Bamako, 7 juin (AMAP) L’ancien ministre de la Communication, Hamadoun Touré, a plaidé pour une meilleure organisation de l’espace informationnel africain et un soutien accru aux médias, estimant que la construction de narratifs nationaux crédibles passe par des investissements conséquents et une relation de confiance entre les acteurs de l’information, a constaté l’AMAP.
Intervenant lors du Forum panafricain des médias (FOPAME), tenu à Bamako, il a souligné que la « guerre informationnelle » constitue une réalité durable à laquelle les États africains doivent faire face en définissant des orientations claires.
Selon lui, la réussite d’un narratif repose sur la disponibilité de l’information et sur la collaboration entre ceux qui la produisent et ceux qui la diffusent. Il a notamment insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des journalistes à l’information afin de leur permettre de remplir pleinement leur mission.
« Il faut créer des liens opérationnels, des liens de travail entre ceux qui font l’information et ceux qui travaillent avec l’information », a-t-il déclaré, jugeant cette coopération indispensable pour garantir la fiabilité des contenus diffusés.
Évoquant son parcours professionnel, Hamadoun Touré a rappelé avoir interviewé en 1985 Amadou-Mahtar M’Bow, ancien directeur général de l’UNESCO, qu’il présente comme l’un des premiers défenseurs d’un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication.
Il a également rappelé avoir consacré onze années de sa carrière à la Pan African News Agency (PANA), créée dans le contexte de cette réflexion sur un rééquilibrage des flux mondiaux d’information.
L’ancien ministre a estimé que cette initiative n’avait pas atteint tous ses objectifs, en raison notamment de l’insuffisance des contributions financières des États africains. « La communication, c’est de l’argent. L’information, c’est de l’argent. Les outils de communication, c’est de l’argent », a-t-il affirmé.
Pour lui, les ambitions africaines en matière de souveraineté informationnelle ne pourront être réalisées sans un engagement concret des pouvoirs publics. « Il ne suffit pas de parler de narratifs nationaux sans mettre les moyens dans les narratifs nationaux », a-t-il soutenu.
Au-delà des ressources financières, Hamadoun Touré a appelé à accorder davantage de confiance aux professionnels de l’information et de la communication, estimant que l’avenir des médias africains dépend autant des investissements consentis que de la reconnaissance de leur rôle dans la société.
OS/KM (AMAP)


