Rencontre des ministres de la Justice de l’AES à Bamako : Sur le chantier de l’harmonisation et de l’uniformisation des droits
Bamako, 29 mai (AMAP) La réunion des ministres en charge de la Justice de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), a débuté, ce jeudi, à Bamako destinée à permettre aux trois ministres « d’engager la réflexion autour des solutions à l’échelle de la Confédération, en mettant l’accent sur un droit harmonisé », a constaté l’AMAP. « Cette réunion met l’accent sur un droit harmonisé voire unifié avec une institution judiciaire commune bénéficiant d’une coopération et d’une entraide judiciaire efficace », a déclaré le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, lors de la cérémonie d’ouverture. Et de poursuivre : « les réalités juridiques et judicaires de ceci, à l’échelle de notre espace commun, doivent être évaluées, analysées à la lumière de faits concrets pour les adapter au nouveau contexte et aux enjeux en faveur du développement social et économique auquel aspirent nos populations. » Le chef du gouvernement a précisé que « la réponse judiciaire pénale dans un cadre harmonisé ou unifié, tout en étant un prolongement de l’action militaire, contribuera à renforcer la visibilité des efforts déployés par nos États dans le cadre de la promotion et de la protection des droits de l’Homme. » « Notre Confédération est confrontée au terrorisme, au financement du terrorisme, au blanchiment de capitaux, à la prolifération des armes et d’autres formes de criminalité transnationale organisée. Ces difficultés nous incitent à réfléchir sur la mise en commun de synergie d’actions et de moyens efficaces dans tous les secteurs qui concourent à la lutte contre ces fléaux », a estimé le Premier ministre. En décidant le 06 juillet 2024 de créer la Confédération des Etats du Sahel (AES), après la signature le 16 septembre 2023 de la Charte créant l’Alliance des États du Sahel (AES), « nos trois chefs d’État, ont traduit en acte concret les aspirations profondes de nos peuples qui partagent les mêmes réalités historiques, socio-culturelles, géographiques et qui font face aujourd’hui aux mêmes défis qu’est la double lutte contre le terrorisme et l’impérialisme », a rappelé le ministre de la Justice du Burkina Faso, Edissa Rodrique Bayala. Pour accompagner cette dynamique salvatrice, il a estimé que « le rapprochement voire l’uniformisation de nos systèmes juridiques et judiciaires hérités du colon est indispensable. Pour harmoniser, il faut poser le diagnostic, réfléchir sur les issues possibles afin de soumettre aux plus hautes autorités de la Confédération des pistes de solution », Il a ajouté : « La présente rencontre constitue, donc, un cadre idéal de réflexion afin que le droit soit au service de la marche radieuse du peuple de l’AES, la souveraineté, la dignité et la prospérité. » « L’expertise avérée de ceux qui sont chargés de concevoir les piliers sur lesquels l’édifice de la justice de notre espace confédéral sera bâti, selon le ministre de la Justice du Niger, Alio Daouda, ainsi que la pertinence des thématiques choisies, laissent croire, à juste titre, que notre entreprise sera un franc succès. » Notamment sur des thématiques sur « l’uniformisation du droit de la confédération de l’AES, les modalités de création d’une Cour commune de justice spécialisée, renforcement de la coopération judiciaire, l’harmonisation des textes régissant les professions libérales du secteur de la justice, l’harmonisation des concepts de statistiques, d’indicateurs judiciaires et pénitentiaires, le renforcement des capacités en ressources humaines », a-t-il conclu. Cette cérémonie d’ouverture a enregistré, également, la présence des membres du gouvernement et des membres du corps diplomatique. MMD/MD (AMAP)
Des opérateurs économiques se forment sur le Centre d’expertise technique des Douanes
Bamako, 29 mai 2025 (AMAP) Des opérateurs économiques maliens ont participé, jeudi, à une journée de renforcement de capacités sur le Centre d’expertise technique (CET), à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), a constaté AMAP. La journée a été organisée à l’initiative du CCIM, dont le président, Madiou Simpara, a présidé l’ouverture, pour permettre aux partenaires privilégiés de la douane que sont les opérateurs économiques, les déclarants, les commissionnaires en douanes, d’être outillés sur la mission du CET. Le représentant du directeur général des douane, le colonel-major Oumar Cissé, a adressé ses remerciements aux responsables du CCIM pour « cette initiative salutaire, qui témoigne de (leur) volonté constante de contribuer au développement de notre économie à travers un partenariat constructif avec l’administration des douanes. » Le colonel-major Cissé a précisé que l’institution du CET « s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de sécurisation de notre système douanier, en particulier à travers deux leviers essentiels à savoir : la vérification documentaire préalable des marchandises à l’importation et le scanning systématique à leur arrivée sur le territoire national. » « Des reformes, récemment consacrées par un projet de décret adopté par le gouvernement, traduisent notre ambition commune de rendre plus fluide, plus transparente et plus efficace la chaine logistique nationale, tout en luttant fermement contre la fraude, la sous-évaluation et les pratiques illicites qui affectent nos recettes douanières », a dit le colonel Cissé. Avant de rappeler que le rôle des opérateurs économiques, dans ce processus, est fondamental. « Le CET est un nouveau service de la douane du Mali qui consiste à effectuer des opérations d’analyse de risques portant sur l’intention d’importation et sur tous les documents obligatoires annexes, afin de permettre aux bureaux de dédouanement d’orienter leurs contrôles », a expliqué le formateur Abdel Kader Bocar Maiga. «Le CET effectue, également, les opérations d’analyse de risque sur les documents commerciaux fiscaux, avant l’arrivée des marchandises et procède au scanning à l’arrivée sur le territoire, afin de permettre aux bureaux de dédouanement d’orienter leurs contrôles », a ajouté M. Maiga. ST/MD (AMAP)
Secteur minier : L’ITIE face aux réformes du secteur minier
Bamako, 29 mai (AMAP) L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE)a tenu son 8ème comité de supervision sous la présidence du Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maiga qui préside ce comité. Cette session avait pour objectif de passer en revue l’effectivité de la mise en œuvre des recommandations de 2024 et d’analyser, en vue d’orientations fortes, les perspectives qui s’offrent au Secrétariat permanent et au ministère des Mines, en 2025. Le président du comité, le chef du gouvernement, Abdoulaye Maïga, a déclaré que cette session du Comité de supervision, instance suprême de mise en œuvre du processus ITIE au Mali, se tient dans un contexte particulier. En effet, elle « intervient à un moment où plusieurs dynamiques majeures structurent le secteur extractif malien. » Il a d’abord souligné « la volonté du gouvernement d’assainir le secteur minier en luttant contre la corruption, notamment à travers la mise en place d’un cadastre minier performant et moderne. » Ensuite, Abdoulaye Maiga a évoqué les réformes institutionnelles en cours, qui visent à assurer une application adéquate du Code minier de 2023 ainsi que de la loi relative au Contenu local. Par ailleurs, il a rappelé que le Conseil d’administration de l’ITIE internationale a récemment confirmé la conformité du Mali à la norme ITIE, en lui attribuant un score de 67 points, à la suite d’une évaluation ciblée. C’est dans cette dynamique que le Conseil d’administration de l’ITIE a formulé des mesures correctives, dont la mise en œuvre permettra d’améliorer significativement ce score. Ces mesures portent, entre autres, sur l’amélioration de la divulgation des licences et contrats miniers, une gestion plus rigoureuse du cadastre minier l’intégration des données du secteur artisanal dans le périmètre ITIE. Mais également sur le renouvellement et l’inclusivité du collège de la société civile ainsi que l’élaboration d’un plan de travail pluriannuel fondé sur des priorités stratégiques. Toujours selon le Premier ministre, « c’est pour répondre à ces exigences que le gouvernement du Mali a déjà entrepris plusieurs actions concrètes. » Il s’agit, notamment, de la relecture des textes de création des organes de mise en œuvre de l’ITIE, de réformes structurelles du cadastre minier pour une gouvernance plus efficace et de l’engagement de la Société civile dans un processus de renouvellement de son collège au sein du Comité de pilotage. En plus, a dit le chef du gouvernement malien, « ces efforts se traduisent par des avancées notables, telles que la levée partielle de la suspension de la délivrance des titres miniers, l’élaboration et l’adoption d’un plan d’action triennal du Comité de pilotage, ainsi que la production en cours du rapport ITIE 2024, incluant les données du secteur minier artisanal ». Ainsi, ces actions traduisent une forte volonté politique de répondre de manière concrète aux mesures correctives issues de la dernière validation. Enfin, pour Abdoulaye Maiga, au terme d’une année 2024 particulièrement dynamique, cette session du Comité de supervision constitue une occasion stratégique. Elle permettra, d’une part, de faire le point sur l’état d’exécution des recommandations issues de la septième session et, d’autre part, d’informer les membres des innovations proposées dans le cadre de la relecture des textes. Il sera également question de présenter les grandes lignes des rapports ITIE 2022-2023. « Cette session élève le débat à un niveau stratégique, en renforçant l’ancrage des principes de transparence et de bonne gouvernance dans les industries extractives du Mali » a-t-il conclu. AC/MD (AMAP)
Programme de développement intégré des ressources animales et aquacoles : Session sur les bilans 2024 et 2025
Bamako, le 29 mai (AMAP) Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a présidé, ce jeudi 29 mai, à la coordination du projet, l’ouverture de la session sur le bilan des activités 2024 et celles à réaliser en 2025 du Programme de développement intégré des ressources animales et aquacoles au Mali, volets aviculture et aquaculture (PDRIAAM) phase 2, et dont le plan de travail et les budgets annuels 2025 sont estimés à 1,699 milliards de Fcfa, a constaté l’AMAP sur place. Youba Ba participait ainsi à la deuxième session du Comité d’orientation et de pilotage du PDRIAAM PHASE 2 dont l’objectif est « d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle grâce à l’amélioration de la production avicole et aquacole des petits exploitants. Et d’accroître l’autonomisation économique des petits producteurs du Sahel occidental du Mali, en ciblant essentiellement les femmes et les jeunes ». Cet objectif, selon le ministre Ba, « sera atteint grâce à l’augmentation de la productivité des systèmes avicoles et aquacoles, à l’amélioration de la résilience desdits systèmes ainsi qu’à un accès accru des populations bénéficiaires à une amélioration saine et nutritive. » « Ainsi, le PDRIAAM doit permettre de produire par an : 15 0005 tonnes de poissons ; 424 689 022 œufs et 15 490 tonnes de viande de poulets », a annoncé le chef du département de l’Élevage et de la Pêche. Et ce, « au bénéfice de 2 000 000 de personnes vivant dans les exploitations agricoles familiales. » En outre, l’objectif du projet, qui cible directement 120 000 personnes dont 60% de femmes et 20% de jeunes, selon Youba Ba, « cadre bien avec la politique de développement agricole » du Mali. Laquelle vise « la promotion économique et sociale des femmes, des jeunes et des hommes en milieu rural et périurbain ; la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays ; de la réduction de la pauvreté rurale ; la modernisation de l’agriculture familiale et le développement de l’agro-industrie. » S’y ajoutent, entre autres, « la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles ; l’augmentation de la contribution du secteur rural à la croissance économique ». Les administrateurs, avec à la tête, le coordinateur du PDRIAAM PHASE 2, Sory Ibrahim Sidibé, auront à examiner, analyser et amender les documents qui leur sont soumis. Il s’agit, entre autres, de la mise en place et le développement de l’Unité de gestion du projet ; la préparation d’une situation de référence des deux filières dans la zone d’intervention du projet ; la préparation des travaux de réalisation des infrastructures et d’équipements ; le renforcement des capacités des parties prenantes. OD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 28 mai 2025
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 28 mai 2025, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goita, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Direction générale des Collectivités territoriales. La Direction générale des Collectivités territoriales a été créée par la Loi n°2011-053 du 28 juillet 2011 avec pour mission l’élaboration des éléments de la politique nationale de décentralisation du territoire, la coordination et le contrôle de l’action des Autorités administratives, des services et des organismes publics impliqués dans la mise en œuvre de ladite politique. Son organisation et les modalités de son fonctionnement sont fixées par le Décret n°2012-022/P-RM du 18 janvier 2012. De sa création à nos jours, la Direction générale des Collectivités territoriales a conduit d’importantes réformes concourant à l’amélioration de la gouvernance locale et à la maîtrise d’ouvrage du développement local par les Collectivités territoriales. La mise en œuvre des nouvelles orientations de la politique nationale de décentralisation nécessite un réajustement des missions et une nouvelle structure organisationnelle pour la Direction générale des Collectivités territoriales. Les projets de texte, adoptés, redéfinissent les missions de la Direction en vue de les adapter à l’évolution des textes de base de la décentralisation et prévoient l’effectif du personnel nécessaire à son fonctionnement pour les 5 prochaines années. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des ministres a adopté : a. un projet de loi autorisant la participation de l’Etat au capital social de la Société de Raffinerie d’Or du Mali ; un projet de décret fixant les modalités de participation de l’Etat au capital social de la Société de Raffinerie d’Or du Mali. Pour une meilleure intégration du secteur minier à l’économie nationale et l’accroissement de sa valeur ajoutée, plusieurs recommandations ont été formulées par les Assises Nationales de la Refondation, notamment : – l’augmentation de la participation de l’Etat au capital des sociétés minières ; – la relecture du code minier pour augmenter les revenus de l’Etat ; – la création d’une société d’Etat d’exploitation minière ; – la réalisation d’une raffinerie nationale pour contrôler la production d’or, la traçabilité de l’exploitation artisanale pour maintenir la valeur ajoutée dans notre pays. C’est dans ce cadre que le Gouvernement a entrepris des reformes qui ont abouti en 2023 à l’adoption d’un nouveau Code minier et d’une loi relative au contenu local dans le secteur minier. La création de cette raffinerie qui s’inscrit dans cette dynamique prévoit le traitement de l’or par l’Etat à travers une unité installée au Mali. Pour ce faire, l’Etat du Mali a signé un protocole d’Accord avec la société russe Yadran pour la construction et l’opérationnalisation d’une raffinerie d’or d’une capacité de 200 tonnes par an dans laquelle l’Etat détient une participation de 62% du capital social. Les projets de texte, adoptés, consacrent la participation de l’Etat au capital de la Société de Raffinerie d’Or du Mali. un projet de décret portant institution de la vérification documentaire préalable des marchandises à l’importation et leur scanning à l’arrivée. La Direction générale des Douanes a été créée par l’Ordonnance n°90-58/P-RM du 10 octobre 1990, modifiée, avec pour mission, entre autres, l’élaboration des éléments de la politique douanière, la liquidation des droits et taxes exigibles à l’occasion de l’importation et de l’exportation des marchandises, la recherche, la constatation et la répression des infractions douanières et de celles relatives à la réglementation des changes. Le Décret n°2022-0517/PT-RM du 1er septembre 2022 fixant son organisation et les modalités de son fonctionnement prévoit un Centre d’Expertise Technique dont les missions sont : – la vérification documentaire préalable des marchandises avant l’importation ; – les activités de scanning ; – l’analyse des risques. Le projet de décret, adopté, institue la vérification documentaire préalable des marchandises à l’importation et leur scanning à l’arrivée. Sur le rapport du ministre des Mines, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la Convention d’établissement entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales pour la recherche d’or à N’Tahaka dans le Cercle de Gao, Région de Gao. Le Gouvernement de la République du Mali a attribué à la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali un permis de recherche d’or à N’Tahaka sur une superficie de 97,41 km2. L’acquisition de ce permis de recherche par la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali lui permettra d’exécuter des travaux de recherche complémentaire afin d’évaluer le potentiel minier du périmètre de N’Tahaka. La Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali précise qu’une convention d’établissement fixe les rapports entre l’Etat et le titulaire du titre de recherche pendant la durée de la phase de recherche minière. Le projet de décret, adopté, consacre l’approbation de la Convention d’établissement entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali pour la recherche d’or à N’Tahaka. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS – Inspecteur à l’Inspection générale des Armées et Services : Colonel Diawoye Sangaré. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME – Inspecteur à l’Inspection des Services judiciaires : Monsieur Sékou Dioro Dicko, Magistrat. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Conseiller culturel à l’Ambassade du Mali à Moscou
Ségou: Ruée sur le « Gueni » à l’approche de l’hivernage
Par Aminata PONA Ségou, 29 mai (AMAP) La séduction, art subtil et raffiné, s’accompagne souvent de gestes symboliques et d’éléments sensoriels. Parmi ceux-ci, l’encens occupe une place privilégiée. Il constitue un véritable allié dans le jeu de la féminité et du charme. Les femmes de la région de Ségou en sont bien conscientes, et nombreuses sont celles qui recourent à divers types d’encens, en particulier le « Gueni », le souchet rond, de son nom scientifique « Cyperus rotondus Linn », pour exhaler leur présence et envoûter les sens. Traditionnellement appelé Guéni, cet encens naturel se décline en plusieurs formes que l’on retrouve sur les marchés locaux : les petits grains de couleur rougeâtre ou noir nommés Guénimisèni, les gros grains de couleur noire connus sous le nom de Guéni Koumaba, ainsi que les mystérieux Mougoumougouni. Ces perles aromatiques dégagent des senteurs suaves et envoûtantes qui imprègnent les lieux de leur parfum singulier. Utilisé principalement par les femmes, le Guéni sert à embaumer les pièces de vie, salons, chambres, salles d’eau, espaces de réunion ou de travail mais aussi à parfumer les vêtements. Au-delà de son usage esthétique, il s’inscrit dans une tradition culturelle profondément ancrée. À l’approche de l’hivernage, la demande pour ces encens ne cesse de croître. Nombreuses sont les femmes qui, en se rendant au marché, ne peuvent résister à l’envie d’en acquérir, tant son usage est devenu incontournable dans la vie quotidienne. C’est notamment le cas de Fatoumata Tangara, rencontrée au marché hebdomadaire communément appelé « N’Denè sugu » qui signifie « le marché du lundi » en bamanankan. Le sachet bien garni qu’elle tient à la main dit tout son attachement au produit : « Je viens d’acheter 4 kilos de « Gueni gros grain et 3 kilos de petit grain. J’aime particulièrement son parfum pendant les périodes de fraicheur. Je l’utilise pour embaumer mes chambres, mes toilettes, mes habits, mes dessous et même mes draps. J’ajoute à mon eau de boisson ou je le garde en bouche pour éviter les mauvaises odeurs » confie-t-elle. Non loin d’elle, une autre cliente Adam s’affaire à tester les odeurs des différents « gueni » proposés par une vendeuse. Après comparaison, elle opte pour le gros grain. La quarantain révolue, cette dame estime que toutes les femmes devraient intégrer ce produit dans leur quotidien. « C’est un encens brut accessible à toutes les femmes selon leurs moyens. Il se suffit à lui-même. Nul besoin d’ajouter un autre parfum » affirme-t-elle. La mère de quatre enfants en souligne particulièrement l’utilité durant la saison pluvieuse : « C’est en cette période que j’en achète le plus. Comme vous le savez, en période de fraicheur, certains enfants urinent au lit. Cet encens est efficace pour éliminer les mauvaises odeurs au réveil. Il purifie littéralement l’air ambiant » explique-t-elle. Produit culturellement valorisé et largement utilisé le Gueni soutient une économie informelle dynamique principalement animée par les femmes.Sur les différents marchés de la ville de Ségou, les vendeuses d’encens sont facilement repérables. Elles attirent les passantes par l’agréable parfum qui émane de leurs étals. L’une d’elles, Fatoumata Diallo interpelle les clientes autour de ses bassines remplies du produit. Elle propose le gros grain entre 1 500 et1 750 Fcfa le kilo. Si le produit est cassé, le prix varie de 1 750 ou 2 000 Fcfa . Le petit grain rouge ou noir, quant à lui, est vendu entre 1 250 ou 1 500 Fcfa le kilo. Lorsqu’il est pilé, elle le cède entre 1 000 et 1 250 Fcfa le kilo. L’encens localement appelé « mougoumougouni » se vend à 500 Fcfa le kilo ou à 400 Fcfa, le contenu d’un récipient appelé ‘panis’. Fatoumata précise que les prix fluctuent selon les saisons. Ces recettes journalières varient entre 15 000 et 50 000Fcfa. Pour sa consœur Bintou Djibo, la période de l’hivernage est particulièrement propice à la vente du Gueni. « Les grains noirs sont les plus prisés par les femmes. Cependant, le produit devient plus coûteux, car certains cultivateurs abandonnent sa culture au profit d’autres activités », explique-t-elle. Elle souligne, par ailleurs, la rentabilité de cette activité, grâce à laquelle elle subvient aux besoins de sa famille. « Nous recevons le produit des zones de production, le vendons en détail. Ensuite, nous remettons leur part aux fournisseurs à la fin de la journée. Le bénéfice nous revient. Parfois, je réalise un chiffre d’affaires de 50 000 Fcfa par jour, voire 100 000 Fcfa ou plus, selon l’affluence du marché », explique-t-elle. Bintou Djibo affiche les mêmes prix que Fatoumata. Toutes les deux vendent également en détail à partir de 50Fcfa. Le Gueni provient essentiellement des localités de Macina, Kala, Konodimini et Sitanbougou. Une femme âgée, rencontrée sur place, rappelle l’importance de cet encens dans les foyers : « C’est une forme de chauffage moderne. Il peut même apaiser les tensions dans un couple : il suffit que la femme nettoie la maison, allume un peu d’encens, et la magie opère » précise-t-elle. Outre son pouvoir aromatique et symbolique, elle souligne que le Gueni joue également un rôle hygiénique et médicinal. Il est aussi utilisé pour repousser les moustiques et autres insectes nuisibles. Selon certaines croyances populaires, il contribuerait aussi à prévenir certaines affections féminines, telles que les infections, les douleurs menstruelles, la sécheresse vaginale, les crampes abdominales et les démangeaisons intimes. AP/ADS/MD (AMAP)
Le Mali envoie deux jeunes gymnastes en Turquie : le ministre Fomba leur remet le drapeau national
Bamako, 28 mai 2025 (AMAP) Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Fomba, a reçu, mardi 27 mai 2025, une délégation de la Fédération malienne de gymnastique (FEMAGYM) pour la remise officielle du drapeau national à deux jeunes athlètes qui représenteront le Mali à la compétition européenne de gymnastique aérobic, prévue en Turquie du 28 mai au 2 juin 2025. « À l’étranger, vous êtes les ambassadeurs de l’image et des valeurs du Mali. Incarnez l’excellence, la discipline et l’honneur de notre nation », a déclaré le ministre Fomba lors de la cérémonie symbolique. Il a félicité les deux gymnastes pour leurs performances passées, soulignant qu’elles ont « permis de faire rayonner le Mali sur la scène internationale et d’ouvrir de nouvelles opportunités. » Le ministre a, également, réaffirmé son soutien à la FEMAGYM et à l’ensemble de l’équipe. « Vous avez tout mon appui pour porter haut les couleurs du Mali », a-t-il assuré, encourageant les athlètes à faire preuve de détermination lors de cette compétition internationale. .OS/MD (AMAP)
Succès médical au CHU Gabriel Touré : Une opération neurochirurgicale sauve une jeune femme enceinte
Bamako, 28 mai (AMAP) Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré a réalisé, le mardi 27 mai 2025, une opération neurochirurgicale d’envergure, saluée comme une avancée majeure pour la médecine malienne, annonce une source officielle.. « L’intervention, menée avec succès, a permis de traiter une tumeur cérébrale chez une jeune femme de 21 ans, enceinte de cinq mois et demi, tout en préservant la vie de la mère et de son bébé », indique un communiqué publié par le ministère de la Santé et du Développement social. « Grâce à une collaboration exemplaire entre neurochirurgiens, anesthésistes-réanimateurs et autres experts, nous avons pu agir rapidement et efficacement », ajoute le service de communication du CHU Gabriel Touré. L’opération, d’une grande complexité, a mobilisé une équipe pluridisciplinaire qui a réussi à sauvegarder la santé de la patiente et de son enfant, tous deux placés sous surveillance médicale et actuellement en bonne santé. « Cette intervention prouve les progrès significatifs du CHU Gabriel Touré dans la prise en charge de cas complexes », poursuit le communiqué, soulignant le dévouement et le professionnalisme des équipes médicales et paramédicales. L’hôpital a félicité tous les acteurs de cette prouesse, qui renforce la réputation de la neurochirurgie malienne. OS/MD (AMAP)
Koulikoro : Interdiction des points de vente improvisés de bétail de Tabaski
Bamako, 29 mai (AMAP) Les gouverneurs du District de Bamako et de la Région de Koulikoro ont annoncé, le 28 mai 2025, l’interdiction des points de vente improvisés de bétail, communément appelés « garbals », ainsi que des vendeurs ambulants de bétail dans leurs juridictions respectives, visant à réglementer le commerce du bétail et à assurer l’ordre public, ont annoncé des communiqués disctints. « Les points de vente improvisés pour le bétail et les vendeurs ambulants sont désormais interdits dans le District. Les forces de l’ordre veilleront à l’application stricte de cette mesure, et tout contrevenant sera sanctionné conformément à la réglementation en vigueur. », a déclaré le gouverneur de Bamako, Abdoulaye Coulibaly, cité par un communqiue de ses services. Il a ajouté : « Je compte sur la bonne compréhension de toutes et de tous pour le respect de cette décision. » Dans la Région de Koulikoro, particulièrement dans les villes de Koulikoro et de Kati, une mesure similaire a été prise. Mohamar Assagaïdou Haidara, directeur de cabinet du gouverneur, a précisé, dans un texte : « L’interdiction concerne, à la fois, les garbals improvisés et les vendeurs ambulants de bétail ». « Toute infraction exposera les contrevenants à des sanctions prévues par la loi », a-t-il insisté. Le responsable administratif ajoute compter « sur la collaboration des populations pour une application effective de cette mesure. » Ce communiqué, diffusé en français, bambara, peulh, sarakolé et sonrai, vise à garantir une large diffusion auprès des communautés concernées. OS/MD (AMAP)
Le directeur regional du HCR annonce 57,9 milliards de Fcfa de financement de la Banque mondiale pour soutenir réfugiés et communautés hôtes
Bamako, 28 mai (AMAP) Le directeur du Bureau régional du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Abdouraouf Gnon-Kondé, a annoncé, mercredi, à Bamako, un financement de 100 millions de dollars (57,9 milliards de Fcfa) de la Banque mondiale, auquel le Mali est éligible, pour soutenir les réfugiés et les populations d’accueil à travers la Commission nationale chargée des réfugiés, a appris l’AMAP de source officielle,. « Ce financement offrira des opportunités concrètes pour améliorer les conditions de vie des communautés », a-t-il précisé dans un communique des services de communication de la Primature. Abdouraouf Gnon-Kondé, reçu en audience le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a eu un entretien avec son hôte sur le soutien aux 220 000 réfugiés accueillis au Mali et aux communautés hôtes, « Le Mali accueille plus de 220 000 réfugiés, principalement de la sous-région, non pas dans des camps, mais au sein des communautés locales », a déclaré le fonctionnaire ounisien qui séjourne à Bamako depuis le 26 mai. Il a salué amélioration de la situation sécuritaire au Mali, notant que le pays est « en avance par rapport à d’autres nations de la sous-région » dans la gestion des réfugiés. Il a également félicité le gouvernement pour sa vision stratégique, notamment le document « Mali Kura Ɲɛtaasira Ka Bɛn San 2063 Ma » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033). « Ces documents constituent une réponse holistique aux préoccupations des partenaires », a-t-il affirmé, réitérant son engagement à défendre les priorités du Mali auprès des instances internationales. En réponse, le Premier ministre a exprimé sa » satisfaction » de cette collaboration. « La démarche du HCR conforte nos politiques de développement et soutient les autorités de la Transition dans la prise en charge des réfugiés », a déclaré le général Maïga. Le chef du gouvernement malien a appelé à un renforcement des solutions durables pour une gestion efficace et inclusive des réfugiés au Mali. OS/MD (AMAP)

