Koulikoro : Ousmane Dembélé, un handicapé réparateur de motos, qui s’adapte aux mutations technologiques

Koulikoro, 27 juin (AMAP) Du haut de ses 50 ans, marié et père de 9 enfants, Ousmane Dembélé un handicapé réparateur de motos qui maîtrise son domaine sans être passer par une école professionnelle.

Il a appris depuis les années 80 son métier à côté de son grand frère à qui il avait été confié dans un pays voisin.

Dès son retour au Mali, notamment dans la ville de Koulikoro où résident ses parents. Il a ouvert son garage, dans le quartier du centre où il a fini par gagner la confiance de son entourage et d’autres propriétaires de motos,  qui lui confient des engins à réparer.

Ousmane Dembélé est témoin vivant de l’évolution des engins à deux roues. Des motos basiques ,simples, avec des vis platinées jusqu’à celles modernes et électroniques de nos jours. « J’ai commencé par des motos très anciennes avec des pédales et des vis platinées. Maintenant , ces mobylettes ont presque disparu dans la circulation, car leurs pièces d’échange sont difficiles à trouver sur le marché.

Il s’agit des motos stand up, P50, Camico, BB-RS, Piaggio, honda, Suzuki, Yamaha 80, Yamaha 100, Kawasaki, Honda.

Malgré l’évolution technologique opérée dans son domaine,  il s’est adapté aux besoins du marché. « Quand on a quitté les motos simples pour les engins électroniques, peu de réparateurs les connaissaient. Dans mon cas, j’avoue que je n’ai pas eu beaucoup de difficultés face à ce changement, car par anticipation, je me suis formé pour m’adapter. Ce qui m’a d’ailleurs permis d’aider beaucoup de réparateurs de Koulikoro et de Bamako.

Pendant des décennies, M. Dembélé a transmis ses connaissances à des générations

Pendant plusieurs décennies, M. Dembélé a transmis ses connaissances à de nombreux apprentis pour favoriser leur insertion socio – professionnelle, tout en contribuant à réduire le taux de chômage.

Il nous confie de ne pas se rappeler du nombre exact des apprentis qu’il a formés.

« Je ne me rappelle pas du nombre exact mais j’ai formé des dizaines de jeunes. Souvent, ces jeunes m’appellent pour me dire qu’ils ont été formés dans mon garage, ce qui est une réelle satisfaction. Certains parmi ces jeunes ont ouvert des garages à Koulikoro et dans plusieurs localités du pays ».

« Je dis aux jeunes et à leurs parents qu’il n’y a pas de sot métier et que le handicap ne doit pas être un obstacle à l’apprentissage des métiers comme la réparation des motos.

Le métier de réparateur de motos et tous les autres métiers nous mettent à l’abri des besoins avec des avantages souvent incalculables, des revenus stables qui permettront de subvenir aux besoins fondamentaux, de devenir  indépendant et respecter au sein de la communauté. En plus, cela crée de bonnes relations, car la plupart des gens commencent d’abord par les motos avant de passer aux voitures.

Actuellement je répare des motocyclettes à deux roues, toutes les nouveautés sauf les nouvelles motos routières, qui sont électriques.

Les engins que je répare à présent sont entre autres des motos Jakarta, sanili, star, X1, haojue, des motos  routières anciennes électroniques, également  je répare des tricycles et des groupes électrogènes »

 L’expertise est là.

Nous sollicitons les partenaires et l’État pour nous aider à avoir des équipements modernes, à renforcer nos capacités, nous permettant de former encore un grand nombre de jeunes aux nouveaux outils de travail, afin d’assurer leur insertion socio – professionnelle >>.

Amadou Traoré,  agent des services des plans et statistiques à la retraite que nous avons rencontré chez le réparateur de motos.

 » j’avais une moto Yamaha. Avec Ousmane c’est la satisfaction totale, plus de trois décennies, il fait l’entretien de mes engins. Aujourd’hui j’ai une moto de marque sanili et il reste toujours mon réparateur, celui de mes enfants et de mes petits enfants.  Je l’apprécie beaucoup car il maîtrise  son travail. C’est un homme sérieux et accueillant, aussi ses frais de réparation sont abordables » a-t-il déclaré.

Moussa Keita un jeune conducteur de tricycle.

« Quand mon engin est en panne je l’amène chez Ousmane. Comme un médecin, il fait le  diagnostique, repère la panne et la répare en un temps record et pour nous les transporteurs ça fait gagner du temps et c’est ce que nous aimons ».

ALD/KM (AMAP)