L’Aid el-kebir : Allons au village !

Par Mohamed DIAWARA Bamako, 05 juin (AMAP) Les Ségoviens se sont bâtis une réputation dans ce domaine au point d’être pris en exemple par les ressortissants d’autres localités. La fête, c’est chez soi, à la « maison », que ça passe. Finalement, l’habitude s’est bien ancrée chez les régionaux (on dira provinciaux, ailleurs) et autres villageois : il retourner célébrer auprès des leurs la fête des moutons La formule revient incessamment à l’approche de chaque fête de Tabaski : «segu ka tè feti ke Bamako», prosaïquement le Ségovien ne fête jamais à Bamako. Les ressortissants de la cité des Balanzans, située à un peu plus de 235 km de la capitale, ont établi une règle non écrite, celle de ne jamais fêter à Bamako tant qu’ils le peuvent. Ousseyni Sylla, ressortissant de Ségou retourne au bercail pour célébrer l’Aid el-kébir avec la famille. Même à 78 ans, il continue à perpétuer cette habitude. « À l’époque, on empruntait un type de taxi au niveau de la Grande mosquée de Bamako », se souvient le septuagénaire. Il invite les transporteurs à mieux organiser le départ des voyageurs à l’occasion de la fête. Selon lui, Ségou enregistre un grand nombre de voyageurs parce que, la région est proche de Bamako. Certains font même le trajet à moto. Mamadou Tangara, gérant de la compagnie de transport Air Niono, partage cet avis. Lui aussi pense que la proximité de la région avec Bamako y est pour quelque chose. Mais en plus il y a, selon lui, l’attachement indicible des Ségoviens à leur contrée. Fatoumata Coulibaly part fêter à Ségou depuis 2003. C’est une occasion de rendre visite aux parents et de profiter de la compagnie familiale. Elle affirme être contrainte de rentrer à la maison faute de billet. Elle pointe du doigt la compagnie d’être responsable de cette situation pour le bazar. Beaucoup de ressortissants des régions et des villages qui ont aujourd’hui trouvé gîte et couvert dans la capitale font le voyage dans le sens inverse pour pouvoir célébrer chez eux la fête des moutons. Il suffit pour s’en convaincre de faire le tour des gares routières pour se rendre compte de la forte sollicitation des compagnies de transport par ces voyageurs. Hier, mercredi, à la gare de Sogoniko, la place de la compagnie de transport Air Niono, grouillait de monde. Les voyageurs et accompagnants se marchaient sur les pieds pour se frayer un passage. Un jeune homme, coiffé d’un bonnet, s’exclame. Au même moment, des voyageurs, billets en main, patientent avec leurs bagages. En face d’un bus positionné pour le départ, une voix masculine sonne comme un soulagement pour les voyageurs en destination de Diabali et Niono. Tata Diarra, revenue d’Abidjan pour regagner Chouala Coura ou KO3 dans la Commune rurale de Dogofry s’impatiente en compagnie de trois garçons, dont des jumeaux de moins de trois ans. L’un d’entre eux joue avec une bouteille vide. Tata et les siens sont revenus d’Abidjan la vieille aux environs de 21 heures. Elle se plaint du soleil brûlant. « Mes enfants ont la diarrhée et la fièvre », se lamente-t-elle, avant d’ajouter qu’elle ignore quand est-ce qu’ils embarqueront pour le départ. D’autres voyageurs pour la même destination attendent aussi. Une autre file se forme avec d’autres ressortissants des deux localités pour acquérir le ticket de transport. Diah Coulibaly rejoint la file et n’entend pas rentrer sans obtenir un billet pour Markala. L’étudiant en médecine déplore que de nombreux voyageurs attendent les deux derniers jours pour voyager. Lui serait déjà parti sans les contraintes scolaires. Sur ces entrefaites, un autre voyageur arrive. Il dit être prêt à rester de 9 à 19 heures s’il le faut pour avoir son ticket de transport. Mamadou Tangara a les yeux rivés sur un dispositif avec une caméra de surveillance. Il assure que sa compagnie fait tout pour répondre à la demande. « Hier, nous avons effectué 50 départs de 2 heures à 22 heures. Ce ne sont pas les moyens qui manquen t», explique-t-il, avant de préciser que le parc auto de sa compagnie a été renforcé avec l’arrivée de nouveaux bus. Par jour, Air Niono effectue 30 départs destinés à Niono, 15 à Ségou et 3 à destination de Diabali Dogofry. Mamadou Tangara affirme que les tarifs de 6 000 Fcfa pour la ville de Niono, 5 000 pour Markala et 4 000 pour Ségou restent inchangés même en cette période. À la gare routière de Sogoniko, un transporteur surnommé Ivo, portant une serviette sur l’épaule gauche, apostrophe les clients. Il justifie la faible affluence par le fait que la plupart des partants sont déjà arrivés à destination. Selon lui, la gare sera plus calme demain. Ivo reconnaît que les tarifs des billets ont augmenté chez certains transporteurs. Il témoigne avoir vu des voyageurs aller à Ségou à 7 000 au lieu de 3 000 en temps normal. Au niveau de la place de Banimonotié transport, le 6è car de la journée du mercredi vrombit pendant que des voyageurs entrent. Certains voyageurs achètent de petits cadeaux pour leurs enfants. Une dame voilée essaie de faire taire son garçon de trois ans en lui proposant le téléphone. L’astuce ne porte pas fruit face à un môme récalcitrant. Ramata Doumbia, la tante du garçon, explique qu’ils patientent depuis 7 heures. La ressortissante de Bougouni fustige l’augmentation du prix du billet pour sa ville natale de 2 000 à 3 000 Fcfa. Au niveau de la compagnie Somatra, la cour est bondée de visiteurs. Tous les espaces ombragés du site sont occupés. Mais de nombreux voyageurs restent aussi sous le soleil. Certains commencent à revendiquer le respect des horaires de voyages fixés par la compagnie. Un jeune homme, ressortissant de Mopti, sous anonymat, dit qu’il est sur place depuis 5 heures. Mais, il explique qu’on donne la priorité aux voyageurs de Ségou. Alpha Oumar Diakité, chargé d’organiser les départ des voyageurs à Somatra, indique que l’opération se passe bien. Il précise que sa compagnie a acheté des bus VIP pour le confort des clients.

Interdiction des points de vente improvisés : Le temps de l’incertitude pour les vendeurs de moutons

Par Jecolia DAKOUO & Makan SISSOKO Bamako, 05 juin (AMAP) À veille de la Tabaski, les vendeurs ambulants de moutons à Bamako peinent à écouler leurs animaux. Les clients se comptent sur les doigts de la main et l’interdiction de vente en ville tombe sur eux comme une chape de plomb. Jeudi dernier, vers 11 heures, au marché de Bozola communément appelé  «Wonida», en Commune III de Bamako, l’ambiance est morose. Assis sur un triangle de béton, Mohamadou Coulibaly garde six moutons en main, deux autres couchés à ses pieds. Son compagnon, un petit bâton à la main, se repose à côté, près d’un poteau. Chaque jour, tous les deux quittent le quartier Sans-Fil en Commune II en espérant « écouler » leurs bêtes. Celui qui engrange plus de 20 ans d’exercice dans ce métier juge particulièrement difficile cette année. «Les clients n’ont pas d’argent, les moutons sont chers, leur alimentation aussi, et la marche nous épuise», se plaint Mohamadou Coulibaly. Vendeur ambulant quinquagénaire, il affirme vendre parfois toutes ses bêtes, mais il lui arrive aussi de rentrer sans rien avoir écoulé. Ses moutons viennent de Ségou à un prix de transport oscillant entre 2.500 et 3.000 Fcfa par tête. Il les revend entre 150.000 et 200.000 Fcfa, pour un bénéfice de 2.500 à 5.000 Fcfa par tête. Les animaux sont nourris avec des feuilles sèches ramassées au sol. Pour Mohamadou, cette activité est vitale. «J’ai entendu qu’on veut interdire la vente ambulante, mais je n’ai pas le choix. C’est ce métier qui fait vivre ma famille. Je me confie à Dieu», se résigne-t-il. Le même jour, Issa Coulibaly traverse le marché avec dix moutons. Il vient du même quartier que Mohamadou en direction de Tomikorobougou. Il confie que la vente en itinérance permet d’écouler plus vite les bêtes, même si elle est plus éprouvante. Vendeur depuis six ans, il achète ses moutons entre 100.000 et 300.000 Fcfa. Il s’inquiète lui aussi. «L’interdiction de la vente ambulante tombe mal, c’est bientôt la Tabaski. Il faut que je me batte pour nourrir ma famille». À Djelibougou, en Commune I de Bamako, au bord de la route, Issouf Traoré discute avec un collègue devant ses bêtes. «La mairie vient nous déranger tout le temps. Maintenant, ils nous demandent de quitter les abords de la route et parlent d’interdire la vente en ville», s’alarme celui qui semble ignorer la décision du gouverneur du District de Bamako. Éleveur depuis neuf ans, il achète ses bêtes à Mopti. Ses moutons coûtent entre 80.000 et 500.000 Fcfa. «Ce travail m’a permis d’être indépendant. Mais aujourd’hui, on nous prend pour des bandits», regrette-t-il. La mévente et la fatigue se lisent sur les visages des marchants ambulants. À Sabalibougou en Commune V du District de Bamako, trois jeunes garçons se promènent avec une dizaine de moutons à l’aide de bâtons.  L’un d’eux explique que depuis deux jours, ils n’arrivent pas à écouler les animaux. «Les décisions de déguerpissement et l’interdiction de la vente improvisée ont fortement affecté le marché des moutons de cette fête. Et aussi, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les moutons à cause de leur prix un peu élevé avec le coût du transport et de l’aliment bétail», déplore-t-il. Ajoutant craindre une possible interpellation par les autorités en se promenant par rapport à l’interdiction de la vente improvisée. Du côté des clients, la situation est tout aussi tendue. Mardi dernier, au petit marché de Nafadji, Ousmane Kanté, père de huit enfants, se dit dépassé. «L’année dernière, on trouvait des têtes à 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elles sont à 75.000 Fcfa et ce sont des petits moutons», explique-ce client. Il évite les points de vente fixes, à cause des intermédiaires qui gonflent les prix. Ouvrier du bâtiment, il espérait acheter au village, mais faute de moyens, il n’a rien pu ramener. «Jusqu’à présent, je n’ai pas acheté de mouton», regrette-t-il. JD/MS/MD (AMAP)

Personnes déplacées internes et réfugiés : Le cœur n’est pas à la fête

Par Siguéta Salimata DEMBÉLÉ Bamako, 05 juin (AMAP) Demain, la communauté musulmane célèbre la fête de l’Aïd El kebir. Mais pour les personnes déplacées internes et les réfugiés, le cœur n’est pas à la fête en raison des difficultés du quotidien. La Tabaski est une des fêtes musulmanes les plus populaires pour la communauté du Prophète Mohamed (PSL). Les préparatifs pour ces ripailles font l’objet de préoccupations pour les chefs de famille qui remuent ciel et terre pour satisfaire les désirs de leurs familles, notamment leurs enfants et épouses. Mais les réalités de la vie ne facilitent pas la satisfaction de ces agapes, ce qui ajoute une couche à la montagne de soucis que drainent les chefs de famille. La situation devient de plus en plus complexe pour les Personnes déplacées internes (PDI) qui se trouvent «arrachées» à leur milieu d’origine du fait de l’insécurité. Notre équipe a fait une immersion dans le monde des PDI et de quelques réfugiés pour voir comment la fête se prépare de leur côté. Si certains n’ont pas voulu se prononcer sur les préparatifs de la fête pour des raisons diverses, à la cité des enfants à Niamakoro par contre, ce n’est pas encore la plus grande joie. Bien que la Tabaski soit un moment d’allégresse, les PDI hébergées sur ce site n’ont pas le cœur à la fête. De plus, leurs esprits vagabondent et n’arrivent pas à trouver de quoi se mettre sous la dent. Contrairement à certaines familles et quartiers où les bêlements des moutons annoncent la fête ; ici, le silence prédominant annonce l’abattement des humeurs. Pas de musiques, ni de rires d’enfants excités pour l’occasion. Mme Diarra Heta Sissoko, déplacée interne depuis quatre ans, vit sur ce site avec ses petits enfants et belles-filles. Ceux-ci expriment une profonde tristesse. «Nous n’avons pas grande chose pour fêter cette année. On a ni moutons, ni habits», se désolent-ils à notre interrogation. Notre interlocutrice nous informe qu’habituellement, ce sont leurs parents de la diaspora qui leur viennent en appui pour faire face aux charges de la fête. Cette année particulièrement, déplore cette victime de l’esclavage par ascendance, rien n’a encore été fait. À cette tristesse, s’ajoute la nostalgie de leur village d’origine (Diéma) qui enlève toute envie de fêter. C’est cet état de fait qu’explique Kama Diarra qui se remémore les moments prodigieux de la fête il y a quelques années de cela. « Au village, on célébrait la Tabaski dignement, avec des moutons, de nouveaux habits et de bons plats. Aujourd’hui, par contre, je n’ai plus le goût à cette fête », affirme-t-il d’un air triste. Le même sentiment de désintérêt anime Koura Diarra également déplacée interne. Pour donner plus de joie à sa famille déplacée, elle exerce de petites activités génératrices de revenus (au moment de notre entretien, elle posait le henné sur les pieds et les mains d’une cliente) pour avoir de quoi vêtir et coiffer ses plus jeunes frères et sœurs. «La fête, ce n’est plus ma priorité. Je fais juste de mon mieux pour égayer mes frères et sœurs», précise-t-elle. Pour avoir des précisions sur la situation des familles hébergées au sein de la cité des enfants, nous avons approché le directeur général adjoint de la Cité des enfants. N’ Famara Kéïta explique que la cité des enfants héberge au total 129 PDI qu’elle essaie de mettre dans les conditions optimales depuis 2021 malgré les difficultés. Concernant les préparatifs de la fête de cette année, il assure que des efforts sont en cours pour permettre aux personnes vulnérables de fêter dans la dignité. Déjà, assure-t-il, un partenaire a déjà fait don d’habits pour les enfants. Un geste qu’il salue, mais estime insuffisant au regard des besoins réels. Contrairement aux années précédentes, les contributions en faveur des personnes déplacées internes sont timides. D’où l’appel du représentant de la cité des enfants à la solidarité : «Nous exhortons les bonnes volontés à faire preuve de générosité, pour que ces familles puissent fêter comme les autres.» Du côté des réfugiés, la situation n’est pas non plus reluisante. Venus de divers pays (Burkina Faso, Niger, Centrafrique, RD Congo et du Soudan), ils vivent aussi dans la précarité. Selon M’Paly Sylla, administrateur et superviseur à la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR), les fêtes comme la Tabaski représentent une occasion importante de soutien moral et matériel pour les réfugiés. Pourtant, précise-t-il, pour les occasions du genre, les réfugiés comme les PDI ne disposent pas souvent de ressources ce qui fait qu’ils ne peuvent compter que sur l’élan de solidarité et l’humanisme de leur pays d’accueil. M’Paly Sylla, précise aussi qu’il n’existe pas à ce jour de camps dédiés spécifiquement aux réfugiés, ces derniers cohabitent avec les PDI. Pour cela, il exhorte les bonnes volontés à l’entraide. A ce jour, la CNCR a recensé 135.837 réfugiés, dont 88.000 sont en attente d’enrôlement dans les bases de données. Concernant les personnes déplacées internes victimes d’esclavage par ascendance qui sont hébergées sur le site de la Cité des enfants, le DGA indique qu’un processus de retour dans leurs localités d’origine est en cours, à la suite d’un procès qui leur a été favorable. Une première vague est déjà repartie pour préparer l’arrivée des autres, prévue pendant les vacances scolaires, car de nombreux enfants sont encore en classes. SSD/MD (AMAP)

Procès « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires» : L’ancien Premier ministre Moussa Mara comparait en qualité de témoin

Bamako, 05 juin (AMAP) Le procès dans l’affaire « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires » a repris mercredi dans le cadre de la session spéciale de la Cour d’assises de Bamako qui  a été marquée par le témoignage de l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Celui-ci a déclaré avoir pris connaissance du dossier lors d’une discussion avec l’ancienne ministre Bouaré Fily Sissoko à la suite des réserves du Fonds monétaire international (FMI) sur la question. «  Pour éclairer la lanterne du FMI et arriver à faire en sorte que ces deux dossiers n’aient pas d’impact sur les relations entre notre pays et cette organisation, il avait été convenu de faire intervenir une structure de contrôle sur ces deux opérations », a-t-il souligné. Moussa Mara a indiqué que c’est sur la base de ces éléments qu’il a saisi le Bureau du vérificateur général pour conduire les audits. «Je pense que c’est essentiellement pour convaincre le FMI sur l’engagement de ces opérations en rapport avec l’éthique que la ministre Bouaré Fily Sissoko est venue vers moi pour que nous engagions le processus de l’audit», a-t-il reconnu. Pour le cas de l’achat de l’aéronef, il a indiqué que le rapport faisait état de beaucoup d’insuffisances, notamment l’émission du contrat en anglais au lieu du français, les mouvements de fonds non respectueux de finances publiques et le non-respect des règles de passation de marchés. S’agissant des équipements militaires, Moussa Mara a révélé que le rapport mentionnait la garantie donnée par l’Etat, ce qui est contraire aux usages. Autre irrégularité évoquée dans le rapport est que sur une même journée, un contrat a été signé par plusieurs intervenants. Sans oublier des mouvements de fonds intervenus sur le compte du bénéficiaire du marché. D’après lui, « le rapport dit que ce qui a été proposé dans le contrat des équipements militaires apparait plus élevé que ce qui avait été proposé par les sous-traitants pour le même type de matériels à un moment du processus. Ce qui laissait penser qu’il y aurait pu avoir de la surfacturation ». Selon Moussa Mara, tant qu’on ne précise pas le contenu de ce qui peut être considéré comme « secret défense et intérêts essentiels de l’Etat », on ouvre la porte aux interprétations. En outre, l’ancien Chef du gouvernement a précisé que l’avion présidentiel a eu un prix d’achat auquel des charges ont été ajoutées notamment, les frais de parking, d’intermédiation. « Le prix d’achat, sur la base des informations qui m’ont été données est 18 milliards Fcfa et quelques. Ensuite, il y a des frais qui ont été payés. Et tous ces frais plus le prix d’achat qui a été versé au vendeur font que le coût total est autour de 20 milliards Fcfa ou un plus », a détaillé l’ancien Premier ministre. Pour lui, l’aéronef a couté à notre pays entre 20 milliards et 21 milliards Fcfa. BD/MD (AMAP)

Procès « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires » : le témoignage de l’ancien Premier ministre Moussa Mara

Bamako, 05 mai (AMAP) La Cour d’Appel de Bamako a entendu, lors de l’audience du mercredi,  l´ancien Premier ministre Moussa Mara , dans le procès de l’affaire « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires. » M. Mara s’est expliqué, après l’intervention de Mme Bouaré Fily Sissoko, dont la défense a demandé la comparution de l’ancien ministre délégué chargé du Budget au moment des faits, Madani Touré et de l’ancien Premier ministre Oumar Tatam Lla Cour a appelé l’ancien Premier ministre, Moussa Mara pour son témoignage sur les deux dossiers. Dans ses déclarations à la Cour, l’ex-Chef du gouvernement, a dit avoir pris connaissance du dossier suite à une discussion avec l’ancienne ministre Mme Bouaré Fily Sissoko après des réserves du Fonds monétaire international (FMI) sur la question. « Pour éclairer la lanterne du FMI et arriver à faire en sorte que ces deux dossiers n’aient pas d’impact sur les relations entre notre pays et cette organisation, il avait été convenu de faire intervenir une structure de contrôle sur ces deux opérations », a-t-il souligné. Moussa Mara a ajouté que c’est sur la base de ces éléments qu’il a saisi le Bureau du vérificateur général pour conduire les audits. « Je pense que c’est essentiellement pour convaincre le Fonds sur l’engagement de ces opérations en rapport avec l’éthique que la ministre Bouaré Fily Sissoko est venue vers moi pour que nous engagions le processus de l’audit », a-t-il reconnu. Avant de préciser que les deux marchés n’ont pas fait l’objet de discussion en conseil des ministres. Pour le cas de l’achat de l’aéronef, il a indiqué que le rapport faisait état de beaucoup d’insuffisances, notamment l’émission du contrat en anglais au lieu du français, les mouvements de fonds non respectueux de finances publiques et le non-respect des règles de passation de marchés. S’agissant des équipements militaires, l’ex-Chef du gouvernement a révélé que le rapport mentionnait la garantie donnée par l’Etat, ce qui est contraire aux usages. Autre irrégularité évoquée dans le rapport est que sur une même journée, un contrat a été signé par plusieurs intervenants. Sans oublier des mouvements de fonds intervenus sur le compte du bénéficiaire du marché. D’après lui, « le rapport dit que ce qui a été proposé dans le contrat des équipements militaires apparait plus élevé que ce qui avait été proposé par les sous-traitants pour le même type de matériels à un moment du processus. Ce qui laissait penser qu’il y aurait pu avoir de la surfacturation ». SECRET DEFENSE– Selon le témoin, tant qu’on ne précise pas le contenu de ce qui peut être considéré comme « secret défense et intérêts essentiels de l’Etat », on ouvre la porte aux interprétations. « D’ailleurs, en septembre 2014, nous avons pris un décret pour donner un contenu détaillé au secret défense et aux intérêts essentiels de l’Etat. Cela n’existait pas au moment des faits. Du coup, la porte a été ouverte aux interprétations des uns et des autres », a expliqué Moussa Mara. L’ex-Chef du gouvernement a déclaré n’avoir rien senti chez Mme Bouaré Fily Sissoko comme volonté de cacher quelque chose lorsqu’ils décidaient ensemble de faire l’audit sur les deux marchés. Il a précisé que l’avion présidentiel a eu un prix d’achat auquel des charges ont été ajoutées notamment, les frais de parking, d’intermédiation, etc. « Le prix d’achat, sur la base des informations qui m’ont été données est 18 milliards FCFA et quelques. Ensuite, il y a des frais qui ont été payés. Et tous ces frais plus le prix d’achat qui a été versé au vendeur font que le coût total est autour de 20 milliards FCFA ou un plus », a détaillé l’ancien Premier ministre. Pour lui, l’aéronef a couté à notre pays entre 20 milliards et 21 milliards FCFA. D’après Moussa Mara, les deux marchés ont été engagés sous le sceau du secret défense et des intérêts essentiels de l’Etat qui n’était pas suffisamment explicité ou détaillé par un texte. Il a également indiqué que le secret défense est opposable aux membres du gouvernement.   C’est aux environs de 9 heures 37 minutes que le procès a commencé sur la demande de la défense de faire de faire comparaitre l’ancien Premier ministre Oumar Tatam Ly et son ex-ministre délégué chargé du Budget, au moment des faits, Madani Touré.   D’après l’avocat de la défense, le premier a été destinataire initial de la lettre d’intention du contrat d’achat de l’avion présidentiel alors que le second a été associé par ampliation. L’accusée aussi a soutenu que la comparution de ces deux personnalités est cruciale, car elle pourrait même « inverser les responsabilités ». « Je sortirai frustrée de ce procès si je n’ai pas eu la chance de me confronter à ces deux personnalités », a-t-elle déclaré.   Dans son réquisitoire, le procureur général Kokè Coulibaly a expliqué avoir fait toutes les diligences pour faire comparaitre ces deux personnalités, sans succès. Il a qualifié cette demande de la défense de manœuvre « dilatoire », ajoutant que ces deux personnalités ont été déjà entendues sur le dossier.   Après s’être retirés pour statuer sur la question, les membres de la Cour ont ordonné la poursuite du procès tout en assurant que les dispositions seront prises pour faire comparaitre lesdites personnalités. BD/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres  du mercredi 5 juin 2025

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 04 juin 2025, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – procédé à une nomination ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Mines, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de l’Accord de cession d’actions et de créances détenues sur Morila S.A. La Société des Mines de Morila a été créée en 2000 pour l’exploitation du gisement d’or de Morila, situé dans l’Arrondissement de Koumantou, Cercle et Région de Bougouni. Son capital social était détenu par l’Etat du Mali à 20%, la Société Anglogold-Ashanti à 40% et la Société Randgold Resources à 40%. L’exploitation de la mine de Morila qui a commencé en 2000 a cessé en 2020, avec la baisse des teneurs et l’épuisement des gisements de la carrière principale entrainant une baisse de la production et le lancement, par la Société Barrick Gold, de la procédure de fermeture de la mine dont l’achèvement était prévu à la fin du premier trimestre 2021. En lieu et place d’une fermeture, la société exploitante a entrepris le développement d’un projet agro-industriel qui n’a pas atteint ses objectifs. C’est pourquoi la Société Firefinch Limited, Société de droit australien présente au Mali à travers différentes filiales dans le secteur minier, a acquis, le 10 novembre 2020, les parts actionnariales de 80% des sociétés Barrick Gold Corporation et Anglogold-Ashanti au sein de la Société des Mines d’Or de Morila S.A., les 20% restantes demeurant toujours la propriété de l’Etat du Mali. Après la reprise de la mine, la Société Firefinch a rencontré de nombreuses difficultés liées à la faiblesse de la teneur du minerai traité qui l’ont amenée à abandonner les activités d’exploitation en 2022, malgré les investissements réalisés et la disponibilité de ressources géologiques. Afin de continuer l’exploitation des ressources aurifères disponibles, l’Etat du Mali a signé le 06 mai 2024 un protocole d’Accord avec la Société Firefinch qui prévoit la reprise de la mine de Morila par l’Etat du Mali à travers l’acquisition, au dollar symbolique, des 80% des actions détenues par Firefinch. C’est dans ce cadre qu’un Accord de cession d’actions et de créances détenues sur Morila S.A. a été signé, le 18 décembre 2024, entre Morila Limited, Firefinch et l’Etat du Mali. Le projet de décret, adopté, approuve l’Accord de cession d’actions et de créances détenues sur Morila S.A. à l’Etat du Mali et consacre son entrée en vigueur. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé à une nomination. AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGERES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE – Attaché de Défense à l’Ambassade du Mali à Washington (Etats-Unis d’Amérique) : Colonel-major Abdoulaye MAKALOU. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a informé le Conseil des Ministres de la tenue de la Semaine nationale de l’Intégration africaine, édition 2025. Cette édition, tenue du 25 au 31 mai 2025, s’inscrivait dans le cadre de la célébration de l’anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, devenue l’Union africaine le 09 juillet 2002. L’Union africaine a choisi comme thème : «Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par des réparations». Au plan national, le thème retenu était : « Rôle et place de la diaspora malienne dans le processus de réparation des torts infligés par la traite négrière et la colonisation à l’Afrique en général, et au Sahel en particulier ». La célébration de l’édition 2025 de la Semaine nationale de l’Intégration africaine a été marquée par : – la montée des couleurs africaines à la Tour de l’Afrique ; – la journée de salubrité à la place de l’AES ; – la nuit de l’intégration africaine organisée en collaboration avec le Groupe des Ambassadeurs africains, la Fédération des Communautés africaines et la Jeunesse de l’Union africaine. Elle a été l’occasion pour notre pays de réitérer son engagement en faveur de la réalisation de l’unité africaine. 2. Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a informé le Conseil des Ministres : a. de la participation du Mali au Forum international sur la Famille, tenu à Istanbul en Türkiye, du 22 au 23 mai 2025. Ce forum, organisé par le Gouvernement turc dans le cadre de la célébration de l’année 2025 comme «Année de la Famille» décrétée par le Président de la République de Türkiye, a réuni les ministres chargés de la Famille de 26 pays autour du thème : « Protection et renforcement de la famille dans un monde globalisé ». L’objectif de ce forum était de protéger et renforcer la famille et l’institution du mariage ainsi que d’assurer la sauvegarde des générations futures et des structures démographiques solides. Il visait également à adopter une position commune à l’échelle internationale sur la protection de l’institution familiale et de ses valeurs. Les travaux ont été marqués, entre autres, par une session ministérielle sous le thème : « Intégrer les politiques orientées vers la famille : Efforts nationaux et internationaux », des panels et une visite des expositions. Au cours de la session ministérielle, le ministre chargé de la Famille a abordé les principaux problèmes auxquels les familles maliennes sont confrontées, les efforts fournis par le Gouvernement, les chantiers en cours ainsi que les perspectives. Cette session ministérielle a été suivie de la visite par les ministres de l’exposition intitulée « Toutes les familles heureuses se ressemblent ». A l’issue des travaux, les ministres ont signé une déclaration commune qui sera présentée aux Nations unies comme une initiative internationale en faveur de la protection de la Famille. b. des missions effectuées dans les Régions de Ségou et de Sikasso. Dans le cadre de la prise de contact et des échanges avec les Autorités administratives, coutumières et religieuses et les organisations des femmes, le

Amicale des anciens du Second cycle Hamadoun Sankaré de Niafunké : Le cœur dans la main pour des orphelins et enfants démunis

Niafunké, 04 juin (AMAP) Le jour de fête est censé être celui de la joie et du bonheur pour tous, surtout les enfants. Pourtant, pas mal d’enfants orphelins, déplacés ou dont les parents n’ont pas de moyens, vivent ces moments différemment, tristement. Le Cercle de Niafunké (Nord), coupé en deux depuis plusieurs années et aujourd’hui á cause de la présence djihadiste dans le Gourma, a vu se multiplier les cas d’enfants orphelins, déplacés et certains dont les parents ont tout perdu, á cause de la situation. Dans cette ville, autrefois très festive, surtout lors de la célébration de la Tabaski ou du Ramadan, les avant-fêtes stressent plus d’un mais mobilisent certains qui ont le cœur dans la main. L’Amicale des élèves du Second cycle Hamadoun Sankaré, entre 1996 et 1999, appelée Génération 96-99 a offert á plus de 100 enfants des habits de fête et des attestations aux meilleurs élèves de l’établissement. Cela fait la 3ème fois que ces fils et filles du terroir, qui ont étudié ensemble au dans ce Groupe scolaire de Niafunké, viennent redonnent la joie à ces enfants et encourage les meilleurs élèves de l’établissement. Nul n’ignore que depuis la crise sécuritaire de 2012, le Nord du Mali a vu beaucoup de ses bras valides s’en aller. Certains ont rejoint leur dernière demeure et ne reviendront plus et d’autres ont, tout simplement, quitté leur famille, laissant derrière eux des épouses et des enfants sans aucune ressource. Beaucoup de ces orphelins et enfants de parents démunis pleurent le jour de la fête en voyant leurs camarades bien habillés et bien chaussés, lors des moments de Sambè Sambè. Ils n’ont rien fait pour mériter ce sort et ne demandent qu’un peu d’attention, de générosité de voisins, amis et parents de la cité. L’Amicale de la génération 96-99, avec sagesse, a constaté la tristesse de ces enfants et a fait cotiser ses membres, en 2023, pour la première fois, pour offrir à ces enfants des habits et des chaussures. Depuis cette première, chaque année, la tradition est perpétuée. Cette année, plus de 100 enfants ont reçu du basins Getzner et des frais de couture. A cela, il faut ajouter des attestations et des tee-short, des effets scolaires aux meilleurs élèves de l’établissement, le Second cycle Hamadoun Sankaré. Les trois meilleurs des deux 7èmes, , ceux des deux 8ème et des deux 9ème soit au total neuf élèves, qui ont des moyennes variant entre 14 et 16, ont été salués, encouragés et primés devant toutes les autorités de la ville de Niafunké, ce 28 mai 2925 dans l’enceinte du Groupe scolaire. Ce fut une véritable fête avant la tabaski et l’examen du Diplôme d’études fondamentales (DEF ». En plus de la joie que l’on pouvait lire sur le visage des meilleurs élèves primés, l’on pouvait aussi aisément lire l’émotion sur les visages de certains parents et tuteurs des enfants orphelins souriants, en recevant leurs habits de fête. Selon le chef de village de Niafunké Baba Aly Gatta, présent à la cérémonie, « ce geste est un exemple á suivre pour encore recoudre le tissu social effiloché depuis un certain temps et revenir á nos valeurs ancestrales d’entraide qui ont toujours prévalues dans notre société. » Le 2ème adjoint au préfet Zakaridja Samaké, qui a présidé la cérémonie, ému, a salué le geste « mais surtout la manière » avant d’encourager les autres élèves de l’établissement à redoubler d’efforts pour être parmi les primés de cette année scolaire, bientôt close, tout en souhaitant bonne chance aux candidats au DEF. Quant au président de l’Amicale, Ousmane Ky, il a d’abord, dans son intervention, fait observer une minute de silence en la mémoire de leur camarade, enseignant, Ousmane Daou qui était de la cérémonie de 2024, malheureusement assassiné, la même année, à Arabébé M, Ky a dit merci aux membres et lancé un appel à la solidarité envers « tous ceux dans le besoin dans le Cercle. » Selon lui, le Groupe scolaire Hamadon Sankaré leur « a tout donné », à eux « aujourd’hui, de lui rendre la monnaie pour que de meilleurs cadres du pays puissent en sortir. » SAM/MD (AMAP)

Mali : L’orpaillage suspendu du 15 juin au 30 septembre 2025 (Ministre des Mines)

Bamako, 2 juin (AMAP) Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a annoncé, jeudi 29 mai 2025, la suspension des activités d’orpaillage sur l’ensemble du territoire malien, du 15 juin au 30 septembre 2025, conformément à l’Arrêté interministériel du 1er juillet 2015. Dans un communiqué officiel, rendu public le 3 juin 2025 sur la page Facebook du ministère, M. Keita a appelé les autorités administratives des districts miniers, les chefferies coutumières, les organisations de presse et les exploitants des localités concernées « à collaborer pour assurer le respect strict de cette disposition pendant la période indiquée. » OS/MD (AMAP)

Affaire de « l’achat de l’avion présidentiel et équipements militaires » : L’ancienne ministre Mme Bouaré Fily Sissoko à la barre

Bamako, 04 juin (AMAP) Suspendu lundi pour raison de santé de Mme Bouaré Fily Sissoko, le procès dans l’affaire « Achat de l’avion présidentiel et équipements militaires », a bien repris hier, mardi, à la Cour d’appel de Bamako, en présence de certains accusés et des témoins importants dont l’ancien Premier ministre Moussa Mara a constaté l’AMAP. Après la vérification des identités, le retrait des témoins de la salle d’audience pour une autre pièce aménagée et la lecture de l’Arrêt de renvoi du dossier, le président de l’audience, Bamassa Sissoko, a demandé à Mme Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre des l’Économie et des Finances, au moment des faits, installée dans un fauteuil adapté à la circonstance, de réagir par rapport au contenu de l’arrêt qui retrace les manquements reprochés aux 11 accusés dans cette affaire. Il s’agit, entre autres, de « faux et usage de faux en écriture », « atteinte aux biens publics », « corruption et favoritisme »… tournant autour d’un manque à gagner d’environ 55 milliards de Fcfa. Le juge de siège a aussi signalé l’extinction des poursuites contre feu Soumeylou Boubeye Maïga, ancien Premier ministre, pour cause de décès. Aussitôt, l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances a demandé une permission de 10 minutes pour aller prendre ses médicaments et se reposer un peu. Le président de l’audience, après l’avis favorable du ministère public, a suspendu le procès à 12h 02mn pour permettre à l’accusée d’aller prendre ses médicaments. À la reprise vers 13h 30 mn, le juge Bamassa Sissoko a fait comprendre que les débats du jour vont concerner, uniquement, le contrat d’achat de l’avion présidentiel et que les contrats des équipements militaires seront débattus les jours suivants. À la question de savoir pourquoi, en tant que ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré n’a pas déconseillé le Chef de l’État d’alors par rapport à l’achat de cet avion, eu égard aux difficultés financières du moment. Elle a répondu que le Président, feu Ibrahim Boubacar Keïta avait informé le gouvernement lors du Conseil des ministres de son intention d’acquérir un avion de commandement pour l’honneur du Mali. Mais, surtout, pour faire de l’économie sur les frais de location pour ses déplacements qui coûtaient environ 300 millions de Fcfa par vol au Trésor public, y compris le changement permanent de l’équipage. Toute chose qui, selon elle, « mettait à rude épreuve la confidentialité de l’action gouvernementale puisque très souvent, il arrivait que le Président travaille avec certains ministres en plein vol. » Pour sa part, le représentant du parquet, Kokè Coulibaly, a tenu à connaître le coût réel de l’acquisition de l’avion présidentiel. « À la date du 23 décembre 2014, le montant total de l’acquisition de l’avion était d’environ 21,5 milliards de Fcfa », a répondu Mme Bouaré Fily Sissoko. Kokè Coulibaly a voulu aussi comprendre comment, la ministre de l’Économie et des Finances a ordonné le décaissement des 21,5 milliards de Fcfa représentant le prix d’achat et des factures supplémentaires liées à des dépenses d’exploitation et de réaménagement de l’avion avec les Sceaux et les Armoiries de l’État pour des contrats qui lui sont parvenus déjà signés. En réponse, l’ancienne ministre chargée des Finances a expliqué qu’elle a été mise en marche forcée puisque le contrat d’achat qui a été élaboré par le ministre de la Défense d’alors, feu Soumeylou Boubeye Maïga, était couvert par le sceau du Secret défense. « Car ce dernier était le seul membre du gouvernement habilité à passer des contrats en dehors du champ de vérification ordinaire du Code des marchés publics. » « L’avion présidentiel entre dans le cadre de la sécurité du Président de la République », a-t-elle argumenté. Les questions des conseillers de la Cour ont porté essentiellement sur la non-conformité du contrat d’achat de l’avion présidentiel qui ne rentre pas, à leur avis dans le cadre du secret défense. Pour le parquet général, Mme Bouaré Fily Sissoko en tant que garante des deniers publics aurait dû refuser d’ordonner les décaissements pour motifs de non-conformité aux règles de passation des marchés publics. L’accusée a rétorqué, en expliquant que le rôle d’un ministre des Finances n’est pas d’agir dans le sens du blocage de l’action gouvernementale, puisque le président de la République a exprimé l’urgence d’acquérir un avion. Suite à une nouvelle sollicitation de pause exprimée par Mme Bouaré Fily Sissoko, l’audience a été suspendue pour reprendre ce mercredi 4 juin. AT/MD (AMAP)

Oeuvres sociales du président de la Transition : de l’énergie solaire pour les Centres de santé communautaire de Daoudabougou et Sabalibougou

Bamako 03 mai (AMAP) Les Centres de santé communautaire (CSCOM) de Daoudabougou et de Sabalibougou, en Commune V du district de Bamako, ont été dotés en installations solaires dont l’inauguration a eu lieu, mardi 30 avril, sous la présidence du conseiller spécial ,Aguibou Dembélé, en charge des Oeuvres sociales du président de la Transition, a constaté l’AMAP. L’objectif principal de cette initiative est de permettre à ces structures sanitaires de fonctionner de manière autonome, sans interruption, notamment en cas de coupure d’électricité. Une action saluée par les bénéficiaires et les responsables locaux. « Aujourdhui, nous avons inauguré des installations solaires dans deux CSCOM, à travers les Oeuvres sociales du président de la Transition, Assimi Goita. Le présiddent a tenu à doter ces centres d’une source d’énergie fiable pour améliorer la qualité des services de santé aux populations », a déclaré M. Dembélé. Il a invité les bénéficiaires à veiller à l’entretien des équipements. « Une campagne de formation sera bientôt lancée au profit des agents de santé afin qu’ils puissent réparer les petites pannes, sans attendre l’intervention de techniciens », a-t-il ajouté. Selon le maire Amadou Ouattara, cette action s’inscrit pleinement dans le programme des ambitions énergétiques porté par les autorités de la Transition. « Elle témoigne de la volonté du Président de la Transition de renforcer l’autonomisation énergétique des infrastructures socio-sanitaires », a-t-il déclaré. Il a. également, souligné que la mise en place du système photovoltaïque dans ces CSCOM marque une avancée majeure dans la sécurisation de l’accès à l’énergie dans les structures sanitaires de proximité. Au nom des bénéficiaires, le président de l’Association de gestion du CSCOM de Daoudabougou, Soumaila Ballo, n’a pas caché sa joie en confiant que leur « centre de santé faisait face à de grandes difficultés énergétiques. » Les agents de santé ont été souvent obligés de travailler avec des torches ou à la lumière de leurs téléphones portables. Il a, aussi, rassuré sur la bonne utilisation des équipements. « Nous avons reçu 42 panneaux solaires et 4 batteries au lithium. Nous en ferons bon usage pour encourager le président à poursuivre ses Oeuvres sociales », a assuré M. Ballo. Sur la même lancée que ses prédécesseurs, le président de l’Association de gestion du CSCOM local de Sabalibougou, Mahamadou Togo, a rappelé les nombreux défis auxquels ils étaient confrontés. « Cela fait plus d’un an que nous vivions dans des difficultés liées à l’énergie. Nous avons dépensé plus d’un million de francs CFA en carburant pour faire fonctionner les groupes. Aujourd’hui, ces panneaux solaires vont nous permettre de travailler en continu, Ce qui est un immense soulagement pour le personnel comme pour les patients » a-t-il ajouté. MMD/MD (AMAP)