Lancement à Kangaba d’un projet de renforcement des jeunes en droits de l’homme et prévention des conflits

Kangaba, 11 fév. (AMAP) – Le préfet du cercle de Kangaba, Abou Dao, a présidé mercredi, dans la salle de conférence de l’hôtel Résidence, la cérémonie de lancement du projet de renforcement des jeunes en protection des droits de l’homme, prévention et résolution des conflits. Organisée par l’ONG PACINDHA (Pôle des Actions d’Intégration des Droits Humains), en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (PAMOC), l’activité a pour objectif de présenter aux autorités de Kangaba, aux parties prenantes et aux bénéficiaires « le projet à travers ses objectifs, les activités, les résultats attendus et la zone d’intervention ». La cérémonie de lancement a été suivie du démarrage d’un atelier de renforcement du leadership des jeunes et des femmes en prévention et médiation des conflits communautaires. Selon les organisateurs, cet atelier vise à renforcer les capacités des jeunes et des femmes dans les techniques de négociation de la paix, de médiation et de prévention des conflits dans le cercle de Kangaba et à promouvoir la consolidation de la paix ainsi que la coexistence pacifique entre les communautés grâce à des jeunes et femmes médiateurs de la paix formés à cet effet. Prennent part à la rencontre des responsables administratifs, des maires, des représentants des forces de l’ordre et de sécurité, de la société civile, des légitimités traditionnelles, ainsi que des jeunes et des femmes. Les travaux dureront deux jours. SD/OS (AMAP)

Saramba Kouyaté : « Une fois, quelqu’un m’a donné un faux chèque ; j’ai failli avoir des ennuis judiciaires… »

La cantatrice malienne Saramba Kouyaté est issue de l’une des premières lignées « griottiques » du Mandé. Dans cet entretien exclusif, la native de Dialaya (Kita) revient sur ses débuts dans la musique traditionnelle et son long chemin épineux d’artiste. La fille de Daba et de Djétenin Kouyaté projette tout autant sa vision du futur. Par Kemoko DIABATE AMAP : Deux noms reviennent très fréquemment dans vos chansons : Djétenin et Daba. Qui sont-ils pour Saran ? Saramba Kouyaté : Daba est mon père et Djétenin Kouyaté est ma mère. Mon père jouait du N’Goni des chasseurs. Les chasseurs venaient de tout temps lui donner des pattes d’animaux et dix noix de cola lorsqu’il y avait des « simbon-nassi » (cérémonie rituelle de veillée dans la confrérie des chasseurs lors des cas de décès). Comme il n’y avait pas d’autres enfants âgés à part moi, il (son père) me portait devant lui sur son cheval et on y allait. Beaucoup de chasseurs lui donnaient des feuilles d’arbre pour me faire laver avec en guise de protection. C’est pourquoi la plupart de mes musiques s’appuient sur les chasseurs et les féticheurs. Dans ses derniers instants à Dialaya (Kita), mon père m’a déconseillé de délaisser ce chemin qu’il a tracé. Il n’avait pas de garçons, nous ne sommes que deux filles dans la fratrie. Je lui ai promis de ne jamais abandonner les deux confréries. AMAP : Vos compositions évoquent la tradition. Comment êtes-vous entrée dans la musique ? Saramba Kouyaté : Depuis toute petite, je m’essayais au chant. D’abord, c’est ma maman (Djétenin) qui chantait. Je l’écoutais attentivement. Le matin, quand je partais à la rivière, je ne faisais que chanter. Depuis que les gens n’y prêtaient pas attention jusqu’à ce qu’ils aient commencé à me guetter lorsque je me prêtais, avec plaisir, à cet exercice. Mais, dès que je me rendais compte de la présence d’un intrus, je m’interrompais. [Rires] AMAP : Quand est-ce que vous vous êtes rendue compte que votre destin était lié à la musique ? Saramba Kouyaté : Dans l’enfance, comme je chantais, j’ai fini par embrasser la musique. Je suis la seule personne qui chante dans notre fratrie. Le grand frère de ma mère (Djeli-Sékou)  était un grand joueur d’instruments de musique à qui j’ai été confiée à mon jeune âge. Je suis longtemps restée ainsi auprès de lui. Cependant, c’est à Nanaguéla-Kita (dans la famille de Kelè-Monzon Diabaté) que j’ai appris les « Tarikh » (généalogies). AMAP : Parlez-nous de votre période d’initiation ! Saramba Kouyaté : Pendant mon apprentissage, on ne me donnait rien, car j’étais avec le frère   de ma mère. Je chantais vigoureusement, et lui jouait de la guitare. Néanmoins, en fin de compte, on ne me donnait rien. L’apprentissage à l’époque n’était pas du tout facile puisqu’il ne rimait pas avec gain. Le plus important était de comprendre ce qu’on apprenait. AMAP : Quelle différence entre l’apprentissage d’hier et celui d’aujourd’hui ? Saramba Kouyaté : La différence, c’est surtout le côté de l’éducation. A mes débuts, un simple regard de mon oncle maternel suffisait pour me dissuader de certaines choses. On apprenait tout au/à la jeune « Djeli » (griot-e). Puisque, pour la jeune fille par exemple, peu importe le temps que tu passes aux côtés des siens, tu finiras par fonder un foyer. A la différence de notre époque, les millions de francs CFA que la jeune génération gagne aujourd’hui, nous on ne les avait pas. Jadis, nous pouvions également marcher entre quarante et cinquante kilomètres à pied. Faute de chaussures, il m’arrivait de nouer des feuilles d’arbre à mes pieds pour affronter des soleils de plomb. C’était notre époque à nous. Si tu décides de faire subir même une infime partie de ces difficultés aux gens de maintenant, ils vont te renier à jamais. A temps nouveau, art nouveau. L’apprentissage du « Djelya » (fonction de griots) n’a pas encore perdu tout son sens. Car des jeunes guitaristes se mettent de nos jours sous la protection des anciens et deviennent des apprentis. AMAP : Que vous a apporté la musique comme avantages ? Saramba Kouyaté : Par la grâce d’Allah (Dieu), j’en ai tiré beaucoup d’avantages. J’ai voyagé plusieurs fois à l’extérieur par avion (Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée-Conakry, Canada). Si les « Jatigui » (tuteurs) te mettent dans l’avion pour visiter ces pays, c’est déjà un grand avantage. J’ai également eu des voitures grâce aux bons tuteurs. De plus, avec le peu que j’ai eu, j’ai commencé à construire une maison à Abdoulayebougou même si elle reste à terminer. Et je garde foi qu’avec le soutien des bons tuteurs, cette maison sera finalisée. AMAP : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce travail ? Saramba Kouyaté : La majeure partie de mes difficultés, c’était au moment de l’apprentissage. Il est arrivé un moment où j’avais pensé à tout abandonner en raison de l’excès de contrôle de mon oncle maternel alors que je ne gagnais rien. Toutefois, si l’on n’avait pas accepté ces difficultés, on n’aurait pas atteint ce niveau de nos jours. Peu importe les difficultés qu’on rencontre dans certaines situations, il ne faut jamais abandonner. Si tu patientes, le Seigneur des mondes du silence t’ouvrira une issue de secours. AMAP: Vous dites souvent dans vos chansons : « Je n’aime pas les fausses promesses ; que personne ne me fasse de promesses creuses ! ». Pourquoi dites-vous cela ? Saramba Kouyaté : je ne citerai pas de nom, mais beaucoup m’ont fait des fausses promesses de millions de francs CFA. Quelqu’un peut me dire, par exemple : « Dès demain, je te donnerai 500 000 francs CFA. » Le lendemain, tu le rappelles, il te met sur répondeur. Beaucoup pensent que j’ai autant d’argent, alors qu’on me fait des fausses promesses dans bien des cas. Un autre est allé jusqu’à me donner un faux chèque. J’ai failli avoir des ennuis judiciaires pour cela. Quand tu fais une promesse à un « Nyamakala » (homme de caste), veille à respecter ton engagement. Tout cela me décourage. [Colère] AMAP :

Ségou : le réseau Wassa Mali promeut les bonnes pratiques agroécologiques

Par Mamadou SY Ségou, 11 fév (AMAP) La 4ème édition du Forum pratique en agroécologie paysanne Croisade (Croisement des initiatives et actions de base) s’est ouverte le mardi 10 février à Ségou, dans le Centre du Mali, avec comme thème principal : «Les savoirs paysans et innovations locales : piliers d’une transition agroécologique réussie». La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes sous la présidence du conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la région de Ségou, Mohamed Ag Mohamed Aly. C’était en présence du maire de la Commune rurale de Pelengana, Mme Diabaté Mariam Bamba, du préfet de Cercle, Daouda Diarra, du président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré et du représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique (PNAEPB), Mamadou Goïta. Prévue du 10 au 12 février, ce forum organisé par le Réseau Wassa Mali et ses partenaires vise à promouvoir et valoriser les savoirs paysans et les innovations locales comme leviers essentiels pour accélérer la transition agroécologique dans les communautés rurales, en facilitant les échanges pratiques, le dialogue multiacteurs et le renforcement des capacités des acteurs de terrain. Plusieurs acteurs prennent part à ce rendez-vous dont des organisations partenaires au développement, des communautés paysannes membres du Réseau Wassa Mali, des autorités traditionnelles et coutumières, des techniciens agricoles et des formateurs locaux, des organisations de femmes et de jeunes, des chercheurs, médias et personnes ressources. Plusieurs activités sont au programme, notamment des présentations dynamiques, des ateliers de terrain, des études de cas, des discussions en groupe et des sessions de co-création de visions partagées. Selon le président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré ce forum se veut « un espace de réflexion collective autour des résultats obtenus et des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. » M. Traoré a signalé que les précédentes éditions ont permis d’aborder des thématiques importantes ayant trait à l’élevage pastoral et paysan face aux défis du changement climatique, la gestion des ravageurs et les systèmes de semences paysannes. D’après le président du Réseau Wassa Mali, « l’agroécologie est une alternative sérieuse pour relever le défi de la sécurité alimentaire dans notre pays. » Pour le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de Ségou, cette rencontre revêt une portée toute particulière. «Elle constitue un moment de fierté et d’espérance, au cours duquel la voix du monde paysan, longtemps insuffisamment entendue, retrouve la place centrale qui lui revient légitimement », a indiqué Mohamed Ag Mohamed Aly. « C’est également l’occasion de mettre en lumière les champs, les savoirs endogènes transmis de génération en génération, ainsi que les innovations issues de l’ingéniosité et de la résilience des communautés rurales», a-t-il ajouté. Il a rendu hommage au Réseau Wassa Mali, dont « l’engagement constant et exemplaire a permis de faire de l’agroécologie paysanne un véritable mouvement, ancré à la base et reconnu tant au niveau national que régional. » Dans la même veine, le prefet Daouda Diarra a remercié le Réseau Wassa Mali pour l’organisation de ce forum, avant de réitérer son engagement à soutenir toute initiative visant à promouvoir l’agroécologie. La cérémonie a été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance au préfet du Cercle de Ségou et au représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique. Une visite des stands d’expositions à mis fin à la rencontre. MS/MD (AMAP)  

Le Mali dote sa police et sa garde nationale de 57 véhicules de transport de troupes

BAMAKO, 9 fév (AMAP) – Le ministre malien de la Sécurité a remis lundi un lot de 57 véhicules de transport de troupes à la Police et à la Garde nationale, afin d’intensifier le maillage sécuritaire sur l’ensemble du territoire. La cérémonie s’est tenue à l’École nationale de Police. Cette dotation, intégralement financée sur le budget national, s’inscrit dans la feuille de route de la Transition. Le ministre, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a déclaré que ce renforcement répondait à « l’exigence de mobilité et de proactivité imposée par le contexte sécuritaire actuel ». « L’efficience de nos forces dépend de la qualité et de la quantité de leurs moyens », a-t-il précisé, estimant que ces camions permettront d’optimiser les déploiements opérationnels et les relèves sur le terrain. Côté Police nationale, les véhicules seront affectés aux unités mobiles et d’intervention rapide, ainsi qu’à la Brigade anticriminalité. La Garde nationale les destine prioritairement à ses groupements de maintien de l’ordre. Le Directeur général de la Police, le Contrôleur général Youssouf Koné, a salué la performance technique des équipements, chacun pouvant transporter plus de 80 personnes. « Nous allons réduire nos délais d’intervention de manière record », s’est-il félicité. le ministre a exhorté les unités à un entretien rigoureux du matériel et a réitéré l’engagement de l’État à poursuivre la modernisation des forces de sécurité. Le gouvernement malien, dirigé par la Transition sous l’égide du Général Assimi Goïta, poursuit le renforcement des capacités opérationnelles de ses forces de sécurité dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants. SS/OS(AMAP)

Les centres de formation privés du Mali invités à renouveler leur agrément avant fin avril

Bamako, 7 fév (AMAP) – La Direction nationale de la Formation professionnelle a officiellement ouvert, à compter du 6 février, la période de dépôt des dossiers de renouvellement d’agrément pour les centres privés de formation professionnelle, a-t-elle annoncé dans un communiqué. Les promoteurs dont l’agrément a été accordé il y a plus de cinq ans sont tenus de se conformer à cette procédure, conformément à la réglementation en vigueur. La date limite pour déposer les dossiers auprès des Directions régionales de l’Emploi et de la Formation professionnelle est fixée au jeudi 30 avril 2026 à 16h30. Le communiqué émet un avertissement clair pour les retardataires. Il stipule : « Passé ce délai, tout centre n’ayant pas déposé un dossier de renouvellement verra son agrément frappé de caducité. » Cette mesure s’appuie sur l’article 4 de la Décision n°2011-0283 du 7 décembre 2011, qui prévoit que l’agrément d’ouverture des filières est accordé pour une durée de cinq ans, renouvelable. KD/OS(AMAP)

Le Mali célèbre la journée contre l’excision, une pratique qui persiste malgré des progrès

BAMAKO, 6 fév (AMAP) – Le Mali a célébré vendredi la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), en mettant l’accent sur le rôle crucial des autorités et des leaders traditionnels pour éradiquer une pratique toujours largement répandue dans le pays. La cérémonie au Centre international de conférences de Bamako (CICB) était présidée par le secrétaire général du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Salif Tal. Elle s’est tenue sous le thème national : « Rôles et Responsabilités des Autorités et Légitimités Traditionnelles du Mali Face aux Enjeux de l’Abandon des MGF/Excision ». Un représentant des partenaires techniques et financiers, Mohamed Lémine Ould Beiba, a présenté un bilan contrasté. S’il a noté une baisse du taux de MGF chez les filles de 0 à 14 ans, passant de 74% en 2018 à 70% en 2023, les chiffres restent alarmants. Il a déclaré : « Malgré ces avancées, les statistiques sur les MGF restent préoccupantes car 89% des filles et femmes de 15 à 49 ans ont subi une forme de MGF et ce qui est encore plus inquiétant, une majorité de femmes et d’hommes (48%) déclarent que la pratique doit être maintenue. » Il a ajouté qu’au niveau mondial, près de 4,4 millions de filles risquaient encore de subir des MGF cette année, soulignant que le rythme des progrès restait insuffisant pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030. Le secrétaire général Salif Tal a expliqué que le choix du thème témoignait de la volonté des plus hautes autorités maliennes de « trouver des réponses endogènes » pour abandonner la pratique. Il a présenté cette démarche comme « un acte de reconnaissance des efforts, mais encore un appel aux pouvoirs des autorités et légitimités traditionnelles, en tant que gardiennes des valeurs et des normes sociales positives ». La cérémonie a été marquée par la projection d’un film montrant l’engagement de leaders traditionnels contre l’excision. BT/OS(AMAP)

Le tronçon Gao-Sévaré au Mali, un axe vital rongé par l’insécurité et la dégradation

Gao, 7 fév  (AMAP) – Emprunter la route nationale 16 (RN16) entre Gao et Sévaré, axe vital reliant le nord et le sud du Mali, est devenu une épreuve périlleuse en raison d’une insécurité extrême et d’une dégradation avancée de la chaussée, selon le témoignage de voyageurs. Le trajet, qui peut désormais durer jusqu’à quatre jours au lieu de deux, expose les usagers à des risques constants. La portion Gao-Gossi-Hombori est particulièrement redoutée, où les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets et de violences de la part d’éléments armés. Racket systématique et violence Les passagers sont fréquemment contraints de payer pour poursuivre leur route. « Les voyageurs sont régulièrement victimes de rackets, de violences physiques et de menaces armées. À plusieurs points de cette portion, ils sont contraints de verser une rançon pour continuer leur route », indique un témoignage. Les montants extorqués varieraient entre 5 000 et 15 000 francs CFA par personne. Dans les cas les plus graves, les individus sont entièrement dépouillés de leurs biens, battus, et parfois blessés par des tirs d’intimidation. Au danger sécuritaire s’ajoute l’état catastrophique de la seule route goudronnée de la région, dont le revêtement a disparu par endroits, obligeant à des déviations risquées. Dans les localités traversées comme Gossi, Hombori ou Douentza, les populations, décrites comme démoralisées, survivent dans un isolement partiel, compensant l’absence de réseau mobile par des connexions Wi-Fi payantes. Malgré ce chaos, le rôle des chauffeurs est salué pour leur sérénité, leur connaissance du terrain et leur capacité à éviter le pire, permettant à une forme de vie et de résilience de persister le long de cet axe. MHM/OS(AMAP)

Le procès des marchés d’armes Paramount et Embraer reporté au 23 mars au Mali

Bamako, 6 fév (AMAP) – La Chambre criminelle spécialisée de la Cour d’Appel de Bamako a reporté jeudi son délibéré dans le procès relatif aux marchés d’armement « Paramount » et « Embraer », ordonnant un supplément d’information. L’audience de réouverture du dossier est fixée au 23 mars prochain, a constaté l’AMAP. Le président de la chambre, le magistrat Samba Tamboura, a annoncé cette décision, motivée par la nécessité de procéder à de nouvelles auditions et investigations. Il a précisé : « Il s’agit de procéder à l’audition du procès-verbal du contrôleur général et d’écrire à la société ‘Paramount’ […] pour pouvoir obtenir son point de vue. » À la suite de cette décision, huit des dix-huit accusés ont été libérés dans l’attente de la reprise des débats. Le juge Tamboura a indiqué : « Ceux qui font déjà l’objet d’une condamnation doivent rester et tous les autres sont libres en attendant le 23 mars 2026, mais vous resterez à la disposition de la justice. » La chambre spécialisée, qui traite des dossiers économiques et financiers, entend ainsi prendre « toute autre mesure » envisageable pour la « manifestation de la vérité » avant de rendre son jugement définitif. ST/OS(AMAP)

Des kits professionnels remis à 15 migrants de retour dans la région de Kayes

Kayes, 6 fév (AMAP) – Les autorités maliennes ont remis jeudi des kits d’insertion professionnelle à 15 jeunes migrants de retour dans la région de Kayes, dans le cadre d’une initiative visant à favoriser leur réintégration socio-économique. La cérémonie de remise, présidée par le gouverneur de la région, le général de brigade Moussa Soumaré, s’est tenue au Centre d’Accueil et d’Orientation des Migrants de Kayes. Une délégation du ministère des Maliens Établis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, conduite par le colonel-major Adama Tounkara, était présente, aux côtés de représentants de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Les bénéficiaires, 14 commerçants et 1 tailleur, ont reçu des équipements pour démarrer une activité. S’adressant aux récipiendaires, le gouverneur Soumaré a souligné l’importance de cette assistance. Il a déclaré : « Votre assistance est capitale car, elle nous aide à prendre en charge les migrants de retour. » Il les a invités à bien entretenir et fructifier ces kits afin de « conforter l’Etat et ses partenaires dans leurs initiatives salutaires ». Un forage pour un village frontalier accueillant Lors de la même visite, les autorités ont officiellement remis les clés d’un nouveau forage au village de Khabou, situé près de la frontière avec la Mauritanie. Ce village est reconnu pour son rôle dans l’accueil des migrants expulsés. Selon la délégation, ce projet répond à une promesse du ministre Mossa Ag Attaher, visant à améliorer l’accès à l’eau pour les populations locales et les migrants hébergés. Cette mission gouvernementale s’inscrit dans le cadre des activités d’accueil et d’assistance aux migrants de retour. Un jeune bénéficiaire, Mamadou Konaté, 25 ans, de retour d’Algérie, a exprimé l’espoir que ces équipements lui permettraient de « mener une vie descente ». La tournée de la délégation doit se poursuivre vendredi par le lancement d’une nouvelle cohorte de formation. BMS/OS(AMAP)

La préfecture de Kati dissout une association pour « propos outrageants »

Bamako, 5 fév 2025 (AMAP) –Les autorités de la préfecture de Kati ont dissous l’association Alliance droits et devoirs (ADD), retirant son récépissé et mettant fin à son existence légale au motif que son président a tenu des « propos outrageants et dépourvus de la réalité ». La décision administrative N° 2026-005/P-CKTI, datée du 4 février 2025, vise directement les déclarations du président de l’ADD, Yacouba Kané. Sans préciser la teneur des propos, les autorités les jugent contraires à l’objet statutaire de l’association, les estimant dirigés « contre des Services publics et des Entreprises privées ». Le document officiel acte que le récépissé initial « est retiré dans toutes ses dispositions pour activités non conformes à ses statuts ». Dissolution et cessation immédiate Face à cette mesure, l’ancien bureau de l’association a immédiatement informé ses militants de la cessation de toutes ses activités et annoncé la suppression de ses instances de direction et de ses canaux de communication par « respect de l’autorité de l’Etat ». Dans un dernier message publié sur les réseaux sociaux, Yacouba Kané a rappelé la mission de l’organisation, déclarant : « L’ADD se donne pour mission d’utiliser la communication pour le changement social et comportemental, la dénonciation responsable des pratiques malsaines et la sensibilisation sur les droits et devoirs. » L’ADD, dont le siège était situé à Kalaban-coro dans la commune rurale du même nom, n’a désormais plus d’existence légale. KD/OS(AMAP)