Sikasso : une conférence-débat sur les cancers du sein et du col de l’utérus

Sikasso, 22 octobre (AMAP)– Les autorités régionales de Sikasso ont organisé, jeudi dernier au gouvernorat, une conférence-débat sur les cancers du sein et du col de l’utérus, dans le cadre de la 31ᵉ édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion et de la Semaine thématique de la Femme et de l’Enfant, a constaté l’AMAP. La rencontre était présidée par la gouverneure de la région, Kanté Marie Claire Dembélé, en présence de la représentante du préfet du cercle de Sikasso, Hawa M. Doumbia, de celle du maire de la commune urbaine, Ramatou Bagayogo, et du directeur régional du Développement social et de l’Économie solidaire, Brahima Kamanta. Des agents de santé, notamment des sages-femmes, ainsi que de nombreuses femmes de la Cité verte du Kénédougou ont également pris part à la rencontre. La gouverneure a souligné l’importance de la sensibilisation et du dépistage précoce de ces cancers. Elle a rappelé que la femme, pilier de la famille, doit être en bonne santé pour prendre soin des siens. Elle a invité les participantes à relayer les informations auprès des femmes absentes et exhorté les agents de santé à réserver un accueil chaleureux aux patients afin de contribuer à leur prise en charge. Le conférencier, le gynécologue du Centre de santé de référence (CSRéf) de Sikasso, le Dr Mahamadou Dembélé, a expliqué les signes, les facteurs de risque, les complications, les traitements et les moyens de prévention des deux maladies. Il a défini le cancer du sein comme une tumeur maligne qui se développe dans les tissus mammaires et le cancer du col de l’utérus comme une tumeur maligne qui se développe au niveau du col utérin. Le spécialiste a insisté sur l’importance du dépistage précoce et de l’autopalpation régulière des seins, notamment après les menstruations ou une fois par mois. Selon les données qu’il a présentées, le Mali a enregistré, en 2017, 419 cas de cancer du sein, dont 102 chez des femmes âgées de moins de 40 ans. À l’issue de la conférence, les participantes ont suivi avec intérêt les explications du spécialiste. Le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus se poursuit au CSRéf de Sikasso jusqu’à la fin du mois d’octobre et au-delà. MFD/CMT (AMAP)

Niafunké : Des vivres et non vivres pour 68 ménages déplacés du village de Bagnaga Tièba

Niafunké, 22 octobre (AMAP)– Soixante-huit ménages déplacés du village de Bagnaga Tièba ont bénéficié mercredi 22 octobre d’une assistance en vivres et en produits non alimentaires des autorités régionales et de l’UNICEF, avec l’appui des autorités locales de Niafunké, a constaté l’AMAP. Le don est composé notamment de mil, de riz, de couvertures et d’ustensiles de cuisine. Cette aide vise à soulager les 68 ménages bénéficiaires confrontés aux difficultés de la vie en situation de déplacement. Depuis leur départ, les habitants de Bagnaga Tièba ont trouvé refuge à Niafunké, où ils ont rejoint le site accueillant déjà les personnes déplacées internes (PDI) du village de Dagodji, installées sur place depuis plus de deux ans. À leur arrivée, les déplacés ont été accueillis par les autorités locales, notamment le maire, le deuxième adjoint au préfet et le Service local du développement social et de l’économie solidaire. Ces derniers ont procédé à leur recensement et les ont rassurés du soutien des autorités du pays ainsi que des populations de Niafunké. Situé à environ 7 km de Niafunké, sur la route de Tonka, le village de Bagnaga Tièba, essentiellement peuplé de paysans. SM/CMT (AMAP)

CAP de Kolokani : Des enseignants communautaires de Guihoyo et de Sebecoro I sommés de reprendre service

Bamako, 22 octobre (AMAP)– Le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kolokani, Ouman Fomba, a mis en demeure des enseignants communautaires des communes de Guihoyo et de Sébécoro I de reprendre le service au plus tard le jeudi 22 octobre 2026, selon une lettre officielle datée du même jour, a appris l’AMAP des sources proches de l’Instance éducative. Dans cette correspondance référencée n° 2026-038/CAP-KNI, le responsable affirme avoir été informé, par des sources locales, d’un arrêt de travail auquel participeraient des membres du collectif des enseignants communautaires des deux communes. Il rappelle que les grèves et les arrêts de travail sont encadrés par les lois en vigueur au Mali et avertit que les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par les textes. Le directeur du CAP soutient également que, dans son ressort, seuls les syndicats officiellement présents peuvent déclencher un mouvement de grève ou un arrêt de travail. Il prévient qu’après le délai fixé, toute absence sera considérée comme un abandon de poste et traitée conformément aux textes applicables. La lettre a notamment été adressée, pour information ou disposition à prendre, au préfet du cercle de Kolokani, à la direction de l’Académie d’enseignement de Kati, aux syndicats de l’éducation et aux maires des communes concernées. KD/ (AMAP)

Administration et gestion des sociétés coopératives : Les responsables des coopératives d’orpailleurs du cercle de Kangaba formés

Kangaba, 21 octobre (AMAP)– La Confédération nationale des sociétés coopératives des orpailleurs du Mali (CNSCOM) a organisé, avec l’appui financier du projet ACCEL AFRICA de l’Organisation internationale du Travail (OIT), une session de renforcement des capacités des responsables des coopératives d’orpailleurs du cercle de Kangaba, axée sur l’administration et la gestion des sociétés coopératives, a constaté l’AMAP. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à améliorer les conditions de travail dans le secteur de l’orpaillage et à prévenir le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement. Elle répond également au besoin d’accompagnement des coopératives pour une meilleure maîtrise des principes et valeurs coopératifs, la tenue des documents administratifs, l’organisation des réunions, la planification des activités et la gestion financière. Selon le président de la CNSCOM, Amadou Sanassi Daffy, la session vise à fournir aux participants des connaissances et des outils pratiques directement applicables au fonctionnement quotidien de leurs coopératives. L’objectif est de leur permettre de mieux organiser, gérer et développer leurs structures comme de véritables entreprises collectives. Durant deux jours, les travaux ont porté sur cinq modules : l’identité, la gouvernance et le fonctionnement coopératifs ; le diagnostic et les opportunités économiques ; le marché, le marketing et le développement des activités ; la gestion financière et la rentabilité ; ainsi que le plan d’action coopératif. À l’issue de la formation, les participants devraient être capables de mieux comprendre les principes et les avantages du modèle coopératif, de clarifier les rôles et responsabilités des différents organes, d’analyser les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de leurs structures, et d’identifier des débouchés économiques répondant aux besoins de leurs membres. Les échanges ont également porté sur l’analyse du marché et des clients, l’amélioration de la gestion des coopératives et le développement d’activités génératrices de revenus, à travers l’élaboration de plans d’affaires simplifiés et de plans d’action assortis d’objectifs précis. Les travaux, animés par les facilitateurs de la CNSCOM, se sont achevés par des exercices pratiques de remplissage des outils administratifs et financiers. À cette occasion, les participants ont recommandé la multiplication de ces sessions de formation et la restitution des connaissances acquises dans leurs communes respectives. La session s’est déroulée au Centre de recherche et d’animation culturelle de Kangaba, sous la présidence du maire de la commune rurale de Minidian, Mamby Keïta. SD/CMT (AMAP)

Dioïla : lancement régional des activités de lavage des mains au savon

Dioïla, 21 octobre (AMAP)– Les activités de l’édition 2026 de la campagne de promotion du lavage des mains au savon ont été lancées, mercredi, dans la cour du groupe scolaire Badiè Togola de Dioïla, sous le thème «Soyez un héros du lavage des mains», a constaté l’AMAP. La cérémonie a regroupé des responsables de l’administration scolaire, des administrateurs civils, des agents des services techniques de la santé, des forces de défense et de sécurité ainsi que des élèves. Le premier adjoint au maire de Kaladougou, Soumaïla Coumaré, enseignant du secondaire, a souligné l’importance de ce geste simple et peu coûteux qui sauve des vies. Le représentant du gouverneur, Djinemoussa Diakité, conseiller aux affaires administratives et juridiques, a rappelé que le lavage des mains au savon contribue à prévenir plusieurs maladies, notamment les affections diarrhéiques et respiratoires, la poliomyélite, le trachome, la maladie à virus Ebola, la Covid-19 et certaines maladies de la peau. Il a invité les agents de santé, les femmes, les jeunes et l’ensemble de la population à adopter de meilleures habitudes d’hygiène. Des messages de sensibilisation affichés sur des banderoles rappelaient notamment la nécessité de se laver régulièrement les mains à l’eau potable et au savon, après les toilettes, avant de préparer les repas et de manger, ainsi qu’après avoir soigné un blessé ou un malade. La cérémonie a pris fin par des démonstrations pratiques de lavage des mains au savon. DF/CMT (AMAP)

Fonds de soutien à la Transition : Le moto-taximan Dramane Kamiya apporte une contribution de 100.000 Fcfa

Bamako, 21 octobre 2026 (AMAP)– Dramane Kamiya, un conducteur de moto-taxi âgé de 49 ans, a contribué à hauteur de 100.000 FCFA au Fonds de soutien à la Transition. Il a remis son don, mercredi, au Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, lors d’une cérémonie organisée à la Primature, a constaté l’AMAP. Père de famille résidant à Badalabougou, le donateur a expliqué vouloir apporter sa contribution aux efforts de redressement national, malgré la modestie de ses revenus quotidiens. Vêtu du gilet de couleur jaune de l’Union nationale des motos-taxis (UNAMOTA), il a appelé les Maliens à contribuer, selon leurs moyens, au financement des actions prioritaires de la Transition. La somme a été déposée en espèces sur le compte du Fonds de soutien à la Transition ouvert à la Banque de développement du Mali (BDM-SA). Au nom du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et du gouvernement, le Premier ministre a salué ce geste citoyen. Il a également rendu hommage aux Forces armées maliennes (FAMa) engagées dans la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’à la résilience du peuple malien. Selon lui, de telles initiatives contribuent au renforcement de la cohésion sociale, de la paix et de la concorde nationales. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et de plusieurs membres du cabinet de la Primature. Le donateur était accompagné de l’influenceur Boubou Mabel Diawara. À l’issue de la cérémonie, le ministre d’État lui a remis une lettre de remerciements du ministère de l’Économie et des Finances. SS/CMT (AMAP)

CESEC : la 6ᵉ mandature examine le bilan quinquennal

BAMAKO, 20 octobre (AMAP)– Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a ouvert, mardi, au siège de l’institution, sa sixième session extraordinaire consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport général de la mandature 2021-2026, a constaté l’AMAP. Présidée par Yacouba Katilé, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw, et du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Dr Yaya Gologo. Régie par le décret n° 2026-0628 du 7 octobre 2026, cette session réunit les conseillers autour du bilan de cinq années d’activités et de réalisations de la sixième mandature. Le rapport général soumis à leur examen retrace notamment les sessions thématiques, les avis formulés sur les projets de lois de finances, les missions de terrain des commissions permanentes et les activités menées sur la scène internationale. Dans son allocution, le président du CESEC, Yacouba Katilé, a souligné l’importance de la redevabilité dans la gestion des affaires publiques. Il a rappelé que tout mandat public repose sur un engagement de confiance qui exige transparence et rigueur. Il a également remercié le président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et le gouvernement pour leur soutien à l’institution. Yacouba Katilé a, par ailleurs, rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité pour leurs efforts en faveur de la sécurisation du territoire national. Il a salué les sacrifices des conseillers et du personnel technique dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et sécuritaires, avant d’inviter les participants à examiner le rapport avec rigueur. SS/CMT (AMAP)

Mali : l’APPSM lance ses activités pour renforcer la prévention de la Santé

Bamako, 20 Octobre 2026 (AMAP) L’Association pour la prévention et la promotion de la santé au Mali (APPSM) a officiellement lancé ses activités, mardi, au Palais des Sports de Bamako. La cérémonie s’est déroulée en présence du Dr Modibo Dianguina Soumaré, représentant du ministère de la Santé et du Développement social et de nombreux invités, a constaté l’AMAP. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance de plusieurs défis sanitaires, notamment les maladies évitables, les difficultés d’accès à l’information sanitaire et les inégalités d’accès aux services de santé. L’association entend mobiliser les parties prenantes autour de sa mission de prévention et de promotion de la santé. Selon la directrice de l’APPSM, les difficultés d’accès aux soins recouvrent des réalités humaines auxquelles s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les contraintes économiques, les problèmes nutritionnels et les conséquences de la crise sécuritaire. Ces facteurs fragilisent davantage les populations les plus vulnérables. «Face à ces défis, mon association ne pouvait pas rester indifférente. La santé ne se résume pas à l’existence de structures sanitaires. Elle suppose également l’accès à une information de qualité, la prévention et l’éducation», a-t-elle déclaré. L’APPSM entend notamment placer les femmes et les jeunes au cœur du développement. «Notre ambition n’est pas de nous substituer aux structures sanitaires, mais de renforcer leur action et de rapprocher les communautés des services disponibles», a précisé la directrice. Pour le représentant du ministère de la Santé et du Développement social, la promotion de la santé ne relève pas uniquement des structures de soins. Elle concerne également les familles, les écoles et les communautés. Dr Modibo Dianguina Soumaré a souligné l’ampleur des défis sanitaires au Mali, qui nécessitent des réponses concertées, inclusives et adaptées aux réalités locales. Citant les données de l’Enquête démographique et de santé (EDS), il a indiqué que la mortalité maternelle s’élève à 325 décès pour 100.000 naissances vivantes, contre un objectif de 70 décès fixé par les Objectifs de développement durable (ODD). La mortalité néonatale atteint, quant à elle, 29 décès pour 1.000 naissances vivantes, alors que la cible des ODD est de 12 décès. «Nous avons du chemin à faire», a-t-il conclu. BT/CMT (AMAP)

Bamako : 20 journalistes maliens renforcent leurs compétences en journalisme économique

Bamako, 20 octobre (AMAP) Vingt (20) journalistes maliens bénéficient, depuis mardi à Bamako, d’une formation de huit (8) jours en journalisme économique, à l’initiative du Réseau des journalistes économiques du Mali (RJEM), avec le soutien financier de l’ambassade des États-Unis au Mali, a constaté l’AMAP. La formation porte sur les fondamentaux de l’économie, l’analyse des budgets et des rapports statistiques, les techniques de reportage, le choix des angles, l’exploitation des données chiffrées, la conduite des interviews et la vérification des informations économiques. Elle intègre également des modules sur l’éthique et la déontologie, à travers des études de cas, des exercices pratiques, des simulations de conférences de presse et des productions journalistiques. Le président du RJEM, Alexis Kalambry, a souligné l’importance d’une information économique de qualité pour la compréhension des politiques publiques, la transparence dans la gestion des ressources et la participation des citoyens à la vie nationale. Il a rappelé que le rôle du journaliste économique est aussi d’expliquer les effets de la croissance, de la dette, de l’inflation et des politiques budgétaires sur le pouvoir d’achat, l’emploi, les prix et le financement des services sociaux. Le chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis au Mali, Wallace Bain, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’un journalisme économique professionnel, indépendant et rigoureux. Il a insisté sur la vérification des faits, l’analyse des données et la nécessité de rendre les réalités économiques accessibles au public. Il a également évoqué les possibilités de renforcer les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et le Mali. MMD/CMT (AMAP)

Culture : Labadja ou Allabadja, le plat des grands jours au nord du Mali 

Gourma Rharous (AMAP) Le «Labadja» ou «Allabadja» est considéré comme le nec plus ultra de la gastronomie du nord du Mali. Ce plat constitue un patrimoine culinaire commun à toutes les communautés du septentrion, nomades comme sédentaires. Sa préparation obéit, depuis des siècles, à des règles immuables. Hommes et femmes participent à sa confection. Il est composé de riz étuvé, de préférence une variété locale, de viande grasse à souhait et de beurre de vache. Ce dernier ingrédient doit être de qualité. Pour cela, il est conservé dans une outre en peau pendant un an ou plus, ce qui permet son affinage. Conservé de cette manière, il prend une couleur mordorée. Son goût légèrement caramélisé est un véritable délice pour les papilles. Son parfum est subtil et appétissant. Le beurre de vache constitue l’élément central de ce plat, au sens propre comme au figuré. Les différentes étapes de la préparation La première étape consiste à cuire le riz, débarrassé de toutes ses impuretés, dans de grandes marmites traditionnelles en terre. Une simple pincée de sel gemme est le seul ingrédient toléré lors de cette cuisson. La viande est également cuite dans un bouillon, selon le même procédé. Cette première étape est réservée aux femmes. Une fois cuits à point, le riz et la viande sont transvasés séparément dans de grandes écuelles en bois, taillées dans des essences rares connues des seuls forgerons initiés qui les fabriquent. Ces récipients présentent un design fin et soigné. Leurs bordures sont délicatement ciselées et leurs flancs ornés de bas-reliefs en frise. Dans la préparation de cette spécialité culinaire, le contenu et le contenant se complètent. Les essences rares utilisées pour façonner ces écuelles dégagent un parfum subtil et légèrement aérien, qui confère au contenu une touche délicate et indéfinissable. La deuxième phase commence après la cuisson et la mise en plat du riz et de la viande. Une partie de la viande est prélevée et finement pilée dans un mortier. C’est alors que les hommes entrent en jeu. L’opération qui suit exige de la force et de l’endurance, mais surtout du savoir-faire. Traditionnellement, cette tâche est exécutée par des hommes de caste, toujours à deux. Le premier malaxe vigoureusement le riz contenu dans l’écuelle à l’aide d’une grosse louche ou d’un petit pilon. Pendant ce temps, le second maintient fermement les rebords du plat. À l’aide d’une louche, il prélève dans un autre récipient un mélange de bouillon et de viande finement broyée, qu’il verse sur le riz afin de faciliter le travail de son compagnon. L’opération se poursuit jusqu’à l’obtention d’une pâte épaisse, à l’aspect moelleux, parsemée de fines nervures de viande. Le plat est alors prêt à être servi. Comment servir ce plat ? Selon le nombre de convives, le riz est réparti dans des plats de taille moyenne en bois, puis soigneusement tassé à l’aide d’une cuillère. Un creux est aménagé au centre pour accueillir un mélange de beurre et de bouillon faisant office de sauce. La décoration consiste à disposer, tout autour de ce creux, de gros morceaux de viande ruisselants de graisse ou de la viande finement hachée. Lorsque le plat est garni de gros morceaux, un couteau est mis à la disposition des convives pour les découper. Ce mets se partage toujours en groupe. Pour le déguster, les convives utilisent des cuillères en bois finement ouvragées, taillées dans les mêmes essences que les écuelles. L’«Allabadja» ou «Labadja» est préparé à l’occasion des fêtes religieuses, des réjouissances sociales ou pour accueillir un hôte de marque. Il est toujours accompagné d’un thé nature corsé et de lait frais ou caillé, coupé d’eau. Une spécialité à valoriser Considéré comme le summum de la gastronomie du septentrion malien, ce mets d’une grande finesse est consommé au-delà de nos frontières, notamment par certaines populations mauritaniennes et algériennes. Selon A. A. K. Maïga, enseignant-chercheur à Rharous, «ce plat fait le prestige de la gastronomie du nord du Mali, au-delà de son aspect alimentaire. Il est symbole d’hospitalité et de respect». Il ajoute : «Le département en charge du tourisme et de l’industrie hôtelière doit réserver une place de choix à ce mets dans les festivals et les foires gastronomiques, à l’intérieur comme à l’extérieur du Mali.» À l’image du thiéboudiène sénégalais et du couscous marocain l’attiék, l’Allabadja ou le Labadja mérite, lui aussi, d’être inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. MG/CMT (AMAP)