Relation Chine-Afrique : « La Chine accorde aux Pays les moins développés, y compris le Mali, des échanges commerciaux aux tarifs douaniers à taux zéro », déclare à Bamako l’ambassadeur chinois

Bamako, 20 mai 2025 (AMAP) « La Chine accorde aux Pays les moins développés qui ont des relations d’amitié avec elle, y compris le Mali, des échanges commerciaux aux tarifs douaniers à taux zéro », a annoncé, mardi à Bamako, l’ambassadeur de Chine au Mali, Chen Zhihong, qui a animé, à la représentation chinoise, une conférence de presse, a constaté AMAP. « Cela permettra, dit-il, aux produits des pays africains d’accéder plus facilement au marché chinois, de stimuler le développement industriel de l’Afrique, de l’aider à améliorer l’emploi et d’accélérer la réduction de la pauvreté » a dit le diplomate chinois, « Alors que les États Unis brandissent leur bâton tarifaire, la Chine ouvre grandement ses portes à ses amis africains et maliens », a poursuivi Chen Zhihong au cours de cet échange avec les médias où il a parlé des nouvelles mesures d’impositions de droits de douanes par les États Unies, les relations d’amitié de son pays avec l’Afrique et le Mali. Chen Zhihong, a expliqué que les mesures prises par les États Unies « sous divers prétextes concernent tous ses partenaires commerciaux y compris la Chine et le Mali. Une situation qui compromet les droits et intérêts légitimes des nations ». « Violant les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et nuisant au système commercial multilatéral fondées sur des règles et perturbant la stabilité de l’ordre économique mondiale », a-t-il dit. Selon lui, au moment où les pays africains s’efforcent de promouvoir leur développement, l’imposition par les États Unies de droits de douanes énormes « perturbent les rythmes de la relance mondiale et inflige des chocs injustifiés à l’économique africaine. » « Contrairement aux États Unies, la Chine œuvre à stabiliser le monde, en maintenant sa stabilité », a souligné Chen Zhihong. La Chine est ouverte, responsable et continue d’offrir davantage d’opportunités pour le développement mondial », a-t-il souligné. « L’année 2025 marque le 25e anniversaire de la création du Forum de coopération Chine-Afrique. Durant les 25 années écoulées, la Chine a aidé l’Afrique à construire et à moderniser près de 100 000 km de routes et plus de 10 000 km de chemins de fer », a-t-il le représentant de Pékin au Mali. Il a poursuivi : « Ces trois dernières années, les entreprises chinoises ont créé plus d’un million cent mille emplois sur le continent africain. L’année 2025 est l’année de la mise en œuvre des résultats du sommet de Forum sino-africain de Beijing. » Parlant des entreprises chinoises qui exploitent des ressources minières et opèrent illégalement sur des sites au Mali, l’ambassadeur a soutenu que ces entreprises « respectent strictement les lois du pays hôte. » « Nous avons appris que plusieurs entreprises disposent de permis, s’acquittent régulièrement de leur responsabilité sociale, créent des emplois locaux également et contribuent au développement local », a dit Chen Zhihong. Cependant, il a reconnu qu’« il existe certaines entreprises chinoises qui mènent des opérations illégales, ce qui affecte les relations amicales bilatérales. » « Les deux parties sino-maliennes ont déjà engagé des échanges approfondit sur cette question et travailleront ouvertement pour faire briller l’or dans le cadre de la coopération Mali-Chine », a assuré Chen Zhihong. Il a remercié les médias maliens pour « leurs efforts continus à suivre le développement de la Chine et promouvoir l’amitié » entre le Mali et son pays. ST/MD (AMAP)    

Compagnie malienne pour le développement des textiles : Dr Kouloumégué Dembélé désigné nouveau PDG

Bamako, 20 mai (AMAP) Dr Kouloumégué Dembélé, a été désigné Président directeur général (PDG) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), par la 104ème session du Conseil d’administration tenue mardi, au siège de la société à Bamako, succédant ainsi au Pr. Mamadou Moustapha Diarra qui a passé dix mois à la tête de la compagnie. La session du Conseil d’administration avait pour principal ordre du jour la cooptation d’un administrateur représentant le Mali et la désignation du nouveau PDG. Lors de la cérémonie de passation, le PDG sortant, Pr. Mamadou Moustapha Diarra, a présenté son successeur avant de remercier les travailleurs pour leur collaboration. « Je quitte mes fonctions la tête haute, avec la satisfaction d’avoir défendu une vision novatrice, axée sur les résultats, la restructuration et l’unification de la CMDT, notamment par l’absorption des filiales et l’ouverture des directions régionales de Bougouni et de San », a-t-il déclaré. Il a rappelé l’importance stratégique de la CMDT, qui couvre plus de 134 000 km², un territoire plus vaste que certains pays souvent mieux classés en production cotonnière. Il a également salué l’engagement des équipes autour d’une vision de qualité, de création de valeur ajoutée et d’optimisation des processus. Au nom des travailleurs, le représentant de la section syndicale, Abdoul Salam Togola, a salué l’engagement du PDG sortant. « Ce fut une période de défis, mais aussi d’avancées significatives. Ensemble, nous avons renforcé le dialogue social et instauré un climat de confiance », a-t-il affirmé. Il a toutefois pointé certains défis persistants, tels que les retards dans l’approvisionnement en intrants agricoles, le paiement des recettes du coton, les factures des fournisseurs et les conditions de travail affectées par les tensions de trésorerie. Prenant la parole, le nouveau PDG, Dr Kouloumégué Dembélé, a exprimé sa gratitude aux autorités pour la confiance placée en lui. « Je compte sur chacun d’entre vous pour porter plus haut les ambitions de notre société. Les défis sont nombreux, mais je suis convaincu qu’ensemble, nous y parviendrons. Aucun d’entre nous ne peut réussir seul », s’est-il adressé aux travailleurs. Avant sa nomination, Dr Dembélé était enseignant-chercheur à l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou, près de Koulikoro. MS/MD (AMAP)  

Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale : La culture au centre du règlement de conflits

Bamako, le 21 mai (AMAP) « Nos us et coutumes occupent une place de choix dans le document de référence dans le cadre du règlement de conflits dans notre pays », ont déclaré des membres de la Commission de rédaction du projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, devant la presse mercredi 21 mai, au Centre international de conférences de Bamako. Parlant du déroulement des travaux de la Commission de rédaction de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, Pr Oumar Camara Ka, membre de la Commission, a indiqué que le projet de Charte nationale, qui devrait être restitué, dans les jours à venir, au président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, est composé de 105 articles. Selui lui, le caractère endogène du document remonte au Dialogue inter-Maliens (DIM) tenu l’année dernière. « Toute la Charte parle de la culture. Il y a huit éléments que le gouvernement a édictés, notamment sur l’éducation à la citoyenneté et le patriotisme qui est fondamental dans la Charte. Partout dans les chapitres du document, l’accent est mis sur la culture, l’éducation familiale, préscolaire, universitaire, entre autres, les valeurs fondamentales de notre société… », a détaillé le Pr Kamara Ka, directeur du Conservatoire Balla Fassekè Kouyaté, pour insister sur les éléments culturels de notre pays dans le cadre du règlement de conflits. Il a ajouté que «la question de la gestion endogène des conflits fondamentaux est centrale dans toute la Charte ». » Car, a-t-il indiqué, parmi les articles de la Charte, le plus long est le 9 portant sur les valeurs partagées qui concernent essentiellement la culture endogène dans nos communautés. » « Il y a deux articles, a-t-il souligné, qui portent sur l’éducation civique et morale, précisément leurs valeurs basées sur la culture endogène. »  «Deux autres articles importants sont basés sur la culture de la paix et l’éducation à la paix, toute chose qui pousse le citoyen malien à adopter des attitudes positives concourant à la paix, à la sécurité et à la cohésion sociale dans notre pays»,  a continué le conférencier. Par ailleurs, selon lui, « les mécanismes de gouvernance sont également mis en place par les différentes autorités des communautés de notre pays pour prendre en charge la gestion endogène des conflits. » OD/MD (AMAP)

Élections à la tête de la BAD : la Mauritanie et le Sénégal à la quête de la voix du Mali

Bamako, 20 mai (AMAP) Les émissaires de la Mauritanie et du Sénégal ont été reçus, lundi, en audience, séparément, par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, venus solliciter la voix du Mali pour l’élection de leur candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) Les émissaires des deux pays voisins, à la ministre mauritanienne de l´Hydraulique et de l’Assainissement, Amal Maouloud, et le ministre des Forces armées du Sénégal, le général Birame Diop, ont été reçus au Palais de Koulouba par le président de la Transition, en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Première à être reçue, la ministre mauritanienne a transmis le message de son président, Mohamed Ould El-Ghazaouani, à son homologue malien. D´après Amal Maouloud, ce message porte sur « la réelle volonté du chef d’État mauritanien de renforcer, consolider et préserver les excellentes relations déjà existantes entre les deux pays et les deux peuples qui sont liés par la géographie, les valeurs de la religion, de l’histoire et par une culture commune. » Elle a, ensuite, indiqué que le message du président El-Ghazaouani vise également à informer son «frère et ami», le général d’armée Assimi Goïta de la candidature officielle de la Mauritanie à la présidence de la BAD. « Cette audience a été l’occasion de présenter au président Goïta, les grandes lignes de la vision du candidat mauritanien en la personne du Dr Sidi Ould Tah », a-t-elle souligné. Selon la ministre mauritanienne, Dr Sidi Ould Tah a cumulé plus de 30 ans d’expérience entre les postes de haute responsabilité et des institutions financières. Il a été notamment ministre des Affaires économiques de la Mauritanie pendant plus de sept ans. Dr Sidi Ould Tah vient d’achever un 2è mandat à la tête de la Banque arabe de développement (BADEA), a indiqué la ministre mauritanienne chargée de l´Hydraulique. Selon elle, le candidat mauritanien a su proposer un programme en phase avec les besoins réels des pays membres de la BAD. « L’échange avec le Président de la Transition a été très fructueux. Il m’a chargée d’informer son homologue mauritanien qu’il a entièrement confiance au choix qui a été fait par son pays», a confié Amal Maouloud. Quant au ministre des Forces armées du Sénégal, il était, lui aussi, porteur d’un message du président du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à son homologue malien. « Le chef de l’État sénégalais, a signalé le général Birame Diop, réaffirme sa volonté de travailler de manière constructive avec le président Goïta pour faire en sorte que les relations entre leurs pays se renforcent davantage. » «Son message est, aussi, un message de fraternité et d’amitié comme toujours. C’est un message de main tendue également à son frère et ami, le général d’armée Assimi Goïta, pour qu’ensemble, ils essayent de voir au plan bilatéral, tout ce qui peut être amélioré et consolidé. Mais, aussi, au plan multilatéral, notamment au niveau des instances auxquelles les deux pays appartiennent », a-t-il relevé. Le ministre sénégalais des Forces armées a dit qu’il s’agit de voir comment les deux chefs d’État peuvent travailler en synergie pour que ces instances se renforcent et atteignent les objectifs qui leur sont fixés. Le général Birame Diop faisait allusion, notamment à la BAD qui, aujourd’hui, compte tenu des enjeux financiers, joue un rôle plus que jamais important dans le devenir des États membres. « C’est une banque qui est à la croisée des chemins parce qu’elle est en train de renouveler son leadership. Le Mali et le Sénégal veulent voir comment ils peuvent, ensemble, faire en sorte qu’elle bénéficie d’un leadership qui a la vision, l’expérience et qui est expert », a-t-il indiqué. Et de poursuivre : « Nous verrons dans les jours à venir comment on peut travailler de manière à ce que ce processus de renouvellement du leadership au niveau de la BAD se fasse dans les meilleures conditions possibles ». Les élections pour la présidence de la BAD sont prévues le 29 mai prochain à Abidjan, en Côte-d’Ivoire. BD/MD (AMAP)  

Mariage collectif annuel chez les Dafing de Marani, près de Tominian (Centre)

Par Jérémie DEMBÉLÉ Mandiakuy, 20 mai (AMAP) Un mariage collectif et traditionnel a été célébré, à Marani, gros village Dafing situé dans la Commune rurale de Tominian (Centre), les 17 et 18 mai 2025, unissant pour le meilleur et le pire, trente et deux jeunes couples de garçons et de filles, toutes ayant l’âge minimum, a constaté l’AMAP. Les Dafing exercent, majoritairement, dans le commerce formel, l’agriculture de subsistance et vont beaucoup à l’exode rurale. Pour participer à cette activité culturelle annuelle, qui marque le début de l’hivernage, tous, où qu’ils soient, se convergent vers le village. Cette année, le 18 mai a été retenue rendant cette date inoubliable pour les habitants et ressortissants. La nuit du samedi, nuit de noce, les nouvelles mariées ont reçu des conseils et bénédictions de leurs parents, avant de rejoindre leur mari dans la belle-famille. Le matin du 18 mai, tout le village a partagé un petit déjeuner commun, puis après les jeunes mariés ont fait le tour de la localité pour les salutations d’usage. Dans l’après-midi, juste après la prière de 14 heures, le podium s’est installé sur la place publique afin de recevoir les couples. La cérémonie a été dirigée par l’imam Beh Karamoko Dembélé, entouré de nombreux notables dont le chef de village Komane Dembélé et plusieurs invités. Le guide religieux a formulé des bénédictions pour les nouveaux foyers, leur bonheur, leur santé, la longévité de leur couple et beaucoup d’enfants. Ensuite, les forgerons du village ont agrémenté la soirée par l’exposition de masques appelées ‘Tioko’ en langue Dafing. Ils ont parfaitement exécuté une danse folklorique au rythme des tams-tams des griots. La cérémonie purement traditionnelle et religieuse a pris fin avec la montée des nouvelles mariées au-dessus du puits sacré du village. Où chacune des trente-deux désormais épouses/femmes devrait puiser, au moins, un seau d’eau, signe de stabilité de son foyer et de fertilité. Les réjouissances ont continué toute la nuit. Une longue nuit…Et rendez-vous est pris pour l’année prochaine. JD/MD (AMAP)

Devant le CNT, le Premier ministre présente un ambitieux Plan gouvernemental d’actions 2025-2026

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a dévoilé, devant le Conseil national de Transition (CNT) à Bamako, le Plan d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, présenté vendredi puis soumis lundi à débat, jusque tard dans la nuit. « Chaque acte que nous posons sera marqué du sens des priorités et de la pleine conscience de l’urgence », a déclaré le Premier ministre, rendant hommage à la résilience du peuple malien et à l’héroïsme des Forces armées et de sécurité (FAMa). Il a réitéré sa gratitude au président Goïta pour la confiance accordée depuis sa nomination le 21 novembre 2024. Structuré autour de huit axes prioritaires définis par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, ce programme vise à consolider la refondation du Mali face à une crise multidimensionnelle. La présentation, qui a duré trente minutes, a été suivie d’une suspension de séance par le président du CNT, le général de Corps d’Armée Malick Diaw. Le PAG, inspiré des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-Maliens et de la vision « Mali Kura » pour 2063, s’articule autour de la sécurité, des réformes institutionnelles, des besoins fondamentaux, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale, de la diplomatie et des élections transparentes. RESILIENCE ET LA SOUVERAINETE – Face aux menaces terroristes, le gouvernement prévoit de renforcer les FAMa avec de nouveaux équipements, la construction de camps militaires à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma et Nioro du Sahel, et le recrutement de 15 000 soldats. Un hôpital militaire à Banakoroni et un mémorial pour les héros tombés sont également programmés. « La liberté et l’indépendance ont un prix, et nous en payons un lourd tribut », a souligné M. Maïga, observant une minute de silence pour les victimes. Pour assurer la souveraineté alimentaire, le PAG ambitionne une production céréalière de 11 millions de tonnes, la distribution gratuite de 17 666 tonnes de céréales à 1,115 million de personnes vulnérables, et l’équipement de 380 exploitants agricoles. « Nous importerons 300 000 tonnes de riz et 200 000 tonnes de sucre, tout en contrôlant les prix pour juguler la cherté de la vie », a précisé le Premier ministre. Le secteur sanitaire bénéficiera de sept cliniques modulaires et d’équipements pour les centres de santé, tandis que 85 écoles et 11 lycées, dont deux d’excellence, renforceront l’éducation. Pour apaiser le climat social, le gouvernement opérationnalisera le Conseil national du dialogue social, intégrera 34 000 ex-combattants et organisera des dialogues intercommunautaires et religieux. « Ensemble, nous ferons le Malikura », a lancé M. Maïga, citant le Président Goïta. Sur le plan diplomatique, le Mali s’appuiera sur la Confédération des États du Sahel (AES) pour défendre ses intérêts, tout en valorisant les 700 milliards de Fcfa de contributions de la diaspora en 2023. Des élections transparentes seront préparées avec l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Les réformes institutionnelles incluent le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) et une lutte accrue contre la corruption. En conclusion, le Premier ministre a insisté sur les principes de responsabilité, de redevabilité et d’exemplarité. « Ce plan pose les bases d’un Mali souverain et uni, malgré les défis financiers et sécuritaires », a-t-il affirmé, sollicitant l’approbation du CNT. OS/MD (AMAP)

Le Programme d’Action du Gouvernement 2025-2026 adopté à l’unanimité par le CNT

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, à l’unanimité, ce lundi 19 mai 2025, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, avec 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention, lors d’une session marathon de plus de huit heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « Ce PAG est la preuve d’une démocratie vivante, un socle commun, un pacte républicain qui nous engage tous », a déclaré le général Maïga en conclusion de son intervention, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis actuels. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a répondu à plus de 300 questions des membres du CNT, couvrant les huit axes de la lettre de cadrage présentée le 16 mai dernier. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux pour le Mali, notamment la lutte contre les inondations, l’emploi des jeunes, la sécurisation des personnes et des biens, ainsi que le financement du PAG. Le président du CNT, Malick Diaw, a félicité le Premier ministre pour la clarté et la pertinence de ses réponses. « Les éclaircissements apportés par le chef du gouvernement ont répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des membres », a-t-il affirmé. Les débats, selon lui, ont reflété l’engagement du CNT à répondre aux besoins des populations dans un contexte où le Mali joue un rôle de plus en plus affirmé sur les scènes régionale et internationale. Le Premier ministre a rendu « un vibrant hommage » aux membres du CNT pour leur sens du devoir, qu’il a qualifié de « reflet de la vitalité du processus de transition ». Il a également salué « le courage et la résilience du peuple malien » et appelé à « une union sacrée autour de nos forces de défense et de sécurité » pour consolider les acquis de la Transition. Avec cette adoption unanime, le gouvernement dispose désormais d’un cadre clair pour la mise en œuvre du PAG 2025-2026, qui vise à répondre aux aspirations des Maliens tout en consolidant la position du pays sur l’échiquier régional et international. Le général Maïga a réaffirmé son engagement « à traduire ce programme en actions concrètes pour le bénéfice de tous. » OS/MD (AMAP)

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)

Les procédures de passation des marchés publics : Des acteurs en atelier de renforcement des capacités 

Bamako, 19 mai (AMAP) L’Autorité de régulation des marchés publics et délégations de service public (ARMDS) , a entamé, ce lundi, à la nouvelle Ecole nationale d’administration (ENA), quatre sessions de formation d’initiation des demandeurs individuels du secteur privé, a constaté l’AMAP. Cet atelier réunit des cadres et agents des ministres, de la Poste, de l’Institut de formation de la santé sociale (INFSS) et des requérants auprès du comité de règlement des différends de l’ARMDS sur les procédures nationales de passation, d’exécution, de contrôle et de règlement des marchés publics et des délégations de service public, dont l’objectif « de renforcer les capacités des acteurs de la commande publique » L’ARMDS a pour mission « de réguler le système de passation des marchés publics et des délégations de service public dans le but d’en accroitre la transparence et l’efficacité. Aux termes de l’article 2 de la loi susvisée, elle est chargée de contribuer à l’information et à la formation de l’ensemble des acteurs de la commande publique, au développement du cadre professionnel et à l’évaluation de la performance des acteurs du système de passation », a fait savoir Mme Awa Samaké, représentante du président de l’ARMDS, lors de la cérémonie d’ouverture, accompagné du PDG de la poste, Ibrahima Haidara. La maîtrise des procédures de passation, de contrôle et de règlement des marchés publics est, aujourd’hui, « une nécessité stratégique que toutes les entreprises publiques ou privées en ont besoin. Notre institution est engagée dans une dynamique de transformation ambitieuse parmi les projets phares, figurent l’opérationnalisation de la caisse d’épargne de la poste, qui constitue un lever majeur de notre repositionnement en tant qu’acteurs de l’inclusion financière au service de la population », a déclaré, M. Haidara. Et d’ajouter que « cette formation vise à outiller pour mieux comprendre, appliquer et sécuriser nos procédures d’achats publics et de contractualisation. Cela passe par la rigueur, la transparence et la maitrise des règles applicables à notre statut d’entreprise publique », précise-t-il. Pour conclure, Mme Awa Samaké a réaffirmé « l’accompagnement constant de l’ARMDS publique, dans le domaine du renforcement de vos capacités en matière de commande publique, laquelle commande publique constitue aujourd’hui, partout dans le monde, le vecteur et le moteur de nos économies modernes », assure-t-elle. MMD /MD (AMAP)

Le scandale des aides ménagères mineures à Bamako : une exploitation silencieuse

Par Rokiatou TRAORE Bamako, 19 mai (AMAP) Dans la capitale du Mali, Bamako, des adolescentes âgées de 12 à 16 ans, venues de villages voisins ou de régions reculées, travaillent dans les foyers comme aides ménagères. Attirées par l’espoir d’un avenir meilleur ou poussées par la nécessité d’alléger le fardeau familial, elles s’acquittent de toutes les tâches domestiques pour un salaire dérisoire, oscillant entre 7 500 et 15 000 Fcfa par mois. Certaines repartent même sans avoir touché leur dû. Ces jeunes filles, souvent corvéables et malléables, sont recherchées par de nombreuses familles bamakoises. Maïmouna Traoré, mère de famille, vante leur sérieux : « Elles savent pourquoi elles sont là, elles travaillent bien et ne répondent pas quand on les réprimande. » Elle ajoute, non sans préjugés, que les adolescentes présentent moins de risques de « voler un mari » comparées aux employées plus âgées, soupçonnées de convoiter les époux des foyers. Nana Traoré, une patronne d’une vingtaine d’années, partage cet avis : « Employer une majeure, c’est risquer de briser son foyer. Avec les mineures, je les traite comme mes enfants, je leur apprends la cuisine, la propreté, la vie en société. » Pourtant, toutes les employeuses ne partagent pas cette préférence. Adja Koné, vivant dans une famille élargie, privilégie les majeures pour les tâches ardues, comme cuisiner pour de nombreuses maisonnées. « Charger une petite de telles responsabilités est impitoyable », estime-t-elle, soulignant l’énorme quantité de nourriture préparée dans les marmites de 20 kilos utilisées dans son foyer. UN QUOTIDIEN DE PRECARITE – Derrière ces arrangements domestiques, se cachent des réalités douloureuses. Rokia Keïta, 14 ans, originaire de San (Centre), incarne cette détresse. En larmes, elle raconte sa séparation déchirante avec sa mère : « Elle disait que je n’avais pas l’âge de travailler en ville, mais je ne pouvais pas regarder mes parents se tuer à la tâche pour nous nourrir. » Employée à Sotuba chez Djénéba Sylla, une quinquagénaire sans enfant, Rokia peine à trouver du réconfort. Maltraitée et agressée verbalement, parfois physiquement, elle confie, assise sur un tabouret, vêtue de haillons : « Je n’ai que trois tenues. Avec ma patronne, je ne suis même pas sûre de rentrer au village avec mon salaire. » Sur le plan légal, l’emploi de mineurs est strictement encadré. Me Bakary Mamadou Konaté, avocat, rappelle que le travail des enfants est interdit, sauf dans des cas exceptionnels nécessitant l’accord des parents et le consentement de l’enfant. « Sans ces conditions, tout contrat est nul », précise-t-il. Amadou Thiam, directeur de la Cellule nationale contre le travail des enfants, va plus loin : employer des mineures comme aides ménagères constitue une infraction aux conventions internationales, notamment la convention n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants et la convention n°138 fixant l’âge minimum d’emploi à 15 ans. Malgré ces cadres juridiques, l’exploitation des adolescentes persiste, alimentée par la pauvreté et la demande de main-d’œuvre docile. Entre misère familiale et abus des employeurs, ces jeunes filles payent un lourd tribut pour un rêve de mieux-vivre souvent hors d’atteinte. RT/OS/MD (AMAP)