Le Bolon : L’UNESCO tend une perche
Par Moussa BOLLY Bamako, 15 fév (AMAP) Inventé au 13è siècle pour accompagner les guerriers et les cultivateurs, le bolon (ou m’bolon) est un instrument traditionnel de musique menacé de disparition. Et cela, en partie, parce que peu d’artistes y ont recours pour leurs arrangements et les joueurs de l’instrument se font de plus en plus rares. Mais, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) vient de lui lancer une véritable bouée de sauvetage en l’inscrivant, depuis le 15 décembre 2021, au patrimoine immatériel de l’humanité. «Une merveilleuse nouvelle qui nous vient de l’UNESCO. Nous nous en réjouissons !» a réagi le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Andogoly Guindo, à la décision de l’UNESCO. «Cette inscription est le résultat d’un long processus qui a abouti aujourd’hui grâce au soutien de nos partenaires, notamment la République du Togo qui a accepté de porter le projet», a confié à la presse le chargé d’affaires du Mali auprès de l’UNESCO, Moussa Cissé, . Cette décision peut s’avérer salutaire pour sauver un instrument mythique dont l’inventeur serait le Mansa Mandé Boukary au 13e siècle. «Cette inscription au patrimoine universel immatériel est un grand soulagement. Je pense que c’est une étape décisive pour la protection de cet instrument menacé de disparition», nous a confié Habib Sangaré alias Dia Bolon, un virtuose de l’instrument. «La sauvegarde de l’instrument passe par sa revalorisation. C’est un combat que je mène depuis des années. Cette décision de l’Unesco est donc un soutien inespéré», a-t-il ajouté. Et de poursuivre en promettant que, dans les jours à venir, «j’espère pouvoir rencontrer le ministre de la Culture pour voir ce qui est envisageable au niveau national pour la sauvegarde de cet instrument mythique et ce que nous pouvons apporter comme contribution en tant que joueurs de bolon». Selon M. Cissé, le bolon est «menacé par des facteurs tels que l’urbanisation, l’introduction des religions qui interdisent les rites et pratiques initiatiques traditionnels et la baisse d’intérêt des jeunes». Mais, les facteurs artistiques ne sont pas non plus négligeables parmi les menaces qui planent sur cet instrument. «Le bolon est sans doute le premier instrument traditionnel menacé de disparition aujourd’hui au Mali», avertissait Habib Sangaré dans un précédent article. Le bolon a longtemps été confronté à un problème d’accord avec d’autres instruments de musique. Ce qui fait que ses joueurs n’étaient pas assez sollicités par les artistes pour les studios ou les concerts. «La différence entre le bolon et les autres instruments à cordes comme le ngoni et la kora se situe au niveau de la modulation. Il était difficile à accorder parce que ne s’adaptant pas facilement au changement de gamme… Cela a été un handicap difficile à surmonter», reconnaît Dia Bolon. «Le bolon n’ayant pas assez de cordes (quatre au maximum), il faut souvent les tirer ou les redescendre selon la tonalité du titre. Comment faire pour que les titres qui se suivent et qui n’ont pas la même tonalité ne subissent pas des problèmes de désaccord avec le bolon ou qu’on ne se retrouve pas à accorder l’instrument pendant le spectacle, donc devant le public… Ce sont des équations que nous avons eues à résoudre en faisant par exemple de sorte qu’il y ait des morceaux sur lesquels Dia Bolon (Habib Sangaré) ne joue pas pour lui donner le temps de s’accorder…», nous a expliqué la jeune star Rokia Traoré. Mais, ce handicap est aujourd’hui surmonté. «Je lui ai trouvé (à Dia Bolon) un accordeur car pour la Fondation Passerelle, en dehors de la collaboration artistique, il y avait un acte militant puisque le bolon est un instrument en voie de disparition», a assuré Rokia dont le projet musical, «Dream Mandé», vise à promouvoir les classiques et les instruments traditionnels. «Aujourd’hui, le bolon peut s’accorder avec n’importe quel instrument. Il peut s’adapter à tous les genres musicaux. La preuve est que, en dehors des artistes maliens, j’ai collaboré avec des Américains, des Allemands, des Danois…», se réjouit le virtuose Habib Sangaré. «Mon souhait a toujours été d’ouvrir une école d’apprentissage de l’instrument parce que l’une des meilleures façons de le préserver, c’est de susciter l’intérêt de nouvelles générations pour cet instrument. Je suis en train de démarcher d’éventuels partenaires pour cela. Mais, l’Etat peut aussi énormément contribuer à la création de cette école ou de ce centre d’apprentissage du bolon», a-t-il conclu. Pour le ministre Andogoly Guindo, cette inscription est «une bonne opportunité de réhabilitation du bolon». Et de rappeler (joint par un média français) que «le bolon est un instrument de musique traditionnelle qui symbolise très fortement la croyance populaire. C’est un instrument mythique autour duquel sont rattachées différentes pratiques comme le rituel autour des funérailles de certaines personnalités». Le bolon est en effet un instrument de musique plus utilisé aujourd’hui dans le Sud du Mali, même si c’est au Mandé qu’il a été créé. Il est composé d’une grande caisse de résonance en calebasse recouverte de cuir de vache et d’un manche en bois en forme d’arc muni de cordes. Le nombre de cordes du bolon détermine la façon dont il est utilisé. L’instrument d’une à deux cordes est utilisé lors des manifestations populaires, les rituels et les cérémonies religieuses. Et celui qui a trois à quatre cordes est utilisé pour accompagner les louanges des chefs traditionnels, célébrer les actes héroïques des rois et accompagner les agriculteurs dans les champs. Pour amplifier les vibrations sonores, le musicien porte souvent un dispositif en forme de cloche fait de plaques métalliques auxquelles sont fixés de petits lobes de forme ovale. Cet appareil, doté de petits anneaux en fer, est attaché à la main du joueur au moyen d’un coussinet garni de cordons ou d’un élastique. MB (AMAP)
Résistance anti-coloniale : Sarraounia, la fée du Niger
Par Dr Ibrahim MAIGA Dans l’histoire de la résistance anti-coloniale, il n’y a pas eu que la bravoure des hommes. Les femmes aussi y ont pris une part active, en tant qu’épouses, intendantes mais, aussi et surtout, en tant que spécialistes dans la fabrication et la distribution de la poudre. Sur l’espace qui correspond aujourd’hui au territoire du Niger, la reine Sarraouinia Mangou, en véritable cheffe d’état-major, a conquis ses lettres de noblesse en confrontant, à la tête de ses troupes, la marche infernale de la mission conduite par les capitaines Voulet et Chanoine. Nous sommes en 1899. Pourtant, cette résistante, dont le destin sera contrarié par la barbarie coloniale, n’était pas suffisamment reconnue. Dans son pays même, elle a été, pendant très longtemps, absente des manuels d’histoire. Le sujet n’a, également, pas attiré l’attention des historiens nigériens. La documentation coloniale, elle, est pourtant foisonnante avec des « journaux » et des romans où apparait la figure de la dame emblématique. Il y a d’abord le journal de bord de l’intrépide capitaine Voulet qui, régulièrement, informe sa hiérarchie de sa progression. Il y a aussi, le roman de Jacques-Francis Rolland intitulé « Le Grand Capitaine, un aventurier inconnu de l’épopée coloniale » (Grasset, 1976). L’auteur évoque Sarraouinia qui « s’est faite forte de nous barrer la route, ses gens ont une réputation de guerriers invincibles… ». Inutile de dire que ses sources ne présentent pas Sarraouinia sous ses beaux traits. Elle est décrite comme une « sorcière malfaisante ». En face, le capitaine Voulet est présenté comme un grand soldat de la grande armée française ; l’aventure coloniale était bien une épopée ! Cette fresque coloniale est compréhensible – Elle a été progressivement déconstruite par les intellectuels africains qui ont mis en perspective la figure de la résistance, figure érigée au rang de chantres du panafricanisme. Le Nigérien Abdoulaye Mamani appartient à cette génération. Il s’est emparé d’une façon originale du sujet en publiant « Sarraouinia » en 1980. Depuis, les lignes ont commencé à bouger. Abdoulaye Mamani a laissé voguer son imagination à partir d’un fait historique réel. Il s’est appuyé sur les témoignages retenus par la mémoire des hommes, la tradition orale, cette véritable source d’information sur l’Afrique. Ainsi, a-t-il pu faire émerger cette « reine » oubliée, cette reine dont le combat pour l’indépendance et la survie de son territoire retiennent l’attention. Aujourd’hui, des écoles ont pris le nom de Sarraouinia ; des stations de radio et de télévision, des créations artistiques aussi. Dans le fond, le travail de pionnier a été combattu. Il lui a été reproché d’avoir fait de la sublimation, de n’avoir évoquer qu’une « Sarraouinia », là où il y en avait plusieurs. Certains vont même jusqu’à dire que le « personnage »brandi par Abdoulaye Mamani n’a pas son reflet dans la tradition locale. Mais comment interdire à un auteur le droit à la création, le droit de réhabiliter une figure historique tournée en dérision par des adversaires dont la cruauté reste une marque de civilisation ? Sur les prolongements du roman d’Abdoulaye Mamani, et à partir des archives coloniales, l’immense cinéaste mauritanien, le défunt Med Hondo, a porté Sarraouinia à l’écran avec verve et subtilité. Son film a fait l’unanimité en 1987 au Festival du cinéma de Ouagadougou. Le jury lui a décerné le premier prix, « l’étalon d’or de Yennenga ». Le fait historique – En 1898, le ministère de la Guerre ordonne la création de la « mission Voulet-Chanoine ». Voulet et Chanoine ont pour mission de partir de Ouagadougou pour le Tchad, afin de doter la France d’un grand espace en faisant jonction avec deux autres missions ; celle de Fourreau-Lamy (à partir de l’Algérie) et celle de Gentil (à partir du Congo). Il s’agissait donc d’une affaire d’Etat, parce que cette mission était hors hiérarchie locale ; elle ne traitait qu’avec Paris, méprisant du coup les « braves » officiers basés au Soudan, dont le futur Général Trentinian. Il faut dire que les deux officiers étaient « bien nés », car appartenant à de « grandes et bonnes familles ». Paul Joalland a fait partie de la cruelle équipée, en sa qualité d’artilleur. Il a publié « Le drame de Dankori : Mission Voulet-Chanoine. Mission Joalland-Meynier » (Nouvelles éditions Argo, Paris, 1930). Il nous donne la composition française exacte de la mission conduite par le capitaine Voulet, le lieutenant de cavalerie Chanoine, les lieutenants d’infanterie de marine Peteau, Joalland, Pallier, le Docteur Henric, le sergent-major Laury, le sergent Bouthel. Pour cette mission, la dotation financière n’était que de cent mille francs. La troupe devait donc trouver sur place les moyens de sa subsistance. L’arsenal de combat comptait 450 fusils, 50 mousquetons, 180.000 cartouches, un canon de montagne. Les tirailleurs ont été recrutés au Soudan. C’est à Niort que Chanoine est allé faire son recrutement en promettant aux conscrits un salaire mensuel de15 francs et la nourriture. Cela a suffi pour recruter de « beaux noirs Soudanais, bien bâtis et tous enchantés de partir « faire grande colonne », lit-on. Joalland précise que la taille moyenne de ses artilleurs était de 1 m 80. Il s’attarde sur les mensurations de son « pointeur », Souleymane Sidibé, un Ouassoulounké de 1 m 87. Joalland pousse le détail. Il donne le nombre exact des personnes qui font la colonne : 600 tirailleurs et domestiques, 800 porteurs, 200 femmes et 100 divers, soit 1.700 personnes en mouvement. Les chevaux, les ânes, les chameaux, les bœufs étaient au nombre de 800. Dans cette énumération, on est surpris par la présence massive des femmes. Elles préparaient à manger. Elles agrémentaient aussi le repos des guerriers, une porte ouverte à la prolifération des maladies sexuelles et à la prostitution. L’utilisation des femmes dans les contingents coloniaux est documentée. Qui n’a entendu parler des bordels militaires de campagne ? Joalland donne aussi le but assigné à la mission : arriver à Ouaddai, au Tchad, étudier la nouvelle ligne de séparation des zones d’influence française et anglaise entre le Niger et le Tchad, passer des traités avec le Kanem, Ouaddai et revenir par le Congo. Les documents les plus complets sur le trajet de cette expédition sont ceux produits par le capitaine Voulet qui a régulièrement informé sa
Opération Maliko : Au coeur du PC opérationnel du Secteur 4
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 14 fév (AMAP) Ce Poste de commandement couvre les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre) où les groupes terroristes sont très actifs. Mais avec les récentes offensives menées par les Forces armées maliennes (FAMa), la peur a changé de camp Au Poste de commandement opérationnel (PC opérationnel) du Secteur 4 de l’opération Maliko, logé au camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo à Sévaré dans la Région de Mopti (Centre), la traque des groupes armés terroristes (GAT) est méthodiquement préparée avant sa mise en œuvre. En ce samedi 12 février 2022, la presse a été exceptionnellement invitée à assister au briefing du commandant de la 6è Région militaire, le colonel Karim Traoré et son staff. Le Secteur 4 de l’opération Maliko dont le but est de stabiliser l’ensemble du territoire national, couvre les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre) où les terroristes ont développé leurs activités ces dernières années. Leur modus operandi consiste à tendre des embuscades aux Forces armées maliennes (FAMa) ou à poser des Engins explosifs improvisés (EEI) sur leurs passages pour faire un maximum de victimes. Ces hommes sans foi ni loi s’en prennent aussi aux populations civiles. Ces dernières années, les terroristes ont fait des centaines de victimes civiles et militaires dans les trois régions, occasionnant des milliers de déplacés. Sur instruction des autorités de la Transition, les Forces de défense et de sécurité ont engagé des offensives en vue de libérer les zones sous l’emprise des terroristes. Au cours de ce briefing, le colonel Traoré et ses hommes ont fait le point des opérations, localité par localité. Ils ont examiné de près la progression des hommes sur le terrain. Selon les explications du commandant Boubacar Mariko, les opérations des FAMa sont actuellement consacrées aux localités de Marébougou dans le Cercle de Djenné, à Boni dans la Région de Douentza et sur la route du poisson vers Bandiagara, Bankass et Koro. Les principaux groupes terroristes qui sont actifs dans ces zones sont notamment la Katiba du Gourma, la Katiba du Macina, Ansar Islam et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Le chef d’escadron Dramane Dembélé précise que l’opération militaire à Marébougou est entrée dans sa troisième phase avec la destruction des points d’appui des groupes armés terroristes. Les FAMa ont aussi acheminé des vivres dans le village afin de soulager la population. Le commandant de la 6è Région militaire, le colonel Karim Traoré, a donné des directives à ses hommes. Il s’agit de poursuivre les offensives à Marébougou et dans les autres localités en vue de porter un coup fatal à l’ennemi. Pour le chef d’état-major de la 6è Région militaire, le colonel Adama Abdoulaye Diarra, le briefing opérationnel a été l’occasion pour le commandement de faire le point des actions des unités engagées sur le terrain. «Actuellement, les populations de plusieurs localités vaquent à leurs occupations grâce aux opérations offensives que les FAMa sont en train de mener. Nous avons envoyé une unité pour desserrer les verrous autour de Marébougou. C’est ce qui a permis aux autorités d’entreprendre des actions humanitaires dans cette localité, notamment la distribution de vivres », dit-il. Il a assuré que la population de Marébougou est libre aujourd’hui. « Nous allons continuer les opérations pour rassurer davantage cette population», promet le colonel Diarra. A Mopti, les officiers du PC opérationnel expliquent que le renforcement du vecteur aérien a été un tournant dans la lutte contre le terrorisme dans la zone. En effet, la puissance de frappes de l’Armée de l’air a complément affaibli la mobilité des groupes terroristes et désorientés leur dispositif. Beaucoup d’entre eux ont été tués dans les différentes frappes des FAMa et leurs bases logistiques détruites. MK/OD/MD (AMAP)
Culture : La 3ème édition du Festival AG’NA se déroulera du 22 au 26 février 2022 à Koulikoro
Bamako, le 15 février (AMAP) La troisième édition du Festival AG’NA se déroulera du 22 au 26 février 2022 à Koulikoro sous le thème : « patrimoine et innovation », a appris l’AMAP de source proche de ses organisateurs. L’annonce a été faite samedi au cours d’une conférence de presse animée par Fousseyni Diakité, Président du groupe Walaha, directeur du festival Ciné à Dos, Mani Ansar, directeur du festival au désert, Mme Zeïnab Sidibé du groupe Walaha, Aboubacar Gakou Touré, président de la fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel, à l’Espace Walaha à Magnambougou (Bamako). Selon les conférenciers, l’objectif principal du festival AG’NA est de contribuer à l’économie créative au Mali à travers la culture et les arts numériques. Les organisateurs ont, par ailleurs, précisé que le festival AG’NA sera marqué par des concerts, des animations folkloriques, des caravanes de projection de films, des séances de contes, des conférences etc. KM (AMAP)
Koro : des hommes armés non identifiés harcèlent les femmes pour leur port
Koro, 15 fév (AMAP) Des mouvements d’hommes armés non identifiés sont signalés, ces dernières semaines, en plusieurs endroits dans le Cercle de Koro, dans le Centre du Mali. Ces mouvements sont importants, surtout, au niveau des villages situés le long de la bande frontalière avec le Burkina Faso. Dans la matinée du 7 février 2022, un groupe de femmes, qui se rendaient à la foire hebdomadaire de Zon, localité située à une trentaine de km de Koro, au Sud-Est, a été retenu par les hommes armés non identifiés pendant près d’une heure. Ils les ont obligées à écouter des prêches, Et, elles ont, surtout, fait l’objet de menaces pour ne pas avoir porté de voile. Les femmes de Gonso-Baroua, une localité situé au sud de la Commune de Koro ont, également, reçu des menaces pour les mêmes motifs. Selon A.D, ressortissante de la localité qui a fait partie des personnes menacées, « les femmes n’ont d’autres choix que d’obéir à ces hommes ». « Personne ne peut dire où ils se trouvent et quand ils viendront. Ils peuvent surgir à tout moment. Pour le moment, il n’y a pas eu de violences physiques sur les femmes mais ils ont été catégoriques, prochainement toute femme qui ne porterait pas le voile sera punie. Nous avons peur et nous souhaitons plus de protection contre les hommes armés en brousse », dit-elle. Un tour dans les villages situé sur la bande frontalière permet au visiteur de se rendre compte du changement intervenu dans l’accoutrement des femmes . Elles portent toutes le voile qui n’était pas dans les habitudes des femmes de ces villages. Après avoir subi les conséquences de plus de quatre ans de crise sécuritaire, les femmes, couche la plus vulnérable, sont la cible des hommes armés non identifiés qui leur imposent un changement dans leu style vestimentaire. Ils les privent, aussi, de certaines libertés comme, par exemple, voyager dans le même tricycle que les hommes. AMAP
Déploiement des troupes au front : La préparation opérationelle, étape essentielle
Par Madiba KEITA Sévaré, 14 fév (AMAP) Au camp militaire de Sévaré, les soldats se préparent physiquement et mentalement, avant de monter au contact de l’ennemi. Cette garnison, en première ligne face aux terroristes, est régulièrement le théâtre de cet exercice. En ce vendredi 11 février 2022, alors que le soleil entame son long chemin dans le ciel, un vent violent souffle sur le camp militaire Hamadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré, dans la Région de Mopti (Nord), soulevant une poussière aveuglante et axiphysiante. Mais il faut plus que ces mauvaises conditions climatiques pour entamer le moral et la détermination des soldats qui s’apprêtent à monter au front. Ils sont en pleine préparation opérationnelle avant le déploiement. C’est un exercice habituel au camp Hamadoun Barry de Sévaré, le plus grand dans la Région de Mopti, devenue l’épicentre de la lutte contre le terrorisme ces dernières années. La préparation des unités avant le déploiement, une étape indispensable, est directement supervisée par le commandant et le chef d’état-major de l’Armée de terre de la 6è région militaire, respectivement le colonel Karim Traoré et le colonel Adama Abdoulaye Diarra. «La préparation opérationnelle avant le déploiement de nos unités est une étape essentielle, elle est extrêmement importante. Cette étape d’une durée d’un mois permet de rassembler les éléments, de les faire travailler ensemble et, surtout, de renforcer la cohésion au sein du groupe », explique le colonel Karim Traoré. Cette formation permet, aussi, « de développer les capacités individuelles et collectives de nos unités avant le déploiement », ajoute l’officier supérieur. Pendant les quatre semaines, il s’agit fondamentalement de rappeler aux hommes les connaissances élémentaires en matière de combat. « Par exemple, leur rappeler la règle d’or du combat qui est de tout faire pour sauver son compagnon d’arme blessé sur le champ de bataille», explique le colonel Traoré. CERTIFICATION – Au cours de la préparation opérationnelle avant le déploiement, les militaires sont entrainés à riposter en cas d’embuscade ou d’attaque complexe. Ils apprennent, aussi, les techniques de premiers soins aux blessés ou comment maîtriser totalement l’ennemi. «Chacun de ces soldats a fait au moins trois engagements. Ils ont connu des embuscades, des attaques complexes dirigées contre leurs emprises. Donc, pendant cette séance, les expériences sont mises ensemble pour le prochain engagement », poursuit le colonel Traoré. « La préparation opérationnelle avant le déploiement est une directive du haut commandement à une unité avant son engagement sur le théâtre d’opération. A l’issue de cette préparation, il y a une mission de contrôle de l’Armée de terre qui vient voir si les normes sont respectées avant le déploiement des troupes au front. Ensuite, il y a une équipe de l’état-major général des armées qui vient pour la certification de l’unité. Sans cette certification, l’unité ne sera pas engagée au front », nous explique notre interlocuteur. « C’est pour vous dire que la préparation opérationnelle avant le déploiement est essentielle en cas de chaque nouvel engagement sur le front», indique le colonel Traoré. L’adjudant-chef Adama Keita de la Prévôté fait partie de l’unité en cours de préparation pour prendre la relève des frères d’armes se trouvant à Boni (Centre) depuis six mois. Son travail au front est d’enquêter sur les suspects interpellés au front avant leur éventuelle remise aux services compétents de la justice. Il enquête, également, sur les cas de violation des droits de l’Homme sur le théâtre d’opération. «Pendant la préparation opérationnelle avant le déploiement, on nous rappelle les principes fondamentaux de la guerre, à savoir comment se comporter, se déplacer ou communiquer sur le front», confie le gendarme. Le sergent-chef Ousmane Dagnon de l’Armée de terre de la même unité se dit plus que jamais engagé à monter au front pour que notre pays soit débarrassé de tous les ennemis de la paix. «En tant que soldat, je suis prêt au déploiement pour que le Mali retrouve la paix et la sérénité, pour que nos populations dans les campagnes puissent reprendre une vie normale. Nous allons à Boni pour neutraliser l’ennemi et protéger les populations et leurs biens. Nous avons reçu, aujourd’hui, l’équipement nécessaire pour bien accomplir cette mission», assure le sous-officier d’une trentaine d’années. La séance préparatoire des soldats avant leur déploiement sur le théâtre d’opération dure des heures dans la journée. Les entrainements physiques s’enchainent au rythme imposé par les instructeurs maliens et leurs homologues de la mission militaire européenne de formation (EUTM). Aujourd’hui, les braves soldats se disent physiquement et moralement réarmés pour croiser le fer avec les groupes armés terroristes (GAT) qui sont désormais en débandade dans la Région de Mopti. Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP
Produits de première nécessité : Des stocks rassurants, selon le ministre de l’Industrie et du Commerce
Bamako, 14 fév (AMAP) Le Mali ne connaîtra pas un défaut d’approvisionnement en denrées de première nécessité et les magasins sont pleins chez plusieurs grossistes, a constaté vendredi dernier, le ministre en charge du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, qui a fait le déplacement. (Lire suite : http://lessor.ml)
Macina : Remise de matériels d’assainissement, de plants et formation des Jeunes Leaders écologistes sur le compostage
Macina, 14 février (AMAP) La salle de conférence de la préfecture a servi de cadre samedi pour la rencontre entre les responsables de l’ONG-TAARE et les femmes rurales, les jeunes et les Handicapés du Cercle, sous la Présidence de l’adjoint du préfet de cercle, Tiémoko Diaguiri Magassa, a constaté l’AMAP. Il s’agissait d’appuyer les acteurs de développement (Associations, Groupement, Collectivités décentralisées en milieu Urbain et rural dans la conception et la mise en œuvre d’action de promotion collective et individuelle, de favoriser la participation, l’implication et l’organisation sociale des jeunes (filles et garçons) dans la mise en œuvre des programmes de développement des collectivités décentralisées. L’atelier avait également pour but de renforcer les capacités des acteurs du développement dans la gestion des risques climatiques et des biens et de garantir une prise en charge des actions de développement entreprises à la base dans les domaines de l’économie solidaire, l’environnement, l’éducation et la Santé. De façon spécifique, il s’agissait d’attirer l’attention des populations des villages et hameaux Bozos sur les risques d’inondations et des catastrophes liées aux crues subites du fleuves Niger ; d’amener les populations à comprendre le lien entre les phénomènes d’inondations et changement et variations climatiques. Enfin, il s’agissait d’amener les femmes exploitantes agricoles en Zone Office du Niger en conscience des dangers liés à la consommation des eaux des champs à forte dose d’engrais. Les associations SINIGNESIGI de Monmpébougou, DAMBETIGUI de Macina, CESIRI de Kayo, BENKADI de BOZOLA de Kouna, Homme debout pour le développement de l’agriculture, l’environnement et la solidarité( AHDDANES) de Macina et l’Association JIGI (Espoir) des Handicapés de Macina ont eu des financements pour des microprojets de formation, d’organisation de forum et de reboisement et 24 autres associations ont eu leurs récépissés de matériels d’assainissement, des plants et une formation pour un coût total de dix millions de francs CFA. Satisfait du bon déroulement de cette rencontre de remise, Tiémoko Diaguiri Magassa a invité les heureux bénéficiaires à relever le défi dans le cadre de leurs activités génératrices de revenus (AGR) avant de conclure que toute entreprise nécessite une préparation minutieuse. Le Coordinateur du Projet, l’ONG-TAARE, Boba Kaboro Thienta, a saisi l’occasion pour préciser que son organisation a pour mission la contribution et le renforcement de la capacité des acteurs de Développement et apporter un appui conseil aux Associations concernées en vue de leur intégration et leur promotion dans le processus du développement économique, social et Culturel. Pour rappel, l’ONG-TAARE est une Organisation non gouvernementale, crée le 13 Décembre 2000 en République du Mali qui veut dire en Bamanan « la Bienvenue, la bonne réponse aux problèmes de développement ». AOK/KM (AMAP)
Mali : Le rapport des Assises nationales remis au président Goita
Bamako, 12 fév (AMAP) Le président du Panel des hautes personnalités, Zeïni Moulaye, a remis le rapport des Assises nationales de la Refondation (ANR) au chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, au cours d’une cérémonie, vendredi, à Koulouba. Ce rapport remis au président de la Transition, au nom du Panel des hautes personnalités et des membres de la commission d’organisation, « comporte, outre le contexte et les justifications des ANR, les objectifs et les résultats attendus, la manière dont l’évènement a été organisé sur le terrain, de la base au sommet », a indiqué Zeïni Moulaye. Avant de procéder à la remise du document, il a souligné que ce rapport fait une fine analyse statistique et qualitative des données recueillies sur le terrain et livre entièrement, les recommandations qui sont la quintessence de tout le processus des ANR. Selon lui, ce rapport souligne les difficultés rencontrées face à l’enthousiasme et à la sur-participation des populations ainsi que leurs conséquences sur la gestion budgétaire. Le président du Panel des hautes personnalités soutient, également, que ce rapport fait une suggestion d’un comité de suivi-évaluation afin que « les idées lumineuses qui ont été émises au cours des débats et les propositions pertinentes de refondation faites soient traduites en actions suivies et périodiquement évaluées ». Pour sa part, le chef de l’Etat a rappelé que les Assises nationales de la refondation avaient été rendues indispensables « en raison de la faillite de la gouvernance de notre pays qui s’est finalement trouvé dans une situation politique et sécuritaire extrêmement critique au point de compromettre son avenir ». Le colonel Assimi Goïta a ajouté qu’il était apparu clairement que c’est le logiciel même du système de gouvernance de l’Etat qu’il fallait changer. « La mobilisation des Maliennes et des Maliens lors des Assises a montré à suffisance l’urgence et la nécessité d’un tel projet », selon lui. Le chef de l’Etat a annoncé la mise en place d’un cadre institutionnel à travers un comité national de suivi-évaluation pour la mise en œuvre des recommandations des ANR. DD/MD (AMAP)
Mariage des porteurs d’uniformes : Souvent le bizutage pousse le bouchon trop long
Par Djénéba BAGAYOGO Bamako, 11 fév (AMAP) Mettre la conjointe d’un frère d’arme dans le bain des exigences du métier est peut-être acceptable dans l’esprit. Mais certains fervents adeptes de la pratique font dans la démesure, quand vous voyez, parfois, une mariée entre les mains des collègues de son mari porteur d’uniforme, (Lire suite : http://lessor.ml)

