Bamako, 4 juin (AMAP)– Le Mali mise sur une approche de Développement conduit par les communautés (DCC) pour favoriser la cohésion sociale, la réconciliation et la résilience face aux conflits, a déclaré Alassane Ag Acheick, chargé de mission au ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, lors du Panel 2 du Forum Panafricain sur la Paix et la Réconciliation (FOPAME), a constatél’AMAP.
Cette stratégie vise à intégrer les efforts locaux et nationaux pour bâtir un État résilient, réduire la dépendance humanitaire et s’attaquer aux causes profondes des tensions communautaires. Elle repose sur la création de comités villageois de développement qui regroupent toutes les composantes des communautés, y compris les femmes, les jeunes, les personnes handicapées et les déplacés, afin d’assurer une inclusion réelle et une appropriation locale des projets.
«Cette approche DCC apparaît comme une solution stratégique pour intégrer les efforts locaux et nationaux et bâtir un État résilient à travers notamment l’inclusion sociale», a affirmé Alassane Ag Acheick.
Les comités, formalisés par un arrêté interministériel, deviennent les pivots de la planification et de la mise en œuvre des projets. Les agents d’animation sont recrutés localement pour garantir une meilleure compréhension des réalités des populations. Les besoins sont identifiés à travers les consultations à la base, transformés en sous-projets avec l’appui des services techniques, et financés via des allocations directes versées sur des comptes ouverts au nom des villages ou fractions (30 à 42 millions de FCFA selon la taille).
Une innovation majeure a été introduite : le transfert aux communautés du pouvoir de passation des marchés, leur permettant de sélectionner directement des entreprises locales qui doivent prioritairement recruter la main-d’œuvre sur place. Cette approche couvre actuellement 1.926 villages, notamment dans les zones les plus fragiles comme la zone des trois frontières et le Liptako-Gourma, et emploie plus de 500 jeunes, bénéficiant indirectement à près de 4.000 personnes.
Parallèlement, Ibrahim N’diaye, Directeur général du Centre de Prévention et de Consolidation de la Paix (CPU) du MRPCN, a insisté sur la nécessité d’une réflexion approfondie sur l’histoire et la mémoire collective pour prévenir les conflits et consolider la paix. Le CPU, structure de recherche et de formulation de politiques, a contribué à l’élaboration du Programme national d’éducation aux valeurs et du Cadre stratégique de la refondation de l’État.
OS/CMT (AMAP)


