Bamako, 23 Février (AMAP) L’exercice de la réparation des téléphones portables et la vente de seconde main permet, aujourd’hui, à bon nombre de nos compatriotes de parvenir à subvenir à leurs besoins.
Badara Alou Haidara, réparateur et vendeur de téléphone portable de seconde main, explique être dans cette activité il y’a de cela 15 ans. « J’exerce ce métier depuis 2010. C’est une activité qui rapporte. Elle m’a permis de réaliser des projets remarquables et a été pour moi un véritable moyen de subsistance pour ma famille. Grace à ce travail, aussi, je parviens à couvrir mes dépenses quotidiennes », explique-t-il. Selon lui, certaines journées peuvent lui rapporter jusqu’à 10.000 F cfa, en fonction du nombre de clients et des pannes à réparer, précise notre interlocuteur. Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. Parmi les principaux problèmes qu’il rencontre figurent les vols, mais aussi les malentendus avec certains clients. Il explique que des personnes apportent, parfois, leur téléphone pour un problème précis, mais qu’après examen, il découvre d’autres défauts cachés. Dans certains cas, des clients font semblant de ne pas connaitre ces problèmes afin d’éviter de payer davantage.
Badra Alou Haidara pratique également la vente de téléphone d’occasion et de seconde main. A ce propos, il évoque que le principe est simple : « lorsqu’un client souhaite changer de téléphone, il peut ajouter un peu d’argent et échanger son ancien appareil contre un nouveau ». Pour lui, c’est ainsi que naissent les téléphones dits « seconde main ». Badara Alou Haidara souligne qu’il existe souvent des risques à ces échanges. « Il comporte, parfois, des risques, car certains téléphones présentent des défauts invisibles au premier regard. Lorsque, je confirme qu’un appareil est en bon état, je peux le revendre à mes clients. Dans le cas contraire, je préfère ne pas le proposer à la vente pour éviter des réclamations ultérieures » dit-il. Pour se protéger, le réparateur impose un délai de garantie de trois jours. Durant cette période, si le téléphone tombe en panne, il accepte de le reprendre. Passé ce délai, il n’est plus responsable des dommages. Il signale également des cas de mauvaise foi : « Certaines personnes reviennent avec un téléphone abimé en prétendant ne pas l’avoir utilisé pendant plusieurs mois. Pourtant, après vérification, on constate que l’appareil a été utilisé récemment », prévient-il. « Malgré ces difficultés, je continue d’exercer ce métier avec sérieux et persévérance », évoque M. Haidara.
Arouna Sanogo 32 ans, un autre réparateur de téléphone portable depuis 3 ans maintenant. Selon lui, « c’est activité qui permet à celui qui l’exerce d’être autonome et indépendant. » « Depuis que j’ai commencé à la pratiquer, je ne demande plus rien à qui que ce soit. Alors que auparavant, chaque fois qu’un problème m’arrive, je fais recours à des parents ou des amis », témoigne, Arouna Sanogo. Ce qu’il gagne pendant la journée et le mois peut lui permettre de fonder sa petite famille. Il n’évolue dans la vente du seconde main, car, dit-il ne maitrise ce milieu pour le moment.
Noumoukè Tangara, réparateur de téléphone portable, lui, aussi, indique qu’il évolue dans cette activité de réparation de téléphone portable, il y’a 20 ans. « J’ai commencé en 2006 », précise-t-il. En pratiquant ce métier, il explique qu’il y a des avantages, parmi lesquelles, il cite: « le fait d’avoir pu se marier, de pouvoir payer les frais de scolarité de ses enfants, de faire face aux besoins familiale et entame d’autres projets.
« Je peux gagner dès fois 50. 000 fcfa par jour ou plus. Mais, il y’a des jours on ne peut même pas gagner 10. 000 fcfa. Mais, il y’a des jours où il n’y a pas de marché, on peut gagner 5.000 fcfa par coup de chance », révèle –t-il. En plus de son métier de réparation, M. Tangara fait le commerce des téléphones de seconde main. Il nous fait savoir que les difficultés liées à cela sont d’avoir des téléphones sur de mauvais chemins. « Généralement, les secondes mains que je vends viennent pour la plupart du temps de mes fidèles clients, qui viennent troquer avec un nouveau », évoque-t-il. Noumoukè Tangara nous fait part des difficultés qu’il a eu durant son parcours: « Certains nous apportent des téléphones noyés par l’eau, donc c’est difficile de le voir en bon état, il ne peut plus avoir sa position initiale, les accidents de travail sont inévitables et certains clients sont compréhensifs et d’autres non. La dernière information que je puisse donner est que les réparateurs de téléphone puissent faire de travail dans la règle et éviter d’escroquer les clients et il invite les clients à faire confiance aux réparateurs pour que le travail puisse se faire facilement, dans la confiance et de compréhension », évoque également notre interlocuteur.
Nous avons également rencontré une dame du nom de Mariam Diarra, vendeuse au Dabanani. Elle nous a expliqué que la réparation et la vente de téléphones de seconde main est bénéfique pour les femmes vendeuses qui mènent leurs activités facilement avec ces téléphones et peuvent les échanger à tout moment. Même son de cloche chez Amadou Maïga, commerçant détaillant dans sa boutique à Médine Coura qui également apprécie ce petit métier bénéfique pour eux et rentable pour les jeunes.
Ces témoignages mettent en lumière, les réalités du secteur informel de la réparation de téléphones, entre débrouillardise, responsabilités et défis quotidiens.
ST/KM (AMAP)


