Kayes : Débrayage des cours dans certains établissements scolaires
Kayes, 29 avr (AMAP) Le Lycée Dougoukolo Konaré de Kayes et certains autres établissements scolaires de la ville ont connu un débrayage des cours, ce mardi matin, et la coordination régionale de la Synergie des enseignants a tenu une assemblée générale pour protester contre l’enlèvement du gardien de cet établissement secondaire situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal. La coordination syndicale protège contre la violation du domaine scolaire et l’agression du gardien, un élément de l’administration de l’école, par la police. La synergie qui souhaite le départ du Commissaire de police du 1er Arrondissement et de ses compagnons d’armes, envisage la reprise des cours demain, mercredi. Certains enseignants réclament plutôt le départ du Commissaire du Commissariat spécial de police de Kayes et de ses éléments pour violation du domaine scolaire le samedi 19 avril 2025 vers 17h. Les enseignants reconnaissant les efforts fournis par le gouverneur de la Région, le général de brigade Moussa Soumaré, s’indignent du fait qu’on leur demande de saisir la police et non la gendarmerie pour trancher l’affaire qui, selon l’autorité, s’est déroulée en ville. La synergie, qui avait décidé de poursuivre ses consultations et les réflexions et de saisir sa base pour des actions, a, à l’issue de l’Assemblée, joué la carte de l’apaisement. Elle poursuit ses réflexions et attend la suite que le gouverneur va donner à ses revendications. Les cours reprendront jeudi 2 Mai 2025 à Kayes. BMS/MD (AMAP) . . Affaire à suivre pour
Kolondièba : Le CSCOM de Tousséguéla rénové porte le nom d’Amadou Konaté
Kolondièba, 28 avr (AMAP) Le Centre de santé communautaire (CSCOM) de Tousséguéla, dans le Cercle de Kolondièba (Sud), a été officiellement baptisé « CSCOM Amadou Konaté », lors de deux jours de festivités, les 26 et 27 avril 2025, dans le Guantièdougou, sous la présidence du gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Welle. L’établissement a été rénové et équipé par Amadou Konaté, inspecteur général des douanes et natif de la localité. La cérémonie d’inauguration, marquée par la coupure symbolique du ruban par le gouverneur, a été suivie d’une visite guidée des installations modernisées. « Cette initiative est une fierté pour le Mali et le cercle de Kolondièba », a déclaré le préfet de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, lors de son intervention. Le maire de Tousséguéla, Yaya Konaté, et le chef de village ont également loué l’engagement d’Amadou Konaté pour le développement local. L’événement a réuni de nombreuses personnalités, dont des représentants de l’Association des Ressortissants pour le Développement de la Commune de Tousséguéla (ARDCT), les Forces de Défense et de Sécurité, les légitimités traditionnelles, les confessions religieuses, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO, la société civile, ainsi qu’une foule venue de plusieurs localités de la Région de Bougouni. La délégation du gouverneur a été accueillie dans une ambiance festive, rythmée par les folklores locaux, notamment le n’bolon, musique traditionnelle des cultivateurs. Amadou Konaté a été honoré par plusieurs distinctions, dont un trophée remis par le préfet et un cadeau spécial offert par les femmes de l’initiative Mah Ballo de Tousséguéla. Une projection vidéo retraçant son parcours, de son service à la douane à ses actions pour sa communauté, a captivé l’assistance. Les festivités ont également inclus des activités sportives. Le 26 avril, une finale de football a opposé les équipes de Kountio et Siala, remportée par Siala aux tirs au but. Le 27 avril, une course cycliste de 100 km a vu Yaya Sangaré de Koni (Commune de Nangalasso) remporter la première place, suivi de Yacouba Diallo et Salia Koné. Les cinq premiers ont reçu des prix, dont une moto Jakarta pour le vainqueur. Amadou Konaté a également offert un lot de kits scolaires, remis au directeur coordinateur des écoles de Tousséguéla, renforçant son soutien au développement éducatif de la commune. Les responsables régionaux et locaux ont salué l’initiative d’Amadou Konaté, espérant qu’elle inspire d’autres fils du terroir. « Ce geste montre la voie pour le développement communautaire », a conclu le gouverneur Ousmane Welle. NK/OS/MD (AMAP)
Bafoulabé : Les enfants honorent les traditions du « Yogoro » et du « Salawalé »
Bafoulabé, 28 avr (AMAP) À Bafoulabé, les enfants perpétuent avec ferveur les traditions du « Yogoro » pour les garçons et du « Salawalé » pour les filles, des pratiques ancestrales qui incarnent la solidarité et le respect des coutumes maliennes, particulièrement à partir du 10e jour du Ramadan. Une éducation ancrée dans les valeurs traditionnelles, Dans la société malienne, l’éducation des enfants reposait sur trois piliers : la famille, la communauté et l’école. Organisés en classes d’âge, les enfants apprenaient la sagesse, l’honnêteté et le respect des traditions. Au 10e jour du Ramadan, ils se réunissaient pour collecter l’aumône, une pratique unissant riches et pauvres dans la joie du chant et de la danse. « Ces moments renforcent l’entraide et la cohésion sociale », souligne un ancien de Bafoulabé. Le 28 avril 2025, les enfants de Bafoulabé ont honoré cette tradition. Les garçons, dans le cadre du « Yogoro », ont préparé une ripaille collective avec les céréales collectées, tandis que les filles, qui ont fait le « Salawalé », ont offert leur première tartine à la reine du fleuve « Bafaro » en signe de gratitude. Ces gestes témoignent de la solidarité et de l’attachement des jeunes à leur héritage culturel. Alors que le « Yogoro » et le « Salawalé » tendent à disparaître dans certaines régions du Mali, sous l’effet des nouvelles technologies et d’une méconnaissance croissante, Bafoulabé reste un bastion de ces pratiques. « Nos enfants montrent l’exemple en valorisant notre identité culturelle », affirme un membre de la société civile locale. Face aux risques d’hybridation culturelle, les habitants de Bafoulabé appellent à préserver ces traditions. « La culture est notre identité. Protégeons-la pour les générations futures », insiste un responsable communautaire. BM/OS/MD (AMAP)
Kangaba : Grève de 96 heures des agents des collectivités territoriales
Kangaba, 29 avr (AMAP) Les agents des collectivités territoriales du Cercle de Kangaba ont entamé, ce mardi 29 avril 2025, une grève de 96 heures, suite à un préavis déposé le 24 avril par le Secrétaire général du bureau local du Syndicat national des agents des collectivités territoriales (SNACT), a constaté l’AMAP. L’arrêt de travail, qui se prolongera « jusqu’au vendredi 2 mai, est reconductible pour 120 heures à partir du lundi 5 mai si les revendications ne sont pas satisfaites », indique le syndicat. Le principal motif de la grève est le non-paiement des salaires et accessoires des mois de mars et avril 2025 pour les agents de la mairie de la Commune urbaine de Karan. « Nous exigeons simplement le versement des salaires dus pour mars et avril. Les fonds sont disponibles, mais des obstacles persistent », a déclaré un représentant du SNACT. Les grévistes dénoncent également l’ingérence répétée du délégué local du Contrôle Financier de Kangaba dans les dépenses des collectivités. « Cette immixtion bloque fréquemment nos salaires, perturbe le climat social et entrave le fonctionnement des collectivités », a ajouté un agent gréviste. Ce blocage, selon les manifestants, alimente un ras-le-bol généralisé au sein du personnel. Le préavis précise que la grève, débutée ce mardi, pourrait être prolongée si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin du mouvement, vendredi. « Nous sommes déterminés à poursuivre jusqu’à ce que nos droits soient respectés », a martelé un membre du syndicat. SD/OS/MD (AMAP)
Protection de l’Enfant : Signature d’un protocole entre le ministère en charge de l’enfant et l’Unicef
Bamako, 29 avril (AMAP) Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille (MPFEF), Mme Diarra Djènèba Sanogo a présidé, ce mardi, la signature du protocole de déploiement du Système de Gestion de l’Information relative à la Protection de l’Enfance (CPIMS+) au Mali, a constaté l’AMAP. La cérémonie de signature a s’est déroulée dans la salle de réunion du département du département en charge de la famille, en présence du représentant de l’Unicef au Mali, Pierre N’GOM, qui a expliqué qu’il s’agit d’une étape déterminante qui permettra d’améliorer le système national de protection de l’enfance grâce à une coordination renforcée entre tous les acteurs concernés. Pierre N’GOM a également expliqué que cette initiative répond aussi aux recommandations importantes formulées par le comité de revue de la mise en œuvre de la Convention relative aux Droits de l’Enfant à Genève. « L’Unicef est honoré de contribuer à ce projet, sous le leadership du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille », a-il-dit. Avant de saluer le leadership exemplaire du Ministère, et de réaffirmer l’engagement indéfectible de son organisation à accompagner le MPFEF dans ses efforts pour améliorer la situation des enfants au Mali. Le ministre Diarra Djènèba Sanogo a rappelé que ce protocole marque un point de départ de la mise en œuvre d’une des recommandations du comité des Droits de l’Enfant sur le rapport du Mali lors de sa 96ème session tenue les 9 et 10 mai 2024 à Genève, par rapport à la disponibilité sur la situation des enfants dans notre pays. Elle s’est réjoui de la signature de ce présent protocole tant attendu. « Mon département veillera à la mise en œuvre, à la coordination et au suivi du système sur le terrain et cela dans l’intérêt supérieur des enfants du Mali », a fait savoir le ministre Mme Diarra Djeneba Sanogo. ST (AMAP)
Madou Sidiki Diabaté : Le virtuose de la kora, trait d’union entre tradition et modernité
Bamako, 2 avr (AMAP) Dans l’univers de la musique mandingue, Madou Sidiki Diabaté brille comme une étoile. Né dans les années 80 à Bamako, ce djeli (griot) de la 71e génération perpétue une lignée de joueurs de kora, instrument emblématique d’Afrique de l’Ouest. Fils du légendaire Sidiki Diabaté, « roi de la kora », et de la griotte Mariam Kouyaté, Madou incarne un héritage millénaire qu’il enrichit d’une créativité audacieuse. Sur son site officiel, Madou est décrit comme un talent précoce. Dès l’âge de trois ans, la musique s’impose à lui comme une évidence. Madou accompagne sa mère aux cérémonies en jouant du tamani, un petit tambour traditionnel. Un an plus tard, à quatre ans, un ami de son père, Sounkalo, lui offre sa première kora. Sans maître ni contrainte, Madou apprend seul, laissant ses doigts danser sur les 21 cordes avec une aisance instinctive. « Pour moi, la kora est un don fait à ma famille, jouer est naturel », confie-t-il. Cette connexion profonde avec l’instrument se ressent dans chacune de ses notes, où se mêlent la puissance de la tradition et une inventivité résolument moderne. « La kora est un don à ma famille, jouer est naturel », confie-t-il. À cinq ans, il monte sur scène au Centre culturel français de Bobo-Dioulasso, aux côtés de ses parents. Enfant unique de sa mère et dernier fils de son père, Madou devient rapidement leur compagnon inséparable. À cinq ou six ans, il foule pour la première fois une scène, au Centre culturel français de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, aux côtés de ses parents. Ce baptême du feu marque le début d’une vie dédiée à la musique. En 1991, à tout juste dix ans, il traverse l’Atlantique pour son premier voyage en Europe. Lors du festival Africolor à Paris, il assure en solo la première partie du concert de ses parents, captivant déjà le public par son talent précoce, marquant les débuts d’une carrière exceptionnelle La disparition de son père en 1996, après un ultime concert commun au Festival Printemps des Cordes à Dakar, est un tournant. Madou, alors adolescent, puise dans cet héritage pour tracer sa propre voie. Influencé par son défunt frère aîné Toumani Diabaté et son cousin Ballaké Sissoko, il se forme à l’Institut National des Arts de Bamako et devient assistant au Conservatoire Balla Fasséké. Il s’inspire de leurs œuvres sans jamais bénéficier d’un enseignement formel. « J’écoutais leurs cassettes, c’était mon école », raconte-t-il. TALENT PRECOCE, TRADITION, PIONNIER MODERNE Formé à l’Institut national des arts (INA) de Bamako, puis assistant de son frère Toumani au Conservatoire Balla Fasséké, Madou Sidiki Diabaté ne se contente pas de préserver la tradition : il la révolutionne. Premier à intégrer pédales d’effets, séquenceurs Yamaha QY et kora MIDI, il repousse les limites de son art. En 1999, ses collaborations avec Kandia Kouyaté et le Ballet malien lancent sa carrière solo. Son premier album éponyme (2006) assoit sa réputation, suivi d’œuvres marquantes comme Mali Latino (2010), suivi d’une discographie riche de plus de dix opus, dont Mali Latino (2010), enregistré chez Real World Studio de Peter Gabriel nominé aux Songlines Awards. Figure internationale, Madou Sidiki Diabaté n’est pas seulement un griot malien, il est une figure mondiale. Il a donné plus de 2 000 concerts et participé à 200 festivals, du Royal Albert Hall avec Damon Albarn ou London Stadium devant 80 000 spectateurs avec Burna Boy et Salif Keïta. Ses collaborations avec Amadou & Mariam, Tony Allen, Dee Dee Bridgewater ou Tiken Jah Fakoly transcendent genres et frontières. En 2010, il fonde Madou Sidiki & The Manding Griot Groove, un orchestre fusionnant instruments traditionnels (kora, djembé, sabar) et instruments modernes (guitare, basse, batterie), revisitant et réinventant le répertoire ancien du Manding avec des arrangements novateurs. « Je puise dans la musique de mes ancêtres pour inspirer les générations d’aujourd’hui », explique-t-il. Malgré son statut de star internationale, Madou reste fidèle à son rôle de griot. Médiateur lors de cérémonies sociales, il incarne une modernité qui n’oublie pas ses racines. Ambassadeur de la culture malienne, il accumule les distinctions : Chevalier des Arts et de la Culture en 2025, prix Kandjoura Coulibaly en 2023, ou encore une nomination aux Songlines Awards pour Griot Jazz (2022). À Bamako, où il vit toujours, Madou Sidiki Diabaté est une icône pour la nouvelle génération de joueurs de kora, qui s’inspirent de son style unique. Entre tradition et innovation, il continue d’écrire l’histoire d’un instrument millénaire, prouvant que le passé peut résonner avec une vitalité éclatante dans le présent et le monde entier et que l’héritage mandingue est d’une vitalité contemporaine avec Madou Sidiki Diabaté, entre tradition et innovation, OS/MD (AMAP)
Voyage à l’intérieur du Mali : Une odyssée matinale de Bamako à Koutiala
Par Moussa M. DEMBELE AMAP Bamako Bamako, 29 avr (AMAP) À 6h14, la gare routière de Sogoniko, à Bamako, s’éveille dans une effervescence très matinale. Les passagers, billets en main, affluent pour le départ prévu à 8h vers Koutiala, via Ségou. Dans ce ballet organisé, l’attente, les rencontres et les petites histoires du voyage tissent une fresque vivante de la vie malienne, entre chaleur écrasante, traditions et modernité. Dès l’entrée, des jeunes guident les voyageurs. Ceux sans billets se pressent aux guichets, tandis que les détenteurs de tickets passent sous l’œil perspicace du vigile. À l’intérieur, des nattes accueillent adultes, enfants et personnes âgées, certains encore endormis. Les bagages s’entassent dans les soutes du car, une file impatiente s’improvise devant les toilettes. « Faites vite, vous n’êtes pas les seuls usagers ! » lance un voyageur excédé. Malgré des pancartes indiquant des latrines séparées pour hommes et femmes, la distinction est ignorée, et l’état de certaines installations laisse à désirer. Le car pour Koutiala, prévu pour 60 passagers, attire plus de 80 personnes, créant une bousculade. Des retardataires, comme un voyageur attendant depuis 4h, déplorent des départs manqués. « J’étais de l’autre côté de la gare, mais le bus est parti sans moi. Les billeteurs ne donnent pas de réponses claires », se plaint-il. Un billeteur rétorque : « Chaque bus a sa place. Patientes, tu pars à 8h. » AU RYTHME DE LA MUSIQUE ET DES CONVERSATIONS – À 7h50, le véhicule est prêt. Le chauffeur finalise ses réglages. A 8h, le bus s’élance sur l’axe Bamako-Ségou-Koutiala. À l’intérieur, l’écran diffuse « La Patronne » de la Guinéenne Djelikaba Bintou, artiste récemment médiatisée pour sa vie personnelle tumultueuse. Les passagers, bercés par la musique, entament des discussions animées. Deux hommes près de la porte échangent sur leur vie. « J’ai dit à ma femme que je vais prendre une deuxième épouse, qu’elle le veuille ou non », confie l’un, avant que son oncle ne le qualifie de « trop turbulent ». À 8h04, nous longeons le stade du 26 Mars, évitant les embouteillages. Le soleil, brûlant en cette saison chaude, éclaire les visages. À la sortie de Bamako, un arrêt révèle deux places réservées, contrairement aux annonces initiales. Au péage de Kassela, le système d’enregistrement des plaques, encore manuel, ralentit le passage. Entre Baguineda et Kassela, la verdure des manguiers et la forêt classée, marquée par des traces de feux de brousse, captivent les regards. « A chaque saison sèche, des feux éliminent les herbes, mais touchent aussi les plantes », observe un passager, sans réponse claire sur leurs origines. À Zantiguila, le poste de contrôle grouille de vendeurs ambulants proposant biscuits, œufs et eau, prisée sous la canicule. Un vendeur de remèdes traditionnels tente sa chance, mais les passagers, absorbés par leurs conversations, l’ignorent. La route, en bon état jusqu’à Ségou, traverse des villages paisibles. À l’entrée de la Cité des balanzans, ces arbres emblématiques suscitent l’admiration. Sur l’écran, le rappeur malien Wiz Montana provoque des réactions avec son titre : « Allah ka na Mali taa nje » (Qu’Allah ne développe pas le Mali). Un bouchon causé par une course cycliste entre Fana et Ségou, ralentit la progression. Au poste de contrôle de Ségou, vérification des pièces et les contrevenants s’acquittent d’amendes. Après Ségou, la route se dégrade, forçant le chauffeur à ralentir. Des passagers somnolent, érientés par le trajet. À 14h, le bus atteint M’Pessoba, marquant la fin de notre périple. Ce voyage, ponctué de musique, de discussions et de paysages variés, reflète la vitalité et les contradictions du Mali : une société en mouvement, entre traditions, défis logistiques et aspirations modernes. MMD/MD (AMAP)
Ouélessébougou : Plus d’un millier de patients attendus par l’ONG américaine Utah Alliance pour sa campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits de l’œil
Ouélessébougou, 28 avr (AMAP) Plus d’un millier de patients sont attendus pour la campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits des maladies de l’œil de l’Utah Alliance, une ONG américaine, qui a débuté, ce lundi 28 avril 2025, pour cinq jours, au Centre de santé et de référence (CSRéf) de la ville, a constaté l’AMAP. L’objectif de cette campagne de Utah Alliance, qui intervient dans la Commune de Ouélessébougou, depuis trente-cinq ans, en collaboration avec le District sanitaire, est la lutte efficiente contre la cécité au Mali, en prenant en charge gratuitement toutes les personnes affectées par les maladies liées à la vision. La coordinatrice santé de l’ONG, Mme Viviane Traoré, s’est réjouie de la réussite de la première journée et de la mobilisation massive des patients venus de toutes les régions du Mali. Elle a également salué l’implication du médecin-chef du CSRéf, Dr Abdrahamane Dicko et tout son personnel pour leur engagement dans cette oeuvre humanitaire. « Cette campagne de 2025 concerne la consultation, la chirurgie du cataracte et du glaucome, les soins et le don de verres correcteurs aux personnes nécessiteuses, sous une assistance médicale, de dix-sept ophtalmologues américains, actuellement présents, à Ouélessébougou, dans le cadre de cette activité », a-t-elle précisé. Mme Traoré a lancé un appel à l’endroit « de toutes les personnes touchées par ces pathologies, à l’intérieur du pays », de les rejoindre au CSRéf de Ouélessébougou, tout en mettant un accent particulier sur la gratuité de toutes les interventions. Pour sa part, Lancine Bamba, un patient sexagénaire, venu de Bougouni, a, après avoir reçu ses soins, non seulement remercié l’ONG « pour l’opportunité offerte aux personnes vulnérables » mais, aussi, » apprécié « la qualité des soins prodigués par les ophtalmologues américains. » Cette campagne prendra fin le 02 mai prochain. AC/MD (AMAP)
Mali : Campagne digitale de l’UNICEF contre la désinformation vaccinale

Bamako, 28 avr (AMAP) L’UNICEF, confrontée à la propagation de la désinformation et de l’hésitation vaccinale, notamment sur les réseaux sociaux, déploie une campagne digitale au Mali intitulée « Une dose de bonnes nouvelles », dans le cadre de la Semaine mondiale de la vaccination 2025, afin de rappeler l’importance vitale des vaccins pour la survie et le développement des enfants, a appris l’AMAP de source officielle. « Les vaccins sauvent des vies, et nous voulons diffuser ce message positif sur toutes les plateformes numériques », affirme le représentant de l’UNICEF au Mali cité par un communiqué de presse conjoint du ministère de la Santé et du Développement social (MSDS) de l’Alliance du vaccin (GAVI), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF. La campagne mettra en lumière des témoignages concrets montrant comment une vaccination opportune a protégé des millions d’enfants contre des maladies mortelles. « Ces contenus, adaptés aux réseaux sociaux, visent à contrer les fausses informations qui alimentent la méfiance. » La polarisation autour de la vaccination, exacerbée par des coupes dans le financement des projets de santé mondiaux, aggrave la résurgence des épidémies. « Certains gouvernements hésitent à prendre position, ce qui fragilise les efforts mondiaux », prévient l’UNICEF. Cette situation est d’autant plus critique que l’organisation traverse une crise financière sans précédent, rendant l’appui des partenaires essentiel. L’UNICEF appelle à une mobilisation pour relayer les messages de la campagne et garantir un accès équitable aux services de santé. « Restons aux côtés des enfants », insiste l’organisation, qui partage des contenus prêts à l’emploi pour les médias sociaux. « Imaginez un monde où aucun enfant ne souffre ni ne meurt d’une maladie évitable par la vaccination. Les vaccins contre la rougeole, la poliomyélite et le cancer du col de l’utérus nous rapprochent de cette réalité », souligne l’UNICEF. Au Mali, une avancée historique a marqué la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril 2025, avec l’introduction officielle du vaccin antipaludique dans le Programme élargi de vaccination (PEV), signale par ailleurs l’UNICEF. Sous l’égide du ministère de la Santé et du Développement social et avec le soutien de l’Alliance du vaccin (GAVI), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF, ce vaccin sera déployé dans 19 districts prioritaires, ciblant les enfants de 5 à 36 mois à travers un schéma de cinq doses. OS/MD (AMAP)
Transformation de peaux d’animaux : D’énormes défis à relever sur le chemin de la qualité
Par Aminata DJIBO Bamako, 28 avr (AMAP) Au bord du fleuve Niger, à Baco-djicoroni, la fraîcheur matinale cadre bien avec l’animation et l’ambiance. Panier en main, des femmes se dirigent vers l’eau boueuse comme une escouade en mission. Elles ont des peaux d’animaux (chèvre et mouton) dans des récipients qu’elles tremperont dans un mélange de produits liquides aux odeurs fortes et désagréables. C’est un travail ardu et minutieux pour ces braves dames dont les murmures et gestes se mêlent aux brouhahas des enfants qui s’amusent à épiler les peaux. « Nous faisons ce travail depuis des années. Nous sommes approvisionnées chaque matin par des bouchers. Après le nettoyage, nous revendons les peaux à partir de 500 Fcfa à des acheteurs qui les convoient, pour la transformation, à l’Artisanat », affirme Oumou Traoré, triant les peaux prêtes à être lavées. Parlant du processus de traitement, l’une des femmes explique qu’elles commencent par tremper les peaux dans une solution de potasse pendant une nuit. Elles sont, ensuite, lavées dans les eaux du fleuve et mises dans des fientes de poules pour un dernier nettoyage, puis replongées dans une solution de nep nep (fruit de l’acacia nilotica). Une fois cette étape terminée, les peaux sont exposées aux rayons du soleil le temps d’être bien asséchées. Ces peaux sont utilisées dans la fabrication des produits de maroquinerie (sac, ceinture et chaussure). Sadio Korkoss, un vieux travailleur du cuir au Grand marché de Bamako dans le secteur dénommé «Artisanat», y évolue depuis plusieurs années. «Quand nous achetons la peau sèche, nous appliquons des colorants, principalement du jaune et du marron», dit-il, tout en insistant sur la nécessité de choisir la bonne peau dès le départ. Evoquant la chaîne complexe de valeur ajoutée du métier, l’artisan explique qu’un mouton nourrit jusqu’à cinq personnes, de celle qui l’élève à celle qui vend la peau, en passant par les artisans qui la transforment en produit fini. Cependant, malgré cette valeur ajoutée, la chaîne de production fait face à une kyrielle de défis. EXPORTATION DE PEAUX – Par le passé, une peau de mouton se vendait à 2 000 Fcfa et celle de vache à 10 000 Fcfa. La donne a changé, selon Sadio Korkoss. «Il est rare de voir des peaux de vaches à Bamako, car la majorité est exportée vers le Ghana, la Thaïlande et le Brésil. La peau de chèvre est principalement destinée aux concepteurs de tambour», précise-t-il. Cette tendance est due au manque d’infrastructures modernes de transformation au Mali où l’industrie du cuir, en particulier celle de la fabrication de chaussures, a connu son âge d’or. « L’Industrie malienne des tanneries (IMAT) peut traiter jusqu’à 30 000 peaux par jour », selon son chef du personnel, Almoubachar Haïdara. Mais faute de clients réguliers, « seulement quelques conteneurs sont envoyés à l’exportation chaque mois, et encore moins si la qualité ne répond pas aux attentes du marché international. » Malgré cette capacité de production, l’industrie malienne peine à s’imposer face à la concurrence internationale parce que la transformation des peaux au Mali reste partielle. La plupart des produits sont envoyés à l’étranger sous forme de produit semi-fini, souvent pour être traités dans des pays où les standards de fabrication sont plus élevés. « En raison du manque de technologies et d’une infrastructure fragile, l’objectif de produire des articles finis sur place est encore un rêve lointain », avoue notre interlocuteur. Oumar Koné, vendeur d’articles à l’Artisanat, renchérit : « Le marché des produits artisanaux n’est plus aussi florissant et la qualité des peaux locales se détériore. Cette situation est due essentiellement à la rareté des activités touristiques. » Malgré un marché morose et des tonnes d’invendus, l’IMAT tient. Selon le chef de personnel, l’entreprise se tourne vers la modération de ses produits. « Nous traitons des peaux provenant de divers pays, comme le Sénégal et nous avons une usine qui traite des peaux de chèvres et de moutons. Le processus est complexe. Au Mali, l’absence d’abattoirs frigorifiques pour les peaux pose également un problème», dit-il. QUALITÉ EN CAUSE – L’une des étapes cruciales de la transformation est la conservation des peaux, souvent en utilisant du sel. Cette méthode permet de prolonger leur durée de vie avant de commencer le traitement. Selon Almoubachar Haïdara, la production industrielle de cuir au Mali suit un long processus de transformations chimiques. La peau est soumise à un premier traitement où des produits chimiques sont utilisés pour éviter la putréfaction. Elle est ensuite plongée dans des solutions, notamment une solution de bleu neige, un produit à base de chrome qui permet de la teindre, donnant ainsi une couleur uniforme. Ce traitement se poursuit jusqu’à ce que la peau soit prête pour la coupe et la fabrication de produits finis. La qualité des peaux d’animaux au Mali est souvent mise en cause. Certains spécialistes expliquent que cette situation est liée à beaucoup de facteurs, notamment le climat sahélien qui fait que nos animaux sont moins gras, donc leurs peaux sont moins adaptées à la transformation. « En raison du climat sahélien, les animaux au Mali ne sont pas aussi gras que dans d’autres régions, ce qui rend certaines peaux moins adaptées à la transformation. Nous devons toujours travailler avec des peaux de qualité inférieure et souvent, nous avons des défauts visibles après le traitement », regrette Almoubachar Haïdara Autre handicap du secteur est que les produits fabriqués localement, notamment les sacs, les ceintures ou chaussures, peinent à séduire le marché local. Nous avons fait un tour à l’Artisanat de Bamako, où chacun a une tâche, qu’elle soit simple ou délicate. Certains mettent de la peinture sur les peaux sèches et d’autres utilisent des machines à coudre pour confectionner divers articles. La diversité des produits, accrochés aux murs, en dit long sur le savoir-faire des artisans maliens. Mais leur travail n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. « Nous souffrons ici pour faire de meilleurs produits, mais quand on dit nos prix, les clients fuient. Pourtant, si c’est importé d’autres pays ils les achètent », déplore

