Mali : visibilité réduite au nord et orages attendus dans plusieurs régions (Mali-Météo)

Bamako, 13 avril (AMAP) La visibilité sera réduite dans le nord du Mali en raison de la poussière en suspension, tandis que des orages isolés accompagnés de pluies sont attendus dans plusieurs régions du sud et du centre, selon le bulletin météorologique du 13 avril 2026. La visibilité devrait varier entre 4 et 7 km dans les régions nordiques, notamment vers Gao, et entre 7 et 10 km dans le reste du pays, précise l’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo). Par ailleurs, des orages isolés avec des pluies sont annoncés au cours de la journée et durant la nuit dans les régions de Bougouni, Sikasso, Koutiala, Dioila, San, Koulikoro, Kita, Kayes ainsi que dans le district de Bamako. Selon Mali-Météo, « des températures en légère baisse par rapport à celles d’aujourd’hui » sont attendues dans les zones pluvieuses du sud et du centre, apportant « une sensation de douceur relative ». Toutefois, la chaleur restera marquée dans les régions frontalières du nord. Les prévisions indiquent également des températures oscillant globalement entre 35°C et 40°C sur l’ensemble du territoire, avec des vents faibles à modérés variant entre 5 et 10 km/h. En cette période de transition saisonnière, le Mali connaît fréquemment des épisodes de poussière dans les régions nord et des activités orageuses dans le sud et le centre, liés à l’évolution des conditions atmosphériques. OS/KM(AMAP)
La sécurité des enfants sur le chemin de l’école au Mali : la peur quotidienne des parents

Crédit photo : UNICEF/UN0580319/Keïta Légende : Tableau réalisé par un enfant lors de la quinzième édition d’Oxyjeunes, organisée dans la région de Koulikoro en septembre 2021. Cette œuvre lance un appel à renforcer la sécurité routière, notamment la traversée des routes par les enfants lorsqu’ils se rendent à l’école. Chaque matin, des milliers d’enfants maliens prennent la route de l’école. Pour beaucoup de parents, ce trajet est une source permanente d’inquiétudes. Parmi les victimes figurent de nombreux jeunes et enfants. Le ministère des Transports. Selon l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER), 7685 accidents de la route ont été enregistrés en 2023, causant 689 décès et 7938 blessés. Parmi les victimes figurent de nombreux jeunes et enfants. Le ministère des Transports du Mali indique que près de 70 % de ces accidents sont dus au comportement humain, notamment l’excès de vitesse et le non-respect du code de la route. « Chaque matin, je prie pour qu’ils arrivent à l’école sains et saufs » – Devant une école primaire de Bamako, une mère de deux élèves, partage son angoisse : « La route est très étroite et remplie de motos. Chaque matin, je prie pour que mon fils arrive à l’école sain et sauf. Il n’y a même pas de passage piéton. » Comme elle, de nombreux parents s’inquiètent de l’insécurité aux abords des écoles, surtout aux heures de pointe. Le mélange des motos, bus, tricycles et piétons rend la circulation très dangereuse. Les spécialistes expliquent que les enfants ont du mal à estimer la vitesse des véhicules, ce qui les expose davantage aux accidents. Les distractions, comme l’utilisation du téléphone ou des écouteurs, augmentent aussi les risques, tout comme les conditions météorologiques qui rendent la route glissante pendant la saison des pluies et réduisent la visibilité pendant les tempêtes de sables, fréquentes ici à Tombouctou. Pour Madame Adiawiakoye, enseignante en deuxième année à l’école Abba Cisse de Tombouctou, la solution passe par l’éducation : « Nous faisons des cours en morale sur la sécurité routière, mais cela ne suffit pas, il faut aussi faire des activités pratiques pour mieux faire comprendre aux enfants. » La sécurité routière des enfants au Mali concerne tout le monde : parents, enseignants, autorités et citoyens. Améliorer les infrastructures, respecter le code de la route et sensibiliser les enfants sont des actions essentielles pour réduire les accidents. Protéger les enfants sur le chemin de l’école, c’est protéger l’avenir du Mali. Ensemble, rendons les trajets scolaires plus sûrs. Hamidou, 17 ans Enfant journaliste – Région de Tombouctou
Tombouctou : Quand le jeu devient un souffle de liberté pour les enfants

Crédit photo : Arkia, 15 ans. Légende : Un angle de vue du parc Bouctou de la région de Tombouctou. À Tombouctou, après une journée d’école, les enfants cherchent un espace où ils peuvent rire, courir et oublier la fatigue des cours. Mais ces lieux de respiration sont rares. Entre espoir et réalité, les enfants plongés dans un univers où le jeu devient un enjeu de société. Le soleil décline à Tombouctou. Dans le Parc Bouctou, des éclats de rire résonnent. Ali, 10 ans, court derrière un ballon, ses sandales à la main. « Quand je viens ici, je me sens libre », dit-il, le visage illuminé. Autour de lui, des enfants parfois accompagnés de leurs parents, improvisent des jeux, échangent des secrets. Pour eux, ces instants sont précieux. Aminata, 9 ans, observe la scène avec un sourire timide : « J’aime venir au parc parce qu’on rencontre d’autres enfants et on apprend à partager. Mais il n’y a pas assez d’endroits comme ça. » Son constat est simple, mais il révèle une réalité : ces espaces sont trop peu nombreux pour répondre à la demande. Ces aires de jeux extrascolaires ne sont pas de simples lieux de divertissement. Elles sont des bulles d’oxygène. « Les jeux en groupe inculquent la solidarité et le respect des règles », explique Mme Anna Diallo éducatrice au jardin d’enfants Beyrey de Tombouctou. Pour elle, ces espaces sont des laboratoires sociaux où les enfants apprennent à vivre ensemble. Les familles saluent ces initiatives, mais elles en mesurent aussi les limites. « Avant, mon fils restait enfermé à la maison après l’école. Maintenant, il joue, il rit et il revient heureux », témoigne Mme Haidara Anna Diallo, mère de trois enfants. Yehia Dicko, père d’une fillette de 8 ans, explique pour sa part : « Ces espaces sont sécurisés et encadrés, mais il n’y en a pas assez. Nous souhaitons que l’État en construise davantage. » Pour Fatoumata Hamadoun, chargée de l’éducation au bureau de l’UNICEF à Tombouctou, la question ne se pose pas : « Les aires de jeux extrascolaires ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Elles contribuent à l’équilibre émotionnel et social des enfants, favorisent leur apprentissage informel et renforcent leur capacité à interagir avec les autres. Investir dans ces espaces, c’est investir dans la santé mentale et le futur des enfants. » Les enfants eux-mêmes portent ce message avec force. « Nous voulons plus de parcs pour jouer, comme la Cité des Enfants à Bamako », lance Abdel Kader, 14 ans, les yeux brillants d’espoir, tout juste de retour du Salon de l’Enfance de Bamako, une activité organisée chaque année pendant les congés de décembre pour les enfants. Derrière cette demande, il y a un rêve simple : celui d’une enfance où le jeu n’est pas un privilège, mais un droit. Arkia, 15 ans Enfant journaliste – Région de Tombouctou
Sikasso : La mortalité infantile reste élevée dans la région

Crédit photo : UNICEF/UN0342488/Keïta Légende : L’agriculteur Moussa Dembélé et sa famille prennent ensemble un petit-déjeuner de bouillie de riz sucrée. Malgré le fait qu’elle soit le grenier du pays, la région de Sikasso présente un taux de retard de croissance élevé au Mali. Selon le rapport de l’Enquête Démographique et Sociale du Mali 2024, on enregistre environ 111 décès pour 1000 naissances vivantes. Je veux vous raconter ce qui se passe chez moi, à Sikasso. Ici, beaucoup d’enfants tombent souvent malades, et parfois certains ne guérissent pas… Ça rend tout le monde très triste. C’est le cas d’Alima, par exemple, qui a perdu son fils Adama, a seulement l’âge de quatre ans. Il était tout petit et très fragile. Mais aujourd’hui, les choses commencent à changer. Les docteurs, les infirmiers et même les parents travaillent ensemble comme une grande équipe pour protéger les enfants. Ils apprennent comment éviter des maladies comme la diarrhée, le paludisme ou la malnutrition. On dit aussi qu’une bonne alimentation, c’est comme une super‑force pour les bébés : ça les aide à devenir plus forts, à grandir, à jouer et à rire. Quand les adultes font attention à nous et nous soignent bien, on a beaucoup plus de chances de rester en bonne santé. Moi, j’y crois vraiment : si tout le monde continue à s’entraider, les enfants de Sikasso pourront grandir plus heureux et en meilleure santé. Et un jour, peut‑être qu’on dira : “Ici, plus aucun enfant ne tombe gravement malade !” Bengaly, 14 ans Enfant journaliste – Région de Sikasso
Scolarisation des enfants au Mali : quand la distance devient un obstacle dans certaines localités

Crédit photo : UNICEF/UNI693560/Dicko. Légende : Des enfants du village reculé de Gadiaba Kadiel, dans la région de Nioro au Mali, reçoivent des vélos et des kits scolaires offerts par l’UNICEF. Cette initiative vise à faciliter leur trajet quotidien et à leur garantir un accès plus sûr et plus abordable à l’éducation, malgré les longues distances entre leurs foyers et l’école la plus proche. Koulikoro – Dans certaines zones rurales du Mali, aller à l’école est un véritable défi. Pour de nombreux enfants, la distance entre le domicile et l’établissement scolaire transforme le droit à l’éducation en un parcours difficile, parfois décourageant. Dans le hameau de Dialakorobougou, situé à une dizaine de kilomètres de Koulikoro, les enfants parcourent quotidiennement près de deux kilomètres à pied pour rejoindre l’école du village de Masalla. Ce trajet, effectué matin et soir, épuise les élèves avant même qu’ils ne s’installent en classe. « Mes camarades et moi partons à pied depuis 7 heures. Quand on arrive à l’école, on est déjà fatigué., » raconte Seydou, 11 ans, élève, en CM1. Aminata, 10 ans, partage la même difficulté que Seydou. « Le soir, je n’ai plus la force d’ouvrir mon cahier. Parfois, je m’endors sans manger, » explique-t-elle. Cette fatigue physique a un impact direct sur leurs résultats. Une fois en classe, la concentration est affétée et l’épuisement prend le dessus sur l’apprentissage, augmentant ainsi les risques de décrochage scolaire pour ces jeunes de Dialakorobougou. Pour certaines familles, la situation devient insupportable. Une mère d’élève, témoigne avec tristesse : « Mon fils a quitté l’école avant la fin de l’année. Il était trop fatigué. La distance l’a découragé. » À Dialakorobougou, à défaut d’avoir une école pour le moment, les parents d’élèves plaident pour l’ouverture d’une cantine scolaire à Masalla. Boubacar Konaté, représentant des parents, explique que « si les enfants mangent à l’école, ils resteront pour les cours de l’après-midi et seront moins fatigués. » Fatoumata, 12 ans, rêve déjà d’un changement : « Avec une cantine, je pourrais manger, apprendre tranquillement et ne plus refaire le chemin à midi. » L’accès à l’éducation ne doit pas dépendre du lieu de naissance. Des solutions simples comme les cantines scolaires, les classes de proximité et le soutien communautaire peuvent transformer la vie de milliers d’enfants. Investir dans l’éducation en milieu rural, c’est rapprocher l’école des enfants et offrir un avenir meilleur à la jeunesse malienne. Diaoudia, 13 ans et David, 12 ans Enfants journalistes – Région de Koulikoro
Basketball/Ligue 1 Orange : l’AS Réal s’impose, victoire du CMK et du Stade Malien

Bamako, 12 avril (AMAP) La 2e journée du championnat national de basketball, Ligue 1 Orange a été marquée cette fin de semaine par plusieurs rencontres disputées, tant chez les dames que chez les hommes, a constaté l’AMAP. Chez les équipes féminines, l’AS Réal de Bamako s’est imposée de justesse face à l’AS Commune V sur le score de 65 à 63, signant ainsi sa première victoire de la saison. Hawa Samaké a été la grande artisane de ce succès avec une performance de 26 points, 5 rebonds et 3 passes décisives. Du côté masculin, le Centre Mamoutou Kané (CMK) a dominé le Djoliba Athletic Club (90-74) au terme d’un match engagé. Mamadou Traoré s’est illustré avec 25 points, 6 rebonds et 3 passes décisives. Dans l’autre rencontre, le Stade malien de Bamako a pris le dessus sur Attar Club de Kidal (77-67). Serigne Mor Touré a contribué à cette victoire avec 23 points et 2 passes décisives. Ces résultats confirment le caractère compétitif du championnat à l’issue de cette deuxième journée. KD (AMAP)
Actualité : Au moins 44 morts dans des attaques coordonnées sur des villages de l’État de Kebbi au Nigeria

Bamako, 11 avril (AMAP) Au moins 44 personnes ont été tuées dans des attaques coordonnées sur plusieurs villages de l’État de Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, a indiqué la police vendredi. Les assauts ont visé des communautés dans la zone du gouvernement local de Shanga, notamment Gebe, Kalkami, Kawara, Kasoshi, Awaye, Tungar Rini, Binuwa et Dabe, selon la police. Ces attaques interviennent un jour après la mort d’un brigadier de l’armée nigériane, I. A. Braimah, et de plusieurs soldats dans une embuscade de Boko Haram dans l’État de Borno (nord-est). Le porte-parole de la police, Bashir Usman, a annoncé le lancement d’une opération de ratissage à l’échelle de l’État pour lutter contre le banditisme. « Des déploiements massifs de forces de sécurité ont été effectués dans les communautés touchées, entraînant le retour d’un calme relatif », a-t-il déclaré. Le commissaire de police, Umar Hadejia, a invité les habitants à rester vigilants et à coopérer avec les forces de l’ordre en fournissant des informations fiables. Il a exhorté les chefs traditionnels, leaders communautaires et groupes de jeunes à soutenir les efforts de paix. Le terrorisme et le banditisme restent un défi majeur dans le nord-ouest du Nigeria, où les communautés rurales sont souvent ciblées par des groupes armés. OS/KM (AMAP)
« SOS » Villages d’Enfants de Khouloum : un refuge où la protection de l’enfant passe avant tout

Je veux vous raconter un endroit que j’aime beaucoup : « Den mara yoro », l’école de notre village Soutoukoulé, situé à l’est de Kayes. Tout le monde l’appelle aussi SOS Villages d’Enfants de Khouloum. Pour nous, les enfants, c’est un peu comme une maison où on se sent bien et en sécurité. Quand on entre dans l’école, on voit des petites cases rondes, des jeux partout et plein d’enfants qui rient. On joue, on apprend et on parle entre nous sans avoir peur. C’est sûrement pour ça que beaucoup de parents veulent inscrire leurs enfants ici, que ce soit au jardin d’enfants ou à l’école fondamentale. Le directeur, monsieur Lassine, dit toujours que protéger les enfants, ce n’est pas juste une phrase. Dans l’école, les enseignants n’ont pas le droit de frapper les élèves, et ils reçoivent souvent des formations pour mieux nous accompagner. On travaille aussi avec les grands de SOS Villages d’Enfants de Khouloum pour que tout le monde sache comment nous protéger. Et il y a quelque chose que j’adore : les boîtes de signalement ! Si quelque chose nous dérange ou si on voit une injustice, on peut l’écrire et le mettre dans la boîte. Comme ça, les adultes peuvent nous aider. On peut aussi choisir nos personnes de confiance, celles à qui on peut tout raconter. On a même un Gouvernement des enfants ! Oui, oui ! Des élèves sont élus pour veiller au respect de nos droits à l’école. On apprend à être responsables, à écouter les autres et à défendre ce qui est juste. C’est un peu comme si on devenait les protecteurs de notre propre école. Mais tout n’est pas facile. Le directeur dit qu’il manque de soutien pour certains enfants qui ont obtenu leur Diplôme d’Etude Fondamental et n’ont plus de famille pour les aider. Il espère que des parrains viendront les accompagner pour qu’ils puissent continuer l’école. Pour moi, SOS village d’enfants de Khouloum, c’est un endroit où les enfants comptent vraiment. On y apprend, on y grandit, et surtout, on y rêve d’un avenir meilleur. Et j’espère que beaucoup de personnes viendront aider pour que tous les enfants, même les plus vulnérables, puissent continuer à sourire et à aller à l’école. Sambali, 13 ans Enfant journaliste – Région de Kayes
Le Directeur Régional de l’UNICEF visite le Mali et échange avec deux enfants journalistes.

Pour sa première visite de l’année 2026, le Directeur Régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, a choisi le Mali. Nous avons eu la chance de l’interviewer. Une rencontre pleine d’espoir et d’inspiration. Pourquoi le Mali en premier ? Le Directeur a expliqué qu’il a voulu commencer l’année au Mali parce que notre pays joue un rôle important pour les droits de l’enfant en Afrique. Il a rappelé que le Mali est la terre de la Charte du Manden, également connue sous le nom de la Charte de Kouroukan Fouga, un texte historique qui défendait déjà les droits humains depuis 1236. Il a aussi félicité le Mali pour avoir été le premier pays à présenter en Conseil des ministres la Déclaration des filles, produite lors du Sommet de la fille à Dakar en octobre 2025. Écouter les enfants pour agir avec eux Pendant sa visite, le Directeur souhaite rencontrer des jeunes, surtout des filles adolescentes, pour savoir comment elles avancent dans la mise en œuvre de leurs engagements. Il veut aussi s’assurer que le futur programme de coopération entre le Mali et l’UNICEF (2027–2031) réponde vraiment aux besoins des enfants. « Nous devons écouter le Gouvernement, les enfants, les jeunes, et toutes les communautés », dit-il. Les priorités de l’UNICEF pour les enfants Selon le Directeur, dans les 24 pays de la région, les enfants veulent qu’on se concentre sur quatre grandes priorités : La santé La nutrition L’accès à l’école La qualité des apprentissages Il a expliqué que beaucoup d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre n’ont pas encore accès à l’école : 58 millions d’enfants ! Pour lui, c’est une urgence. Le numérique : une chance… mais à utiliser avec prudence Quand nous l’avons interrogé sur le rôle du numérique, il a répondu : « Le digital, c’est comme un couteau à double tranchant. Ça peut aider à apprendre, mais ça peut aussi être dangereux si on ne l’utilise pas bien. » Il encourage les parents et les enfants à mieux connaître les outils de contrôle parental. Il estime aussi que les technologies numériques peuvent aider les enfants qui ne vont pas à l’école, notamment en cas de crise ou d’inondation. Les filles face aux défis : mariages précoces, manque de scolarisation, de matériels pour les enfants handicapés, etc. Nous avons également parlé des difficultés que vivent les filles dans certaines régions : mariages précoces, et manque de scolarisation. Le Directeur a assuré que l’UNICEF continuera à travailler avec le Gouvernement pour trouver des solutions. Nous avons aussi expliqué que certaines écoles manquent de matériel, surtout pour les élèves handicapés. Le Directeur a confirmé que l’UNICEF veut renforcer l’éducation inclusive dans son prochain programme. Un message d’encouragement aux jeunes Le Directeur nous a félicité pour le professionnalisme et le courage. « Vous êtes des modèles pour beaucoup d’enfants. Continuez ! Vous êtes l’avenir du Mali », a-t-il déclaré. Il a également salué le programme des Enfants Journalistes, mis en place par l’AMAP et soutenu par l’UNICEF qui a déjà permis à des jeunes d’embrasser le métier du journalisme en devenant animateurs ou présentateurs à la télévision nationale. Un engagement renouvelé Avant de conclure, il a promis : « L’UNICEF au Mali, dans la région et dans le monde continuera de vous soutenir. » Une promesse qui donne beaucoup d’espoir à la jeunesse malienne. Assetou, 15 ans et Mamadou, 14 ans, Enfants Journalistes de la région de Gao et du district de Bamako.
Société : Entre tradition et modernité, les coiffures s’adaptent et mettent en relief la beauté féminine

Bamako, 11 avril (AMAP) Dans le District de Bamako, la capitale du Mali, comme dans plusieurs villes du pays, les coiffures traditionnelles, autrefois incontournables dans la mise en beauté féminine, cohabitent désormais avec une tendance en pleine expansion : les perruques en imitation de tresses, notamment en gros grains. Pratiques, rapides à porter et esthétiques, elles séduisent un public de plus en plus large, des jeunes filles aux femmes adultes. Mais derrière cet engouement, les avis restent partagés. Dans un salon de coiffure du quartier de Banankabougou, Mariam Sylla, coiffeuse depuis plus de vingt ans, observe une nette évolution des habitudes. Elle explique que de nombreuses clientes préfèrent désormais acheter une perruque plutôt que de passer plusieurs heures à se faire tresser. Certaines n’aiment pas la douleur liée à la coiffure traditionnelle et voient dans les perruques une alternative plus confortable. Mais pour elle, cette évolution ne doit pas faire oublier l’essentiel. « Les tresses ne sont pas qu’une simple coiffure, elles représentent notre identité », affirme-t-elle. Elle insiste sur le fait que chaque motif raconte une histoire et perpétue un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Elle rappelle que ces coiffures permettent aussi de distinguer les appartenances ethniques et portent une signification sociale propre à chaque localité. « Ce n’est pas seulement esthétique, les tresses ont aussi servi à communiquer et aujourd’hui encore, elles font vivre beaucoup de femmes », ajoute la coiffeuse. De son côté, la sociologue Aminata Diallo replace cette évolution dans une perspective plus large. Elle explique que les transformations observées aujourd’hui traduisent un changement profond des modes de vie et des normes sociales. Selon elle, autrefois, les jeunes filles se coiffaient naturellement avec des tresses et les femmes mariées portaient souvent des foulards, ce qui limitait fortement l’exposition et les interactions sociales. Elle souligne que « les jeunes filles se nattaient très bien et les mariées attachaient leur foulard, on ne risquait pas de se faire courtiser », illustrant ainsi une époque où les codes sociaux étaient plus stricts. Elle estime que l’apparition et la popularisation des perruques participent d’une redéfinition de l’image de la femme dans l’espace public. « Aujourd’hui, les femmes veulent être libres de leur apparence », explique-t-elle, tout en notant que ces pratiques peuvent parfois entrer en tension avec certaines perceptions religieuses ou culturelles. Aïssata Diarra, fonctionnaire et mère de famille, confirme cette tendance. Elle explique qu’avec ses journées bien remplies, elle n’a plus le temps de rester des heures chez la coiffeuse. « Avec les perruques, je gagne du temps et je reste toujours présentable tout en ne faisant pas mon âge», dit-elle, ajoutant que cela lui donne une allure plus jeune et élégante. Pour Fatoumata Konté, vendeuse au marché, le choix est aussi guidé par la religion musulmane. Elle explique qu’elle privilégie les perruques parce qu’elles sont faciles à enlever au moment des ablutions, ce qui facilite la prière. « Je peux prier tranquillement, contrairement aux tresses que je garde plusieurs semaines », confie-t-elle. Elle reconnaît toutefois que cela demande une certaine rigueur, car si les cheveux sont humides ou couverts de pommade, le port de la perruque peut rapidement entraîner des odeurs désagréables. Hawa Diop, esthéticienne, insiste d’ailleurs sur cet aspect. Elle explique que l’entretien est souvent négligé par certaines utilisatrices. « Beaucoup ne lavent pas régulièrement leurs perruques », déplore-t-elle, précisant qu’il est indispensable de laisser le cuir chevelu sécher correctement avant de les porter afin d’éviter les désagréments. Du côté du marché des Halls de Bamako, la tendance est clairement en hausse. Amadou Diarra, vendeur de perruques, affirme que la demande ne cesse d’augmenter. « Les jeunes filles comme les femmes adultes en raffolent », observe-t-il, notant que certaines abandonnent même totalement les tresses traditionnelles. Cependant, cette évolution ne fait pas l’unanimité. Moussa Coulibaly, marié depuis plusieurs années, exprime un regard critique. « Ma femme est très belle dehors, mais à la maison, ce n’est pas la même chose », dit-il avec humour, évoquant le contraste entre l’apparence publique et privée. Kadidia Traoré, étudiante, revendique pleinement ce choix. Elle estime que la beauté ne doit pas être une contrainte. « Je n’aime pas la douleur des tresses, les perruques me facilitent la vie », affirme-t-elle, tout en soulignant qu’elles lui permettent de préserver ses cheveux naturels. L’évolution a ses exigences qui ne doit pas faire obstacle à notre culture que nous nous devons à tout prix conserver et entretenir pour les générations futures. AC/KM (AMAP)

