Fête traditionnelle des masques à Mouni, dans le Cercle de Mandiakuy (Centre).
Mandiakuy, 09 juin (AMAP) Lundi, 09 juin 2025, le village de Mouni a vibré au rythme des tams-tams et des masques, lors d’une cérémonie culturelle de grande envergure célébrée chaque année dans ce petit village Bwa avant l’installation de la saison des pluies, a constaté l’AMAP. Autrefois, elle ne passait jamais inaperçu. Grand festival national des masques pendant une décennie, l’insécurité grandissante dans la zone à réduit l’événement à sa forme traditionnelle. Après avoir passé dix jours dans la brousse, les masques sont revenus dans le village, lundi matin en trois groupes. Le premier groupe de masques, pour donner le ton de la fête aux environs de midi. Une dizaine de masques, tous noirs, ont fait le tour du village, en exécutant des danses expiatoires, signes de demande de pardon et prier les ancêtres de leur accorder une bonne saison de pluie. Ils sont suivis par de nombreuses femmes et des enfants. Le deuxième groupe fait son entrée et visite les sites de culture et de tradition. Ces Bwa sont des cultivateurs de produits vivriers, d’arachide et surtout en fibre de dah (hibiscus, oseille), essentielle dans la fabrication des masques. Enfin, le troisième et dernier groupe de masques retourne au village aux environs de 16 heures. Celui-là passe devant les concessions des notables, exécute des danses folkloriques aux rythmes des tams-tams et des flûtes traditionnels avant de rejoindre la place publique où la fête s’est déroulée toute la soirée. Le chef de village Kalifa Thienou que nous avons rencontré chez lui, a formulé des voeux de paix et de stabilité pour la nation Mali, « seule condition qui pourrait permettre le retour du festival des masques dans son village. » JD/MD (AMAP)
Mali : Une semaine pluvieuse avec des températures élevées du 9 au 15 juin
Bamako, 9 juin (AMAP) La semaine du 9 au 15 juin 2025 au Mali sera marquée par des conditions météorologiques pluvieuses dans la majeure partie du pays, accompagnées d’un ciel nuageux à localement couvert, annonce lundi la Cellule de communication du ministère des Transport et des Infrastructures/Agence Mali-Météo. « Les vents de mousson domineront sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la région de Taoudéni », précise la même source. Les prévisions météorologiques hebdomadaires annoncent des pluies dans plusieurs régions, notamment à San, Gao, Dioïla, Sikasso, Tombouctou, Kayes, Kita et le district de Bamako dès le lundi 9 juin. Ces précipitations se prolongeront tout au long de la semaine, touchant également Bougouni, Douentza, Koutiala, Bandiagara, Nioro, Mopti, Ségou, Nara et Kidal à des jours variés, avec une couverture particulièrement large le samedi 14 et le dimanche 15 juin. Les températures resteront stables, avec des maximales oscillant entre 35°C et 46°C et des minimales entre 23°C et 33°C. Cependant, la visibilité sera réduite dans les régions du Nord et du Centre en raison de la poussière en suspension. L’Agence Mali-Météo recommande à la population de rester informée des mises à jour des prévisions météorologiques tout au long de la semaine. OS/MD (AMAP)
Le Président Goïta assiste à la première exécution de la Confédérale (l’hymne de la Confédération AES)
Bamako, le 9 mai (AMAP) Le président en exercice de la Confédération Alliance des Etats du Sahel (AES), chef de l’État malien, le général d’armée Assimi Goïta, a présidé, ce matin au palais de Koulouba, à la montée des couleurs de l’AES sur les mélodies de la Confédérale (hymne de la Confédération AES), exécuté, la première fois, par le Bataillon de musique des forces armées et de sécurité, a constaté l’AMAP sur place. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier du ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de Division, Abdoulaye Maïga, accompagné par des membres du gouvernement, du président du Conseil national de Transition (CNT), le général de corps d’Armée Malick Diaw, ainsi que des ambassadeurs du Burkina Faso et du Niger dans notre pays. Y compris d’autres diplomates accrédités au Mali. Le personnel de la Présidence de la République, civils et militaires, ont participé massivement. Selon le général de division Abdoulaye Maïga, la Confédérale n’est pas qu’une simple composition de mélodies, mais « elle comporte des messages et permet de transmettre des valeurs fortes autour desquelles nous nous retrouvons en tant que Peuple de l’AES». Et d’ajouter « qu’avec l’exécution, aujourd’hui, de cet hymne, nous avons l’obligation, citoyens de l’AES, de l’approprier. » La Confédération AES est une entité juridique de nature étatique dont le modèle repose sur des symboles. Au-delà du drapeau, l’AES dispose désormais d’une devise qui est : un Espace-un Peuple-un Destin. et auss la Confédérale. OD/MD (AMAP)
Attaques des groupes terroristes : L’Armée lance une vaste contre-offensive (Etat-Major général)
Bamako 09 juin (AMAP) « La vaste contre-offensive lancée à travers l’ensemble du territoire national se poursuit en vue de briser la dynamique récente des attaques obscurantistes », a appris l’AMAP dans un communiqué de l’Etat-major général des Armées publié le 07 juin 2025. « Dans ce cadre, la traque des groupes armés terroristes obtient des résultats significatifs, grâce aux efforts des services de renseignement et à la proactivité des FAMa », précise le communiqué. Et d’ajouter : « Ainsi, à l’approche de la fête de Tabaski, la vigilance des services et forces combinées a permis de déjouer plusieurs complots et projets d’attentats terroristes, dont le but était de semer la panique au sein des populations et de déstabiliser les institutions de la république, en coordination avec des relais financiers et médiatiques prêts à exploiter leur actions ». La source sécuritaire indique que « des cellules infiltrées dans certaines grandes villes ont été démantelées, de nombreux complices arrêtés et d’autres encore sous surveillance. » Par ailleurs, le chef d’Etat-major affirme que « dans la profondeur, de nombreuses bases logistiques servant à la préparation des attaques ont été repérées et détruites ». Plusieurs actions terrestres et aériennes ont été menées au cours des dernières 24 heures, selon le communiqué. Dans la journée du 06 juin, « un important plot logistique terroriste de carburant a été identifié et détruit dans les secteurs de Boulkessi et Douna, région de Bandiagara. Les FAMa ont également débusqué et détruit le plot logistique terroriste de Kardjila, à l’Est de Gourma- Rharous, Région de Tombouctou » Le texte précise que « cet important dépôt, comprenant plus de 1 000 barriques de carburants, qui servait de point de ravitaillement aux terroristes a été traité avec efficacité par les vecteurs aériens ». L’Etat-major général, poursuit : « dans la journée du 07 juin 2025, suite aux renseignements précis et après de longues heures de surveillance, « les FAMa ont détruit une importante base de terroriste à l’Est de Zahro, dans la localité de Gourma Rharous. » Le communiqué indique que « cette action a permis de détruire 01 poste de commandement contenant des équipements et moyens de transmissions, 03 véhicules embarquant des combattants terroristes et d’importants stocks logistiques et concomitamment avec l’action de Zarho, un raid aérien a détruit une base terroriste aux environs d’Essouk, à 45 km au Nord-Ouest de Kidal. » L’Etat-major, s’est félicité « du soutien constant des populations », avant d’ssurer que « tous les moyens sont mis en œuvre pour chercher et détruire les groupes armés terroristes, leurs sanctuaires et caches logistiques sur l’ensemble du territoire. » MMD/MD (AMAP)
Niono : la filière pomme de terre bat de l’aile
Par Mahamadou SAMAKE Niono 29 mai (AMAP) Les terres de l’Office du Niger (ON) sont favorables à la culture de nombreuses spéculations parmi lesquelles le coton, le riz, la canne à sucre, les produits maraîchers (l’oignon, la pomme de terre). Selon Frédéric Coulibaly et Aissata Coulibaly tous responsables Promotion des Organisations Paysannes (POP) dans la zone de production de Niono, les tests effectués par l’Institut polytechnique rurale de Katibougou, en son temps, ont été concluants pour la culture de la pomme de terre. « Ainsi, l’introduction de la culture de la pomme de terre à l’ON se fera à partir de 2012 dans le cadre de la diversification des cultures mais, également, pour l’autosuffisance alimentaire », ont-ils dit. Un Programme Etat-Office du Niger a été mis en place pour soutenir la culture de la pomme de terre. Il a formé des producteurs et procédé à la distribution d’intrants. Le programme a enregistré de bons rendements avec la mise en place de coopératives, d’unions, toutes affiliées à l’interprofession. Selon nos interlocuteurs, à la fin du programme, la culture de la pomme de terre en zone Office du Niger connaît une phase décroissante. Les coopératives, les unions sont peu fonctionnelles. Les producteurs y font face avec les moyens de bord. Pour la campagne agricole 2024-2025, la zone ON de Niono a fait une prévision de 165,5 hectares, le tout a été réalisée avec une production de 5 794,5 tonnes. Les membres de l’Union que nos interlocuteurs ont rencontrés, ont surtout évoqué des difficultés d’ordre organisationnel et économique. Ils soutiennent que l’Union n’est pas suffisamment outillée pour nouer des partenariats gagnant-gagnant avec d’autres acteurs, fournir des services aux membres pour mieux produire et organiser la conservation et la commercialisation. Sur le plan économique, l’Union manque de ressources financières pour approvisionner ses membres en intrants de qualité, en quantité et à temps. Autres difficultés : l’accès au crédit au près des institutions financières et le coût élevé des semences 37 500 Fcfa pour un sac de 25 kilogrammes. « La filière pomme de terre serait prometteuse en zone Office du Niger » disent les membres de l’Union « si l’Office s’impliquait dans la chaîne en appuyant les producteurs dans les maillons de production, de conservation et de commercialisation. » Selon eux, un partenariat avec l’opérateur Modibo Keita serait profitable aux producteurs pour l’accès aux semences. MS/MD (AMAP)
Armée : Contre-offensive avec des raids aériens contre cinq bases terroristes dans l’Ouest du Mali (DIRPA)
Bamako, 8 juin (AMAP) Dans le cadre de la grande contre-offensive des Forces Armées Maliennes (FAMa) visant à protéger les populations et contrer les groupes armés terroristes, des raids aériens ont ciblé, le 7 juin 2025, cinq bases terroristes dans l’Ouest du pays, a annoncé la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA). « Nos forces ont frappé avec précision pour neutraliser les velléités des terroristes qui cherchent à déstabiliser les institutions et embraser la situation sécuritaire », indique le communiqué. Les opérations ont permis de détruire deux bases à la lisière de la forêt du Baoulé, à environ 40 km à l’Ouest de Didiéni, deux autres à 20 km au Nord de Sandaré, et une dernière aux environs de Bafarara, à 40 km au Nord d’Aourou, dans la région de Kayes. « Ces bases, que les terroristes tentaient d’installer, ont été réduites en cendres », précise le texte. Les FAMa poursuivent leurs opérations de recherche et de destruction pour sécuriser la zone. L’ État-major général des armées (EMGA) a salué « la collaboration des populations », soulignant l’importance des renseignements fournis. « Nous remercions les citoyens pour leur coopération et les encourageons à continuer de partager toute information utile avec nos forces », a-t-il ajouté. OS/MD (AMAP)
Les FAMa ont neutralisé un véhicule piégé et ses occupants près de Balé, dans la région de Nara (Communiqué)
Bamako, 8 juin (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont détruit, Ce dimanche 8 juin 2025, un véhicule rempli d’explosifs et neutralisé ses occupants, à 11 km au sud-ouest de Balé, dans la Région de Nara, empêchant un attentat planifié par des groupes armés, annonce une source militaire. « Grâce à une longue et minutieuse surveillance, nos forces ont identifié et détruit avec précision ce véhicule civil, précédemment enlevé par des terroristes pour un projet d’attentat traître », a déclaré l’État-major général des Armées (EMGA) dans un communiqué. L’opération a été déclenchée suite à des renseignements signalant les intentions des groupes armés terroristes. « La vigilance des FAMa a permis de localiser et neutraliser la menace avant qu’elle ne puisse être exécutée. », selon la même source « Nous nous félicitons du professionnalisme et de la détermination de nos hommes », ajoute le communiqué, soulignant l’engagement des FAMa à protéger les populations. L’EMGA a réaffirmé sa « résolution à tout mettre en œuvre pour restaurer la paix et la quiétude. » « Rien ne sera de trop pour ramener la sécurité », a-t-il insisté. OS/MD (AMAP)
Sikasso : Démantèlement de plusieurs dragues à Misseni sur le fleuve Bagoé
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 07 juin (AMAP) Une mission des directions régionales de l’Assainissement, de la Géologie et des Mines, de l’Environnement, des Eaux et Forêts et de l’Hydraulique s’est rendue, le 28 mai dernier, à Misséni, dans la Commune rurale de Fourou, dans le Sud du Mali pour une identification des dragues à Kadiolo, avant de procéder à leur démantèlement. Ces interventions en application des dispositions de la loi 2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier, vise à contrecarrer la destruction des cours d’eaux et de l’écosystème (flore et faune) dans les zones minières. Toute chose qui contribuera au bien-être de la population, à la protection de l’environnement et de l’écosystème. Au passage de la délégation régionale dans la Commune rurale de Fourou, le chef de village de Alhamdoulilaye, Hamidou Coulibaly, a affirmé que le phénomène les a causés énormément d’ennuis. Dans cette zone aurifère où le dragage est pratiqué, il a confié que leurs animaux sont confrontés à un problème d’abreuvement et de nourriture. L’eau du cours d’eau est devenue impropre à la consommation pour les êtres humains. « Aujourd’hui, nous craignons de consommer l’eau de nos puits car ceux-ci peuvent être contaminés par l’eau souillée de ce cours d’eau », a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’ils ont, une fois, brulé trois dragues… Pour sa part, le directeur régional de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN) de Sikasso, Moussa Ballo, a mis un accent particulier « sur l’impact du dragage sur le fleuve et sur la qualité de l’eau. » « La pratique impacte négativement les berges du fleuve, la consommation de l’eau, le mouvement des pirogues et la vie des animaux aquatiques », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de préserver le cours d’eau. Moussa Ballo a dit que les services techniques ont besoin d’équipements adaptés pour la réussite de cette activité. Il a surtout insisté sur la sensibilisation des communautés. De son point de vue, « il faut donner le pouvoir aux autorités locales pour qu’elles puissent saisir toutes les dragues. » « Nous sommes sérieusement engagés à combattre le dragage », a-t-il affirmé avant d’appeler toutes les régions, où les cours d’eaux sont utilisés pour la recherche de l’or, à imiter l’initiative des autorités régionales de Sikasso. « S’il y’a une synergie d’action entre les régions, on pourra belle et bien circonscrire ce fléau », a-t-il indiqué. Le code minier, selon lui, condamne formellement la pratique. Selon le conseiller à la sécurité et à la protection civile de la gouverneure, le contrôleur général-major de police Tiantio Diarra, la pollution et la dégradation de la nature au Mali « sont devenues des dangers pour la vie de la population et celle des animaux aquatiques. » C’est la raison pour laquelle. la mission a été initiée par la gouverneure de la région. Selon lui, une première mission a été effectuée en février passé pour identifier les points qui ont le maximum de dragues. C’est à la suite de cela que le site de Kadiolo a été détecté. « Cette opération doit être dissuasive pour tous ceux qui ont des dragues. Ils doivent comprendre que l’activité est illicite et qu’il faut l’abandonner… », a indiqué le contrôleur général-major de police. Il a souligné que l’opération se poursuivra « car le fleuve Bagoé constitue une ressource naturelle appartenant à nos ancêtres et il doit être préservé. » En outre, Tiantio Diarra a dit que cette initiative est l’illustration de la détermination des autorités du Mali « pour le bien-être de la population. » Ainsi, les dragues extraites du fleuve Bagoé dans la localité de Misseni seront amenées au gouvernorat de Sikasso. « L’équipe de démantèlement a pu saisir 16 dragues. Il y reste une centaine », a affirmé la gouverneure de la Région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé. Elle a révélé que la mission n’avait pas de moyen adéquat, sinon les machines « costaud » pour extraire le reste des dragues. A cet effet, la cheffe de l’exécutif régional a saisi l’opportunité pour saluer la CMDT et les autres partenaires qui ont facilité la réalisation de l’opération de démantèlement. Pour l’heure, les 16 dragues sont gardées au gouvernorat de la 3ème région. Par ailleurs, elle a sollicité le soutien de tous car seules, les autorités régionales ne peuvent pas mener cette lutte. « Il faut une conjugaison des efforts de différents départements ministériels, dont ceux chargés de l’Environnement et de la s\Sécurité », a-t-elle insisté. Et de préciser que ceci appuiera l’équipe régionale quant à l’extraction et la sécurisation des dragues. « Nous allons poursuivre l’opération dans d’autres localités et instruire à tous les préfets de prendre des dispositions pour éviter la réinstallation des dragues extraites », a-t-elle promis. Elle a assuré que des mesures seront prises contre ceux qui s’adonnent à la pratique. Elle a remercié le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et le ministre de l’Economie et des Finances qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir la mission de démantèlement. Le dragage consiste à extraire des matériaux qui se trouvent en profondeur de l’eau. Le cas du fleuve Bagoé consiste à extraire de l’or dans les fin fonds du fleuve. MFD/MD (AMAP)
Mali : Mise en garde contre la diffusion d’images nuisibles aux Forces armées sur les réseaux sociaux (Procureur)
Bamako, 7 juin (AMAP) Le procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité de Bamako, Doucara Julienne Ouattara, a dénoncé, le 5 juin 2025, la diffusion « sur les réseaux sociaux d’images tendancieuses visant les Forces armées maliennes », dans le but de propager la désinformation et de troubler l’ordre public. Le procureur a indiqué avoir constaté « sur les réseaux sociaux des images malsaines, sensibles, tendancieuses et sources d’amalgame des éléments des Forces armées maliennes dans le seul but de nourrir et d’entretenir la propagande des organisations terroristes », indique un communiqué officiel. Le procureur a souligné que ces actes, destinés à « désinformer, démoraliser, créer la psychose et la terreur au sein des Forces armées », sont strictement prohibés par les lois pénales maliennes. « La diffusion et le partage de telles images exposent leurs auteurs, coauteurs et complices à des poursuites pénales », prévient-elle, ajoutant que ces agissements constituent « des infractions graves passibles de sanctions. » Dans un appel à la responsabilité, le procureur exhorte la population à faire preuve d’un « esprit citoyen et patriotique » pour s’abstenir de relayer ce type de contenu. « Aucun agissement infractionnel ne sera toléré », prévient-elle, tout en exprimant sa confiance en la « bonne compréhension de tous ». Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue face à la cybercriminalité et à la désinformation, alors que le Mali fait face à des défis sécuritaires majeurs. OS/MD (AMAP)
Cantines scolaires au Mali : Concilier bienfaits éducatifs et soutenabilité financière
Par Amara Ben Yaya TRAORÉ Bamako, 07 juin (AMAP) Les cantines scolaires offrent bien plus qu’un repas : elles sont un pilier de l’Education et du développement. Elles garantissent l’accès à l’école pour des millions d’élèves, tout en soutenant les communautés vulnérables. Selon Sika Traoré, directrice du Centre national des cantines scolaires (CNCS), la baisse des financements menace ce programme vital, compromettant l’avenir scolaire de milliers d’enfants. Pour des millions d’élèves maliens, l’école ne se limite pas à l’apprentissage : elle répond à des besoins essentiels. « Les cantines scolaires sont un moteur de développement, surtout dans un contexte de crises qui fragilisent nos populations », affirme Sika Traoré. Dans un pays où la faim touche une large part de la population, ce programme agit comme une solution pour attirer à l’école les enfants, parfois contraints de parcourir de longues distances pour se rendre dans les salles de classe. En 2024, les écoles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM), partenaire clé du CNCS, affichent un taux de rétention scolaire de 98 %, un résultat remarquable malgré les conflits et la précarité. «Un repas à l’école permet aux enfants de se concentrer sur leurs études», explique la directrice. Conçus pour répondre aux besoins nutritionnels, les menus renforcent la santé des élèves, améliorent leurs capacités cognitives et favorisent leur réussite scolaire. Cependant, ce programme essentiel fait face à des obstacles majeurs. La crise économique mondiale réduit les contributions des partenaires internationaux, épuisant les ressources du CNCS. « Les financements, souvent par acteurs extérieurs, sont durement touchés par cette conjoncture », constate Sika Traoré. Des organisations comme le PAM et Catholic relief services (CRS) ont dû réduire le nombre d’élèves pris en charge, forçant l’État malien à compenser avec des moyens limités. À cela, s’ajoutent les conflits dans le Nord du Mali, qui provoquent des déplacements massifs et augmentent le nombre d’enfants dépendant des cantines. « Les besoins ont explosé, mais nos capacités sont débordées », déplore la directrice. Au-delà de la nutrition, les cantines scolaires dynamisent l’économie locale. Avec le soutien du PAM et d’autres partenaires, le CNCS a développé des jardins et champs scolaires dans de nombreux villages. Ces initiatives génèrent des revenus, notamment pour les femmes, tout en produisant des légumes pour les repas. « Une partie des récoltes alimente les cantines, renforçant l’autonomie financière des femmes », explique Sika Traoré. Ces activités favorisent aussi la cohésion sociale : en travaillant ensemble, les femmes tissent des liens de solidarité. Dans certains villages, ces revenus alimentent des systèmes de micro finances communautaires, ouvrant la voie à une autonomisation économique durable. PÉRENNISATION DU FINANCEMENT – Pour assurer la continuité du programme, le PAM finance une partie des cantines et soutient des formations pour renforcer les capacités locales. Mais la pérennité repose sur des ressources importantes. Le CNCS estime le besoin à 17,3 millions de dollars pour maintenir les cantines et préserver leurs acquis. « Nous plaidons pour obtenir ces fonds, et le PAM a promis de nouveaux financements », déclare Sika Traoré, optimiste. L’État malien, qui gère 1 855 cantines de Kayes (Ouest) à Ménaka (Nord), une couverture sans équivalent, assume une part croissante des coûts. Pourtant, le retrait progressif de certains partenaires internationaux accentue la pression sur les finances publiques. Face à ces défis, le CNCS parie sur l’autonomie des cantines, en encourageant les communautés à les gérer via des jardins scolaires. « Nous sensibilisons les populations pour qu’elles s’approprient ce programme, renforçant ainsi la souveraineté nationale », explique la directrice CNCS. Cette approche prometteuse exige, toutefois, une forte mobilisation communautaire et un soutien technique constant, dans un contexte où les ressources humaines et financières restent limitées. « Les cantines maintiennent les enfants en classe et leur offrent une chance de bâtir un avenir meilleur », argumente Sika Traoré. Pourtant, ces progrès restent fragiles. Sans financements suffisants, la faim et l’abandon scolaire risquent de s’aggraver, menaçant les avancées en matière d’éducation des populations les plus fragiles. Face à ces enjeux, la directrice du CNCS lance un appel urgent à l’État afin de mobiliser des ressources pérennes, impliquer les communautés dans les initiatives locales, aux partenaires internationaux à fournir un soutien constant et aux parents et élèves à valoriser l’éducation rendue possible par ces repas. ABT/MD (AMAP)
