Jardin de la Préhistoire : Voyage retour sur les premiers temps de l’Homme

Par Oumar DIAKITE Bamako, 10 février (AMAP) Quand le jardin de la préhistoire, érigé au pied de la colline du pouvoir (Koulouba), depuis 2002-2003, en face du Musée national du Mali, vous ouvre ses portes, vous faites une plongée dans l’Histoire de l’évolution de toute l’humanité, à travers la grotte de l’Evolution qui expose la technicité de l’homme, pendant cette période. Une atmosphère de musée à ciel ouvert pour un retour sur le parcours de l’Homme. On y trouve aussi une grotte de l’archéologie, la statue aux dimensions réelles d’un dinosaure et le panorama des premiers animaux, premiers amphibiens, premières plantes à fleurs, premiers mammifères, premiers oiseaux, premiers reptiles aquatiques, des premiers organismes pluricellulaires à corps mou, entre autres. Masqué par les arbres au flanc de la colline, le site est très calme, un mercredi du mois de janvier 2020. Peu connu du grand public ! Aucun visiteur, seulement le vigile et ses deux chiens. Ici, on se fait une idée de la vie des premiers hommes, l’évolution des premiers hommes en même temps que la technique de fouille archéologie. On se penche sur la vie lointaine de l’Homme, sur l’histoire de l’évolution de l’humanité. A l’entrée du site, le premier contact est la grotte de l’Archéologie. C’est une grotte semi naturelle aménagée pour vous faire toucher du doigt l’importance de l’archéologie et vous la faire vivre. Elle expose du matériel de fouilles archéologiques allié aux explications sir les méthodes de fouilles. Y sont aussi exposés quelques objets dont des crânes humains. Selon Séry Diarra, administrateur des arts et de la culture chargé des visites guidées au Musée national, cette grotte permet d’expliquer aux étudiants et aux autres visiteurs comment se mènent les recherches archéologiques. « Elle étale les procédures des archéologues sur les sites de fouilles…Les visiteurs ont la latitude d’imaginer la vie des premiers hommes à travers des objets qu’on trouve lors des fouilles…», signale notre guide. La grotte de l’Evolution est contiguë à celle de l’Archéologie. Là, on illustre de l’évolution de l’homme habile. On explique que grâce au feu, l’Homo erectus pouvait se chauffer et cuire la viande et les végétaux. Un groupe d’Homo habilis fabrique des outils. Il pouvait, aussi, utiliser le feu pour repousser ou chasser les animaux dangereux. Comme l’illustre la statue du chasseur, tenant un objet pointu dans une main et le feu dans l’autre, face à un lion. « En cette époque de l’évolution de l’homme, narre notre guide, cet Homo habilis se servait d’objets pour divers usages dont s’abriter. « Mais, ici, ce sont des objets pour chasser des animaux, sinon pour confectionner des meules, écraser les céréales, cuire. L’Homo habilis a tenté de construire des cabanes, des cavernes pour se protéger contre les menaces extérieures. C’est la technicité de l’homme, pendant cette période, qui est mise en relief », précise M. Diarra. La grotte de l’Evolution de l’humanité relate les différentes phases et étapes de l’homme dans ses tentatives de pouvoir satisfaire ses besoins. Sur une affiche au fond de la grotte, on peut lire : « Afrique, berceau de l’humanité. 66 millions d’années : les premiers primates ; 30 millions d’années : premiers singes ; 18 millions d’années proconsul africanus ; Homo habilis à partir de quelle époque les humains ont commencé à exprimer le besoin ». Un peu plus loin, sont répertoriées, sur une grande table en fer, les illustrations des premiers animaux, amphibiens, mammifères, oiseaux, reptiles aquatiques, organismes pluricellulaires à corps mou, premières plantes à fleurs, entre autres. Plus au fond, se dresse un dinosaure. Malgré les arbres qui cachent le site, des usagers de la route de Koulouba peuvent voir de loin ce géant. L’animal est considéré comme l’un des premiers mammifères sur terre qui n’ont pas pu s’adapter avec l’évolution du temps. Ils ont disparu, il y a plus de 200.000 millions d’années, selon les chercheurs. Aux dires de l’intérimaire du directeur du Musée national, Soumana Soni, la population locale vient très peu dans le jardin de la préhistoire. Ce sont des étrangers, les touristes qui étaient les plus nombreux visiteurs du site. Ces derniers se font rares, à cause de la crise sécuritaire. « N’eut été la crise sécuritaire, la période fraîche est celle des visites touristiques », dit-il. « Cependant, note M. Soni, les visites scolaires sont assez fréquentes. Des établissements scolaires font visiter les lieux à leurs élèves. Certains particuliers, aussi, y viennent lors de fêtes. Pour pousser à la hausse le chiffre des visites, la direction du Musée national prévoit de créer un site internet, de mettre l’établissement sur les réseaux sociaux, de faire des expositions participatives pour une communication plus large. OD/MD (AMAP)

Addis Abeba : Le conseil des pairs pour la culture de l’UA tient sa première réunion

Addis Abeba, 10 février (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, leader de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine, a présidé dimanche à Addis Abeba, la première réunion du Conseil des pairs pour la culture, en marge des travaux du 33ème sommet de l’Union Africaine (UA), a constaté l’AMAP. La rencontre s’est déroulée en présence de ses homologues de la Guinée, Alpha Condé, de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, du Cap-Vert, Jorge Carlos Fonseca et de l’Éthiopie, Sahle-Work Zewde. Ibrahim Boubacar Keïta a saisi l’occasion pour recueillir les suggestions des pays, annoncer la constitution du nouvel organe et proposer à l’Assemblée générale d’adopter 2021 comme l’année des arts, de la culture et du patrimoine. «Une étude intitulée ‘La Culture dans le Monde’ établit que les secteurs de la culture et de la création ont généré 2.250 milliards de dollars de revenus en 2017, soit 3% du PIB mondial», a rappelé le président de la République, eu égard au potentiel économique de la culture, son aspect fédérateur des peuples pour mettre fin au radicalisme, aux conflits communautaires, en tenant compte de l’apport de la diaspora et de la jeunesse. Le Chef de l’Etat a déclaré que pour profiter de ce potentiel, il faudrait combattre les clichés et les confusions que l’on s’évertue à créer autour de la culture. «Il est d’autant plus important de mener ce combat que derrière ces dichotomies et ces oppositions se cachent une hiérarchisation des expressions culturelles et une propension à reléguer au rang de folklore nos expressions culturelles propres», a précisé le président Keïta. En rappel, le président Ibrahim Boubacar Keïta a été nommé champion de l’UA pour les arts, la culture et le patrimoine en février 20019, lors de l’Assemblée de l’Union africaine. CMT/KM (AMAP)

CORONAVIRUS : « A ce jour, aucun cas suspect n’est déclaré dans notre pays » (Ministre de la communication)

Bamako, 10 février (AMAP) Le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte Parole du Gouvernement, Yaya Sangaré a déclaré dimanche à Bamako, qu’aucun cas suspect de Coronavirus n’est déclaré au Mali, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite dans un communiqué rendu public dimanche et qui précise que  le Gouvernement de la République du Mali reste très préoccupé par l’évolution de la maladie du Coronavirus avant d’inviter  avec insistance la population à signaler tout cas suspect au 36061 pour une prise en charge rapide. « Le Gouvernement de la République du Mali rassure la population que des mesures très strictes de contrôle sont mises en place dans tous les aéroports du Mali et dans plusieurs entrées terrestres » précise le communiqué. Dans  son message, le ministre précise qu’à l’Aéroport International Président Modibo Keita – Sénou (Bamako), une équipe médicale permanente spécialisée est en place et contrôle systématiquement tous les passagers avec un dispositif d’urgence constitué d’ambulances et d’une salle d’isolement opérationnelle. Par ailleurs, il est noté dans le communiqué que le ministre de la Santé et des Affaires Sociales, en collaboration avec l’Ambassade du Mali en Chine, et l’Ambassade de Chine à Bamako, a pris toutes les mesures nécessaires pour un contrôle spécifique et le suivi strict de nos compatriotes vivant en Chine. « Le Gouvernement de la République du Mali salue l’Ambassade de Chine à Bamako pour sa très franche collaboration » conclut le communiqué.  KM (AMAP)

Le Président malien prononcera une allocution devant le Fonds international pour le développement agricole (FIDA)

Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Rome, 9 février (AMAP) Le président Ibrahim Boubacar Keita, attendu ce lundi à Rome, en Italie, où il prononcera, mardi, une allocution devant l’Assemblée générale du Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et sera reçu, le même jour, en audience par le président italien, Sergio Matteralla, au Palais du Quirinal. Une audience avec le Pape François est, également, prévue au Vatican. Selon le programme officiel de la visite du chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita donnera une conférence de presse, aussitôt après la cérémonie d’ouverture de l’Assemblée générale du FIDA. Il accordera, ensuite, une audience au Directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu. Il aura une réunion avec le président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Gilbert F. Houngbo, et une autre audience avec le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley. Le mercredi 12 février 2020, le président Keïta rencontrera la communauté malienne en Italie, à son hôtel avant son retour à Bamako. MD (AMAP)

Niono : Trois gendarmes tués et plusieurs blessés dans une attaque à Alatona

Niono, 9 février (AMAP)  Trois gendarmes ont été tués, plusieurs blessés  et d’importants dégâts matériels dans une attaque perpétrée dimanche par des hommes armés non identifiés à Alatona, localité située dans le Cercle de Niono, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés ont attaqué le poste de la Gendarmerie dans les environs de 3H du matin, tuant trois gendarmes, blessant plusieurs autres avant d’emporter deux véhicules et de brûler le poste. Nos sources ne précisent pas si un renfort a été dépêché sur les lieux, s’il y a eu des blessés ou des morts du côté des assaillants ou encore les moyens qu’ils  empruntent. KM (AMAP)

Banamba : Le recensement général de la population et de l’habitat en discussions

Banamba, 9 février (AMAP) Une réunion de la commission locale du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5) a été présidée vendredi à Banamba, par l’adjoint du préfet de Cercle, Boubacar Coulibaly, a constaté l’AMAP. Elle avait pour objectif de partager les informations sur la première phase du recensement notamment la sectorisation avant le 5ème recensement général de la population et de l’habitant. Les échanges ont porté sur entre autres, le rôle de la commission, sa composition et ses attributions, la connaissance de l’Etat et la structure de la population ainsi que le concept du RGPH. A l’issue de leurs travaux, les participants ont été invités à soutenir le prochain RGPH afin que les opérations soient une réussite malgré la présence par endroit du phénomène d’insécurité. Le RGPH5 s’inscrit dans le nouveau cycle de recensement programmé par la commission de la statistique des Nations unies pour la période 2015-2020 baptisé recensement 2020. Le Mali a connu quatre recensements généraux de la population et de l’habitat à savoir le recensement de 1976, 1987, 1998 et 2009. Aujourd’hui on pointe vers 2020 pour la 5ème phase. La périodicité est décennale. La rencontre s’est déroulée en présence du maire de la commune rurale de Banamba, Ousmane Baye Simpara et du 1er vice président du Conseil de Cercle, Birama Sissoko. AT/KM (AMAP)        

Lutte contre le terrorisme : Barkhane met hors de combat une trentaine de terroristes

Bamako, 7 février (AMAP) La force Barkhane a mis hors de combat plus de trente terroristes au cours de plusieurs opérations successives, dans la zone des trois frontières, en coordination avec ses partenaires des Forces armées maliennes (FAMa), annonce, vendredi, un communiqué de l’opération militaire française dans le Sahel. Au cours d’uneopérationd’opportunité, entrele6etle7février,Barkhaneaneutralisé une vingtaine de  terroristes et détruitplusieursvéhiculesàl’OuestduGourma, au Mali. « L’action s’est déroulée dans une zone où sévit la katiba du Gourma », indique le communiqué qui ajoute que l’opération a mobilisé ses moyens aériens« sur très court préavis, démontrant la capacité de la force à agir vite et loin de ses emprises ». Un drone Reaper, une patrouille de Mirage 2000 ainsi qu’un hélicoptère Tigre et un Cougar ont participé à deux frappes ciblées sur une zone où des combattants terroristes avaient été repérés, selon la même source. La  force  Barkhane a poursuivi  son  action dans  le Liptako, cette  semaine, au cours d’opérations conduites par ses commandos. Ces interventions ont,« ainsi permis la mise hors de combat d’une dizaine de terroristes, lors de deux actions distinctes, dans des zones où l’Etat islamique au grand Sahara(EIGS) est actif ». MD (AMAP)  

Le ministre Tiébilé Dramé au sommet de l’UA : «Il est urgent de faire taire les armes…»

Envoyé spécial  Cheick M. TRAORE Addis-Abeba (AMAP) «Il est urgent de faire taire les armes sur ce continent », a déclaré, vendredi, à Addis-Abeba, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé. Présent au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba où il prend part aux travaux de la 36è session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA, M. Dramé et ses 54 autres homologues africains déblayent le terrain pour le 33è sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de l’UA, prévu du 9 au 10 février. Et dont le thème est : «Faire taire les armes à feu : Créer les conditions propices au développement de l’Afrique» en 2020. « Tous les efforts de l’Afrique sont dirigés vers l’atteinte de cet objectif », a confirmé le chef de la diplomatie malienne, en parlant du thème du sommet qui se tiendra, désormais, une fois l’an. Il s’agit, selon Tiébilé Dramé, de faire taire les armes « afin d’arriver à assurer la sécurité sur le continent, à vaincre les obstacles et les difficultés qui empêchent les peuples africains de connaître la sérénité, le calme, en vue de pouvoir s’engager dans le processus de développement ». A propos de l’agenda qui s’annonce très chargé pour le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, attendu à Addis-Abeba en début de soirée, le ministre Tiébilé Dramé a précisé : « Demain (samedi), il réunira autour de lui tous ceux qui sont engagés dans ce combat pour la renaissance culturelle africaine ». « C’est un immense honneur fait à notre pays, au regard de son histoire, de ses anciennes civilisations », a-t-il commenté.  « Confier au Mali la charge de coordonner les arts, les patrimoines et la culture africaine, d’impulser la renaissance culturelle de notre continent, c’est un hommage à notre Peuple et à son histoire millénaire. Tout le monde doit se mobiliser pour que ça soit l’affaire de tout le Mali et de toute l’Afrique, a lancé l’ancien député sous la législature 1997 « , a-t-il ajouté. On rappelle qu’en février 20019, lors de l’Assemblée de l’organisation continentale, le président Ibrahim Boubacar Keita a été nommé champion de l’UA pour les arts, la culture et le patrimoine. Le Conseil d’administration du Fonds du patrimoine mondial africain (AWHF) a, alors, demandé au président malien de soutenir leur programme de mobilisation de ressources pour poursuivre leur travail d’identification, de protection et de promotion du patrimoine exceptionnel de l’Afrique. Le chef de l’Etat présidera, dimanche 09 février, la rencontre de plaidoyer pour l’AWHF. Lors de cette réunion, qui sera organisée sous forme de déjeuner, les chefs d’État et de gouvernement ainsi que le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahama.t et d’autres invités de marque prendront la parole. Offrant ainsi l’occasion aux dirigeants africains de réaffirmer leur engagement politique en faveur du AWHF. Elle sera, aussi, un créneau pour les États membres qui le souhaitent, d’annoncer leur contribution au Fonds dans les années à venir. Organisation panafricaine approuvée en janvier 2006 par la 6eAssemblée ordinaire de l’UA à Khartoum (Soudan), le Fonds est hébergé par l’Afrique du Sud, au nom du continent, avec pour mandat de soutenir les États africains dans la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour atteindre ses objectifs, l’AWHF a créé un fonds de dotation pour collecter 25 millions de dollars américains (plus de 12,5 milliards de Fcfa) qui seront investis. Depuis 2007, date à laquelle l’AWHF a lancé ses programmes, 30 pays (dont 20 africains) ont fourni un soutien financier s’élevant à 17 millions de dollars américains (environ 8,5 milliards de Fcfa), dont 30% investis dans le Fonds de dotation. CMT/MD (AMAP)

Assassinat du banquier Aly Sissoko : Ses collègues réclament justice

Bamako, 7 février (AMAP) Plusieurs employés de banque ont réclamé justice, vendredi, pour leur collègue, le directeur adjoint de l’agence de la Banque nationale de développement du Mali (BNDA) de Gao, Aly Sissoko, assassiné, dans la nuit du lundi 3 janvier 2020, froidement assassiné par des bandits armés non identifiés. Aux environs de 8 heures, devant de la Banque malienne de solidarité (BMS) dans la zone ACI 2000, et en présence des manifestants, Mohamed Lamine Touré, un des membres du syndicat de la  BMS, a expliqué qu’à travers  ce rassemblement, il s’agissait de rendre hommage à «Aly Sissoko, victime de la barbarie humaine». «Face à la situation, nous sommes aujourd’hui endeuillés. Nous demandons que justice soit faite. Nous demandons que la sécurité des banquiers soit assurée partout où ils se trouvent», a-t-il dit. Le syndicaliste a, également, invité la population à ne pas céder à la panique car les causes réelles du drame ne sont pas pour le moment connues. Les employés de la Banque internationale pour l’industrie et le commerce au Mali (BICIM) étaient aussi dehors pour dire : «plus jamais ça dans notre pays». Le secrétaire général du comité syndical de la BICIM, Hamzata Ag Hamid, a lancé un appel aux autorités pour que de tels actes ne se reproduisent plus. Il a, également, invité les patrons des banques à prendre toutes les dispositions pour sécuriser leurs collaborateurs appelés à servir dans les zones d’insécurité du Mali. Il faut rappeler que depuis l’assassinat  de Aly Sissoko, les établissements financiers de Gao sont fermés jusqu’au 10 février prochain. AD/MD (AMAP)

Sous les mains des artistes du tatouage au henné

Par Fadi CISSE Bamako, 7 février (AMAP) Ce jeudi matin, une foule de jeunes filles crée une atmosphère de fête autour de la tatoueuse au henné, Fatim Sidibé. Ces jeunes célibataires et futures mariées font la queue pour se faire tatouer les mains et les pieds. Nous sommes arrivés vers 10h30mn, au quartier de Djicoroni-Para chez l’artiste. Elle est installée sous un hangar dont l’intérieur est éclairé par des rayons de soleil qui transpercent le toit. Il y fait chaud et le thermomètre marque 30 degrés. Les clientes sont impatientes d’être prises en main par l’artiste. Elles seront belles demain lors du mariage ou le baptême. Le tatouage moderne au henné indien exige de la praticienne beaucoup de dextérité, contrairement au produit traditionnel. La jeune cliente, d’une vingtaine d’années, à la taille fine, Aminata Kebé, prépare le baptême de l’enfant d’une amie. La fête aura lieu ce dimanche. Elle veut en mettre plein la vue aux autres filles invitées. Tout le monde doit sentir, à travers son tatouage cher, qu’elleest proche des parents du nouveau-né. Elle attire les regards des autres femmes, lors des cérémonies de mariage ou de baptême de tous ses proches, de mariage ou de baptême, en apparaissant dans des parures dont la qualité est rehaussée par l’éclat des tatouages au henné malien. Comme elle, les femmes mariées et les filles célibataires ornent leurs pieds et leurs mains en utilisant la poudre magique. Certaines personnes utilisent d’autres produits qui s’apparentent au henné naturel local. Il est vraiment difficile, pour une profane, de faire la différence entre le vrai et le faux henné. Selon la tatoueuse Fatim, autrefois, seules les nouvelles mariées et les femmes adultes se tatouaient avec le henné. Autrefois, les valeurs culturelles étaient respectées dans tous les terroirs. L’enfant qui n’avait pas l’âge de faire le tatouage, n’osait pas en parler à ses parents. « De nos jours, déplore Fatim, les mamans encouragent les petites, en leur achetant la poudre de henné ». « Mais, nous avons l’impression de vivre dans un monde à l’envers, avec une nouvelle génération qui fait fi de nos traditions », déplore la dame. A une certaine époque, aujourd’hui révolue, selon nos coutumes africaines, seules les femmes mariées, et les jeunes filles fiancées, prêtes à convoler en noces étaient autorisées à utiliser la pâte de henné. Elles l’étalaient, de façon artistique, sur les pieds et les mains pour les tatouer. Cette tradition est encore observée lors des grands événements : mariages, baptêmes, fêtes religieuses et voyages. Mais, de nos jours, le caractère sacré, qui justifiait l’interdit aux pucelles, aux adolescentes, aux femmes célibataires endurcies, a disparu. Les femmes de tout âge utilisent aujourd’hui le henné pour le simple plaisir de se faire belle. Rien de surprenant ou d’étonnant, « car même les mères ne se souviennent plus de nos anciennes coutumes, encore moins de les transmettre à l’enfant », se désole la vieille Aminata Oueleguem, marraine d’une future mariée. « Il est du devoir des parents d’expliquer nos us et coutumes à l’enfant, afin de lui donner des bonnes normes et valeurs sociétales », ajoute-elle. Chez Fatim, les prix des modèles varient entre 1.500 et 15 000 Fcfa. « Ce métier est difficile, depuis mes débuts, à plus forte raison maintenant. Je suis courbée, toute la journée, pour dessiner sur des dizaines de pieds et de mains. C’est un travail éreintant », avoue-t-elle. Fatim tatoue une dizaine de clientspar jour, sauf le dimanche. A la fin de la journée, elle rentre tard à la maison, souffrant de courbatures et d’autres douleurs sur tout son corps. La flore du Mali renferme des arbustes aux multiples vertus esthétiques. C’est le cas du henné ou « lawsonia inermis ». Le dictionnaire français le décrit comme un arbuste de la famille des lythracées. De par la disposition de ses feuilles, le henné ressemble à un buisson. Les petites feuilles vertes de cet arbuste sont très riches en molécules actives. Ces feuilles cueillies, elles seront séchées au soleil avant d’être pilées. La poudre recueillie est mélangée à une certaine quantité d’eau dans une calebasse ou tout autre récipient pour obtenir une pâte colorante. L’ocre du départ se transforme en une sorte de noir brillant agréable au regard. Les élégantes femmes s’en servent pour colorer leurs pieds et leurs mains. Certaines dessinent des figures artistiques sur ces parties de leur corps. D’après certains récits très anciens, les femmes égyptiennes, les premières, ont intégré l’usage du henné dans leurs rituels de beauté. A présent, il existe plusieurs variétés de poudre sous cette appellation. En Bambara, la poudre de henné est connue sous des appellations populaires. Les vendeuses proposent le « indou diabi » importé et/ou la variété locale, le « farafin diabi ». La palette de choix va du henné indien au henné traditionnel de chez nous. FC/MD (AMAP)