Mali : Mise en échec d’une tentative de déstabilisation impliquant des militaires et un ressortissant français (Communiqué)
Bamako, 14 août (AMAP) Le Gouvernement de la Transition du Mali a annoncé, dans un communiqué officiel, jeudi, l’arrestation d’ « un groupuscule composé de militaires et de civils, dont un ressortissant français, Yann Vezilier », accusé d’agir pour le compte du service de renseignement français. Ce groupe, incluant les généraux de brigade Abass Dembélé et Néma Sagara, est impliqué dans une tentative de déstabilisation des institutions de la République, indique lameme source. « Grâce à la vigilance des services spécialisés, la conspiration a été déjouée dès le 1er août 2025, et les suspects ont été interpellés », ajoute le communiqué. Le Gouvernement condamne fermement cet acte subversif et indique que les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’éventuels complices. Il réaffirme la détermination des Forces armées et de sécurité « à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes ». Le Gouvernement assure que « la situation est sous contrôle » et appelle l »a population à rester calme et vigilante face aux tentatives de déstabilisation. » OS/MD (AMAP)
Campagne agricole 2025-2026 : Les services centraux font le point à mi-chemin
Bamako, 14 août (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, a présidé, ce jeudi, à la Direction des finances et du matériel (DFM) du ministère, un Conseil de cabinet élargi des départements du secteur du Développement rural, pour faire le point à mi-parcours des activités de la campagne agricole 2025-2026, a constaté l’AMAP. « La campagne agricole en cours a connu un démarrage précoce au niveau de certains bassins de production. Ce qui a occasionné des besoins pressants en intrants agricoles, notamment les engrais », a déclaré le ministre de l’Agriculture, accompagné de son collègue de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba, à l’ouverture de la réunion. Le ministre en charge de l’Agriculture, a fait noter « que la campagne en cours est marquée par de fortes quantités de pluies avec quelques arrêts constatés mais qui sont de courte durée par endroits. » Cette situation, selon le chef du département de l’Agriculture, « peut ne pas avoir de conséquences sur nos superficies cultivées, nos animaux voire notre population agricole si nous y prenons garde ». La situation vient s’ajouter « à la matrice des défis du secteur dont la résolution ne peut être trouvée que par l’adoption de pratiques climato-intelligentes afin d’améliorer notre modèle de résilience mais, aussi, de suivi pour davantage répondre aux aspirations de la population malienne, » a-t-il précisé. Il a souligné que « l’engagement des autorités du pays a permis de boucler au mois de juin 2025, le processus de paiement du coton graine aux producteurs et de gérer, convenablement, toutes contraintes qui entravaient l’approvisionnement correcte des producteurs de coton en intrants agricoles en particulier. » Le ministre Kelema a rappelé que « les objectifs se définissent comme suit : au titre de la production végétale, il s’agit, entre autres, de produire 11 682 721 tonnes de céréales, 682 000 de coton graine, 243 280 de pommes de terre, 881 208 d’oignon/échalote, 810 900 s de mangues ». Pour la production animale, il est prévu « 15 819 tonnes de lait collecté, 203 441 de viande contrôlée, 284 722 585 œufs de consommation, 10 288 577 sujets de poulets de chair, 18 000 inséminations (races laitières) et une production de 128 880 tonnes de poissons frais. » Cette rencontre a enregistré la présence des directeurs nationaux des services centraux des deux départements et plusieurs autres acteurs du domaine. MMD/MD (AMAP)
Remise d’attestations d’excellence aux lauréats du Diplôme d’études fondamentales et du Bac session 2025
Bamako, 14 août (AMAP) Le ministre de l’Education nationale, Amadou Sy Savané a reçu, ce jeudi matin, 14 août 2025, dans la salle de réunion de son département, les trois premiers nationaux des examens du Diplôme d’études fondamentales (DEF) et du baccalauréat, session 2025, pour les féliciter, encourager et décerner des attestations d’excellence, a constaté AMAP sur place. Il s’agit pour les lauréats du DEF d’Abibatou Conti Coulibaly, Boubacar Sow et Ousmane Sogoba, admis respectivement avec 18,72 /20 de moyenne, 18, 31 et 18, 28 , tous élèves du Prytanée militaire, à l’Académie d’enseignement (AE) de Kati. Et, pour les lauréats du Bac : Oumar Diakité avec 18, 15/20 de moyenne, Alassane Hamadoun Ali Sangho avec 17, 40 et Issouf Konaté (franco arabe) avec 17, 31. « C’est très important de vous rencontrer pour vous dire que nous sommes fiers de vous et vous encourager pour aller plus loin. C’est un travail soutenu, Je vous félicite ainsi que vos parents », a déclaré le ministre Amadou Sy Savané, s’adressant aux lauréats. Selon lui, le Mali a besoin de ressources de qualité. « Et pour cela il faut bien former les enfants », a-t-dit. Le ministre de l’Education nationale a souligné qu’il faut « récompenser les jeunes, leur apprendre à être rigoureux au travail et qu’au bout de la souffrance, il y a la réussite. » « Les enfants ont besoin d’exemples et cet exemple peut en servir d’autres dans leur rang », a également souligné le ministre Amadou Sy Savané. « Bon enseignant bon élève », a-t-il dit. A ce propos, le ministre Sy Savané a fait une mention spéciale aux encadreurs et enseignants, qui selon lui, « ont aussi besoin d’être bien accompagnés. » « Car, l’enseignant est un modèle », a-t-il dit. Avant de souhaiter que cette cérémonie de remise d’attestations d’excellence « soit source d’inspiration à d’autres enfants ». « Car, a-t-il dit, le talent que nous célébrons aujourd’hui façonne le Mali de demain. » La sobre cérémonie a enregistré la présence des membres du cabinet élargi du département de l’Education, des parents des lauréats et leurs encadreurs. Le porte-parole des parents, Oumar Sissoko, a invité tous les parents d’élèves « à continuer à soutenir et encourager les enfants. » ST/MD (AMAP)
Validation de l’avant-projet du rapport à mi-parcours des recommandations de l’EPU : le Mali réaffirme son engagement pour les Droits humains
Bamako, 14 août (AMAP) Le Mali a lancé, ce jeudi à Bamako, un atelier de validation technique de l’avant-projet du rapport national à mi-parcours des recommandations acceptées lors de son 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU) du 2 mai 2023 à Genève. L’atelier, qui se tient du 14 au 15 août, « marque une étape clé dans le renforcement de la transparence et de la responsabilité du Mali en matière de droits humains », a déclaré Dr Boubacar Sidiki Diarrah, Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, lors de l’ouverture des travaux. Organisé avec l’appui technique et financier du Fonds de consolidation de la paix des Nations Unies (PBF), l’atelier réunit des représentants du ministère, des points focaux des départements ministériels, des organisations de la société civile, ainsi que des partenaires internationaux comme le PNUD, l’UNICEF et le CICR. Il vise à évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des 222 recommandations acceptées par le Mali sur les 275 formulées lors de l’EPU de 2023. Dr Diarrah a souligné l’importance du rapport à mi-parcours, qui permet de « faire état des efforts, des avancées et des réussites en matière de droits de l’homme, tout en identifiant les obstacles rencontrés et les appuis nécessaires pour les surmonter ». Ce document, fruit de consultations avec les acteurs étatiques et non étatiques, vise à renforcer la transparence et la responsabilité du Mali dans ce domaine. Roland Seri, représentant résident adjoint du PNUD, a salué « le leadership du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme pour son engagement continu en faveur d’une justice équitable ». Il a rappelé que l’EPU est « un mécanisme universel et participatif permettant à chaque État de faire le point sur les progrès réalisés en matière de droits humains ». Abdoul Karim Diarra, de la Direction nationale des Droits de l’Homme (DNDH), a insisté sur l’engagement du Mali à respecter les instruments internationaux ratifiés, tels que les pactes relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que la Charte africaine des droits de l’Homme. « Cet atelier, le troisième depuis juillet 2025, vise à parachever un rapport fidèle aux réalités nationales », a-t-il précisé. L’atelier permettra d’examiner en profondeur l’avant-projet avant sa soumission au Conseil des ministres pour validation, puis sa transmission au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Les participants ont été invités à contribuer activement pour produire un document de qualité, porteur de propositions concrètes pour une meilleure mise en œuvre des recommandations de l’EPU. Le Mali, l’un des rares pays à soumettre volontairement un rapport à mi-parcours, réaffirme son engagement en faveur des droits humains, malgré un contexte sécuritaire difficile. Les efforts notables incluent des poursuites judiciaires systématiques contre les violations graves des droits humains, une politique nationale de réparation, et des améliorations des infrastructures carcérales. OS/MD (AMAP)
Création du Commandement des forces spéciales : Le Conseil national de Transition donne son feu vert
Bamako, le 14 août (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté. à l’unanimité par 130 parlementaires, en session extraordinaire, ce jeudi 14 août 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de loi portant création du Commandement des opérations spéciales (COS), a constaté l´AMAP sur place. Ce projet de loi a été approuvé par l´organe législatif de la Transition, en plénière présidée par son président, le général de corps d’Armée Malick Diaw. La création du COS vise, principalement, à centraliser la planification, la préparation et le commandement des opérations militaires menées par les forces spéciales du Mali. Cet organe unique de commandement opérationnel des forces spéciales relève de l’autorité du Président de la Transition et est placé « exclusivement sous les ordres du chef d’état-major général des Armées. » Les forces spéciales sont celles du ministère de la Défense et des Anciens Combattants et des forces antiterroristes du département en charge de la Sécurité et de la Protection Civile. C’est le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de Division Daoud Ali Mohamedine, qui a défendu le projet de loi devant le CNT. D’après lui, il fallait « mettre ces différentes forces spéciales ensemble sous un seul commandement. » « Cela, a ajouté le ministre, afin de rendre beaucoup plus facile la gestion des ressources humaines, la planification, la coordination et la conduite des opérations. » « En mutualisant les moyens humains et matériels qu’il faut avec ces forces, cela permet d’aller très vite en termes de compte rendu et de chaine de commandement », a-t-il déclaré. BD/MD (AMAP)
Kangaba : Campagne de sensibilisation de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite
Kangaba, 13 août (AMAP) L’atelier de sensibilisation et d’information des cadres de l’administration générale, financière et de la justice du Cercle de Kangaba (Ouest), organisé mercredi 13 août 2025, par (OCLEI) a interpellé les participants, en vue de les conscientiser sur la corruption et l’enrichissement illicite, a constaté l’AMAP. A l’issue des travaux sur la prévention de la corruption et de l’enrichissement illicite, les participants (responsables administratifs et politiques, financiers et judiciaires) ont qualifié ces pratiques de fléaux » compromettant la bonne gouvernance, la performance de l’administration publique et la dignité humaine. » Les participants ont, également, suivi deux conférences sur les pratiques corruptives et l’enrichissement illicite et leurs conséquences économiques dans le système éducatif et sur les pratiques corruptives et l’enrichissement illicite et leurs conséquences économiques dans le secteur minier. L’atelier, en partenariat avec le projet canadien Lutte contre la corruption par et pour l’égalité des genres (LUCEG), intervient dans le cadre d’une mission de l’OCLEI conduite par son président par intérim, Seydina Oumar Diarra, qui séjourne, depuis mardi 12 août 2025, à Kangaba, dans le cadre de la prévention de la corruption et de l’enrichissement illicite. La rencontre, qui s’est déroulée au Centre de recherche et d’animation culturelle de Kangaba, sous la présidence du 1er adjoint au préfet, Drissa Konaré, vise à informer et sensibiliser les participants sur les pratiques corruptives et ses conséquences dans les domaines miniers et scolaires. Spécifiquement, il s’agit de renforcer les capacités des cadres de l’administration générale, financière et de la justice sur la connaissance des instruments juridiques nationaux et internationaux de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, d’impliquer d’avantage les participants à la culture de l’éthique et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, d’informer les participants sur les pratiques corruptives dans les secteurs miniers et scolaires, d’informer les participants sur les impacts négatifs des pratiques corruptives sur les services sociaux de base de développement. Une journée qui a permis aux participants d’être largement informés sur l’OCLEI, sa création et sa mission, ses attributions spécifiques, ses organes et ses pôles d’activité. Le représentant du préfet du Cercle et le maire de la Commune rurale de Minidian ont reçu, chacun, une écharpe de l’OCLEI et le rapport 2023 de l’OCLEI, pour leur « engagement dans la lutte et la prévention contre la corruption et l’enrichissement illicite. » SD/MD (AMAP)
Ouélessébougou : Réunion préparatoire de la campagne de vaccination antirabique
Ouélessébougou 13 août (AMAP) Une réunion d’urgence s’est tenue, ce mercredi, dans le bureau du préfet, en réponse à la récente multiplication des cas de morsure par des chiens enragés sur une dizaine de personnes dans la ville de Ouélessébougou, suscitant l’inquiétude des autorités administratives et sanitaires. Placée sous l’égide du préfet, Moussa A. Sagara, cette rencontre a réuni les acteurs clés de la santé publique, les services vétérinaires, les leaders communautaires et la société civile. Objectif : mettre en place une campagne de vaccination massive des chiens pour circonscrire la propagation de la rage, une maladie mortelle mais évitable. Le préfet Sagara, a insisté sur l’urgence de la situation : « La rage est une menace grave pour la population et pour le bétail. Nous devons agir rapidement pour vacciner tous les chiens errants et domestiques, tout en sensibilisant les habitants sur les dangers liés à la rage. » Il a appelé à la collaboration de tous pour éviter « une crise sanitaire. » « Je compte sur vous pour relayer l’information et participer massivement à cette campagne qui vise à protéger nos familles, nos enfants et notre bétail », a-t-il lancé. Les discussions ont porté sur le démarrage prochain de journées de vaccination des animaux qui cibleront prioritairement les zones les plus touchées et dont le lancement est prévu pour le samedi 16 août, ainsi que sur des séances d’information et de sensibilisation à la destination des populations. Le service vétérinaire local a rappelé l’importance de signaler tout comportement anormal chez un animal et d’éviter tout contact avec les chiens suspects. « La vaccination des chiens est la solution la plus efficace pour éliminer la rage à la source », a souligné Lassine Sangaré, vétérinaire mandataire, avant de signaler la disponibilité de 800 doses acquises avec l’Association nationale des docteurs vétérinaires du Mali, pour couvrir cette campagne de vaccination contre la rage. Les personnes mordues ont, quant à elles, « été prises en charge et ont reçu les premiers traitements post-exposition », a précisé, Abdoulaye Samaké, agent de santé au Centre de santé et de référence (CSRéf) de Ouélessébougou. Le maire Bakary Samaké, au nom du Conseil communal, a réaffirmé la totale disponibilité de la collectivité pour faciliter le bon déroulement de la campagne de vaccination. « Nous mettrons à disposition les moyens nécessaires pour assurer une large sensibilisation auprès des populations », assuré l’édile. AC/MD (AMAP)
Harmonisation des pratiques et échanges d’expérience : les Agences routières de l’AES en réunion à Bamako
Bamako, 13 août (AMAP) Les responsables en charge de l’entretien routier du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent, depuis mercredi, à Bamako, la capitale malienne, pour la première rencontre des agences d’exécution et de maîtrise d’ouvrage déléguée des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), a constaté l’AMAP sur place. . Pendant deux jours, cette rencontre vise à partager les expériences des trois agences, analyser leurs cadres juridiques et examiner la possibilité d’harmoniser les textes et procédures pour l’entretien routier. L’objectif est, également, d’instaurer un cadre permanent de coopération, favorisant l’efficacité et la modernisation des réseaux routiers dans l’espace AES. Dans son discours, le secrétaire général du ministère des Transports et des Infrastructures, Mama Djénépo, qui a présidé par a l’ouverture de la reunion, a rappelé que les infrastructures routières sont essentielles au développement et à la sécurité des États membres. « Elles assurent l’accessibilité des populations et des localités, en milieu urbain comme en zone rurale, et sont indissociables des enjeux de défense dans nos États confrontés au péril terroriste », a-t-il souligné. Il a, également, souligné les réformes juridiques et institutionnelles mises en place pour préserver ce patrimoine, notamment la participation des usagers à l’entretien et la répartition claire des responsabilités entre les différentes structures publiques. Le secrétaire général, en présence des directeurs généraux de l’Ageroute du Mali, de l’Agetib du Burkina Faso et de l’Amoder du Niger, ainsi que d’autres personnalités, a réaffirmé l’engagement de du département chargé des Transports « à donner suite aux recommandations de cette rencontre et à soutenir toute initiative visant à renforcer la coopération et l’harmonisation au sein de l’espace confédéral. » AG/MD (AMAP)
Le Pôle national économique et financier a placé l’ex-Premier ministre Choguel Kokalla Maïga en garde à vue
Bamako, 12 août (AMAP) L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, a été placé en garde à vue, mardi, par la brigade du Pôle national économique et financier, a appris l’AMAP de source judiciaire. « Arrivé au Pôle à 9 heures, il a attendu jusqu’à 14 heures sans que les confrontations annoncées n’aient lieu. En fin de compte, les agents de la brigade lui ont notifié formellement son placement en garde à vue », a déclaré son avocat, Me Cheick Oumar Konaré. Selon la même source, cette mesure intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un rapport du Vérificateur général sur la gestion de la Primature, couvrant les exercices 2021, 2022, 2023 et 2024 (30 novembre). Ce rapport relève des irrégularités financières évaluées à 2,068 milliards de Fcfa, dont 1,731 milliard non justifié après vérification. Il est reproché à l’ancien chef du gouvernement d’avoir autorisé l’exécution de dépenses non éligibles sur le filet social et le paiement irrégulier de dépenses de souveraineté. Plusieurs de ses anciens collaborateurs, dont son ex-directeur de cabinet, Pr Issiaka Ahmadou Singaré, et trois anciens directeurs administratifs et financiers, sont également concernés par cette procédure. L’avocat précise que son client est « présumé innocent » et qu’il bénéficie « de tous les égards » du personnel de la brigade, en attendant la transmission du dossier aux autorités compétentes. DD/OS/MD (AMAP)
Mali : Le prix du ciment a pris l’ascenseur !
Par Oumar SANKARE Bamako, 13 août (AMAP) Depuis plusieurs semaines, le prix du ciment grimpe en flèche sur l’ensemble du territoire malien. Dans les dépôts de la capitale comme dans les villes de l’intérieur, le sac de 50 kg s’achète désormais à 6 500 Fcfa, 125 000 Fcfa/ tonne, contre environ 110 000 Fcfa/ tonne il y a, à peine, deux mois. « La tonne atteint parfois 135 000 Fcfa, une hausse qui met à mal chantiers, promoteurs et particuliers », explique Moussa Drabo, gérant d’une quincaillerie à Bacodjikoconi. « On ne peut plus travailler au rythme habituel, les clients repoussent leurs projets », confie Abdoulaye Coulibaly, maçon à Banankabougou, rencontré devant un chantier à l’arrêt. Les acteurs du secteur mettent, d’abord, en cause la désorganisation du transport. L’interdiction des camions hors gabarit sur les routes nationales a rallongé les délais et augmenté les coûts de livraison. Un transporteur rencontré à l’Hippodrome estime que « le prix du fret a augmenté depuis la mesure » sans donner de montant précis. « Le gouvernement malien a interdit la circulation des camions hors gabarit et en surcharge sur le réseau routier national à partir du 1er avril 2025 », selon un communiqué conjoint des ministères des Transports et des Infrastructures et de l’Économie et des Finances, publié le 7 mars 2025. Cette décision, validée par le Conseil des ministres, le 12 février 2025, vise à préserver les infrastructures routières des dégradations causées par ces véhicules. Une période de sensibilisation de trois mois a été accordée aux transporteurs, qui a pris fin le 31 mars 2025. LOGISTIQUE, SECURITE ET PRODUCTION – À cela, s’ajoutent des incidents sur certaines unités industrielles. « Les importations de clinker — composant clé du ciment — connaissent également des perturbations », a dit Alou Bathily, président de l’Association des importateurs de ciment. Il ajoute : « les routes d’accès au port du Sénégal, notamment la route de Kayes, sont impraticables à cause de leur état défectueux. Si un camion devait faire 2 à 3 jours, aujourd’hui, c’est pratiquement 6 jours de route. » Lors d’une rencontre entre les secteurs privé et public tenue à la Primature, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a expliqué au Premier ministre que « le manque d’électricité affecte certaines cimenteries. » « Les groupes électrogènes ne peuvent pas supporter une telle charge », a-t-il fait noter. Un acteur du milieu, a confié à l’AMAP sous anonymat : « Il y a un circuit de vente parallèlement aux propriétaires de licences qui doivent nous servir directement. Il y a souvent 2 ou 3 intermédiaires entre ces derniers et nous et chacun ajoute 2 000 ou 2500f pour faire bénéfice. » A Bamako et ses périphéries, le prix du ciment varie. Mohamed Sacko, gérant de quincaillerie à Ouezzindougou, achète la tonne de ciment local à 115 000 et le revend à 122 000 Fcfa. « C’est la croix et la bannière pour trouver le ciment local », déplore le jeune homme. TOUTE LA FILIERE TOUCHEE – Pour les entrepreneurs du bâtiment, la situation devient critique. Mamadou Traoré, gérant d’une société de construction à Bamako, explique que « sur un chantier de 100 m², la hausse du ciment peut ajouter plusieurs centaines de milliers de francs Cfa au budget final ». Certains petits projets sont suspendus ou réduits. Les revendeurs, eux, naviguent entre pénurie et hausse de prix. Au marché de Djikoroni, un commerçant montre ses stocks limités : « Je reçois deux camions par semaine au lieu de quatre et je dois augmenter le prix pour couvrir mes frais. » Moussa Drabo, renchérit : « Il faut se lever à 6h pour chercher le ciment importer. Le ciment local étant devenu très difficile à trouver ». En juillet dernier, il y avait une rupture totale sur le marché. DISPARITES REGIONALES – Si Bamako subit la hausse, certaines villes de l’intérieur paient encore plus cher. A Sikasso, le sac de ciment était vendu entre 7 000 et 7 500 Fcfa il y a quelques jours. Toutefois, aujourd’hui, le sac est vendu entre 5 750 et 6 000 Fcfa. Les conséquences sont visibles : chantiers à l’arrêt, logements inachevés, artisans sans travail. Dans le quartier de la Gare à Koulikoro, Djibril Sacko, père de famille, témoigne : « J’avais prévu de construire deux pièces supplémentaires cette année. Avec ces prix, j’ai arrêté les travaux. » En effet, le sac de ciment est vendu à 5 500, 5 750 et 6 000 Fcfa et le prix de la tonne varie entre115 000 et 120 000 Fcfa, 125 000 et 130 000 Fcfa dans certaines boutiques « sans facture », témoigne un client. « L’objectif est de ne pas laisser de traçabilité pour échapper aux services de contrôle de l’Etat ». Il faut noter qu’il y a rupture de ciment actuellement à Koulikoro. A Kayes les prix sont stables depuis un an : 82 500 à 87 500 FCFA la tonne et 4 250 FCFA le sac. Les experts estiment que sans amélioration rapide du transport et de la production locale, les prix resteront élevés. « Le ciment est un produit lourd et coûteux à transporter. Toute perturbation dans la chaîne logistique se répercute immédiatement sur le prix final », analyse Oumar Diawara, économiste. À moyen terme, certains plaident pour l’augmentation de la capacité de production nationale et la diversification des sources d’importation de clinker. Mais ces projets demandent des investissements et du temps. Le ministère du Commerce et de l’Industrie n’a pas souhaité réagir « pour le moment » souhaitant attendre les résultats de l’évolution des dispositions prises avec les acteurs du milieu. En attendant, Alou Bathily invite la population à plus de patience. « Des rencontres avec le ministère du Commerce et de l’Industrie ont eu lieu, des accords ont été trouvés et des solutions proposées. L’amélioration se sentira dans les jours à venir », a-t-il assuré. Face à la flambée des prix, le ministère de l’Industrie et du Commerce a réuni, début juillet, les principaux producteurs et importateurs. Selon une source au ministère, l’objectif est de « sécuriser l’approvisionnement et stabiliser les prix ». Les autorités envisagent un renforcement des contrôles

