Bamako, 17 juin (AMAP) L’Agence du Bassin du Fleuve Niger (ABFN) a organisé, le mardi 16 juin 2026, dans ses locaux, une conférence-débat placée sous le thème : « Impact de la crise climatique sur le fleuve Niger : quelles solutions dans un contexte de développement durable ? », a constaté l’AMAP.
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la 27ᵉ édition de la Quinzaine de l’environnement et a réuni des hommes de médias, des enseignants-chercheurs, des étudiants, des usagers du fleuve ainsi que plusieurs autres personnes-ressources.
Dans son intervention, le Directeur général de l’ABFN, Moussa Diamoye, a rappelé l’importance capitale du fleuve Niger pour le Mali. « Dieu seul sait ce qu’il nous apporte. Le Niger joue un rôle essentiel dans l’économie nationale, et il est impératif que les mauvaises pratiques cessent», a-t-il déclaré.
Il a particulièrement dénoncé les activités des dragueurs à la recherche d’or dans le lit du fleuve, mettant en garde contre les conséquences dramatiques d’une éventuelle raréfaction de l’eau pour les 25 millions de Maliens.
Le patron de l’ABFN a invité les populations riveraines à jouer pleinement leur rôle de première ligne de défense contre ces pratiques. « Je pense que les populations doivent prendre conscience et empêcher l’installation des dragues. C’est une lutte difficile, mais nous allons continuer à sensibiliser», a-t-il insisté.
Pour sa part, le Directeur général adjoint de l’ABFN et conférencier du jour, a souligné l’importance du fleuve Niger dans l’accès à l’eau potable, l’agriculture, la pêche, le transport fluvial, l’hydroélectricité et la préservation de la biodiversité. Il a mis en lumière les principaux impacts du changement climatique : perturbations des activités agricoles, pastorales et halieutiques, forte variabilité des pluies et risques accrus pour les populations riveraines dépendantes de l’agriculture.
Selon lui, la crise climatique et la pollution menacent directement la survie du fleuve. Il a appelé à une action immédiate, collective et coordonnée pour protéger cette ressource vitale, condition indispensable au développement durable du pays. Les usagers tirent la sonnette d’alarme.
Prenant la parole au nom des usagers du fleuve, Kôkê Siminta a livré un témoignage poignant : « Avant, nous buvions l’eau du fleuve. Aujourd’hui, celui qui en boit finit à l’hôpital. Le fleuve est devenu un dépotoir pour certains. Nous avons tout fait pour que cela cesse, mais rien n’y fait. J’appelle les autorités à agir afin que nous puissions continuer nos activités de pêche. »
Les échanges ont mis en avant la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations et d’impliquer davantage l’État pour freiner les pratiques nuisibles au fleuve. Les participants ont unanimement reconnu que protéger le fleuve Niger, c’est protéger la santé, l’économie et l’avenir du Mali.
MMD/KM (AMAP)


