Je veux vous raconter un endroit que j’aime beaucoup : « Den mara yoro », l’école de notre village Soutoukoulé, situé à l’est de Kayes. Tout le monde l’appelle aussi SOS Villages d’Enfants de Khouloum. Pour nous, les enfants, c’est un peu comme une maison où on se sent bien et en sécurité.
Quand on entre dans l’école, on voit des petites cases rondes, des jeux partout et plein d’enfants qui rient. On joue, on apprend et on parle entre nous sans avoir peur. C’est sûrement pour ça que beaucoup de parents veulent inscrire leurs enfants ici, que ce soit au jardin d’enfants ou à l’école fondamentale.
Le directeur, monsieur Lassine, dit toujours que protéger les enfants, ce n’est pas juste une phrase. Dans l’école, les enseignants n’ont pas le droit de frapper les élèves, et ils reçoivent souvent des formations pour mieux nous accompagner. On travaille aussi avec les grands de SOS Villages d’Enfants de Khouloum pour que tout le monde sache comment nous protéger.
Et il y a quelque chose que j’adore : les boîtes de signalement ! Si quelque chose nous dérange ou si on voit une injustice, on peut l’écrire et le mettre dans la boîte. Comme ça, les adultes peuvent nous aider. On peut aussi choisir nos personnes de confiance, celles à qui on peut tout raconter.
On a même un Gouvernement des enfants ! Oui, oui ! Des élèves sont élus pour veiller au respect de nos droits à l’école. On apprend à être responsables, à écouter les autres et à défendre ce qui est juste. C’est un peu comme si on devenait les protecteurs de notre propre école.
Mais tout n’est pas facile. Le directeur dit qu’il manque de soutien pour certains enfants qui ont obtenu leur Diplôme d’Etude Fondamental et n’ont plus de famille pour les aider. Il espère que des parrains viendront les accompagner pour qu’ils puissent continuer l’école.
Pour moi, SOS village d’enfants de Khouloum, c’est un endroit où les enfants comptent vraiment. On y apprend, on y grandit, et surtout, on y rêve d’un avenir meilleur. Et j’espère que beaucoup de personnes viendront aider pour que tous les enfants, même les plus vulnérables, puissent continuer à sourire et à aller à l’école.
Sambali, 13 ans
Enfant journaliste – Région de Kayes


