Les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed (g), et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou (d) ont assuré que les efforts se poursuivront pour la maitrise de la hausse des prix et l’amélioration du pouvoir d’achat.

Bamako, 23 nov (AMAP) Depuis des mois, le gouvernement du Mali consent d’énormes efforts pour, non seulement, renforcer le pouvoir d’achat mais aussi atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international sur les prix pratiqués au plan national, ont indiqué, mardi, les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou

Face à la presse, pour faire le point des mesures et des stratégies pour soutenir le pouvoir d’achat, le ministre Mahmoud Ould Mohamed, a ajouté qu’un plan d’action a été élaboré pour rendre possible l’approvisionnement du pays et permettre aux consommateurs d’accéder aux produits à des prix abordables.

Le gouvernement a fourni des efforts pour renforcer le pouvoir d’achat des Maliens, en dépit de la persistance de la crise sécuritaire qui a fait perdre à l’État 400 milliards Fcfa. D’autres difficultés, notamment la crise sanitaire, ont eu un fort impact négatif sur l’économie nationale. Malgré l’insuffisance des ressources, le gouvernement a déployé des mesures qui ont notamment permis l’approvisionnement correct du marché et la maitrise des prix des produits de première nécessité, selon le ministre.

FLAMBEE DES PRIX – C’est ainsi que le prix du riz a augmenté de seulement 1,1% au Mali alors que le taux était de l’ordre de 50% au niveau international. « Et pour cause, a expliqué le ministre, le gouvernement a accordé des subventions. Les efforts de l’Etat ont évité une flambée incontrôlable des prix de la farine, du lait et de l’huile alimentaire. »

S’agissant de la farine, le prix a augmenté de 43% sur le marché international, mais l’impact au niveau national a été de 1,4 %. Pour le lait, l’impact a été de 0,6% alors que le prix a augmenté de 43,4% au niveau international. Quant aux huiles alimentaires, le Mali a enregistré une augmentation de 0,3%, contre 14, 4% à l’international. Les prix appliqués au sucre ont augmenté de 3% au Mali, tandis que le taux d’augmentation à l’international est de 7,6%. Si les hydrocarbures ont augmenté de 36,4% au niveau international, l’amplitude au Mali était de 0%.

Pour s’assurer du respect des prix sur le marché national, «Cinq cents contrôles ont été effectués », selon Mahmoud Ould Mohamed, ajoutant que les efforts vont se poursuivront pour appliquer les prix plafonds sur le marché.

Abondant dans le même sens, le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé que pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés et leur permettre d’avoir un revenu supplémentaire pour faire face aux différentes crises, le gouvernement est passé par une justice sociale avec les partenaires sociaux. Ce qui a permis d’avoir une harmonisation de la grille salariale avec un impact annuel d’environ 200 milliards de Fcfa.

ABATTEMENTS FISCAUX – Au même moment, des discussions sur les indemnités liées à beaucoup de corps et pour améliorer la vie des Maliens ont eu lieu. « Pour les entreprises privées, le gouvernement a fait des abattements fiscaux, avec comme impact 7,5 milliards de Fcfa et pendant la période 2020-2022, quelque 390 milliards de Fcfa de dettes intérieures ont été apurées », a expliqué le patron de l’hôtel des finances. L’objectif est de permettre aux entreprises de pouvoir continuer à fonctionner.

Par ailleurs, 39 milliards de Fcfa ont été investis dans le payement des ménages en difficulté. A ces efforts s’ajoute, la subvention des produits de première nécessité. Le riz et le sucre ont été subventionnés en deux vagues, en plus du lait et de l’huile alimentaire.

Sur la période 2021-2022, plus de 17,640 milliards Fcfa de manque à gagner sont enregistrés sur l’importation du riz. Il est de 8,151 milliards de Fcfa pour le sucre en 2022. Concernant le lait, le manque à gagner est de 3,93 milliards de Fcfa, 1,675 milliard de Fcfa  pour l’huile alimentaire et 115 milliards de Fcfa pour les produis pétroliers.

Pour le gaz sur lequel les subventions ont été arrêtées au mois de mai, le manque à gagner est de 17 milliards en 2021 et 2022 et 3,252 milliards de Fcfa pour les graines de coton.

Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a instruit la mise en place d’une Commission interministérielle qui va plancher sur la question de l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. Cette Commission s’attèlera, aussi, à la maîtrise de la hausse des prix.

Babba B. COULIB(AMAP)