Economie : Le secteur privé malien organise un dialogue sur la loi de finances 2026

Bamako, 25 février (AMAP) Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a organisé ce mercredi,  à son siège à Bamako, une rencontre professionnelle pour examiner la loi de finances 2026 du pays, a constaté l’AMAP.

Les participants ont salué l’orientation « souveraineté et développement économique » du budget tout en exprimant des préoccupations sur la prédominance des dépenses de fonctionnement, le faible niveau d’investissement et la nécessité d’une plus grande implication du secteur privé dans la croissance.

La rencontre a été animée par l’économiste Modibo Mao Makalou en tant que conférencier principal. Ce dernier a présenté les grandes lignes du projet de loi de finances 2026, qui prévoit des recettes d’environ 3 057,8 milliards de FCFA et des dépenses de 3 578,2 milliards de FCFA, soit un déficit budgétaire programmé de 522 milliards de FCFA (environ 520,4 milliards selon les chiffres finalement adoptés).

Le budget met l’accent sur la défense et la sécurité, l’éducation et la santé, tout en projetant une croissance réelle du PIB de 6,3 % et une inflation maintenue sous les 3 %, en cohérence avec les efforts de respect des critères de convergence de l’UEMOA.

M. Makalou a qualifié la loi de finances d’instrument à la fois législatif, politique, juridique et financier, reflétant les priorités du gouvernement au titre du Plan d’action du gouvernement. Il a souligné le passage progressif au budget-programme depuis environ 2018, avec la défense et la sécurité comme premier poste fonctionnel, suivies d’augmentations pour l’éducation et la santé, bien que l’agriculture ait enregistré une légère baisse d’enveloppe.

« La loi des finances est bien plus qu’un simple document financier, c’est le reflet de nos valeurs, de nos priorités et de nos engagements envers nos citoyens », a déclaré Modibo Mao Makalou, insistant sur l’importance de la transparence et de l’inclusivité dans le processus budgétaire.

Les échanges ont porté sur la pression fiscale concentrée sur un petit nombre d’entreprises formelles, l’impact des crises persistantes (énergétique, sécuritaire et chocs externes), la soutenabilité de la dette, le développement des partenariats public-privé (PPP), ainsi que les mesures visant à élargir l’assiette fiscale, notamment par la formalisation partielle de l’économie informelle et une meilleure captation des recettes minières.

 

Le président du CNPM, Mossadeck Bally a, pour sa part, rappelé le rôle central du secteur privé en tant que principal créateur de richesses et contributeur fiscal, plaidant pour une meilleure compréhension du budget par les opérateurs économiques.

 

Dans sa synthèse de clôture, Mossadeck Bally a qualifié le budget 2026 de budget essentiellement de fonctionnement, avec plus de 70 % des dépenses consacrées aux charges courantes et moins de 30 % aux investissements. Il a appelé à une révision urgente de la loi sur les PPP afin d’attirer des capitaux privés pour les infrastructures, citant les modèles réussis des pays voisins.

Il a également évoqué le problème persistant des retards de paiement de l’État aux entreprises locales, le stock élevé d’arriérés intérieurs et l’insoutenabilité d’une assiette fiscale reposant sur seulement 5 % des contribuables.

Adoptée par le Conseil national de la transition (CNT) en décembre 2025 à l’unanimité lors des phases clés, la loi de finances 2026 est présentée comme un « budget de souveraineté et de développement économique ».

OS/KM (AMAP)