Kangaba: Les enjeux du changement climatique et les pratiques agricoles résiliente au menu

Kangaba, 13 février (AMAP) La cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation destiné aux membres de l’association Actions Humanitaires pour la Résilience , l’Environnement et le Développement (AHRED) et aux leaders communautaires sur les enjeux du changement climatique et les pratiques agricoles résilientes, a été présidé jeudi à Kangaba, par le préfet de Cercle, Abou Dao, a constaté l’AMAP. Le thème est :  « Sensibilisation et Formation sur les Changements Climatiques et la Gestion Durable des Ressources Naturelles dans le cercle de Kangaba ». Cet atelier vise à renforcer les capacités locales sur les pratiques agricoles durables et adaptées au climat, notamment la production et l’utilisation du compost, l’introduction de semences améliorées et les techniques Agroécologiques de conservation des sols et de gestion des ressources naturelles. L’objectif général vise à améliorer les connaissances des membres d’AHRED et des leaders communautaires du cercle de Kangaba sur les enjeux du changement climatique et éducation environnementale afin de promouvoir l’adoption de pratiques agricoles durables et résilientes. À travers cette initiative, AHRED et Plan Mali entendent contribuer à la résilience des communautés du Mandé, en favorisant l’adoption de solutions concrètes qui réduisent la vulnérabilité, restaurent les écosystèmes et ouvrent la voie vers un développement durable et inclusif. SD/KM (AMAP)

NOMINATION DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT

SOIXANTE-SEPTIEME ANNEE SPECIAL N°01 12 FEVRIER 2026 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU MALI DECRET N°2026-0062/PT-RM DU 12 FEVRIER 2026 PORTANT NOMINATION DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT SECRETARIAT GENERAL DU GOUVERNEMENT Portant nomination d’un membre du Gouvernement Le Président de la Transition, Chef de l’État, Vu la Constitution ; Vu la Charte de la Transition révisée ; Vu la Loi n°2025-047 du 3 septembre 2025 portant loi organique fixant le nombre des membres du Gouvernement ; Vu le Décret n°2024-0657/PTRM du 21 novembre 2024 portant nomination du Premier ministre ; Après consultation du Premier ministre ; Décrète : Article 1er : Sont nommés membres du Gouvernement : Ministre d’État, Ministre de la Défense et des Anciens Combattants : Général de Corps d’Armée Sadio Camara Ministre d’État, Ministre de l’Économie et des Finances : M. Alousséni Sanou Ministre d’État, Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale : Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : M. Mahmoudou Kassogué Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly Ministre de la Réforme de l’État, chargé des Relations avec les Institutions : M. Yahya Gologo Ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Général de Division Daoud Ali Mohamedine Ministre des Transports et des Infrastructures : Mme Dembélé Madina Sissoko Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : M. Abdoulaye Diop Ministre de l’Éducation nationale : M. Amadou Sy Savané Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : M. Bouréma Kansaye Ministre des Mines : M. Amadou Keïta Ministre de l’Énergie et de l’Eau : M. Tiémoko Traoré Ministre de la Santé et du Développement social : Colonel-Major Assa Badiallo Touré Ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social : M. Fassoun Coulibaly Ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne : M. Abdoul Kassim Ibrahim Fomba Ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine : M. Mossa Ag Attaher Ministre de l’Agriculture : M. Ibrahima Samaké Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle : Mme Oumou Sall Seck Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Mme Djènèba Sanogo Ministre de l’Industrie et du Commerce : M. Moussa Alassane Diallo Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population : M. Imran Abdoulaye Touré Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable : Mme Dumbia Mariam Tangara Ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration : M. Alhamdou Ag Ilyène Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme : M. Mamou Daffé Ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes : M. Mahamadou Koné Ministre de l’Élevage et de la Pêche : M. Youba Ba Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral : M. Mamani Nassiré                                                                                                                                          Bamako, le 12 février 2026 Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, Général d’Armée Assimi GOITA Le Premier ministre, Général de Division Abdoulaye MAIGA  

La Gestion des déchets : Les faiblesses du système communal révélées

Bamako, 13 février (AMAP) Le Mali,  avec plus de 2,56 millions de mètres cubes de déchets solides municipaux générés chaque année, est confronté à une crise structurelle de gestion des ordures, marquée par la prédominance des dépôts sauvages et une évacuation insuffisante vers les décharges. La capitale Bamako, concentre à elle seule, plus de 70% des volumes produits. Le rapport 2025 de l’Institut national de la statistique (Instat) dresse un état des lieux préoccupant des limites du système communal d’assainissement Le District de Bamako concentre à lui seul 79 dépôts de transit, soit environ 16% du total national La gestion des déchets solides municipaux demeure aujourd’hui, l’un des principaux défis environnementaux et sanitaires des centres urbains. Malgré les initiatives institutionnelles et communautaires engagées ces dernières années, l’accumulation massive d’ordures persiste, alimentée par une urbanisation rapide, une croissance démographique soutenue et des moyens techniques et financiers insuffisants. Selon l’Enquête modulaire et permanente auprès des ménages (EMOP 2024), près de huit ménages sur dix continuent de recourir à des méthodes inappropriées pour se débarrasser de leurs déchets, tandis que le service public de ramassage reste marginal. C’est dans ce contexte que l’Instat, avec l’appui de Statistique Suède, a conduit en 2025 la deuxième édition de la collecte sur les déchets solides municipaux, axée sur les dépôts de transit. L’opération a permis d’identifier 501 dépôts dans 28 villes et dans le District de Bamako, dont 194 ont fait l’objet d’un suivi détaillé pour l’estimation des volumes de déchets. Les résultats révèlent une domination écrasante de l’informel. Sur l’ensemble des dépôts recensés, 85 % sont non officiels, confirmant la prédominance des dépôts sauvages dans les villes. Les sites officiellement reconnus ne représentent que 15% du total. Dans plusieurs régions, notamment Gao, Nara, Dioïla, Nioro ou Kidal, aucun dépôt officiel n’a été identifié, contraignant les populations à recourir exclusivement à des sites improvisés. Le District de Bamako concentre à lui seul 79 dépôts de transit, soit environ 16% du total national. Il est suivi par les Régions de Ségou et de Koulikoro, tandis que Bougouni et Nara affichent une présence très marginale de dépôts. Ces disparités s’expliquent par la densité de population, le nombre de villes enquêtées, mais aussi par certaines pratiques locales, comme l’utilisation des déchets à des fins agricoles dans certaines zones. Le rapport évoque un état des dépôts globalement alarmant. Il précise que plus des deux tiers sont classés comme «volumineux» ou « très volumineux », signe d’une accumulation importante des déchets. À Bamako, les dépôts couvrent toutes les catégories de volume, illustrant l’ampleur et la complexité du problème dans la capitale. À l’échelle nationale, seuls 7% des dépôts disposent d’un gardien et à peine 5% sont dotés d’une plaque d’interdiction, révélant une quasi-absence de contrôle, de signalisation et de mesures dissuasives. Sur le plan quantitatif, le volume total annuel de déchets reçus dans les dépôts de transit est estimé à 2.569.314,99 m³. Le District de Bamako en concentre 1.816.911,08 m³, soit 70,7% du total national. Les Régions de Koulikoro, Ségou, Mopti, Sikasso et Kayes suivent loin derrière, chacune représentant moins de 6% des volumes. Dans les régions du Nord, les quantités demeurent faibles, en lien avec une moindre densité urbaine et des contraintes sécuritaires persistantes. La gestion de ces volumes reste fortement déséquilibrée. À l’échelle nationale, près de 83% des déchets transitent par des dépôts non officiels. À Bamako, cette proportion atteint 88,6%, malgré l’existence de sites reconnus. À l’inverse, des régions comme Sikasso et Bougouni se distinguent par une meilleure structuration du système, avec une majorité des déchets orientés vers des dépôts officiels, résultat de partenariats locaux et d’un encadrement plus rigoureux. L’évacuation vers les décharges finales constitue l’un des maillons les plus faibles de la chaîne. Seuls 40% des déchets reçus dans les dépôts de transit sont évacués chaque semaine vers une décharge, soit un ratio national de 0,4, synonyme d’une accumulation progressive des ordures. Bamako affiche un ratio légèrement supérieur, estimé à 0,6, mais reste loin d’une évacuation régulière et complète. Dans la majorité des régions, ce ratio est quasi nul, les dépôts de transit faisant office de sites de stockage définitif. Cette situation est aggravée par le nombre très limité de décharges aménagées. Le Mali ne dispose officiellement que de deux décharges fonctionnelles, à Noumoubougou et à Sikasso.Faute d’infrastructures adaptées, de nombreuses communes déversent les déchets dans des champs, ravins ou terrains vagues, accentuant les risques de pollution des sols, de l’air et des ressources en eau. Le document d’analyse met également en évidence la présence de déchets dangereux dans 23% des dépôts enquêtés, avec des proportions particulièrement élevées dans des régions comme Nara, Koulikoro ou Tombouctou. L’absence de tri et de dispositifs spécifiques de gestion expose les populations riveraines à des risques sanitaires majeurs, dans un contexte où la surveillance des dépôts est quasi inexistante. Du côté des collectivités territoriales, l’enquête montre des capacités contrastées. Si plus de 70% des communes enquêtées disposent d’un service d’hygiène et d’assainissement et que la majorité a intégré un plan d’assainissement dans son Programme de développement économique, social et culturel (PDESC), les infrastructures restent largement insuffisantes. Moins de la moitié des communes déclarent disposer d’une décharge et beaucoup fonctionnent avec des moyens d’évacuation limités, malgré le fait que 80% affirment posséder leur propre matériel. Toutefois, le rapport 2025 de l’Instat met en lumière un système de gestion des déchets largement dominé par l’informel, fortement centralisé autour de Bamako et incapable, en l’état, d’absorber les volumes produits. Il souligne l’urgence de renforcer les infrastructures, de formaliser les dépôts, d’accroître les capacités opérationnelles des communes et de promouvoir la valorisation et le recyclage, afin de transformer un problème environnemental majeur en opportunité de développement durable. MS/KM (AMAP)

Lancement à Kangaba d’un projet de renforcement des jeunes en droits de l’homme et prévention des conflits

Kangaba, 11 fév. (AMAP) – Le préfet du cercle de Kangaba, Abou Dao, a présidé mercredi, dans la salle de conférence de l’hôtel Résidence, la cérémonie de lancement du projet de renforcement des jeunes en protection des droits de l’homme, prévention et résolution des conflits. Organisée par l’ONG PACINDHA (Pôle des Actions d’Intégration des Droits Humains), en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (PAMOC), l’activité a pour objectif de présenter aux autorités de Kangaba, aux parties prenantes et aux bénéficiaires « le projet à travers ses objectifs, les activités, les résultats attendus et la zone d’intervention ». La cérémonie de lancement a été suivie du démarrage d’un atelier de renforcement du leadership des jeunes et des femmes en prévention et médiation des conflits communautaires. Selon les organisateurs, cet atelier vise à renforcer les capacités des jeunes et des femmes dans les techniques de négociation de la paix, de médiation et de prévention des conflits dans le cercle de Kangaba et à promouvoir la consolidation de la paix ainsi que la coexistence pacifique entre les communautés grâce à des jeunes et femmes médiateurs de la paix formés à cet effet. Prennent part à la rencontre des responsables administratifs, des maires, des représentants des forces de l’ordre et de sécurité, de la société civile, des légitimités traditionnelles, ainsi que des jeunes et des femmes. Les travaux dureront deux jours. SD/OS (AMAP)

Saramba Kouyaté : « Une fois, quelqu’un m’a donné un faux chèque ; j’ai failli avoir des ennuis judiciaires… »

La cantatrice malienne Saramba Kouyaté est issue de l’une des premières lignées « griottiques » du Mandé. Dans cet entretien exclusif, la native de Dialaya (Kita) revient sur ses débuts dans la musique traditionnelle et son long chemin épineux d’artiste. La fille de Daba et de Djétenin Kouyaté projette tout autant sa vision du futur. Par Kemoko DIABATE AMAP : Deux noms reviennent très fréquemment dans vos chansons : Djétenin et Daba. Qui sont-ils pour Saran ? Saramba Kouyaté : Daba est mon père et Djétenin Kouyaté est ma mère. Mon père jouait du N’Goni des chasseurs. Les chasseurs venaient de tout temps lui donner des pattes d’animaux et dix noix de cola lorsqu’il y avait des « simbon-nassi » (cérémonie rituelle de veillée dans la confrérie des chasseurs lors des cas de décès). Comme il n’y avait pas d’autres enfants âgés à part moi, il (son père) me portait devant lui sur son cheval et on y allait. Beaucoup de chasseurs lui donnaient des feuilles d’arbre pour me faire laver avec en guise de protection. C’est pourquoi la plupart de mes musiques s’appuient sur les chasseurs et les féticheurs. Dans ses derniers instants à Dialaya (Kita), mon père m’a déconseillé de délaisser ce chemin qu’il a tracé. Il n’avait pas de garçons, nous ne sommes que deux filles dans la fratrie. Je lui ai promis de ne jamais abandonner les deux confréries. AMAP : Vos compositions évoquent la tradition. Comment êtes-vous entrée dans la musique ? Saramba Kouyaté : Depuis toute petite, je m’essayais au chant. D’abord, c’est ma maman (Djétenin) qui chantait. Je l’écoutais attentivement. Le matin, quand je partais à la rivière, je ne faisais que chanter. Depuis que les gens n’y prêtaient pas attention jusqu’à ce qu’ils aient commencé à me guetter lorsque je me prêtais, avec plaisir, à cet exercice. Mais, dès que je me rendais compte de la présence d’un intrus, je m’interrompais. [Rires] AMAP : Quand est-ce que vous vous êtes rendue compte que votre destin était lié à la musique ? Saramba Kouyaté : Dans l’enfance, comme je chantais, j’ai fini par embrasser la musique. Je suis la seule personne qui chante dans notre fratrie. Le grand frère de ma mère (Djeli-Sékou)  était un grand joueur d’instruments de musique à qui j’ai été confiée à mon jeune âge. Je suis longtemps restée ainsi auprès de lui. Cependant, c’est à Nanaguéla-Kita (dans la famille de Kelè-Monzon Diabaté) que j’ai appris les « Tarikh » (généalogies). AMAP : Parlez-nous de votre période d’initiation ! Saramba Kouyaté : Pendant mon apprentissage, on ne me donnait rien, car j’étais avec le frère   de ma mère. Je chantais vigoureusement, et lui jouait de la guitare. Néanmoins, en fin de compte, on ne me donnait rien. L’apprentissage à l’époque n’était pas du tout facile puisqu’il ne rimait pas avec gain. Le plus important était de comprendre ce qu’on apprenait. AMAP : Quelle différence entre l’apprentissage d’hier et celui d’aujourd’hui ? Saramba Kouyaté : La différence, c’est surtout le côté de l’éducation. A mes débuts, un simple regard de mon oncle maternel suffisait pour me dissuader de certaines choses. On apprenait tout au/à la jeune « Djeli » (griot-e). Puisque, pour la jeune fille par exemple, peu importe le temps que tu passes aux côtés des siens, tu finiras par fonder un foyer. A la différence de notre époque, les millions de francs CFA que la jeune génération gagne aujourd’hui, nous on ne les avait pas. Jadis, nous pouvions également marcher entre quarante et cinquante kilomètres à pied. Faute de chaussures, il m’arrivait de nouer des feuilles d’arbre à mes pieds pour affronter des soleils de plomb. C’était notre époque à nous. Si tu décides de faire subir même une infime partie de ces difficultés aux gens de maintenant, ils vont te renier à jamais. A temps nouveau, art nouveau. L’apprentissage du « Djelya » (fonction de griots) n’a pas encore perdu tout son sens. Car des jeunes guitaristes se mettent de nos jours sous la protection des anciens et deviennent des apprentis. AMAP : Que vous a apporté la musique comme avantages ? Saramba Kouyaté : Par la grâce d’Allah (Dieu), j’en ai tiré beaucoup d’avantages. J’ai voyagé plusieurs fois à l’extérieur par avion (Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée-Conakry, Canada). Si les « Jatigui » (tuteurs) te mettent dans l’avion pour visiter ces pays, c’est déjà un grand avantage. J’ai également eu des voitures grâce aux bons tuteurs. De plus, avec le peu que j’ai eu, j’ai commencé à construire une maison à Abdoulayebougou même si elle reste à terminer. Et je garde foi qu’avec le soutien des bons tuteurs, cette maison sera finalisée. AMAP : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce travail ? Saramba Kouyaté : La majeure partie de mes difficultés, c’était au moment de l’apprentissage. Il est arrivé un moment où j’avais pensé à tout abandonner en raison de l’excès de contrôle de mon oncle maternel alors que je ne gagnais rien. Toutefois, si l’on n’avait pas accepté ces difficultés, on n’aurait pas atteint ce niveau de nos jours. Peu importe les difficultés qu’on rencontre dans certaines situations, il ne faut jamais abandonner. Si tu patientes, le Seigneur des mondes du silence t’ouvrira une issue de secours. AMAP: Vous dites souvent dans vos chansons : « Je n’aime pas les fausses promesses ; que personne ne me fasse de promesses creuses ! ». Pourquoi dites-vous cela ? Saramba Kouyaté : je ne citerai pas de nom, mais beaucoup m’ont fait des fausses promesses de millions de francs CFA. Quelqu’un peut me dire, par exemple : « Dès demain, je te donnerai 500 000 francs CFA. » Le lendemain, tu le rappelles, il te met sur répondeur. Beaucoup pensent que j’ai autant d’argent, alors qu’on me fait des fausses promesses dans bien des cas. Un autre est allé jusqu’à me donner un faux chèque. J’ai failli avoir des ennuis judiciaires pour cela. Quand tu fais une promesse à un « Nyamakala » (homme de caste), veille à respecter ton engagement. Tout cela me décourage. [Colère] AMAP :

Ségou : le réseau Wassa Mali promeut les bonnes pratiques agroécologiques

Par Mamadou SY Ségou, 11 fév (AMAP) La 4ème édition du Forum pratique en agroécologie paysanne Croisade (Croisement des initiatives et actions de base) s’est ouverte le mardi 10 février à Ségou, dans le Centre du Mali, avec comme thème principal : «Les savoirs paysans et innovations locales : piliers d’une transition agroécologique réussie». La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes sous la présidence du conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la région de Ségou, Mohamed Ag Mohamed Aly. C’était en présence du maire de la Commune rurale de Pelengana, Mme Diabaté Mariam Bamba, du préfet de Cercle, Daouda Diarra, du président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré et du représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique (PNAEPB), Mamadou Goïta. Prévue du 10 au 12 février, ce forum organisé par le Réseau Wassa Mali et ses partenaires vise à promouvoir et valoriser les savoirs paysans et les innovations locales comme leviers essentiels pour accélérer la transition agroécologique dans les communautés rurales, en facilitant les échanges pratiques, le dialogue multiacteurs et le renforcement des capacités des acteurs de terrain. Plusieurs acteurs prennent part à ce rendez-vous dont des organisations partenaires au développement, des communautés paysannes membres du Réseau Wassa Mali, des autorités traditionnelles et coutumières, des techniciens agricoles et des formateurs locaux, des organisations de femmes et de jeunes, des chercheurs, médias et personnes ressources. Plusieurs activités sont au programme, notamment des présentations dynamiques, des ateliers de terrain, des études de cas, des discussions en groupe et des sessions de co-création de visions partagées. Selon le président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré ce forum se veut « un espace de réflexion collective autour des résultats obtenus et des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. » M. Traoré a signalé que les précédentes éditions ont permis d’aborder des thématiques importantes ayant trait à l’élevage pastoral et paysan face aux défis du changement climatique, la gestion des ravageurs et les systèmes de semences paysannes. D’après le président du Réseau Wassa Mali, « l’agroécologie est une alternative sérieuse pour relever le défi de la sécurité alimentaire dans notre pays. » Pour le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de Ségou, cette rencontre revêt une portée toute particulière. «Elle constitue un moment de fierté et d’espérance, au cours duquel la voix du monde paysan, longtemps insuffisamment entendue, retrouve la place centrale qui lui revient légitimement », a indiqué Mohamed Ag Mohamed Aly. « C’est également l’occasion de mettre en lumière les champs, les savoirs endogènes transmis de génération en génération, ainsi que les innovations issues de l’ingéniosité et de la résilience des communautés rurales», a-t-il ajouté. Il a rendu hommage au Réseau Wassa Mali, dont « l’engagement constant et exemplaire a permis de faire de l’agroécologie paysanne un véritable mouvement, ancré à la base et reconnu tant au niveau national que régional. » Dans la même veine, le prefet Daouda Diarra a remercié le Réseau Wassa Mali pour l’organisation de ce forum, avant de réitérer son engagement à soutenir toute initiative visant à promouvoir l’agroécologie. La cérémonie a été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance au préfet du Cercle de Ségou et au représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique. Une visite des stands d’expositions à mis fin à la rencontre. MS/MD (AMAP)  

Le Mali dote sa police et sa garde nationale de 57 véhicules de transport de troupes

BAMAKO, 9 fév (AMAP) – Le ministre malien de la Sécurité a remis lundi un lot de 57 véhicules de transport de troupes à la Police et à la Garde nationale, afin d’intensifier le maillage sécuritaire sur l’ensemble du territoire. La cérémonie s’est tenue à l’École nationale de Police. Cette dotation, intégralement financée sur le budget national, s’inscrit dans la feuille de route de la Transition. Le ministre, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a déclaré que ce renforcement répondait à « l’exigence de mobilité et de proactivité imposée par le contexte sécuritaire actuel ». « L’efficience de nos forces dépend de la qualité et de la quantité de leurs moyens », a-t-il précisé, estimant que ces camions permettront d’optimiser les déploiements opérationnels et les relèves sur le terrain. Côté Police nationale, les véhicules seront affectés aux unités mobiles et d’intervention rapide, ainsi qu’à la Brigade anticriminalité. La Garde nationale les destine prioritairement à ses groupements de maintien de l’ordre. Le Directeur général de la Police, le Contrôleur général Youssouf Koné, a salué la performance technique des équipements, chacun pouvant transporter plus de 80 personnes. « Nous allons réduire nos délais d’intervention de manière record », s’est-il félicité. le ministre a exhorté les unités à un entretien rigoureux du matériel et a réitéré l’engagement de l’État à poursuivre la modernisation des forces de sécurité. Le gouvernement malien, dirigé par la Transition sous l’égide du Général Assimi Goïta, poursuit le renforcement des capacités opérationnelles de ses forces de sécurité dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants. SS/OS(AMAP)

Les centres de formation privés du Mali invités à renouveler leur agrément avant fin avril

Bamako, 7 fév (AMAP) – La Direction nationale de la Formation professionnelle a officiellement ouvert, à compter du 6 février, la période de dépôt des dossiers de renouvellement d’agrément pour les centres privés de formation professionnelle, a-t-elle annoncé dans un communiqué. Les promoteurs dont l’agrément a été accordé il y a plus de cinq ans sont tenus de se conformer à cette procédure, conformément à la réglementation en vigueur. La date limite pour déposer les dossiers auprès des Directions régionales de l’Emploi et de la Formation professionnelle est fixée au jeudi 30 avril 2026 à 16h30. Le communiqué émet un avertissement clair pour les retardataires. Il stipule : « Passé ce délai, tout centre n’ayant pas déposé un dossier de renouvellement verra son agrément frappé de caducité. » Cette mesure s’appuie sur l’article 4 de la Décision n°2011-0283 du 7 décembre 2011, qui prévoit que l’agrément d’ouverture des filières est accordé pour une durée de cinq ans, renouvelable. KD/OS(AMAP)

Le Mali célèbre la journée contre l’excision, une pratique qui persiste malgré des progrès

BAMAKO, 6 fév (AMAP) – Le Mali a célébré vendredi la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), en mettant l’accent sur le rôle crucial des autorités et des leaders traditionnels pour éradiquer une pratique toujours largement répandue dans le pays. La cérémonie au Centre international de conférences de Bamako (CICB) était présidée par le secrétaire général du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Salif Tal. Elle s’est tenue sous le thème national : « Rôles et Responsabilités des Autorités et Légitimités Traditionnelles du Mali Face aux Enjeux de l’Abandon des MGF/Excision ». Un représentant des partenaires techniques et financiers, Mohamed Lémine Ould Beiba, a présenté un bilan contrasté. S’il a noté une baisse du taux de MGF chez les filles de 0 à 14 ans, passant de 74% en 2018 à 70% en 2023, les chiffres restent alarmants. Il a déclaré : « Malgré ces avancées, les statistiques sur les MGF restent préoccupantes car 89% des filles et femmes de 15 à 49 ans ont subi une forme de MGF et ce qui est encore plus inquiétant, une majorité de femmes et d’hommes (48%) déclarent que la pratique doit être maintenue. » Il a ajouté qu’au niveau mondial, près de 4,4 millions de filles risquaient encore de subir des MGF cette année, soulignant que le rythme des progrès restait insuffisant pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030. Le secrétaire général Salif Tal a expliqué que le choix du thème témoignait de la volonté des plus hautes autorités maliennes de « trouver des réponses endogènes » pour abandonner la pratique. Il a présenté cette démarche comme « un acte de reconnaissance des efforts, mais encore un appel aux pouvoirs des autorités et légitimités traditionnelles, en tant que gardiennes des valeurs et des normes sociales positives ». La cérémonie a été marquée par la projection d’un film montrant l’engagement de leaders traditionnels contre l’excision. BT/OS(AMAP)

Le tronçon Gao-Sévaré au Mali, un axe vital rongé par l’insécurité et la dégradation

Gao, 7 fév  (AMAP) – Emprunter la route nationale 16 (RN16) entre Gao et Sévaré, axe vital reliant le nord et le sud du Mali, est devenu une épreuve périlleuse en raison d’une insécurité extrême et d’une dégradation avancée de la chaussée, selon le témoignage de voyageurs. Le trajet, qui peut désormais durer jusqu’à quatre jours au lieu de deux, expose les usagers à des risques constants. La portion Gao-Gossi-Hombori est particulièrement redoutée, où les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets et de violences de la part d’éléments armés. Racket systématique et violence Les passagers sont fréquemment contraints de payer pour poursuivre leur route. « Les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets, de violences physiques et de menaces armées. À plusieurs points de cette portion, ils sont contraints de verser une rançon pour continuer leur route », indique un témoignage. Les montants extorqués varieraient entre 5 000 et 15 000 francs CFA par personne. Dans les cas les plus graves, les individus sont entièrement dépouillés de leurs biens, battus, et parfois blessés par des tirs d’intimidation. Au danger sécuritaire s’ajoute l’état catastrophique de la seule route goudronnée de la région, dont le revêtement a disparu par endroits, obligeant à des déviations risquées. Dans les localités traversées comme Gossi, Hombori ou Douentza, les populations, décrites comme démoralisées, survivent dans un isolement partiel, compensant l’absence de réseau mobile par des connexions Wi-Fi payantes. Malgré ce chaos, le rôle des chauffeurs est salué pour leur sérénité, leur connaissance du terrain et leur capacité à éviter le pire, permettant à une forme de vie et de résilience de persister le long de cet axe. MHM/OS(AMAP)