Bamako, 31 octobre (AMAP) Le développement économique et social constitue un levier essentiel pour prévenir les conflits et consolider la paix dans l’espace sahélo-saharien, a estimé, samedi à Bamako, le président de TIRAC-Sahel, Soulaymane Satigui Sidibé, mettant en avant les investissements engagés par le Maroc dans ses provinces du Sud.

Intervenant lors d’une table ronde organisée par l’ambassade du Royaume du Maroc au Mali, à l’occasion de la célébration du premier anniversaire de la Fête de l’Unité, autour du thème «L’unité nationale du Maroc, facteur de stabilité et de développement dans l’espace sahélo-saharien», M. Sidibé a souligné l’importance des infrastructures et des services sociaux de base dans la consolidation de la stabilité.

Il a cité notamment la réalisation de voies express, la construction d’un port sur l’Atlantique, d’hôpitaux, d’établissements scolaires, de zones industrielles ainsi que le développement des énergies renouvelables et des réseaux de communication dans les provinces du Sud marocain. Ces investissements, qui mobilisent des milliards de dirhams, génèrent également des emplois. À titre d’exemple, il a relevé que la construction de la voie express aurait permis de créer 2,5 millions de journées de travail. Il a aussi évoqué le futur Centre hospitalier universitaire (CHU) de Laâyoune, d’une capacité d’environ 500 lits.

Pour l’intervenant, ces réalisations contribuent à améliorer les conditions de vie des populations et à renforcer l’attractivité des territoires. La présence d’étudiants africains à Dakhla et l’installation de jeunes migrants originaires de plusieurs pays africains dans les provinces du Sud témoignent, selon lui, des opportunités économiques et sociales offertes par ces régions.

Abordant les enjeux sécuritaires au Sahel, M. Sidibé a rappelé que la stabilité régionale est étroitement liée à celle des pays voisins. Il a mis en garde contre une lecture géographiquement limitée des crises, citant l’évolution de la situation malienne, où les violences initialement concentrées dans le Nord ont progressivement gagné d’autres parties du territoire, jusqu’à menacer la capitale.

Il a plaidé pour une approche globale associant les opérations militaires au rétablissement durable de la présence de l’État à travers l’administration, la justice, l’éducation, la santé et les services sociaux de base. La protection des populations civiles, la lutte contre les violations des droits humains et la distinction entre revendications politiques, conflits communautaires et terrorisme doivent également, selon lui, guider les stratégies de sortie de crise.

Le président de TIRAC-Sahel a, par ailleurs, préconisé le renforcement de la coopération transfrontalière, le partage de renseignements et la lutte contre les financements illicites, dans le respect des cadres légaux. Il a également insisté sur le rôle des médias locaux, de la médiation communautaire et de la participation des femmes et des jeunes dans la prévention de la radicalisation et le règlement des conflits.

En conclusion, M. Sidibé a défendu une stratégie combinant capacités militaires, développement économique, présence durable de l’État et dialogue politique. Il a notamment souligné l’importance des processus diplomatiques, sous l’égide des Nations unies, pour parvenir à des règlements pacifiques des différends territoriaux, estimant que la stabilité de l’espace sahélo-saharien passe nécessairement par des réponses politiques et économiques durables.

CMT (AMAP)

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