Youwarou, 19 mai (AMAP) Au cœur du Delta central du Niger, sur les périphéries du Lac Débo, les ruraux achètent cher le sachet d’eau potable, a constaté l’AMAP.
L’unité du sachet d’eau est vendu à 50 f CFA au frais contre 25 f CFA non frais .C’est une mode de payer le sachet d’eau potable ou disons bien un changement de comportements des cultivateurs, des Eleveurs, des pêcheurs et faucheurs de bourgou s’entremêlant à cause de leurs activités quotidiennes tout autour du Lac Débo.
La consommation de l’eau potable par les riverains du fleuve Niger est, de nos jours, une réalité dans le cercle du grand lac Débo, Youwarou. Grâce à la sensibilisation des autorités maliennes sur la consommation de l’eau du fleuve pouvant engendrer beaucoup de maladies comme le choléra, l’eau du fleuve se consomme de moins en moins en tant que boisson. Le Mali a connu de nombreux cas de choléra, en 1970, 1971, 1984,1985, 1995,1996, 2001, 2002,2003, 2004. A partir de 2001, les épidémies de choléra ont été constantes et non pas épargné la région du centre, Mopti. Les populations étaient soumises à des mesures strictes d’hygiène dont l’interdiction de la consommation de l’eau du fleuve sans traitement.
Conscient de ces réalités, Youwarou a obtenu son adduction d’eau potable en 1999 avec 18 bornes fontaines au démarrage pour le chef-lieu du cercle. Actuellement, le nombre a atteint 31 bornes avec la naissance de 4 unités d’eau potable. Après usage, les sachets sont, le plus souvent, jetés en plein air dans les rues, les marchés, les aires de jeux des enfants et des adolescents.
La population de Youwarou qui est de 106 768 habitants répartie entre 182 villages pour 7 communes rurales s’étendant sur 7 139 km2 dans le Delta intérieur du Niger, vit surtout de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche. Toutes les activités quotidiennes des paysans nécessitent l’usage des eaux de surface (fleuve, lac) d’où des risques d’épidémies de maladies liées à l’eau.
Le changement de comportement ou l’abandon de l’eau du fleuve au profit du sachet d’eau potable est aujourd’hui est perceptible même au niveau des Bozos pêcheurs. Nous assistons à un conflit de générations, tendant à s’émousser avec la multiplication des canaux de communication et le progrès notoire de la scolarisation des 2 sexes. Certaines vieilles personnes, pour des considérations religieuses, soutenaient que les eaux de surface sont régulièrement nettoyées par des anges, donc elles ne présentent aucun danger pour l’homme. D’autres personnes, par contre, pour des mesures sanitaires, comprennent aisément que de nombreux microbes nuisibles pullulent dans les eaux de surface que nous utilisons tous les jours.
Le sachet d’eau potable n’est donc plus un lux dans le cercle du grand lac Débo mais une aubaine pour les communautés.
SC/KM (AMAP)


