Mali : Des orages isolés attendus au sud et fortes chaleurs persistantes au nord, selon Mali-Météo

Bamako, 5 mai (AMAP) Des orages isolés accompagnés parfois de pluies sont attendus dans plusieurs régions du sud du Mali au cours des prochaines 24 heures, tandis que des températures très élevées continueront de dominer dans le nord du pays, selon le bulletin météorologique publié le 6 mai 2026 par Mali-Météo. Selon l’Agence nationale de la météorologie, « un ciel nuageux à très nuageux » est prévu dans les régions du sud et du sud-ouest, notamment à Kayes, Kita, Bougouni et Sikasso, où des épisodes orageux pourraient se produire localement. Dans le reste du pays, le ciel sera globalement clair à peu nuageux. Les températures devraient rester globalement stables par rapport à la veille, avec une persistance de fortes chaleurs dans les régions nordiques. Une « légère baisse relative des maximales » est toutefois attendue dans le sud, indique la même source. Dans le détail, les maximales atteignent jusqu’à 45°C dans plusieurs localités, notamment à Mopti et Gao, tandis que Kayes, Nioro ou Tombouctou enregistrent des températures autour de 44°C. À Bamako et Koulikoro, les températures avoisinent 41°C, alors qu’elles sont légèrement plus modérées à Sikasso (38°C) et Bougouni (40°C). Les autorités météorologiques appellent à la vigilance sur l’ensemble du territoire pour les prochaines 24 heures, soulignant l’importance pour les populations de « rester très vigilantes » face aux conditions météorologiques attendues. OS/KM(AMAP)
Actualité: Tombouctou rend hommage aux victimes du 25 avril dernier

Tombouctou, 5 mai (AMAP) Une cérémonie d’information et de sensibilisation sur la situation sécuritaire, s’est déroulée ce mardi, à Tombouctou, sous la présidence du Gouverneur de région, Contrôleur Général Bakou Kanté, après les attaques terroristes du 25 avril dernier, a constaté l’AMAP. Elle a regroupé le président de la délégation spéciale de la commune Tehya Tandina le représentant des élus communaux, le président de la société civile, le coordinateur des autorités traditionnelles et coutumières, les secrétaires généraux des syndicats (UNTM, CSTM), la présidente de la CAFO, le président de la coordination des jeunes, celui de la chambre de commerce, du RECOTRADE, les représentants des confessions religieuse (musulmane, chrétienne) L’objectif de la rencontre organisée par le gouvernorat de Tombouctou à l’intention des forces de la région, était de donner les vraies informations pour couper court aux rumeurs véhiculées pour saper le moral et mettre à mal la quiétude des populations. Dès l’entame de la cérémonie, une minute de silence a été observée à la mémoire de l’illustre disparu le Général Sadio Camara. A l’unisson, la salle a exécuté l’hymne national du Mali. Le président de la délégation spéciale de la commune Tehya Tandina a souhaité la chaleureuse bienvenue à tous venus du cercle et de la région pour venir compatir au décès lâche et barbare du général Sadio Camara, souhaiter prompt rétablissement aux blessés. Le gouverneur de la région le contrôleur principal de police Bakoun Kanté dira que « l’Objectif de cette rencontre est de sensibiliser les représentants des forces vives de la Région en général et les autorités traditionnelles, coutumières et religieuses, afin qu’ils servent de relais pour partager les bonnes informations concernant cette crise ; toute chose qui contribuera à apaiser le climat social et maintenir la paix et le climat social. » Parlant des événements, chef de l’exécutif régional s’exprime ainsi « Les épreuves que traverse le pays sont douloureuses. Les attaques terroristes du 25 avril 2026 ont endeuillé la Nation toute entière de Kayes à Kidal et de Taoudenni à Bougouni par la perte cruelle de plusieurs de nos compatriotes civils et militaires dont le Général d’Armée Sadio Camara. En cette occasion toute particulière marquée par le deuil et la compassion, je tiens à, m’incliner devant la mémoire des illustres disparus civils et militaires, présenter les sincères condoléances des populations de la Région aux familles des victimes, et souhaiter prompt rétablissement aux blessés. » Après ce discours pathétique, tour à tour, le représentant des élus communaux, le président de la société civile, le coordinateur des autorités traditionnelles et coutumières, les secrétaires généraux des syndicats (UNTM, CSTM), la présidente de la CAFO, le président de la coordination des jeunes, celui de la chambre de commerce, du RECOTRADE, les représentants des confessions religieuse (musulmane, chrétienne) ont présenté au président de la transition Assimi Goita, à l’armée au peuple malien et à la famille du défunt leurs condoléances. Ils affirment que cet acte odieux ne saurait nuire ou ébranler leur appartenance à la république. Ils affirment tout le soutien à la transition. Une séance de Fatiha mis fin à la cérémonie. MS/KM (AMAP)
UFOA-A U20 féminin : le Mali fixé sur son calendrier à Bissau

Bamako, 5 mai (AMAP) Le tournoi féminin U20 de l’UFOA-A 2026 se tiendra en Guinée-Bissau du 1er au 20 mai prochain avec un calendrier désormais connu pour la sélection malienne, a appris l’AMAP de source sportive. Logées au Stade 24 Septembre, les jeunes Maliennes entameront leur parcours face à la Guinée-Bissau le vendredi 8 mai 2026 à 19h00. Elles enchaîneront ensuite contre le Liberia le lundi 11 mai à 19h00. Le Mali poursuivra sa campagne face à la Gambie le jeudi 14 mai à 16h00, avant de clôturer la phase de groupes contre le Sénégal le dimanche 17 mai, également à 16h00. Cette compétition régionale constitue une étape importante dans la préparation des sélections féminines U20 de la sous-région. KD/KM (AMAP)
Afrique du Sud : des Nigérians demandent leur rapatriement après des manifestations contre les étrangers

Bamako, 5 mai (AMAP) Au moins 130 ressortissants nigérians en Afrique du Sud ont sollicité leur rapatriement auprès de leur gouvernement à la suite de manifestations visant les étrangers, a annoncé dimanche la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu. Selon la cheffe de la diplomatie, ces personnes sont les premières à s’inscrire dans le cadre d’un nouveau programme de rapatriement mis en place par Abuja, dans un contexte de craintes d’escalade des tensions. « Ils sont les premiers à demander à bénéficier de ce dispositif », a-t-elle déclaré, soulignant que le gouvernement suivait de près l’évolution de la situation. La semaine dernière, des manifestants ont organisé des rassemblements à Pretoria et Johannesburg pour réclamer un durcissement des mesures contre l’immigration illégale. Ils accusent les étrangers en situation irrégulière d’exercer une pression sur l’emploi, la sécurité et les services publics. Des organisations de défense des migrants estiment toutefois que les étrangers sont régulièrement désignés comme boucs émissaires des difficultés économiques du pays. Les autorités sud-africaines ont promis, le mois dernier, de sévir contre toute attaque xénophobe, après que le Ghana et d’autres pays africains ont signalé des violences et discriminations visant leurs ressortissants. De nouvelles manifestations sont prévues les 4 et 8 mai. Le gouvernement nigérian a indiqué qu’il continuerait de surveiller la situation de près. Abuja a, par ailleurs, convoqué le haut-commissaire sud-africain dans la capitale nigériane et indiqué que ses missions diplomatiques en Afrique du Sud travaillent avec les autorités locales afin de réduire les risques pour ses ressortissants, a précisé la ministre. OS/KM(AMAP)
Soudan : rappel de l’ambassadeur en Éthiopie après une attaque de drones visant l’aéroport de Khartoum

Bamako, 5 mai (AMAP) Le Soudan a annoncé mardi le rappel de son ambassadeur en Éthiopie pour consultations et accusé l’Éthiopie et les Émirats arabes unis d’être impliqués dans une attaque de drones ayant visé l’aéroport de Khartoum, selon le ministre des Affaires étrangères Mohieddin Salem. Lors d’une conférence de presse à Khartoum, le chef de la diplomatie soudanaise a déclaré que son pays avait pris cette décision « en raison de l’agression de drones émiratie-éthiopiennes ciblant l’aéroport de Khartoum ». Il a souligné que cette infrastructure est une installation civile et que « la cibler est interdit par le droit international ». Mohieddin Salem a affirmé disposer de « preuves concluantes » indiquant que l’attaque avait été lancée depuis le territoire éthiopien, ajoutant que l’Éthiopie « devrait être un pays frère ». Il a également précisé que des messages avaient été adressés aux autorités éthiopiennes et émiraties au sujet de cet incident, sans en détailler le contenu. Le gouvernement soudanais a, par ailleurs, déclaré tenir les deux pays pour responsables de l’attaque et a affirmé son droit de riposte. Aucune réaction immédiate n’a été enregistrée de la part de l’Éthiopie ou des Émirats arabes unis. Ces derniers ont précédemment nié toute implication dans le conflit soudanais, affirmant soutenir la stabilité du pays. Selon des témoins, les défenses aériennes soudanaises ont intercepté lundi des drones visant plusieurs sites à Khartoum, avec des colonnes de fumée signalées près de l’aéroport situé à l’est de la capitale. Les autorités ont indiqué que les opérations aéroportuaires avaient repris quelques heures après l’attaque, sans pertes signalées, à la suite de mesures de sécurité. OS/KM(AMAP)
Attaques terroristes du 25 avril : 30 tonnes de riz et 20 millions FCFA offerts aux familles endeuillées

Bamako, 5 mai (AMAP) Le ministère de la Santé et du Développement social, en partenariat avec le Commissariat à la sécurité alimentaire, a remis, lundi, 30 tonnes de riz et un chèque de 20 millions de FCFA au ministère en charge de l’Administration territoriale, destinés aux familles affectées par les attaques terroristes du 25 avril 2026, a constaté l’AMAP. La cérémonie, tenue dans les locaux du département en charge de la Santé, était présidée par Mme le ministre, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, en présence du ministre de l’Administration territoriale et Porte-parole du Gouvernement, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a constaté l’AMAP. Dans son intervention, Assa Badiallo Touré a rendu hommage aux victimes civiles et militaires, tout en saluant la résilience du peuple malien face à cette épreuve. Elle a indiqué que ce geste s’inscrit en complément des actions de prise en charge médicale déjà engagées en faveur des blessés. Pour sa part, Issa Ousmane Coulibaly a salué cet élan de solidarité, rappelant que les autorités administratives se sont mobilisées sur le terrain pour soutenir les familles touchées. Il a, en outre, exprimé le souhait que cette initiative inspire d’autres actions similaires à travers le pays. Mme le ministre chargée de la Santé a également appelé à la tolérance, au vivre-ensemble et à l’unité nationale, soulignant leur importance dans le processus de consolidation de la cohésion sociale. KD/CMT (AMAP)
FAMa : une cinquantaine de terroristes neutralisés à Séwaré

Bamako, 5 mai (AMAP) L’Etat-Major Général des Armées a annoncé mardi que des frappes aériennes menées, la veille, dans le cadre des missions de reconnaissance offensive avaient visé plusieurs positions de groupes armés terroristes sur le territoire national, a appris l’AMAP de source militaire. Selon la même source, une première série de frappes a ciblé l’ouest de Dioura, où un refuge a été identifié avec six véhicules pick-up, plusieurs motos ainsi qu’un dépôt logistique contenant du carburant et des munitions. Une deuxième opération, conduite au nord de Sévaré, a permis de neutraliser une cinquantaine de combattants et de détruire quatre véhicules pick-up, plusieurs motos et un important dépôt logistique. Par ailleurs, une troisième série de frappes a visé une position au sud-est de Ménaka, aboutissant à la neutralisation d’un groupe armé terroriste. La hiérarchie militaire a salué la détermination et l’engagement des Forces armées maliennes, réaffirmant la poursuite des opérations sur l’ensemble du territoire national. KD/CMT (AMAP)
Occupation anarchique des routes aux abords des marchés : Entre opportunisme Économique et incivisme

Bamako, 5 mai (AMAP) À Bamako, l’occupation anarchique des routes nationales par certains commerçants aux abords des marchés devient une réalité préoccupante, a constaté l’AMAP. Motivées par la recherche de clientèle, ces installations entraînent embouteillages, insécurité routière et dégradation du cadre urbain, malgré les interventions répétées des autorités locales. Il était 11 heures ce lundi matin lorsque nous avons tenté de traverser le marché de Sabalibougou afin de constater de visu la réalité de la situation. Sur place, le spectacle est frappant. La route est presque méconnaissable, transformée en prolongement du marché. Des parasols multicolores couvrent des étals improvisés de légumes et de fruits. Des vendeurs ambulants circulent entre les véhicules avec leurs articles divers. Les motocyclistes se faufilent difficilement, tandis que les automobilistes avancent centimètre par centimètre dans un embouteillage indescriptible. Chacun tente de se frayer un passage pour atteindre sa destination, mais tous se retrouvent coincés sur une seule route largement obstruée par des installations anarchiques. Dans ce brouhaha de klaxons, de cris de vendeurs et de moteurs, un conducteur de moto-taxi, visiblement très pressé, a finalement quitté la voie principale pour emprunter une ruelle étroite dans l’espoir de contourner l’obstacle. Interrogée sur les raisons de cette occupation des abords de la route, Aïchata Sidibé, vendeuse de légumes au marché de Sabalibougou, explique : « Nous nous installons aux abords de la route pour avoir plus de clients. Beaucoup de gens le font. Avant, je restais à l’intérieur du marché où j’occupe une place. Mais quand j’ai vu que ceux qui s’installent dehors prenaient tous les clients, moi aussi j’ai décidé de venir m’installer ici. » Consciente des dangers liés à cette pratique, elle poursuit : « Nous savons que ce n’est pas bon, car nous nous exposons aux accidents. Souvent les camionneurs écrasent nos marchandises. Les agents de la mairie aussi peuvent les confisquer lors de leurs passages. Mais malgré tout, nous n’avons pas le choix. C’est la seule façon d’augmenter nos recettes. » La situation n’est pas différente au marché de Niamakoro, où les commerçants occupent également les abords de la route dans l’espoir d’augmenter leurs revenus, malgré les risques d’accidents et les perturbations importantes de la circulation routière. Selon Adama Konaté, troisième adjoint au maire de la Commune V du District de Bamako, chargé du cadre de vie et de la sécurité, la situation du marché de Sabalibougou constitue une préoccupation majeure d’intérêt public, à l’image de nombreux marchés de la capitale. Il rappelle que la voie traversant ce marché avait été aménagée dans le cadre du Projet urbain d’assainissement. Cependant, moins de quatre ans après sa réalisation, elle s’est fortement dégradée à cause de l’occupation anarchique. Malgré les multiples interventions de la Direction urbaine de bon ordre et de la protection de l’environnement (DUBOP), qui effectue deux passages hebdomadaires pour dégager les commerçants installés anarchiquement aux abords de la route, allant parfois jusqu’à saisir leurs marchandises, ces derniers reviennent seulement quelques minutes après leur départ et réoccupent les lieux, rendant la voie presque impraticable. Pour le cas spécifique de Sabalibougou, plusieurs démarches ont été entreprises par la mairie avec l’implication de la chefferie traditionnelle, de la CAFO, de la société civile, des commissariats de Sabalibougou et de Torokorobougou, ainsi que de la mairie du District. Toutefois, ces actions n’ont pas encore permis d’obtenir des résultats durables. Contrairement à certaines idées reçues, cette occupation anarchique n’est pas liée à un manque de places à l’intérieur du marché. Selon les données de la mairie, plus de 80 % des commerçants installés aux abords de la route disposent déjà d’emplacements à l’intérieur du marché. Le recensement effectué fait état d’environ 5 900 occupants, alors que le plan d’aménagement prévoit plus de 7 000 places. La principale motivation reste donc la proximité de la route, considérée comme plus favorable pour attirer davantage de clients. Toutefois, cette pratique présente des risques importants pour la circulation routière, la sécurité des usagers ainsi que celle des commerçants eux-mêmes. Face à cette situation, la solution durable envisagée par la mairie repose sur la poursuite de l’aménagement du marché et le renforcement des actions de sensibilisation auprès des acteurs concernés sur les dangers liés à l’occupation des abords de la route. MLHD/KM (AMAP)
Opération Dougoukoloko : réorganisation des forces pour plus d’efficacité

Bamako, 5 mai (AMAP) – Le Commandant de Zone de la Région militaire N°7, le Colonel Attaher Maïga, a rencontré, le dimanche 3 mai, les unités terrestres des Forces armées maliennes engagées dans l’opération Dougoukoloko, au camp d’Anéfis, a appris l’AMAP de source militaire. Cette rencontre visait à informer les hommes sur l’évolution de la situation sécuritaire, à échanger sur leurs conditions de vie et à partager les perspectives liées aux nouvelles mesures sécuritaires. Le Colonel Attaher Maïga a indiqué que le haut commandement militaire a décidé de réorganiser les forces engagées dans la Région militaire N°7, autour de deux points principaux : Anéfis et Aguelhok. CMT (AMAP)
Société : la mendicité des enfants à Nioro du Sahel, une préoccupation majeure

Nioro du Sahel, 5 mai (AMAP) Le phénomène de la mendicité des enfants devient, aujourd’hui, un véritable problème de société, surtout à Nioro du Sahel, localité située à l’ouest de la Capitale, Bamako, constate l’AMAP. Par groupe ou de façon isolée, on les voit à longueur de journée parcourir toutes les rues et artères de la ville. Ainsi, qu’il pleuve ou qu’il neige ces petits mendiants munis de boites de conserve ou de récipients de toute sorte, sillonnent tous les coins et recoins de la ville. La mendicité, une pratique ancestrale Beaucoup de maitres coraniques et de notabilités pensent que la mendicité chez les enfants est une pratique ancestrale, un passage obligatoire pour tout enfant ou adolescent des école coraniques. D’ailleurs ici à Nioro même ceux qui sont à l’école passent les matins de bonheur et les jours non ouvrables à apprendre des versets du saint coran. Certains maitres coraniques trouvent que les parents des enfants qu’ils encadrent ne font aucun appui par rapport aux prises en charge. Alors, ils sont obligés, comme la tradition l’enseigne d’aller chercher en ville de la nourriture aux heures de repas. Le constat est qu’on rencontre ces jeunes mendiants un peu partout : dans le marché, aux abords des routes, devant les bâtiments administratifs, dans les maisons abandonnées, partout. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes gens qui ne sont pas des élèves coraniques pratiquent cette activité pour pouvoir survivre ou pour aider des parents malades ou en difficulté. L’avis des maîtres coraniques sur le phénomène Maitre B Badiaga est maître coranique habitant le quartier Dianwely Counda de Nioro. Pour lui, la pratique date de très longtemps et est, selon lui, une manière d’éduquer les enfants et de les apprendre le contenu du saint coran. Assis dans son vestibule en boubou blanc, au milieu d’une cinquantaine de disciples, Maitre Baliaga racle deux fois la gorge et dit : mon père avait plus de cent talibés dans ce même vestibule. Après son décès, j’ai pris la relève. Il y a plus de dix ans que j’exerce ce travail. Chaque année j’ai plus d’une vingtaine d’enfants dont les âges varient entre cinq à vingt-cinq ans. Aucun maître coranique ne peut nourrir plus d’une dizaine de têtes sans que ceux-ci ne t’aident. C’est pourquoi aux heures de repas, ils sortent pour aller chercher de quoi manger. Cela, de façon coutumière rentre aussi dans leur éducation. A la question pourquoi les maîtres coraniques obligent les talibés à leur amener de l’argent, M. Badiaga avec un ton fâché répond : moi je ne fais pas ça. Seulement, pendant l’hivernage les plus grands m’aident à travailler au champ. Le soir à leur retour, ils amènent du bois de chauffe pour apprendre à la lueur de la flamme la nuit. Thierno Amadou Bassir DIALLO est un autre maître coranique qui habite une petite maison à proximité du village de Madonga à seulement trois kilomètres au nord de Nioro. Il est exactement 17 heures quand je me rends chez lui pour ne rien rater. La tête turbannée dans un tissu blanc en coton il reçoit son visiteur avec une mine serrée. Mes disciples viennent d’horizons différents. Certains sont du cercle, d’autres viennent de Diéma, de Ségou, de Macina, de Koulikoro, de Kayes et même de la Côte d’ivoire ou même du Burkina Faso ; ils apprennent le coran comme vous le constatez. Aller mendier en ville est une tradition ancestrale. Je les nourris par les dons que les villageois m’offrent et les aides venant de certains parents du pays et de l’étranger. Le phénomène de mendicité s’il dérange pourra finir si le gouvernement pouvait aider les maitres coraniques par un appui et par la construction de structures d’accueil. Regardes, dans ce gros village où on peut avoir plus de cent enfants scolarisables par an, il n’y a qu’une école de 3 classes et aucune medersa au sens du mot. Mme Korè Diallo est une pauvre veuve aveugle d’une quarantaine d’années qui habite le quartier Malicounda. Chaque matin elle parcourt toute la ville à la recherche de quoi manger. La main à l’épaule de son garçon d’une quinzaine d’années elle se promène de famille en famille pour mendier. Contrairement aux petits enfants qui mendient pour satisfaire leur maître, Mme Diallo le fait parce qu’elle a perdu son mari très tôt et aussi à cause de son handicap. L’attitude des jeunes mendiants Moussa Sow est un jeune mendiant bien connu par les Niorois à cause de sa belle voix quand il quémande. Il a seulement 13 ans. Il dit avoir quitté ses parents à Kayes depuis à l’âge de 7ans pour être confié à son maître ici à Nioro. En dehors de ses heures d’apprentissage du Saint coran, Moussa comme beaucoup de ses camarades ont la tâche d’aller chercher du bois de chauffe en brousse, revenir vers 11 heures pour aider la femme du maître aux travaux domestiques, se rendre en ville vers 12 heures pour quémander le repas de midi. Et si c’est Vendredi, il faut rester en ville pour ne pas rater l’arrivée et le retour, des fidèles musulmans. Occasion pour amener au maître beaucoup d’argent. Le petit Moussa dit : « si tu enlèves 5F de l’argent reçu, une malédiction t’arrivera » en souriant. Sidi Bah, âgé de 12 ans et 7 autres de ses camarades venus du cercle de Macina et du cercle de Banamba sont obligés d’apporter au maître en plus du repas une somme de 100F chaque jour pour ne pas être victime de sanction. Souvent, devant des services publics, devant des maisons abandonnées ou sous des hangars du marché, on voit ces jeunes gens couchés à même le sol dans des conditions souvent très difficiles. D’ailleurs plusieurs d’entre eux se promènent les pieds nus, donc prédisposés à des dangers de toutes sortes. D’autres dont l’âge est compris entre 6 et 17 ans sans domiciles fixes passent la nuit par groupes. Cela se passe à tout moment quelque soit les intempéries sur l’esplanade de la tribune située au plein cœur de la ville de Nioro. Au marché,

