Médias africains : le FOPAME 2026 s’achève à Bamako sur un appel à la souveraineté informationnelle du continent

Bamako, 7 juin (AMAP)– Les travaux de la première édition du Forum panafricain des médias (FOPAME) se sont achevés, samedi à Bamako, par un appel à renforcer la souveraineté informationnelle de l’Afrique, à travers une coopération accrue entre médias, la professionnalisation du secteur et le développement d’un narratif africain porté par les Africains eux-mêmes sous la présidence du ministre en charge de la Communication, Alhamdou Ag Illyene, a constaté l’AMAP.

La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, en présence de l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Driss Isbayene, du président de la Maison de la Presse du Mali, Bandiougou Danté, ainsi que de plusieurs responsables de médias, universitaires, experts et délégations venues de différents pays africains et hors Afrique, dont Haïti, Palestine, RD Congo, Niger, Burkina-Faso, Sénégal, Guinée Conakry, Bénin, Cameroun et bien d’autres.

Dans son allocution de clôture, le ministre a estimé que Bamako est devenue, durant quatre jours, «la capitale africaine de la réflexion sur l’avenir de l’information, du journalisme et de la souveraineté narrative».

Selon lui, les participants ont répondu à une interrogation fondamentale posée lors de l’ouverture du forum : «Qui parle de l’Afrique ?». «L’Afrique ne peut plus être seulement un sujet d’information ; elle doit être un acteur de l’information», a déclaré le ministre, soulignant que la souveraineté ne concerne pas uniquement les territoires ou les ressources, mais également les récits, les idées et les imaginaires.

Le chef du département de la Communication a rappelé que les mutations technologiques, les réseaux sociaux, les plateformes numériques et l’intelligence artificielle imposent aux médias africains de nouveaux défis liés à la désinformation, aux manipulations informationnelles et à la préservation de la cohésion sociale.

Il a insisté sur le rôle des médias comme espaces de vérité, remparts contre les fausses informations et acteurs de paix, de stabilité et de développement. Le ministre a particulièrement salué deux acquis majeurs de cette première édition : l’adoption de «l’Appel de Bamako», qui fixe les grandes orientations en matière de souveraineté narrative et numérique africaine, et la création du Réseau panafricain des radios de proximité destiné à renforcer la coopération entre radios communautaires et locales du continent.

Pour sa part, le président de la Maison de la Presse du Mali, Bandiougou Danté, a estimé que le forum marque une étape importante dans la construction d’une coopération médiatique africaine fondée sur la solidarité professionnelle, les échanges de contenus et le partage des savoirs.

Selon lui, les médias africains doivent davantage mutualiser leurs ressources et leurs expériences afin de renforcer leur capacité à produire et diffuser une information reflétant les réalités du continent. Il a également plaidé pour une réforme des formations en journalisme, une meilleure maîtrise des technologies émergentes et la mise en place de mécanismes économiques permettant de garantir l’indépendance des médias. Le président de la Maison de la Presse a réaffirmé son engagement à porter les recommandations du forum auprès des autorités maliennes et des partenaires du secteur.

Invité d’honneur de cette première édition, le Royaume du Maroc a salué l’initiative à travers son ambassadeur au Mali, Driss Isbayene. Le diplomate marocain a rappelé que l’émergence d’une Afrique forte passe nécessairement par la consolidation d’un espace médiatique africain capable de faire face aux défis de la désinformation et des transformations technologiques. Il a souligné que le Maroc demeurait engagé dans le développement des médias africains et dans le renforcement de la coopération continentale dans le domaine de l’information.

Driss Isbayene a notamment cité la récente signature d’une convention entre une chaîne marocaine (Medi 1) et la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Mali, illustrant la volonté des deux pays de renforcer leurs partenariats médiatiques. L’ambassadeur a également estimé que l’Afrique doit désormais produire son propre récit, valoriser ses réussites et analyser ses défis à partir de ses propres réalités.

Organisé autour du thème «Unir les voix, renforcer les liens entre les médias d’Afrique», le FOPAME 2026 a réuni, du 3 au 6 juin à Bamako, des journalistes, directeurs de médias, chercheurs, universitaires, formateurs et experts du numérique venus de plusieurs pays africains, du Moyen-Orient et d’Haïti.

Les participants ont adopté l’Appel de Bamako, document de référence qui plaide pour la souveraineté narrative africaine, le développement d’infrastructures numériques africaines, le renforcement de la formation des journalistes, l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle, la protection des journalistes et la lutte contre la désinformation, l’extrémisme violent et le terrorisme.

Ce grand rendez-vous d’échanges et de partage se ferme ainsi avec l’espoir que ses conclusions servent de référence pour les dirigeants africains dans une logique d’une Afrique souveraine et indépendante.

KD/CMT (AMAP)