesse, dans le monde entier, il est important que les jeunes prennent conscience non seulement du rôle qu’ils doivent jouer dans la société mais aussi au niveau culturel. Ils sont différents des jeunes des autres continents. Il faut qu’ils prennent conscience de cela », a dit le conférencier. Il a également évoqué que le combat culturel est sans pitié aujourd’hui. « Tout le monde veut anéantir l’autre par sa culture. Aujourd’hui, on est inondé par les nouvelles technologies. Il faut que les jeunes que vous êtes, parviennent à prôner un compte unique à ces réseaux sociaux, en se basant sur vos cultures, sur nos réalités africaines », a-t-il conseillé. « Si ce n’est pas le cas, votre cerveau, vos raisonnements, votre esprit, votre économie tout ira de l’autre côté du monde. C’est pour cela, je pense que c’est important et urgent pour les jeunes de s’intéresser à nos format culturelle », a-t-il alerté. Cette conférence a enregistré la présence de nombreux étudiants du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, l’Institut national des arts (INA) et l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO). Ces jeunes ont dit avoir beaucoup appris et apprécié l’intervention du conférencier. ST/MD (AMAP)
Le ministre malien des AE exprime sa profonde gratitude à SM le Roi du Maroc pour la solidarité du Royaume avec l’Alliance des Etats du Sahel
Rabat, 29 avr (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a exprimé, lundi à Rabat, sa profonde gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la solidarité continue du Royaume avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), rapporte Mahgreb Arab Presse (MAP) « Nous exprimons notre profonde gratitude d’être reçus par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à qui nous avons transmis les salutations fraternelles et les sentiments de fraternité, de solidarité, et d’amitié de Ses frères leurs Excellences le général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’Etat du Mali et président de la Confédération des Etats du Sahel, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’Etat, et le général d’Armée Abdouramane Tchiani, président de la République du Niger, chef de l’Etat », a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse, à l’issue de l’audience que le Souverain a accordée aux ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’AES. M. Diop, cité par la MAP, a précisé que l’audience royale a été aussi « l’occasion d’exprimer la profonde gratitude de nos pays et notre appréciation positive de l’état des relations amicales et de coopération qui existent entre le Royaume du Maroc et chacun de nos pays individuellement, ainsi qu’avec la Confédération des Etats du Sahel, des relations qui se renforcent au quotidien. » « Nous avons exprimé aussi notre appréciation de l’Initiative royale visant à faciliter l’accès de nos trois pays à l’océan Atlantique pour diversifier notre accès à la mer et renforcer la paix et la sécurité », a souligné le ministre malien. Les ministres de l’AES, Abdoulaye Diop, du Mali, Bakary Yaou Sangaré du Niger et Karamoko Jean-Marie Traoré du Burkina Faso, ont, tout particulièrement, réaffirmé leur adhésion totale et leur engagement à accélérer la mise en œuvre de cette Initiative de Sa Majesté le Roi, qu’ils ont saluée en qu’elle est destinée à favoriser l’accès des pays du Sahel à l’Atlantique. Les trois ministres ont, également, exprimé à Sa Majesté le Roi « l’appréciation » des chefs d’Etat de leurs pays quant à la position constante du Maroc et de son Souverain vis-à-vis des pays dits en transition, dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a-t-il précisé, se félicitant « des voies du dialogue maintenues par le Royaume afin d’identifier des solutions et promouvoir les relations avec ces pays sur la base du respect mutuel. » Au cours de cette audience, les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont transmis à Sa Majesté le Roi, la gratitude de leurs chefs d’Etat « pour l’intérêt constant accordé à la Région du Sahel, ainsi que pour les actions et initiatives royales en faveur du développement économique et social des pays de la région et de leurs populations. » « Sa Majesté le Roi a réitéré la disponibilité totale du Royaume du Maroc et Son engagement à faire en sorte que les relations de coopération puissent se renforcer et se densifier avec nos pays au service de la paix, de la sécurité et de la stabilité », a dit M. Diop. Par ailleurs, les ministres chargés des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel ont présenté au Souverain l’état d’avancement institutionnel et opérationnel de l’AES, créée comme cadre d’intégration et de coordination entre ses trois pays membres. Cette audience s’inscrit dans le cadre des relations fortes et anciennes du Royaume avec les trois pays frères de l’Alliance des États du Sahel, qui ont toujours été frappées du sceau de l’amitié sincère, du respect mutuel, de la solidarité agissante et de la coopération fructueuse. MD (AMAP)
Kayes : Débrayage des cours dans certains établissements scolaires
Kayes, 29 avr (AMAP) Le Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes et certains autres établissements scolaires de la ville ont connu un débrayage des cours, ce mardi matin, et la coordination régionale de la Synergie des enseignants a tenu une assemblée générale pour protester contre l’enlèvement du gardien de cet établissement secondaire situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal. La coordination syndicale protège contre la violation du domaine scolaire et l’agression du gardien, un élément de l’administration de l’école, par la police. La synergie qui souhaite le départ du Commissaire de police du 1er Arrondissement et de ses compagnons d’armes, envisage la reprise des cours demain, mercredi. Certains enseignants réclament plutôt le départ du Commissaire du Commissariat spécial de police de Kayes et de ses éléments pour violation du domaine scolaire le samedi 19 avril 2025 vers 17h. Les enseignants reconnaissant les efforts fournis par le gouverneur de la Région, le général de brigade Moussa Soumaré, s’indignent du fait qu’on leur demande de saisir la police et non la gendarmerie pour trancher l’affaire qui, selon l’autorité, s’est déroulée en ville. La synergie, qui avait décidé de poursuivre ses consultations et les réflexions et de saisir sa base pour des actions, a, à l’issue de l’Assemblée, joué la carte de l’apaisement. Elle poursuit ses réflexions et attend la suite que le gouverneur va donner à ses revendications. Les cours reprendront jeudi 2 Mai 2025 à Kayes. BMS/MD (AMAP) . . Affaire à suivre pour
Kolondièba : Le CSCOM de Tousséguéla rénové porte le nom d’Amadou Konaté
Kolondièba, 28 avr (AMAP) Le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Tousséguéla, dans le Cercle de Kolondièba (Sud), a été officiellement baptisé « CSCOM Amadou Konaté », lors de deux jours de festivités, les 26 et 27 avril 2025, dans le Guantièdougou, sous la présidence du gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Welle. L’établissement a été rénové et équipé par Amadou Konaté, inspecteur général des douanes et natif de la localité. La cérémonie d’inauguration, marquée par la coupure symbolique du ruban par le gouverneur, a été suivie d’une visite guidée des installations modernisées. « Cette initiative est une fierté pour le Mali et le cercle de Kolondièba », a déclaré le préfet de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, lors de son intervention. Le maire de Tousséguéla, Yaya Konaté, et le chef de village ont également loué l’engagement d’Amadou Konaté pour le développement local. L’événement a réuni de nombreuses personnalités, dont des représentants de l’Association des Ressortissants pour le Développement de la Commune de Tousséguéla (ARDCT), les Forces de Défense et de Sécurité, les légitimités traditionnelles, les confessions religieuses, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO, la société civile, ainsi qu’une foule venue de plusieurs localités de la Région de Bougouni. La délégation du gouverneur a été accueillie dans une ambiance festive, rythmée par les folklores locaux, notamment le n’bolon, musique traditionnelle des cultivateurs. Amadou Konaté a été honoré par plusieurs distinctions, dont un trophée remis par le préfet et un cadeau spécial offert par les femmes de l’initiative Mah Ballo de Tousséguéla. Une projection vidéo retraçant son parcours, de son service à la douane à ses actions pour sa communauté, a captivé l’assistance. Les festivités ont également inclus des activités sportives. Le 26 avril, une finale de football a opposé les équipes de Kountio et Siala, remportée par Siala aux tirs au but. Le 27 avril, une course cycliste de 100 km a vu Yaya Sangaré de Koni (Commune de Nangalasso) remporter la première place, suivi de Yacouba Diallo et Salia Koné. Les cinq premiers ont reçu des prix, dont une moto Jakarta pour le vainqueur. Amadou Konaté a également offert un lot de kits scolaires, remis au directeur coordinateur des écoles de Tousséguéla, renforçant son soutien au développement éducatif de la commune. Les responsables régionaux et locaux ont salué l’initiative d’Amadou Konaté, espérant qu’elle inspire d’autres fils du terroir. « Ce geste montre la voie pour le développement communautaire », a conclu le gouverneur Ousmane Welle. NK/OS/MD (AMAP)
Bafoulabé : Les enfants honorent les traditions du « Yogoro » et du « Salawalé »
Bafoulabé, 28 avr (AMAP) À Bafoulabé, les enfants perpétuent avec ferveur les traditions du « Yogoro » pour les garçons et du « Salawalé » pour les filles, des pratiques ancestrales qui incarnent la solidarité et le respect des coutumes maliennes, particulièrement à partir du 10e jour du Ramadan. Une éducation ancrée dans les valeurs traditionnelles, Dans la société malienne, l’éducation des enfants reposait sur trois piliers : la famille, la communauté et l’école. Organisés en classes d’âge, les enfants apprenaient la sagesse, l’honnêteté et le respect des traditions. Au 10e jour du Ramadan, ils se réunissaient pour collecter l’aumône, une pratique unissant riches et pauvres dans la joie du chant et de la danse. « Ces moments renforcent l’entraide et la cohésion sociale », souligne un ancien de Bafoulabé. Le 28 avril 2025, les enfants de Bafoulabé ont honoré cette tradition. Les garçons, dans le cadre du « Yogoro », ont préparé une ripaille collective avec les céréales collectées, tandis que les filles, qui ont fait le « Salawalé », ont offert leur première tartine à la reine du fleuve « Bafaro » en signe de gratitude. Ces gestes témoignent de la solidarité et de l’attachement des jeunes à leur héritage culturel. Alors que le « Yogoro » et le « Salawalé » tendent à disparaître dans certaines régions du Mali, sous l’effet des nouvelles technologies et d’une méconnaissance croissante, Bafoulabé reste un bastion de ces pratiques. « Nos enfants montrent l’exemple en valorisant notre identité culturelle », affirme un membre de la société civile locale. Face aux risques d’hybridation culturelle, les habitants de Bafoulabé appellent à préserver ces traditions. « La culture est notre identité. Protégeons-la pour les générations futures », insiste un responsable communautaire. BM/OS/MD (AMAP)
Kangaba : Grève de 96 heures des agents des collectivités territoriales
Kangaba, 29 avr (AMAP) Les agents des collectivités territoriales du Cercle de Kangaba ont entamé, ce mardi 29 avril 2025, une grève de 96 heures, suite à un préavis déposé le 24 avril par le Secrétaire général du bureau local du Syndicat national des agents des collectivités territoriales (SNACT), a constaté l’AMAP. L’arrêt de travail, qui se prolongera « jusqu’au vendredi 2 mai, est reconductible pour 120 heures à partir du lundi 5 mai si les revendications ne sont pas satisfaites », indique le syndicat. Le principal motif de la grève est le non-paiement des salaires et accessoires des mois de mars et avril 2025 pour les agents de la mairie de la Commune urbaine de Karan. « Nous exigeons simplement le versement des salaires dus pour mars et avril. Les fonds sont disponibles, mais des obstacles persistent », a déclaré un représentant du SNACT. Les grévistes dénoncent également l’ingérence répétée du délégué local du Contrôle Financier de Kangaba dans les dépenses des collectivités. « Cette immixtion bloque fréquemment nos salaires, perturbe le climat social et entrave le fonctionnement des collectivités », a ajouté un agent gréviste. Ce blocage, selon les manifestants, alimente un ras-le-bol généralisé au sein du personnel. Le préavis précise que la grève, débutée ce mardi, pourrait être prolongée si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin du mouvement, vendredi. « Nous sommes déterminés à poursuivre jusqu’à ce que nos droits soient respectés », a martelé un membre du syndicat. SD/OS/MD (AMAP)
Protection de l’Enfant : Signature d’un protocole entre le ministère en charge de l’enfant et l’Unicef
Bamako, 29 avril (AMAP) Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF), Mme Diarra Djènèba Sanogo a présidé, ce mardi, la signature du protocole de déploiement du Système de Gestion de l’Information relative à la Protection de l’Enfance (CPIMS+) au Mali, a constaté l’AMAP. La cérémonie de signature a s’est déroulée dans la salle de réunion du département du département en charge de la famille, en présence du représentant de l’Unicef au Mali, Pierre N’GOM, qui a expliqué qu’il s’agit d’une étape déterminante qui permettra d’améliorer le système national de protection de l’enfance grâce à une coordination renforcée entre tous les acteurs concernés. Pierre N’GOM a également expliqué que cette initiative répond aussi aux recommandations importantes formulées par le comité de revue de la mise en œuvre de la Convention relative aux Droits de l’Enfant à Genève. « L’Unicef est honoré de contribuer à ce projet, sous le leadership du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille », a-il-dit. Avant de saluer le leadership exemplaire du Ministère, et de réaffirmer l’engagement indéfectible de son organisation à accompagner le MPFEF dans ses efforts pour améliorer la situation des enfants au Mali. Le ministre Diarra Djènèba Sanogo a rappelé que ce protocole marque un point de départ de la mise en œuvre d’une des recommandations du comité des Droits de l’Enfant sur le rapport du Mali lors de sa 96ème session tenue les 9 et 10 mai 2024 à Genève, par rapport à la disponibilité sur la situation des enfants dans notre pays. Elle s’est réjoui de la signature de ce présent protocole tant attendu. « Mon département veillera à la mise en œuvre, à la coordination et au suivi du système sur le terrain et cela dans l’intérêt supérieur des enfants du Mali », a fait savoir le ministre Mme Diarra Djeneba Sanogo. ST (AMAP)
Madou Sidiki Diabaté : Le virtuose de la kora, trait d’union entre tradition et modernité
Bamako, 2 avr (AMAP) Dans l’univers de la musique mandingue, Madou Sidiki Diabaté brille comme une étoile. Né dans les années 80 à Bamako, ce djeli (griot) de la 71e génération perpétue une lignée de joueurs de kora, instrument emblématique d’Afrique de l’Ouest. Fils du légendaire Sidiki Diabaté, « roi de la kora », et de la griotte Mariam Kouyaté, Madou incarne un héritage millénaire qu’il enrichit d’une créativité audacieuse. Sur son site officiel, Madou est décrit comme un talent précoce. Dès l’âge de trois ans, la musique s’impose à lui comme une évidence. Madou accompagne sa mère aux cérémonies en jouant du tamani, un petit tambour traditionnel. Un an plus tard, à quatre ans, un ami de son père, Sounkalo, lui offre sa première kora. Sans maître ni contrainte, Madou apprend seul, laissant ses doigts danser sur les 21 cordes avec une aisance instinctive. « Pour moi, la kora est un don fait à ma famille, jouer est naturel », confie-t-il. Cette connexion profonde avec l’instrument se ressent dans chacune de ses notes, où se mêlent la puissance de la tradition et une inventivité résolument moderne. « La kora est un don à ma famille, jouer est naturel », confie-t-il. À cinq ans, il monte sur scène au Centre culturel français de Bobo-Dioulasso, aux côtés de ses parents. Enfant unique de sa mère et dernier fils de son père, Madou devient rapidement leur compagnon inséparable. À cinq ou six ans, il foule pour la première fois une scène, au Centre culturel français de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, aux côtés de ses parents. Ce baptême du feu marque le début d’une vie dédiée à la musique. En 1991, à tout juste dix ans, il traverse l’Atlantique pour son premier voyage en Europe. Lors du festival Africolor à Paris, il assure en solo la première partie du concert de ses parents, captivant déjà le public par son talent précoce, marquant les débuts d’une carrière exceptionnelle La disparition de son père en 1996, après un ultime concert commun au Festival Printemps des Cordes à Dakar, est un tournant. Madou, alors adolescent, puise dans cet héritage pour tracer sa propre voie. Influencé par son défunt frère aîné Toumani Diabaté et son cousin Ballaké Sissoko, il se forme à l’Institut National des Arts de Bamako et devient assistant au Conservatoire Balla Fasséké. Il s’inspire de leurs œuvres sans jamais bénéficier d’un enseignement formel. « J’écoutais leurs cassettes, c’était mon école », raconte-t-il. TALENT PRECOCE, TRADITION, PIONNIER MODERNE Formé à l’Institut national des arts (INA) de Bamako, puis assistant de son frère Toumani au Conservatoire Balla Fasséké, Madou Sidiki Diabaté ne se contente pas de préserver la tradition : il la révolutionne. Premier à intégrer pédales d’effets, séquenceurs Yamaha QY et kora MIDI, il repousse les limites de son art. En 1999, ses collaborations avec Kandia Kouyaté et le Ballet malien lancent sa carrière solo. Son premier album éponyme (2006) assoit sa réputation, suivi d’œuvres marquantes comme Mali Latino (2010), suivi d’une discographie riche de plus de dix opus, dont Mali Latino (2010), enregistré chez Real World Studio de Peter Gabriel nominé aux Songlines Awards. Figure internationale, Madou Sidiki Diabaté n’est pas seulement un griot malien, il est une figure mondiale. Il a donné plus de 2 000 concerts et participé à 200 festivals, du Royal Albert Hall avec Damon Albarn ou London Stadium devant 80 000 spectateurs avec Burna Boy et Salif Keïta. Ses collaborations avec Amadou & Mariam, Tony Allen, Dee Dee Bridgewater ou Tiken Jah Fakoly transcendent genres et frontières. En 2010, il fonde Madou Sidiki & The Manding Griot Groove, un orchestre fusionnant instruments traditionnels (kora, djembé, sabar) et instruments modernes (guitare, basse, batterie), revisitant et réinventant le répertoire ancien du Manding avec des arrangements novateurs. « Je puise dans la musique de mes ancêtres pour inspirer les générations d’aujourd’hui », explique-t-il. Malgré son statut de star internationale, Madou reste fidèle à son rôle de griot. Médiateur lors de cérémonies sociales, il incarne une modernité qui n’oublie pas ses racines. Ambassadeur de la culture malienne, il accumule les distinctions : Chevalier des Arts et de la Culture en 2025, prix Kandjoura Coulibaly en 2023, ou encore une nomination aux Songlines Awards pour Griot Jazz (2022). À Bamako, où il vit toujours, Madou Sidiki Diabaté est une icône pour la nouvelle génération de joueurs de kora, qui s’inspirent de son style unique. Entre tradition et innovation, il continue d’écrire l’histoire d’un instrument millénaire, prouvant que le passé peut résonner avec une vitalité éclatante dans le présent et le monde entier et que l’héritage mandingue est d’une vitalité contemporaine avec Madou Sidiki Diabaté, entre tradition et innovation, OS/MD (AMAP)
Voyage à l’intérieur du Mali : Une odyssée matinale de Bamako à Koutiala
Par Moussa M. DEMBELE AMAP Bamako Bamako, 29 avr (AMAP) À 6h14, la gare routière de Sogoniko, à Bamako, s’éveille dans une effervescence très matinale. Les passagers, billets en main, affluent pour le départ prévu à 8h vers Koutiala, via Ségou. Dans ce ballet organisé, l’attente, les rencontres et les petites histoires du voyage tissent une fresque vivante de la vie malienne, entre chaleur écrasante, traditions et modernité. Dès l’entrée, des jeunes guident les voyageurs. Ceux sans billets se pressent aux guichets, tandis que les détenteurs de tickets passent sous l’œil perspicace du vigile. À l’intérieur, des nattes accueillent adultes, enfants et personnes âgées, certains encore endormis. Les bagages s’entassent dans les soutes du car, une file impatiente s’improvise devant les toilettes. « Faites vite, vous n’êtes pas les seuls usagers ! » lance un voyageur excédé. Malgré des pancartes indiquant des latrines séparées pour hommes et femmes, la distinction est ignorée, et l’état de certaines installations laisse à désirer. Le car pour Koutiala, prévu pour 60 passagers, attire plus de 80 personnes, créant une bousculade. Des retardataires, comme un voyageur attendant depuis 4h, déplorent des départs manqués. « J’étais de l’autre côté de la gare, mais le bus est parti sans moi. Les billeteurs ne donnent pas de réponses claires », se plaint-il. Un billeteur rétorque : « Chaque bus a sa place. Patientes, tu pars à 8h. » AU RYTHME DE LA MUSIQUE ET DES CONVERSATIONS – À 7h50, le véhicule est prêt. Le chauffeur finalise ses réglages. A 8h, le bus s’élance sur l’axe Bamako-Ségou-Koutiala. À l’intérieur, l’écran diffuse « La Patronne » de la Guinéenne Djelikaba Bintou, artiste récemment médiatisée pour sa vie personnelle tumultueuse. Les passagers, bercés par la musique, entament des discussions animées. Deux hommes près de la porte échangent sur leur vie. « J’ai dit à ma femme que je vais prendre une deuxième épouse, qu’elle le veuille ou non », confie l’un, avant que son oncle ne le qualifie de « trop turbulent ». À 8h04, nous longeons le stade du 26 Mars, évitant les embouteillages. Le soleil, brûlant en cette saison chaude, éclaire les visages. À la sortie de Bamako, un arrêt révèle deux places réservées, contrairement aux annonces initiales. Au péage de Kassela, le système d’enregistrement des plaques, encore manuel, ralentit le passage. Entre Baguineda et Kassela, la verdure des manguiers et la forêt classée, marquée par des traces de feux de brousse, captivent les regards. « A chaque saison sèche, des feux éliminent les herbes, mais touchent aussi les plantes », observe un passager, sans réponse claire sur leurs origines. À Zantiguila, le poste de contrôle grouille de vendeurs ambulants proposant biscuits, œufs et eau, prisée sous la canicule. Un vendeur de remèdes traditionnels tente sa chance, mais les passagers, absorbés par leurs conversations, l’ignorent. La route, en bon état jusqu’à Ségou, traverse des villages paisibles. À l’entrée de la Cité des balanzans, ces arbres emblématiques suscitent l’admiration. Sur l’écran, le rappeur malien Wiz Montana provoque des réactions avec son titre : « Allah ka na Mali taa nje » (Qu’Allah ne développe pas le Mali). Un bouchon causé par une course cycliste entre Fana et Ségou, ralentit la progression. Au poste de contrôle de Ségou, vérification des pièces et les contrevenants s’acquittent d’amendes. Après Ségou, la route se dégrade, forçant le chauffeur à ralentir. Des passagers somnolent, érientés par le trajet. À 14h, le bus atteint M’Pessoba, marquant la fin de notre périple. Ce voyage, ponctué de musique, de discussions et de paysages variés, reflète la vitalité et les contradictions du Mali : une société en mouvement, entre traditions, défis logistiques et aspirations modernes. MMD/MD (AMAP)
Ouélessébougou : Plus d’un millier de patients attendus par l’ONG américaine Utah Alliance pour sa campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits de l’œil
Ouélessébougou, 28 avr (AMAP) Plus d’un millier de patients sont attendus pour la campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits des maladies de l’œil de l’Utah Alliance, une ONG américaine, qui a débuté, ce lundi 28 avril 2025, pour cinq jours, au Centre de santé et de référence (CSRéf) de la ville, a constaté l’AMAP. L’objectif de cette campagne de Utah Alliance, qui intervient dans la Commune de Ouélessébougou, depuis trente-cinq ans, en collaboration avec le District sanitaire, est la lutte efficiente contre la cécité au Mali, en prenant en charge gratuitement toutes les personnes affectées par les maladies liées à la vision. La coordinatrice santé de l’ONG, Mme Viviane Traoré, s’est réjouie de la réussite de la première journée et de la mobilisation massive des patients venus de toutes les régions du Mali. Elle a également salué l’implication du médecin-chef du CSRéf, Dr Abdrahamane Dicko et tout son personnel pour leur engagement dans cette oeuvre humanitaire. « Cette campagne de 2025 concerne la consultation, la chirurgie du cataracte et du glaucome, les soins et le don de verres correcteurs aux personnes nécessiteuses, sous une assistance médicale, de dix-sept ophtalmologues américains, actuellement présents, à Ouélessébougou, dans le cadre de cette activité », a-t-elle précisé. Mme Traoré a lancé un appel à l’endroit « de toutes les personnes touchées par ces pathologies, à l’intérieur du pays », de les rejoindre au CSRéf de Ouélessébougou, tout en mettant un accent particulier sur la gratuité de toutes les interventions. Pour sa part, Lancine Bamba, un patient sexagénaire, venu de Bougouni, a, après avoir reçu ses soins, non seulement remercié l’ONG « pour l’opportunité offerte aux personnes vulnérables » mais, aussi, » apprécié « la qualité des soins prodigués par les ophtalmologues américains. » Cette campagne prendra fin le 02 mai prochain. AC/MD (AMAP)

