Vaccination du cheptel : La campagne touchera plus de 59 millions d’animaux

Bamako, 02 décembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a inoculé, dimanche, la première dose de vaccin à un bovin, donnant le coup d’envoi de la campagne nationale de vaccination du cheptel qui touchera, cette année, plus de 59 millions de têtes d’animaux et de volaille.

Les maladies animales concernées sont la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, la pasteurellose bovine, le charbon symptomatique, le charbon bactéridien et la maladie de la volaille de Newcastle.

La cérémonie de cette année a eu lieu à Kati Dral (commune de Kambila) qui accueilli  plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de l’Elevage et de la Pêche, des chefs d’institutions de la République et des diplomates. Les populations de la commune et les éleveurs sont, également sortis, massivement.

En matière d’élevage, le Mali doit, en partie, sa renommée à cette initiative qui renforce, année après année, la protection sanitaire de son cheptel. Aujourd’hui, le Mali occupe la troisième place sur le continent. Le secteur contribue au Produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 10%.

Au nom des éleveurs, Elhadj Bolly a témoigné de l’efficience des actions entreprises par les autorités, ces dernières années, avant d’appeler ses « frères » à s’approprier cette campagne de vaccination. «Faites vacciner vos bétails ! L’épanouissement de notre activité en dépend», a-t-il plaidé. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Mohamed Ag Mohamed El Moctar, a renchéri : «Vacciner les animaux, c’est contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire, c’est protéger les populations et c’est un devoir citoyen».

Il a, aussi, exprimé la reconnaissance de l’APCAM au chef de l’Etat pour lA mise à disposition de milliers de doses de semence bovine, la création d’un centre d’insémination artificielle ou encore le développement de la culture fourragère dans la zone Office du Niger. Autant d’actes qui ont, considérablement boosté les productions animales. Mohamed Ag Mohamed El Moctar a, cependant, attiré l’attention du chef de l’Etat sur la persistance de la fièvre aphteuse dans certaines localités du Mali.

UNE PROUESSE – La ministre de l’Elevage et de la Pêche, Dr Kané Rokia Maguiraga, a précisé que l’objectif de cette campagne est de vacciner 59.600.800 têtes d’animaux et de volailles contre 56.680.830 têtes l’année dernière. Cette campagne sera, aussi, marquée par le démarrage du Programme national de lutte contre la rage 2019-2023. «L’atteinte de cet objectif dépend, en grande partie, de la mobilisation des éleveurs», selon la ministre qui a, alors, exhorté les éleveurs à faire vacciner massivement les animaux. D’après la ministre, les activités de vaccination seront menées, en plus des agents du secteur public, par 163 vétérinaires privés.

Par ailleurs, Dr Kané Rokia Maguiraga a mis l’accent sur les résultats de la campagne écoulée. Selon elle, grâce aux vaccinations et à la surveillance épidémiologique permanente, une progression sensible du taux de couverture vaccinale a été enregistrée. «Pour ce qui concerne la péripneumonie contagieuse bovine, le taux de couverture vaccinale a progressé de 69,40% à 80,72% au cours de la campagne dernière», a-t-elle précisé.

« Chacun a entendu les chiffres et le dernier classement africain qui nous hisse à la troisième place continentale. Dans le contexte qui est celui du Mali, une telle prouesse se respecte», s’est félicité Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui le Mali doit cet exploit aux éleveurs, pêcheurs et agriculteurs. « Si nous sommes considérés, aujourd’hui, sur le plan africain en matière de développement rural, c’est à leur labeur, à leur engagement, à leur détermination jamais prise à défaut», a-t-il dit. Et de reconnaitre la pertinence de l’effort du gouvernement pour rehausser la part dévolue à ce secteur à 15%. Un effort, certes, louable mais qui n’aurait pas produit l’effet escompté si les hommes et les femmes du secteur rural n’avaient pas été au rendez-vous. En effet, selon le chef de l’Etat, «on aurait pu injecter 30%, si l’homme n’avait pas été au rendez-vous, rien n’aurait été fait».

Ibrahim Boubacar Keïta a indique que participer, chaque année, à ce lancement de campagne de vaccination est un devoir pour lui, « parce que la santé animale est à la base de tout le reste, elle conditionne la santé humaine». Il a souhaité que le cheptel malien, un socle sur lequel repose le décollage économique du pays, aille encore grandissant.

Avant d’administrer la première dose de vaccin, le président de la République avait remis au ministre en charge de l’Elevage 23 motos et des glacières contenant 332.000 doses de vaccins, des seringues et des gangs. Ces vaccins de très bonne qualité ont été, tous, produits par le Laboratoire central vétérinaire (LCV), une structure de renommée internationale qui assure la santé animale au Mali et même au-delà des frontières du pays.

ID/MD (AMAP)