Bamako, 19 mai (AMAP) La crise au Moyen-Orient fait peser une menace croissante sur l’emploi et les revenus à l’échelle mondiale, avec un risque de destruction équivalant à 38 millions d’emplois à temps plein d’ici 2027, avertit l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans un rapport publié lundi.
Selon l’organisation, la hausse des prix de l’énergie, les perturbations des routes commerciales et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement découlant du conflit régional exercent une pression croissante sur les marchés du travail bien au-delà du Moyen-Orient, dans un contexte mondial déjà fragilisé par une croissance faible et des déficits persistants de travail décent.
Dans un scénario illustratif, l’OIT estime qu’une hausse d’environ 50 % des prix du pétrole par rapport à leur niveau moyen du début de l’année 2026 provoquerait une contraction des heures de travail mondiales de 0,5 % en 2026, puis de 1,1 % en 2027 — soit l’équivalent de 14 millions, puis 38 millions d’emplois à temps plein perdus. Les revenus réels du travail reculeraient en parallèle de 1,1 %, puis de 3 %.
« Au-delà de son coût humain, la crise au Moyen-Orient n’est pas une perturbation de courte durée. C’est un choc lent et potentiellement durable qui transformera progressivement les marchés du travail », a déclaré Sangheon Lee, économiste en chef de l’OIT et auteur du rapport.
Les États arabes et la région Asie-Pacifique sont identifiés comme les zones les plus vulnérables, en raison de leur forte dépendance aux flux énergétiques du Golfe, aux routes maritimes et aux migrations de main-d’œuvre. Dans un scénario de forte escalade, les heures de travail dans les États arabes pourraient chuter jusqu’à 10,2 %, un recul supérieur à celui enregistré durant la pandémie de Covid-19.
Le rapport pointe également les effets sur les travailleurs migrants et les économies tributaires des transferts de fonds. Les recrutements vers les pays du Golfe ont fortement ralenti dans plusieurs pays d’origine, tandis que les rapatriements s’accélèrent sous l’effet des tensions sécuritaires et du ralentissement économique régional.
Face à ces risques, l’OIT appelle les gouvernements à mettre en place des politiques de protection centrées sur l’emploi, les revenus et les conditions de travail, en ciblant en priorité les travailleurs informels, les migrants, les réfugiés et les petites entreprises.
OS/KM (AMAP)


