Orpaillage illégal : Des centaines d’Africains chassés de la Guinée arrivent à Bamako

Bamako, 4 novembre (AMAP)– Des ressortissants Africains, en majorité d’un pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), arrivent à Bamako après avoir quitté des sites d’orpaillage en Guinée, à la suite des mesures prises par les autorités guinéennes contre l’exploitation minière clandestine et illégale. À l’autogare de Djicoroni-Para, plusieurs d’entre eux attendent de trouver les moyens nécessaires pour regagner le Burkina Faso, a constaté l’AMAP. Ces déplacements interviennent dans un contexte de durcissement des mesures contre l’orpaillage illégal en Guinée. À l’issue d’une réunion d’urgence tenue au ministère guinéen de la Sécurité et de la Protection civile, sous la présidence du secrétaire général de ce département, les autorités ont annoncé leur volonté de mettre fin à ces activités sur l’ensemble du territoire. À Djicoroni-Para, des voyageurs de différents âges, notamment des adolescents, de jeunes adultes et des familles accompagnées d’enfants, se regroupent aux abords de l’autogare dans l’espoir de trouver un moyen de transport pour rentrer au Burkina Faso. Des départs précipités Silvain Ouédraogo, 17 ans, raconte avoir quitté son Burkina Faso natal pour travailler sur un site aurifère en Guinée. Selon son témoignage, un compatriote qui l’employait s’était engagé, dans le cadre d’un accord informel, à assurer son logement, sa nourriture et une rémunération annuelle d’un million, sans préciser la devise. Après neuf mois de travail, il a dû interrompre son séjour en raison des mesures prises par les autorités guinéennes. Il explique avoir parcouru, avec d’autres personnes, la distance entre une localité qu’il nomme Konaina et Kourémalé, à la frontière entre la Guinée et le Mali. Le groupe a ensuite trouvé un moyen de transport pour rejoindre Bamako. «On est venu ici sans difficulté et on est ici pour chercher à rentrer au Burkina», confie l’adolescent. Des familles dans l’attente Ditanga Diassanou, également ressortissant burkinabè, est arrivé à Bamako avec ses deux épouses et ses deux enfants. Il affirme avoir travaillé en Guinée pour un employeur qui faisait appel à plus de 200 personnes. Selon lui, les durées de séjour sur le site minier variaient d’un travailleur à l’autre. Certains y avaient passé sept à neuf mois, tandis que d’autres, comme lui, y travaillaient depuis plus d’un an. «Nous avons quitté la zone minière à cinq heures du matin pour venir à Bamako. De Bamako, nous allons regagner le Burkina Faso», explique-t-il, précisant que des démarches sont en cours pour organiser leur retour. Salif Sorko, un autre ressortissant burkinabè rencontré à l’autogare, affirme avoir précédemment quitté la Côte d’Ivoire après en avoir été expulsé, avant de rejoindre la Guinée. Arrivé à Bamako depuis trois jours au moment de l’entretien, il attend, lui aussi, une solution pour regagner son pays. «Quand on arrive à Bamako, on a l’impression d’être chez nous. On nous traite bien. Dieu merci, nous n’avons pas eu de problème», témoigne-t-il. Il précise que leur employeur recherche les moyens nécessaires pour assurer leur retour. Pour ces ressortissants, Bamako constitue une étape de transit avant le retour au Burkina Faso. Confirmant avoir reçu un accueil l’accueil «très chaleureux au Mali», leur principale préoccupation reste de réunir les moyens nécessaires pour poursuivre leur voyage. Aucun chiffre global sur le nombre de ressortissants étrangers arrivés à Bamako dans ce contexte n’était disponible au moment de la réalisation de ce reportage. Hier mardi 3 novembre, le Centre  malien de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) a, dans un communiqué rendu public,  précisé que cette situation a été examinée lors d’une réunion d’urgence tenue au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, sous la présidence du Secrétaire général de ce département. Le document a assuré que les autorités compétentes ont pris les dispositions nécessaires pour assurer l’accueil des personnes concernées dans des conditions appropriées, ainsi que leur acheminement vers leurs pays d’origine respectifs. ST/CMT (AMAP)