Force unifiée de l’AES : Le ministre de la Defense Sadio Camara argumente la mutualisation des forces contre le terrorisme

Bamako, 20 déc (AMAP) Le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, le général de Corps d’armée Sadio Camara, a justifié, samedi à Bamako, la mutualisation des forces de défense du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans le cadre d’une Force unifiée de la Confédération des Etats du Sahel (AES}.

Le ministre Camara a souligné que « les nations traversent parfois des moments décisifs, marqués par des choix difficiles mais nécessaires. » Selon lui, le Sahel vit aujourd’hui l’un de ces tournants historiques, « confronté à la persistance du terrorisme, aux pressions extérieures et à des tentatives d’ingérence, mais porté par une volonté collective de préserver la dignité, l’honneur et la souveraineté des peuples. »

Sadio Camara, qui intervenait lors de la remise, par le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, de l’étendard au commandant de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), le général de brigade Daouda Traoré, a rappelé que, durant de longues années, « les populations sahéliennes ont supporté l’insécurité, les pertes humaines et les promesses non tenues », pendant que civils et militaires en payaient le lourd tribut.

« Face à cette situation, a-t-il indiqué, est venu le temps de la lucidité, celui où les États ont compris que la paix et la sécurité ne peuvent être déléguées, et que la souveraineté ne se négocie pas.

Répondant à l’appel des chefs d’État du burkinabè, malien et nigérien, « les peuples du Sahel ont alors choisi de renforcer leurs armées nationales et de mutualiser leurs efforts. » Une dynamique, qui selon lui, a conduit « à l’érection du territoire des trois États confédérés en un théâtre d’opérations unifié, favorisant une meilleure coordination stratégique et des opérations militaires plus efficaces contre les groupes terroristes. »

Les résultats obtenus sur le terrain ont, toujours selon le ministre, abouti à la création de la Force unifiée de l’AES », présentée comme une étape supérieure dans la mutualisation des capacités combattantes.

Évoquant la portée du drapeau remis par le Président de la Transition, Sadio Camara a indiqué que « cet étendard incarne la mémoire des sacrifices consentis et l’engagement irréversible des peuples sahéliens. »

Il a rendu hommage « aux martyrs civils et militaires tombés au combat », affirmant que « leur sacrifice a contribué à éveiller les consciences et à ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité collective. »

Le ministre a, également, insisté sur le caractère multidimensionnel de la guerre menée dans le Sahel, précisant qu’elle ne se limite pas au champ militaire, mais s’étend aux domaines politique, économique et informationnel.

« Malgré les sanctions, les embargos et les campagnes de désinformation, le Sahel, a-t-il souligné, a tenu bon et renforcé son unité. » Il a estimé qu’un peuple prêt à défendre sa dignité ne craint ni la souffrance ni les pressions, et qu’une armée soutenue par sa population est capable de faire face à toutes les menaces.

Sur le plan opérationnel, Sadio Camara a mis en avant les résultats obtenus grâce aux opérations conjointes Yéréko I et Yéréko II, qui ont démontré, selon lui, que lorsque les forces sahéliennes combattent ensemble, le terrorisme recule. « Le partage du renseignement, la mutualisation des moyens aériens et logistiques ainsi que la complémentarité des forces sont désormais une réalité sur le terrain », a-t-il affirmé.

S’adressant aux soldats de la Force unifiée de l’AES, le ministre de la Défense a rappelé que la réception de l’étendard symbolise la confiance des peuples et l’héritage des martyrs, tout en soulignant la responsabilité historique qui leur incombe. Il a affirmé que le combat sera long et exigeant, mais que la cause défendue, celle de la sécurité, de la souveraineté et de la dignité des peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger, est juste.

Sadio Camara a appelé les peuples sahéliens « à rester unis, vigilants et déterminés », réaffirmant que la Confédération des États du Sahel n’est pas une alliance de circonstance, « mais de conviction, forgée dans l’épreuve et tournée vers la lutte collective contre le terrorisme et la construction d’un espace sahélien souverain et sécurisé. »

SS/MD (AMAP)