Gao : l’interdiction des grosses cylindrées stimule le marché des motos Djakarta

GAO, 2 juin (AMAP)– Le commandement militaire du secteur N°1 de la région militaire de Gao a interdit la circulation des motos à grosses cylindrées, de 125 cm³ à 200 cm³, dans la ville ainsi qu’aux abords des camps à des heures avancées de la nuit, a appris l’AMAP de sources secrétaires.

Cette mesure sécuritaire, qui concerne notamment les marques Sanaly, Apsonic et Haojin, a été prise après les attaques terroristes simultanées du 25 avril 2026 ayant visé plusieurs localités du pays, dont Gao. L’interdiction s’applique également aux porteurs d’uniforme dans les camps. Selon les autorités militaires, ces engins sont fréquemment utilisés par les groupes armés terroristes pour mener des attaques contre les emprises des Forces armées maliennes (FAMa).

À Gao, plusieurs usagers reconnaissent l’importance de la mesure malgré ses conséquences sur leurs déplacements. Réparateur de motos, Diaraké souligne que ces engins sont particulièrement adaptés aux terrains sablonneux grâce à leur puissance et leur rapidité. Oumar Maïga, commerçant de Bamba, affirme avoir immobilisé ses deux motos à gros cylindre après l’annonce de la décision, en attendant une éventuelle évolution de la mesure.

L’interdiction a provoqué une forte demande des motos à petites cylindrées de marque Djakarta, selon plusieurs commerçants. Mohamed Almoustaph, importateur et vendeur de motos, indique que le prix de cette marque est passé de 480.000 FCFA avant l’interdiction à une fourchette comprise entre 500.000 et 550.000 FCFA. Tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par certains enseignants et commerçants venant des villages environnants, il estime que la mesure contribue à la protection des personnes et de leurs biens.

Pour les opérateurs du secteur, cette nouvelle situation redessine le marché local. Le commerçant Abdramane Alassane déplore l’importance de son stock de motos à gros cylindre devenu difficile à écouler, tout en réaffirmant la primauté des impératifs de sécurité. De son côté, Mohamed Touré, vendeur de motos et de pièces détachées, observe que les motos Djakarta se vendent actuellement jusqu’à 590.000 FCFA en raison des coûts d’approvisionnement depuis Bamako.

Soumaïla, monteur de motos neuves, indique quant à lui que la demande lui permet d’assembler avec son équipe jusqu’à une vingtaine de motos Djakarta par jour, voyant dans cette mesure une opportunité pour son activité et pour les vendeurs de motos de cette catégorie.

AT/CMT (AMAP)