La Guinée accueille un sommet tripartite sur les tensions frontalières avec la Sierra Leone et le Liberia

 Bamako, 17 mars  (AMAP)  Les présidents de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia se sont réunis lundi, à Conakry, pour un sommet tripartite visant à traiter les différends frontaliers et à apaiser les tensions entre les communautés vivant le long de leurs frontières communes, selon un communiqué de la présidence guinéenne.

Cette rencontre, organisée à l’initiative du président guinéen Mamadi Doumbouya, a réuni le président sierra-léonais Julius Maada Bio et le président libérien Joseph Nyumah Boakai. La Côte d’Ivoire a participé en tant que pays témoin.

À l’issue des discussions, les trois dirigeants ont adopté un communiqué conjoint réaffirmant leur engagement à résoudre les différends de manière pacifique, conformément à l’article 33 de la Charte des Nations Unies.

« Ce sommet des chefs d’État s’inscrit dans les efforts collectifs visant à préserver la stabilité le long des frontières communes, à renforcer la coopération sécuritaire et à consolider les relations de fraternité et de bon voisinage entre les trois pays », indique le communiqué.

Les présidents ont passé en revue la situation sécuritaire le long de leurs frontières respectives, en accordant une attention particulière aux incidents récents qui ont suscité des tensions au sein de certaines communautés frontalières. Ils ont également exprimé leur préoccupation face à la prolifération des crises et conflits mondiaux, dont les répercussions économiques, sécuritaires et humanitaires affectent particulièrement les pays en développement.

Dans la déclaration, les dirigeants ont réitéré leur attachement aux principes fondamentaux régissant les relations entre États, notamment la souveraineté, l’inviolabilité des frontières, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et le bon voisinage. Ils ont appelé au retour à un statu quo de coexistence pacifique dans les zones frontalières.

Les trois pays ont également souligné la nécessité de renforcer la coopération sécuritaire et économique. Selon le communiqué, ils se sont engagés à poursuivre les efforts conjoints en matière de sécurité pour lutter contre l’insécurité, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et le trafic illicite.

Ils ont par ailleurs convenu de promouvoir les activités économiques dans les régions frontalières, notamment à travers la coopération dans le commerce, les infrastructures, l’énergie et la protection de l’environnement, ainsi que la libre circulation des personnes, des biens et des services.

Pour mettre en œuvre ces engagements, les dirigeants ont décidé de renforcer la collaboration entre leurs services de défense et de sécurité par le biais de patrouilles conjointes intensifiées, d’un partage régulier de renseignements et de mécanismes de communication rapide entre les autorités locales et les forces de sécurité.

Pour rappel, les trois pays d’Afrique de l’Ouest sont membres de l’Union du fleuve Mano, une organisation de coopération régionale qui inclut également la Côte d’Ivoire. Cette organisation vise à promouvoir l’intégration économique, la paix et la stabilité entre ses membres, en particulier dans les zones frontalières qui demeurent sensibles en raison de différends historiques et de défis sécuritaires transfrontaliers.

OS/KM (AMAP)