Santé : « la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État » dixit Dr Mamdou Diop

Bamako, le 25 mars (AMAP) Le traitement de la tuberculose (TB) est à la charge de l’État selon la loi N°98-036 du 18 mai 1998, régissant la lutte contre les épidémies et les vaccinations obligatoires contre certaines maladies. Comment ce mécanisme fonctionne et quelle est la situation actuelle de la disponibilité des médicaments antituberculeux dans notre pays ?

Selon le coordinateur adjoint de la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les hépatites virales (CSLS-TBH), Dr Mamadou Diop, l’article 17 de la loi susmentionnée stipule que la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État. Il indique que le dispositif de gratuité de la tuberculose est une réalité dans tous les établissements de santé public et certains établissements privés. Cette gratuité concerne également l’examen pour la confirmation de la TB. Par ailleurs, il informe qu’au cours du traitement, certaines analyses ou traitements, en fonction de l’état du malade, n’entrent pas dans le cadre de la gratuité.

Dr Mamadou Diop précise qu’à la date d’aujourd’hui, les médicaments antituberculeux sont disponibles sur toute l’étendue du territoire national avec un stock au niveau de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) centrale et ses magasins régionaux, pouvant couvrir entre 6 et 12 mois pour les médicaments les plus utilisés. Il admet que des ruptures liées au retard de la commande, aux insuffisances dans l’estimation des besoins peuvent survenir dans certains établissements de santé.

Au nombre des difficultés dans l’approvisionnement des médicaments, le coordinateur adjoint de la CSLS-TBH cite, entre autres, le retard de livraison au niveau international pour des raisons logistiques, l’accessibilité de certaines zones en période hivernale et pour des raisons sécuritaires. Y compris des retards de livraison dans les régions du nord à cause des difficultés de transport terrestre.

«En 2025, nous avons connu des tensions sur le stock au niveau national, ayant entrainé des ruptures momentanées par endroits», témoigne-t-il.

Parlant de l’accès équitable aux traitements, notre source précise que les activités de traitement sont menées depuis l’agent de santé communautaire jusqu’aux hôpitaux de troisième référence. En outre, Dr Mamadou Diop annonce que le ministère de la Santé et du Développement social, à travers la CSLS-TBH, a élaboré un plan stratégique pour la période 2021-2026 qui est en cours d’évaluation. Une des stratégies de ce Plan est de rapprocher davantage les soins de la tuberculose auprès des populations. En plus, poursuit-il, ce plan privilégie l’approche centrée sur le patient.

À la date d’aujourd’hui, le coordinateur adjoint indique que le pays compte 110 établissements disposant des moyens et des ressources humaines pour faire le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Au niveau des communautés et des ménages, la CSLS-TBH signale qu’elle collabore avec des organisations de la société civile et des ONG pour la sensibilisation, l’orientation pour un diagnostic précoce et le suivi du traitement.

Il faut préciser que le Mali enregistre des cas de tuberculose résistante. Selon Dr Mamadou Diop, notre pays peut s’estimer heureux en la matière. «On n’a jamais dépassé plus de 100 cas de résistances par an. Toutefois, le Mali s’est doté de tous les moyens pour faire face aux cas de résistance», se réjouit-il. Sur le plan du traitement, dit-il, jusqu’en 2017, il n’existait qu’un seul site de traitement de la tuberculose résistante au niveau du CHU de Point G. À la date d’aujourd’hui, il précise que le pays compte 25 centres de prise en charge de la tuberculose résistante. Et d’indiquer que la CSLS-TBH prévoit une extension à 36 sites vers fin 2027.

MD/KM (AMAP)