Beijing, 17 juin (AMAP) La cité interdite (symbole de la pureté céleste au jardin impérial) est bâtie sur 72 hectares. Une résidence qui a servi 24 empereurs, de Ming en Qing. De l’axe central à la Porte du Midi, et à l’entrée de la salle de l’Harmonie Suprême, l’empereur s’asseyait face au sud et « regardait » son peuple « Je règne par l’ordre du Ciel » s’exclamait-il fièrement. Ainsi sa volonté, était accomplie comme l’ordre du ciel sur terre.
Le palais impérial est riche d’histoires, de coutumes et de cultures. Parmi ces empereurs, l’histoire fascinante de l’empereur Yang Des Sui, a bouleversé le destin de tout un peuple, pendant plus de 900 ans.
Durant le règne des empereurs, logiquement, tous les postes du gouvernement, étaient de l’héritage familial. En effet, durant 300 ans c’étaient (7) sept grandes familles, dont les membres étaient des notables et qui bénéficient de tous les avantages dus à leurs rangs. Pendant ce temps, le bas peuple faisait les travaux champêtres dans les domaines familiaux des notables à vil prix. Résultat les riches devenaient riches, les pauvres encore plus pauvres.
Invention d’un examen national
Au fil des temps, cette situation devenait désuète et pesante sur le royaume. Car les fils, les petits-fils qui profitaient du luxe devenaient paresseux, et stupides, selon l’empereur Yang Des Sui. Très en colère, il déclare « Je veux des gens intelligents qui bossent ».
La solution de l’empereur fut d’inventer un examen national, dans le but de recruter les meilleurs cerveaux pour les postes gouvernementaux.
Du coup, pour réussir l’examen, il a mis en place 4 épreuves de niveaux différents : 1 Comté, 2 Province, 3 Métropole, 4 Palais.
Le jour J, le candidat muni de sa subsistance est enfermé seul dans 1 m ² pendant 3 jours
Au cours de l’examen : il dormait assis, dos collé au mur, pieds bloqués, pour avoir le sommeil léger. Mangeait de la galette séchée, et récitait 4 livres et 5 classiques à voix basse toute la nuit. S’il s’arrêtait ou se trompait, il recommençait. Il faut dire que la honte de rater le tenait éveiller. En cas de fraude le candidat court la peine de mort, et trois (3) générations de sa famille bannies.
De ce fait la pression était énorme, et chaque candidat voulait à tout prix réussir pour sortir sa famille de l’extrême pauvreté. Alors que sur des millions de candidats, 1ou 2% réussissent.
Les gagnants traversaient la Porte du Midi de la Cité Interdite pour saluer l’empereur.
Résultats, les postes n’appartiennent plus aux 7 familles. Ils appartiennent, désormais à tous les Chinois, surtout aux plus démunis. Depuis lors, le fils du pauvre pouvait devenir ministre, alors que le père est paysan. Ce qui a marqué la révolution sociale et impacté des millions de foyers.
La culture du mérite
Pendant 900 ans, des millions de familles chinoises ont raconté ça à leurs enfants. D’où la pression : « Étudie, perce le mur s’il faut ». Des millions d’histoires de « gamin pauvre qui étudie dur, réussit et sauve la famille.
L’idée était de semer la culture du mérite par le travail, d’où l’expression ‘’ Étudie dur tu peux changer ton destin’’ est entrée dans l’ADN chinois.
Cet examen était aussi appelé le concours de dingue, car beaucoup devenaient fous à force de réviser. Les parents s’endettaient pour acheter les livres à leurs enfants. « Dans les livres il y a de l’or et des maisons » cite un dicton chinois. Pour motiver, beaucoup de parents rappelaient à leurs gosses le cas de : Fan Zhongyan, un orphelin, devenu 1er ministre des Song.
Nonobstant, les enfants des pauvres les aidaient dans les travaux champêtres, le jour, et étudiaient la nuit. Mais le problème, les parents n’avaient pas toujours le moyen de s’offrir des lampes à pétrole. Ils utilisent alors le reflet de la neige comme lampe ou le clair de la lune. Mais parfois la lune cède la place au nuage. Puisque c’était une question de vie ou de mort, alors le père réfléchit, perce le mur, et vole la lumière du voisin. Et l’enfant accroche les cheveux à la poutre du plafond, pour ne pas s’endormir. Se piquer la cuisse avec une alêne ou encore renifler une poudre composée de poivre, de gingembre et de menthe qui fait couler les larmes donc impossible de somnoler.
A cette période, c’était la pensée unique, tout le village étudiait. Même si t’avais 1% de chance de réussir. Les familles investissaient dans l’école du village. Résultat : taux d’alphabétisation en Chine tournait autour de 30 à 45% au 18e siècle. Alors que l’Europe était à 10 à 20% à la même époque.
Palais impérial appelé « Cité interdite
En outre, le palais impérial, est appelé ’’Cité Interdite’’, parce qu’il fut interdit au peuple pendant plus de 500 ans. Aujourd’hui, il est le plus grand palais historique qui reçoit plus d’1 million de visiteurs par jour.
Rappelons que, les années 1912, furent la fin de la dynastie Qing, les empereurs ont quitté la cité. Ce qui a laissé la place à l’ouverture du ‘’Palace Museum’’. Le Palais devient Musée en 1925. Il est composé de 9999 salles et structures. Une Cour extérieure qui sert des cérémonies officielles avec les 3 grandes salles qui préservent l’harmonie suprême de la culture chinoise. On y trouve aussi la collection de 1,86 million d’objets sur 25 catégories : porcelaines, peintures, calligraphies, céramiques, sculptures, horloges, bijoux. Tout ce qui montre la resplendissante civilisation chinoise.
Envoyée spéciale à Beijing
Maïmouna SOW


