Bamako, 25 mai (AMAP) A Bamako, si, bon nombreux de commerçants vendent dans les normes ou à un point de vente normalement aménagé, d’autres, dans la plupart des cas, notamment certains jeunes et adolescents évoluent dans des conditions d’irrégularité et de désordre.
Ceux- ci vendent plusieurs sortent d’article de commerce au bord des routes et sur des artères de la voie publique. Il s’agit notamment des casques, des télé- commandes, des ventilateurs, des portes clés, des bidons d’eau, des chapelets, des contre poussières. Ils font cette activité malgré la mise en garde des responsables administratives des municipalités.
Une activité rentable pour les jeunes et les adolescents
Dans le district de Bamako, de nombreux concitoyens, notamment, des jeunes choisissent de vendre leurs marchandises au bord de la route plutôt que dans une boutique. C’est le cas de Bourama Diarra, un revendeur qui partage son expérience et sa vision de cette activité. Selon lui, « travailler dans une boutique familiale limite souvent la liberté d’action. Quand tu es avec tes parents dans une boutique, tu ne peux pas faire tout ce que tu veux, parce que cela ne t’appartient pas », explique-t-il.
En revanche, au bord de la route, le vendeur devient indépendant, il fixe ses prix, choisit ses produits et gère lui-même ses bénéfices », enseigne Bourama Diarra. Il affirme que « cette liberté peut permettre de réaliser plus de profits. Comme par l’exemple d’un mini-ventilateur acheté à 7 500 F CFA et le revendre entre 8 500, 9 000, voire 10.000 F CFA. Une fois le fournisseur remboursé, le revendeur garde la différence comme bénéfice. Il est également possible de prendre des marchandises en gros chez un fournisseur, voire chez un parent, pour les revendre à son propre prix », dit-il.
Il explique cependant, « cette activité n’est pas sans difficultés. Les vendeurs au bord de la route font face à la chaleur intense, restant debout toute la journée sous le soleil. De plus, les clients ne sont pas toujours au rendez-vous, et certains automobilistes ou passants manquent de respect, ce qui peut nuire à notre image. À cela, s’ajoutent des contraintes administratives, notamment la mairie du district de Bamako», évoque Bourama Diarra.
Il reconnaît que la vente au bord de la route est une activité interdite par les autorités municipales. « Il arrive que la mairie saisisse nos marchandises. Pour les récupérer, on doit payer des frais parfois plus élevés que le prix d’achat », déplore-t-il. Dans certains cas, dit-il « les vendeurs sont contraints d’abandonner leurs produits. Malgré ces obstacles, beaucoup continuent d’exercer ce métier par ce que tout le monde n’a pas les moyens d’ouvrir une boutique et cette activité devient alors une solution de survie économique », fait savoir M. Diarra.
Une activité non règlementée
Youssouf Samaké aussi, jeune vendeur de maillots, installé au bord de la route, non loin la place de la liberté. Ce dernier a initié cette vente à la sauvette, il y a trois ans, afin de lui permettre de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, malgré qu’il sait que c’est non réglementé et anti norme. Mais qui lui permet, aujourd’hui, de vivre sans dépendre de quelqu’un. Il propose principalement des maillots pour enfant, souvent inspirés des grandes équipes comme le Barça, le Real Madrid. Pour Youssouf Samaké, « la vente à la sauvette est une étape qui permet à beaucoup de jeunes de rêver d’avoir un jour sa propre boutique ».
« Si les maillots sont de bonne qualité, les clients viennent acheter », laisse-t-il comprendre. Son activité n’est, cependant pas sans, difficultés. Il fait face à des ruptures de marchandises, surtout lorsque les clients demandent des modèles variés ou des tailles spécifiques. « Parfois, je ne peux pas proposer ce que les acheteurs recherchent, ce qui entraîne des pertes de ventes », évoque-t-il.
Le travail de Youssouf est aussi marqué par des conditions difficiles. Exposé au soleil pendant de longues heures, il peut rester de 9h à 14h sans véritable repos, sauf lorsqu’il y a peu de clients. « Je m’adapte au rythme du marché : le pause, la prière, le repas puis la reprise d l’activité sous le soleil et la chaleur », dit M. Samaké. Cependant, la vente au bord de la route et du goudron n’est pas sans risque, rappelle-t-il.
« La circulation intense et le mauvais stationnement de certains véhicules créent parfois des dangers, pouvant provoquer des accidents », fait-t-il savoir. Il espère sortir de la vente à la sauvette un jour, pour créer sa propre boutique et construire un avenir plus stable, souligne-t-il.
« Nous avons choisi cette activité parce que nous n’avons ni place, ni boutique au marché. Et, c’est ici que nous essayons de trouver une solution à ce problème et de rechercher à la fois les frais de condiments au quotidien », explique Adama Traoré, vendeur de casque depuis 2006.
« Cette activité nous permet de trouver les moyens d’ouvrir une boutique à notre compte », explique également, M. Traoré. Il témoigne qu’il a une connaissance qui a débuté cette activité avant de posséder ses propres boutiques (quatre au total de nos jours). « C’est une activité qui vaut mille fois que de rester les bras croisés et à ne rien faire, que de penser à voler ou faire des braquages. Quant on est en chômage et qu’on reste sans rien faire, cela peut provoquer la dépression » conseille Adama Traoré. « Le seul problème auquel on est confronté dans l’exercice de cette activité, est la mairie du district de Bamako, qui nous empêche de fréquenter le bord des routes, sinon ça va mieux dans l’ensemble », assure-t-il. Adama Traoré regrette, jusque-là, de ne pas pouvoir faire assez de réalisations, car, dit-il, ce qu’il dépense est plus que ce qu’il gagne.
Beaucoup d’usagers de la route se plaignent du comportement des jeunes vendeurs
Un agent de la mairie du district qui a requis l’anonymat affirme que le petit métier occupe les jeunes. Il poursuit en disant que les usagers de la route se plaignent beaucoup de ces jeunes qui provoquent des accidents de circulations et ne respectent pas le règlement de cette activité en payant les frais y afférents et refusent, malgré toutes les propositions de s’organiser.
« La vente au bord de la route est une activité formellement interdit dont la mairie et la voirie doit veiller à empêcher ceux qui font l’occupation des voies », précise le commandant de la police Mamadou Dembélé, Chef de la voie publique. « Notre rôle est de facilité la circulation routière des usagers. Nous ne intervenons pas pour l’interpellation de ceux qui exercent cette activité », précise également le commandant Dembélé.
En somme, le commerce au bord de la route apparaît comme une activité à double facette : une opportunité d’indépendance et de gain, mais aussi un métier précaire, marqué par de nombreuses difficultés.
ST/KM (AMAP)


