Prise en charge gratuite des enfants malnutris à Gao : ce qu’il faut savoir 

 

    Crédit photo : Amadou, 15 ans.

Légende : Dr. Mohamadou Alhader Maiga, médecin d’appui à l’Unité de Récupération Nutritionnelle Intensive (URENI) du cercle de Gao, ici en pleine séance de suivi avec ses patients.

Dans la région de Gao, la lutte contre la malnutrition infantile s’intensifie. Entre prise en charge gratuite et interdiction de vendre les produits thérapeutiques gracieusement offerts par L’Etat et ses partenaires, nous avons interrogé quelques acteurs clés pour mieux comprendre les enjeux.

Dans une interview qu’il nous a accordée, Chafiyou Moussa Touré, responsable nutrition dans le district sanitaire de Gao, définit la malnutrition comme une maladie qui survient quand un enfant ne reçoit pas assez de nourriture ou tombe fréquemment malade. « Elle se traduit par une perte de poids importante, un amaigrissement visible ou des œdèmes. Si elle n’est pas traitée, elle peut mettre la vie de l’enfant en danger », avertit-il.

Il précise que la malnutrition se manifeste chez l’enfant sous plusieurs formes.

« Il y en a deux : La malnutrition chronique, qui touche les enfants trop petits pour leur âge. La malnutrition aiguë, qui se manifeste par le marasme, l’amaigrissement et parfois un ventre ballonné. Un enfant malnutri sévère est reconnaissable à ses cheveux défrisés et à la visibilité des os de la poitrine », explique M. Touré.

Parlant de la prise en charge de la malnutrition chez les enfants, il affirme qu’elle totalement gratuite. « Les produits comme le Plumpy’Nut sont distribués en fonction du poids de l’enfant admis dans le programme. Chaque sachet compte : s’il en manque un seul, le traitement est compromis », dit-il.

Il dénonce la vente de ces produits thérapeutiques. Selon lui, leur commercialisation est strictement interdite, car ils sont réservés exclusivement aux enfants souffrant de malnutrition. Ils ne doivent en aucun cas être consommés par des enfants sains.

Le Dr Lassana Ballo, point focal nutrition à la Direction régionale de la santé de Gao, s’oppose fermement à la vente de ces produits. « Nous menons des campagnes de sensibilisation auprès des parents et des communautés. L’objectif est clair : chaque sachet doit servir à sauver une vie, et non à être vendu », rappelle-t-il.

La prise en charge gratuite des enfants malnutris est une avancée majeure, mais elle doit s’accompagner d’une vigilance accrue contre la vente illicite des produits. Chaque sachet de Plumpy’Nut est une chance de survie.

Deux questions au Dr. Mohamadou Alhader Maiga, médecin d’appui à l’Unité de Récupération Nutritionnelle Intensive (URENI) du cercle de Gao

Combien d’enfants sont pris en charge dans votre unité ?

Plus de 150 enfants malnutris sévères avec complications sont admis à l’URENI chaque trimestre. En moyenne, 120 enfants par mois sont suivis pour des cas modérés ou sévères sans complication.

Quel est le rôle de l’UNICEF dans ce programme ?

L’UNICEF est un partenaire essentiel. Grâce à son appui, le fonds des Nations Unies pour l’Enfance, redonnons le sourire à des enfants et à des familles, notamment à travers la mise à disposition des Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi (ATPE), des laits thérapeutiques, et d’autres formes d’appui pour la prise en charge des enfants malnutris.

En plus de l’approvisionnement en intrants nutritionnels et des médicaments de la prise en charge de la malnutrition aigüe, l’UNICEF grâce au programme NAFAMA soutenu par le Canada appuie la formation des agents de santé sur les modules tels que Prendre Soin des Personnes s’occupant des enfants et sur les soins obstétricaux et néonatals d’urgence.

Amadou, 15 ans

Enfant journaliste – Région de Gao