Communiqué du conseil des ministres du 16 février 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 16 février 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi Goïta, Président de la Transition, chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret autorisant et déclarant d’utilité publique les travaux de construction des bureaux de certains services de la Direction générale des Impôts, sur la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°905 de la Commune I du District de Bamako, sise à Sotuba. La parcelle de terrain, d’une superficie d’un hectare l8 ares 63 centiares en Commune I du District de Bamako est destinée à la construction des bureaux secondaires de la Direction Générale des Impôts. Les travaux empiètent sur une propriété privée qu’il convient d’exproprier pour cause d’utilité publique. La réalisation des travaux permettra d’améliorer les conditions de travail du personnel, l’accessibilité aux services des impôts et la prise en charge des contribuables. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, chef de l’État a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.
Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi 16 février 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 16 février 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret autorisant et déclarant d’utilité publique les travaux de construction des bureaux de certains services de la Direction générale des Impôts, sur la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°905 de la Commune I du District de Bamako, sise à Sotuba. La parcelle de terrain, d’une superficie d’un hectare l8 ares 63 centiares en Commune I du District de Bamako est destinée à la construction des bureaux secondaires de la Direction Générale des Impôts. Les travaux empiètent sur une propriété privée qu’il convient d’exproprier pour cause d’utilité publique. La réalisation des travaux permettra d’améliorer les conditions de travail du personnel, l’accessibilité aux services des impôts et la prise en charge des contribuables. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 16 février 2022 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre national
Affaire Oumar Mariko : L’audience renvoyée au 18 mai prochain
Bamako, 16 fév (AMAP) Les juges ont décidé de reporter le procès du responsable politique, Oumar Mariko, pour défaut de citation régulière de l’un des prévenus absent, mardi, à la barre pour la première audience de fond. Ce renvoi permettra au ministère public du Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako de régulariser la citation en question. Dr Oumar Mariko, président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI) , ses co-prévenus Bakary Camara, administrateur des Réseaux Kayira, et Boubacar Soumaoro dit Bouba Fané étaient convoqués pour la première audience de fond. Le Tribunal avait accordé, le 4 janvier dernier, la liberté provisoire au Dr Oumar Mariko et Bakary Camara. Ces deux personnes avaient été incarcérées le 7 décembre 2021 à la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Bamako. L’autre co-inculpé, Boubacar Soumaoro dit Bouba Fané, avait bénéficié, une semaine plus tôt, de la mesure de liberté provisoire. Les trois personnes sont poursuivies pour «des faits d’injures sur les réseaux sociaux, complicité et divulgation du secret de la communication». Ces faits sont prévus et punis par les dispositions des articles 21, 55 et 56 de la loi portant répression de la cybercriminalité au Mali. Et, aussi, conformément aux dispositions de l’article 24 du Code pénal. L’affaire fait suite à un enregistrement vocal qui a défrayé la chronique, notamment sur les réseaux sociaux, il y a quelques semaines, à travers lequel, on entend une voix attribuée à Dr Oumar Mariko, s’en prendre au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à travers des propos «injurieux et grossiers». Mardi, le tribunal a décidé de renvoyer d’office le dossier pour une mesure d’administration judiciaire. Car, l’un des prévenus, en l’occurrence Boubacar Soumaoro dit Bouba Fané, qui n’a pas comparu, n’avait pas été cité. « Compte tenu des peines encourues, selon l’un des avocats des inculpés, la loi impose que tous les prévenus soient cités. Cela peut être régularisé lorsque le prévenu se présente volontairement ». «Mais compte tenu de l’absence de l’un des prévenus, on ne pouvait évidemment pas régulariser cette situation», a clarifié Me Kassoum Boubacar Tapo. Précisant que le tribunal a souhaité renvoyer le dossier pour permettre au ministère public de régulariser la citation manquante. Aussi, ce n’est pas uniquement en raison de l’absence de Boubacar Soumaoro dit Bouba Fané, mais surtout parce qu’il n’a pas été régulièrement cité. « Dans une procédure pénale, a détaillé Me Tapo, c’est le ministère public, représenté par le procureur de la République, qui poursuit. Donc, le parquet est, en quelque sorte, l’une des parties principales ». Il lui incombe de faire citer régulièrement, autrement dit, porter à la connaissance des prévenus que le procès aura lieu tel jour et à telle heure. Pour être clair, c’est cette citation qui a manqué dans le dossier. «Bouba Fané n’a pas été cité tout comme aucun d’entre eux. Mais, Dr Oumar Mariko et le journaliste Bakary Camara étaient présents. Ces deux ont comparu», a fait remarquer Me Tapo. « Toutefois, souligne-t-il, la loi prévoit, dans le cadre d’une comparution volontaire, puisque la citation est faite dans l’intérêt des prévenus, que les accusés peuvent renoncer à cette citation. Ce qui, de facto, régularise la procédure. Mais pour cela, il faut être présent à l’audience ». OD/MD (AMAP)
Cybercafé : Le salut par la reconversion
Par Makan SISSOKO Bamako, 16 fer (AMAP) Face à la rude concurrence des téléphones portables, les promoteurs de ces espaces informatiques survivent aujourd’hui grâce à d’autres activités connexes qu’ils assuraient, (Lire suite :http://lessor.ml )
N’Golobabougou : Les soldats accueillis en libérateurs
Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP) Perdu au milieu des champs de canne à sucre et entouré de mares et de canaux d’irrigation des cultures, le village de N’Golobabougou a comme seule voie d’accès, une route latéritique longue de 9 kilomètres qui le sépare de la plus grande ville de la zone, Dougabougou. C’est au marché de Dougabougou que les habitants de N’Golobabougou ont l’habitude de s’approvisionner en produits de première nécessité (céréales, huile, sucre, sel, etc.). Soumis à un blocus depuis près de 90 jours, les habitants de cette bourgade, privés d’eau et de nourritures souffrent le martyr. Ils sont cernés et soumis à un harcèlement quotidien par les terroristes. Les femmes ne peuvent plus travailler dans leurs jardins maraîchers à 400 mètres de leurs maisons. Les hommes sont cloîtrés entre les quatre murs de la cour de l’école pour se protéger contre les assauts quasi quotidiens des assaillants. «Chaque matin, ils viennent sur des motos et tirent des rafales sur nous, et nous ripostons avec les moyens du bord», nous confie Tiefing Koumaré, un habitant du village, en brandissant son fusil artisanal. « Il y a quelques semaines, la tension était montée d’un cran entre la population et les terroristes », indique notre interlocuteur. Les combats qui ont suivi l’embuscade tendue deux semaines avant notre arrivée sur place, a coûté la vie à un des leurs. On voyait encore à notre passage, son corps en putréfaction, exposé au bord de la route. Le chef du village, Ba Kamité, se dit terrifié par la suite des évènements. En effet, le village n’a jusque-là, pas pu faire le deuil de son ressortissant. Il affirme que les autorités militaires qui font la patrouille dans la zone, leur ont défendu de toucher au corps. Car, une des méthodes des terroristes, selon l’armée, consiste à piéger les cadavres, pour faire le plus de victimes parmi les éléments des Forces armées qui tenteront de les évacuer. Sinon, ce sont les populations civiles qui sont visées. « La venue des Forces armées dans notre village est un grand ouf de soulagement pour nous», se réjouit le chef traditionnel. Il estime que cette présence est bien dissuasive pour l’ennemi et permet aux habitants de souffler, en se procurant des vivres, au moment où ils étaient au bord de la famine. Cependant, ils demandent la diligence des FAMa pour enfin accéder au corps et permettre à sa famille et au village tout entier de faire son deuil. CAD/AS (AMAP)
Région de Ségou (Centre) : Les Forces armées maliennes (FAMa) en position de force
Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP) Dans une guerre, il ne faut jamais sous-estimer la capacité de l’ennemi. C’est ce principe qui trempe l’esprit et la stratégie des troupes de la 2è Région militaire du Mali, commandée par le colonel Didier Dembélé. En osmose avec ses hommes dans une ambiance bon enfant, il nous amène en immersion dans les préparatifs des opérations futures. Lancée le 1er janvier 2022, l’opération «Maliko» dans les zones infestées par le terrorisme islamiste donne des résultats tangibles sur le terrain. Nous sommes le vendredi 12 février 2022, sur l’aire d’entrainement du camp qui abrite le poste de commandement de la 22è Compagnie d’infanterie motorisée (CIM), 155 éléments sont en atelier de formation sur le secourisme, les différentes formes d’attaque de l’ennemi et la détection des engins explosifs improvisés. L’instructeur du jour, le sous-lieutenant Gérard Armand Diarra, explique que l’objectif de cet exercice, qui est nouveau dans la stratégie des FAMa, est la préparation opérationnelle avant le déploiement (POAD). La formation se déroule en collaboration avec les instructeurs de la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali (EUTM). Quelques heures plus tard, la nouvelle tombe. Les habitants de N’Golobabougou, un village d’environ 2.000 âmes, situé à 9 km de la ville de Dougabougou le bassin sucrier du Mali, appellent à l’aide. Depuis trois mois, ils sont sous l’emprise des terroristes qui sévissent dans la zone. Le lendemain, ils doivent se rendre à la foire de Dougabougou pour se ravitailler en vivres. Mais ils ne peuvent pas s’y rendre, à cause des hommes armés qui occupent ou piègent la piste rurale d’une longueur de 9 km, qui relie le village à Dougabougou. À 12h 35 minutes, le samedi, 13 février, un convoi d’une quinzaine de véhicules transportant une compagnie renforcée de 200 éléments lourdement armés, prend la direction du village martyr. Leur mission est de «nettoyer» la voie et d’escorter les habitants, afin qu’ils puissent se rendre à la foire et retourner en toute sécurité. Après 1h 30 minutes pour parcourir les 71 kilomètres qui séparent la ville de Ségou de la localité, la troupe sous le commandement du lieutenant Fousseyni Traoré, entre à Dougabougou sous les applaudissements des populations en liesse, en scandant «Armée Mali, Armée Mali». L’espoir se lisait sur tous les visages, hommes, femmes et enfants. À l’entame du tronçon Dougabougou-N’Golobabougou, le convoi ralentit sa progression. Les véhicules avancent à pas de tortue. Les fantassins marchent des deux côtés de la route. Chaque mètre carré est scruté, à la recherche d’engins explosifs improvisés (EEI). « Car, c’est l’arme fatale des ennemis invisibles », explique le lieutenant Traoré. Soudain, des tirs nourris retentissent ! Des suspects ont été repérés. Mais ils réussissent à se fondre dans la nature. Sur le parcours, on constate les stigmates de cette guerre asymétrique imposée à nos forces armées. Des hameaux de culture sont déserts. Les occupants ont tout abandonné sur place pour sauver leur peau. 25 terroristes capturés – Après deux heures de route environ, nous arrivons finalement à destination. On retrouve une population désemparée. Tous les hommes du village portent des fusils artisanaux ou de chasse en bandoulière, pour leur autodéfense. Ce sont les chasseurs «donzos». Ils ont installé leur base dans la cour de l’école du village qui ne compte que six salles de classes. Les femmes et les enfants sont cachés dans les maisons pour se mettre à l’abri des feux des assaillants. Bâ Kamité, le chef du village, prend la parole pour saluer l’arrivée des FAMa. «Vous nous avez sauvé la vie, que le bon Dieu vous récompense», lance-t-il. Il raconte le calvaire que vivent lui et ses administrés. Cela fait des semaines que je ne ferme pas les yeux, affirme le septuagénaire d’une voix tremblante, visiblement très affaibli. Chaque jour, ces villageois sont harcelés par les terroristes qui envoient quelques éléments leur tirer dessus pour leur faire peur et les empêcher de sortir du village. Des impacts de balles sont visibles sur les murs de l’école. « La stratégie consiste à nous affamer pour nous contraindre à les rallier », estime Kariba Koumaré, un chef de famille de N’Golobabougou. En fin de journée, une dizaine d’hommes du village est embarquée à bord des véhicules militaires en direction du marché de Dougabougou. Une fois sur place, des sacs de riz, mil, maïs et quelques denrées alimentaires qui étaient disposés sur place, sont transportés par le convoi. Il reprend le chemin du retour pour ramener les sinistrés et leurs vivres à bon port. À 20 heures, la mission prend fin. Le lieutenant Traoré et ses hommes font route vers Ségou, en attendant de se retrouver sur d’autres théâtres d’opération. À l’instar de N’Golobabougou, plusieurs localités situées sur la rive gauche du Niger, se trouvent dans la même situation. Mais avec l’opération «Maliko», l’espoir renaît peu à peu chez les populations. Ce qui fera dire au commandant du secteur 5, le colonel Didier Dembélé, que la montée en puissance des FAMa « est aujourd’hui une réalité » dans la région militaire dont il a la responsabilité. En mouvement constant, une autre compagnie renforcée cette fois, de plus de 2.000 hommes se rend le lundi 14 février, dans la Commune rurale de Pogo, village situé à 22 km de Markala. Les renseignements recueillis par l’armée confirment la présence d’une base djihadiste dans la forêt de Bambougou, à 6 kilomètres de Niono. Mercredi à l’aube, le capitaine Abdel Kader Issa Ouédraogo et ses hommes ont donné l’assaut sur la base logistique qui abritait une infirmerie de campagne. Le bilan de l’opération se chiffre à 25 terroristes capturés, une grande quantité de vivres et de matériels de guerre récupérée. « La base a été complètement détruite », assure le chef de l’opération. « Dans les jours à venir, toute la zone sera sécurisée et stabilisée, pour permettre aux populations de reprendre une vie normale », poursuit le capitaine Ouédraogo. L’étape suivante concerne la libération définitive du village de Farabougou dont la principale voie d’accès est bloquée par la présence d’engins explosifs improvisés.
Mali : L’Armée neutralise 5 terroristes à Niafunké (Nord)
Bamako, 16 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont repoussé une attaque terroriste à Niafunké (Nord) infligeant une lourde perte à l’ennemi, ont annoncé, dimanche, des sources militaires maliennes dans un communiqué. « Le bilan est de 02 morts, côté FAMa et 05 morts côté assaillants », précise l’Armée qui affirme, sur son site web, avoir repoussé « vigoureusement » l’attaque terroriste intervenue dans la nuit du 12 au 13 février 2022, aux environs de 02 h du matin. Ces hommes armés auraient approché le camp du côté de la ville et ont abattu, à bout portant, les deux sentinelles à l’entrée et emporté une arme lourde, selon un responsable militaire de la ville. Ce serait des gens qui connaissent bien l’emplacement des check-points. Lors d’un ratissage, ajoute la même source, les FAMa ont interpellé un suspect, après une course poursuite des patrouilles. Il a été mis à la disposition de la gendarmerie nationale aux fins d’enquête, selon une source militaire. Les autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses et la population sorties en nombre ont accompagné les disparus à leur dernière demeure, aux environs de midi. « Les groupes armés terroristes (GAT) sont de plus en plus déstabilisés. Ils posent d’engins explosifs improvisés (EEI), font des tirs indirects et sabotent des pilonnes de communication GSM », indique la source. Depuis 2012, la ville de Niafunké n’avait connu une telle attaque contre le camp militaire d’où un climat de peur et de méfiance totale dans la ville. SS/SAM/MD (AMAP)
Ecoles publiques : Les toilettes de tous les risques sanitaires
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 15 fév (AMAP) Dans certains établissements scolaires, les élèves ne disposent pas de latrines décentes. Les filles, surtout ,préfèrent se contenir quand elles n’ont pas accès à des familles voisines de leurs établissements. «Pan, pan, pan ! », la cloche du Groupe scolaire Mamadou Lamine Diarra I (MLD) de Djicoroni Para retentit pour annoncer la récréation. Des élèves qui ont la vessie remplie se précipitent vers des pans du mur de clôture de l’établissement pour se soulager, sous le regard inquisiteur de votre serviteur. Le spectacle est digne d’une époque sauvage, mais s’explique. Les toilettes ou latrines repartis entre deux blocs sont sans portes et dans un état de délabrement tel qu’elles exposent les déjections à la vue de tous. Les environs sont souillés par des traces d’urine. Malgré l’état désastreux de ces lieux d’aisance, des jeunes élèves, inconscients des risques d’infection qu’ils encourent, y vont, sans se poser trop de questions. Pour eux, l’essentiel est de se vider la vessie même si les conditions d’hygiène laissent à désirer. C’est une situation qui interpelle la conscience humaine, d’abord et les autorités scolaires, après. L’aménagement de toilettes décentes dans nos établissements scolaires est une exigence de premier ordre pour éviter que les scolaires soient contaminés par des microbes d’infections urinaires, des maladies diarrhéiques voire d’autres pathologies. Fatoumata Traoré et Sériba Diawara, tous deux écoliers, préfèrent recourir aux toilettes de familles voisines de leur école pour se soulager (uriner ou aller au petit coin). Les deux mômes expriment leur gêne à choisir cette solution. Dans le même groupe scolaire, l’effectif de l’école fondamentale G s’élève à 232 élèves, y compris 112 filles. Une enseignante de l’établissement explique que les élèves ne disposent pas de toilettes décentes dans cet établissement scolaire depuis 10 ans. Quant à la directrice de l’école G, Aminata Ouédraogo, elle pointe du doigt des jeunes délinquants qui seraient responsables de la détérioration des lieux d’aisance dans son groupe scolaire. Et de préciser que ces bandits volent les portes des toilettes, en dépit de la vigilance des gardiens. Mme Ouédraogo déplore aussi le manque d’eau dans l’unique toilette des 5 enseignants qui officient dans son établissement. A l’entrée principale du Groupe scolaire MLD I, les latrines de l’école F se sont même écroulées. Les 302 élèves dont 157 filles de cette école n’ont pas de toilettes depuis plusieurs années. Le directeur de l’établissement, Adama Keïta, explique à qui veut l’entendre qu’avant que ces toilettes ne s’affaissent, pendant l’hivernage dernier, elles n’étaient pas utilisables. «Nous avons informé le Centre d’animation pédagogique (CAP) et la mairie de la Commune IV de l’état de détérioration de ces latrines», confie-t-il Le directeur coordinateur du Groupe scolaire MLD II, Madjogué Keïta, soutient qu’il n’y a que deux toilettes délabrées pour les quatre seconds cycles de son groupe scolaire. Il explique que la direction du Groupe scolaire fait de son mieux pour assainir les lieux. Mais, cela n’est pas suffisant. Selon lui, cette situation perdure parce que son établissement est délaissé par la mairie de la Commune IV et le Cap. Il déplorait le fait que les élèves de son Groupe scolaire étaient en évaluation depuis deux jours et qu’aucun conseiller pédagogique n’ait daigné se rendre à son établissement pour s’enquérir, au moins, du déroulement des épreuves. Le directeur par intérim de l’un des seconds cycles du Groupe scolaire MLD II, Sékou Diawara, ne fait pas non plus dans la dentelle. Il confirme que les 161 élèves et les enseignants de son école ne disposent pas de toilettes depuis plus de 7 ans. L’enseignant ajoute que les maitres sont contraints de parcourir une relative longue distance qu’il évalue à près d’un demi kilomètre pour se soulager. IMPLICATION DES ELEVES – Le mercredi 19 janvier dernier, les élèves des 11è et 12è années du lycée Massa Makan Diabaté, à Baco Djicoroni, en Commune V, étaient en composition. Certains élèves expliquaient clairement que l’affluence était moindre ce jour parce que leurs camarades des 10è années étaient restés à la maison. Ils font simplement remarquer que d’ordinaire, il y a une file d’attente devant les toilettes supposées être assez propres. Pour les besoins sanitaires des 3.000 élèves de cet établissement d’enseignement secondaire, 5 toilettes sont utilisables sur une dizaine prêtes à servir. Le proviseur de ce lycée, Amadou Guindo, explique que la restriction imposée à l’accès à toutes les toilettes tient au comportement des élèves. Ceux-ci ne font pas d’effort pour maintenir les lieux propres. Et aussi parce que les personnes extérieures utilisent mal les lieux. C’est un argumentaire qui vaut ce que ça vaut. Les élèves sont-ils sensés nettoyer des toilettes ? Les autorités scolaires ne doivent-elles pas prendre les dispositions qui s’imposent pour lever cette restriction mais, aussi, mettre les moyens à la disposition de l’administration scolaire de l’établissement pour assurer de meilleures conditions d’hygiène ? Ne peut-on pas identifier les élèves à la tenue scolaire pour éviter que des intrus n’utilisent les toilettes de l’établissement ? En tout cas, il ressort des explications du proviseur que son établissement n’a pas de gardien pour préserver les lieux et éviter que le tout venant n’utilise les toilettes, mais aussi les vols des installations de plomberie et la détérioration des installations sanitaires. Le premier responsable du lycée Massa Makan Diabaté indique avoir suffisamment dépensé pour la réhabilitation et l’assainissement des toilettes afin de réunir les meilleures conditions d’hygiène pour les élèves. Le proviseur et d’autres élèves souhaitent plus d’implication du comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de l’école afin d’amener les élèves à participer au nettoyage des toilettes. Dans la cour, des jeunes filles révisaient en attendant de passer l’épreuve suivante de l’évaluation. Celles-ci expliquent se retenir suffisamment d’utiliser les toilettes scolaires à cause «d’odeur nauséabonde» des lieux et de risques d’infection. Aminata, élève, confie que l’AEEM reste bien indifférente aux conditions d’hygiène dans les latrines. Selon elle, cette situation n’encourage pas les élèves à étudier dans les écoles publiques. Les spécialistes préviennent que sans les conditions d’hygiène requises, il y a péril
Ligne de front à Mopti (Centre) : De moins en moins de blessés
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fés (AMAP) S’il y a une chose qui a vraiment traumatisé la population de Sévaré, ce sont les bruits de sirènes des ambulances transportant les blessés de guerre à l’hôpital Somino Dolo ou à l’infirmerie du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo. Les cas les plus graves sont évacués sur Bamako par l’Armée de l’air à partir de l’aéroport Ambodedjo de Sévaré. Il y a seulement quelques mois, les blessés de guerre affluaient, par dizaines, dans ces établissements sanitaires, tant les groupes terroristes multipliaient les embuscades et les attaques aux engins explosifs contre les Forces armées maliennes (FAMa) sur la route du Poisson (Bandiagara, Bankass et Koro), dans le secteur de Douentza ou Djenné. Cependant, les contre offensives lancées par les FAMa, sur instruction des autorités de la Transition, ont complètement changé la donne sur le terrain. Depuis que les FAMa ont multiplié les offensives contre les groupes terrorismes, elles enregistrent moins de blessés dans leurs rangs. Un ouf de soulagement aussi bien pour la hiérarchie que pour la population de Sévaré. En effet, l’Armée enregistre de moins en moins de blessés de guerre et des cas de mort. Pour en savoir davantage, nous avons approché le médecin colonel Mamadou Salif Konaté, directeur santé de la 6è Région militaire. «Il y a une année de cela, nous recevions 3 ou 4 blessés par jour. Parfois 30 ou 40 blessés par jour. Il s’agit des blessés par balle ou par engin explosif improvisé. Mais aujourd’hui, l’Armée est en train de monter en puissance, cela a changé les rapports de force sur le terrain »le médecin colonel Mamadou Salif Konaté « Aujourd’hui, on peut passer des semaines sans recevoir un seul cas de blessé grave», fait-il remarquer. Quelques blessés de guerre passent actuellement leur rééducation à l’infirmerie de la garnison de Sévaré. Il s’agit de soldats qui ont été touchés par balle lors des combats contre les forces obscurantistes ou par les engins explosifs improvisés. Le sergent Lassine Sangaré a pris une balle lors d’une attaque terroriste contre le poste militaire de Boni. «Les terroristes sont venus nuitamment attaquer notre poste. Lors des combats, une balle de PKM a touché mon bras», indique le militaire. Le sergent Lassine Sangaré est pressé de retrouver toutes ses aptitudes physiques pour retourner au front. «S’il s’agit du Mali, aucun sacrifice n’est de trop. Je suis pressé de guérir pour rejoindre ma troupe au front afin de libérer complètement notre pays», dit-il. À l’image du sergent Lassine Sangaré, les blessés que nous avons rencontrés à l’infirmerie de la garnison de Sévaré, sont tous déterminés et motivés à débarrasser définitivement notre pays des hordes terroristes. MK/OD (AMAP)
Recrutement spécial : Les recrues en ordre de combat
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fèv (AMAP) La lutte contre le terrorisme dans au Mali est entrée dans une phase cruciale. Pour ne laisser aucun répit à l’ennemi sur les théâtres d’opérations, il a été ainsi procédé à un recrutement spécial dans les Régions militaires à travers le pays. Après plusieurs mois de formation intense au camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré (Centre), les jeunes militaires seront affectés au niveau des régiments à travers le pays. Le but principal de ce recrutement spécial est de retirer le maximum d’armes de la circulation et d’étoffer les rangs des Forces armées maliennes (FAMa), dont la montée en puissance a complètement changé les rapports de force au front. En effet, le recrutement spécial concerne uniquement les ex-combattants des groupes armés. En compensation de leur désarmement, les plus aptes au service militaire sont recrutés au sein des FAMa. Dans la 6è Région militaire, ils sont actuellement 280 en formation au centre de recyclage du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré, dans la Région de Mopti. Lundi, nous les avons suivis pendant les exercices qui se sont déroulés sous la houlette du commandant Dramane Dembélé. Une partie des recrues a été soumise à une séance de montage et de démontage de fusils d’assaut, les yeux bandés. Un autre groupe apprenait les techniques de combat rapproché sur un nouveau terrain de sport dont le financement a été entièrement assuré par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le commandant Dramane Dembélé indique que la formation militaire de ces jeunes recrues est presque terminée. «La formation militaire s’étale sur deux étapes. La première consiste en l’initiation des éléments dans les centres de formation. La deuxième étape concerne leur affectation au niveau des Régions militaires pour le recyclage qui consiste à consolider les acquis», explique l’officier. Ces nouvelles recrues sont, en tout cas, dans de bonnes dispositions pour accomplir parfaitement les futures missions qui leur seront confiées par la hiérarchie. Il n’est pas exclu de les voir en première ligne dans la lutte contre le terrorisme dans les différentes localités du Mali, selon le commandement. MK/OD (AMAP)

