Bamako, 26 mai (AMAP) La Tabaski, appelée aussi Aïd el-Kébir, est l’une des plus grandes fêtes religieuses célébrées par les musulmans dans le monde. Elle commémore l’obéissance du prophète Ibrahim à Dieu, lorsqu’il a accepté de sacrifier son fils avant que Dieu le remplace par un mouton. En plus de cette bête, d’autres ruminants peuvent être immolés à l’occasion de cet événement annuel.
Cependant, il existe des critères de sélection des animaux. Il s’agit de l’âge et la santé de la bête. Notre équipe de reportage s’est rendue auprès des vendeurs de bétail afin de s’enquérir des dispositions mises en œuvre pour se conformer à ces exigences.
Le marché à bétail installé près du terrain de sport de la Commune V, situé à Baco Djicoroni est bien approvisionné. Mohamed Aldjouma, vendeur de bétail, affirme que les commerçants sérieux veillent à proposer des animaux conformes aux exigences religieuses.
« Nous sommes musulmans et nous savons que tromper les fidèles est une faute devant Dieu», explique-t-il. Selon lui, les vendeurs orientent les clients en fonction de leur budget tout en leur permettant de vérifier eux-mêmes l’état de l’animal.
Mohamed Aldjouma explique que les acheteurs observent souvent la dentition, la démarche et l’état général du mouton avant de faire leur choix. Et de poursuivre que certains viennent accompagnés de proches connaissant bien les animaux afin d’éviter toute erreur.
Alousseyni Ag Idoual est un vendeur de bétail originaire de Diré. Il dit connaître naturellement les animaux. « Je suis un berger. Si je dois acheter un animal avec les fournisseurs, je vérifie sa posture, la façon dont les poils sont dressés. A travers des attouchements je peux savoir si l’animal est bien gras», explique-t-il avant de conseiller qu’il faut être très prudent face à la ruse de certains fournisseurs.
Alassane Kané, un client, se dit être dubitatif par le respect des critères d’éligibilité des animaux par de nombreux vendeurs. Il dit avoir une mauvaise expérience en la matière. «J’ai une fois acheté un bélier avec un vendeur ambulant. Après l’avoir immolé je me suis rendu compte que l’animal était malade », témoigne-t-il. Depuis cette expérience, il préfère toujours se faire accompagner par quelqu’un qui connait les animaux pour éviter de commettre la même erreur.
Selon l’imam Cheick Ousmane Barry, résidant à Baco Djicoroni, les animaux traditionnellement autorisés sont le mouton, la chèvre, le bœuf et le chameau. Le religieux précise que, parmi les moutons, le premier choix recommandé est le bélier non castré. Ensuite vient le bélier castré, puis la femelle. Les mêmes principes s’appliquent également aux chèvres, aux bovins et aux chameaux.
L’âge de l’animal est aussi une condition importante à respecter. Selon les enseignements islamiques, le mouton doit avoir au moins six mois, un an révolu pour la chèvre, la vache ou le bœuf deux ans, tandis que le chameau doit avoir au minimum cinq ans.
L’imam insiste également sur l’état de santé de l’animal. Celui-ci doit être en bonne santé et exempt de défauts visibles. «Un animal aveugle, gravement boiteux, très maigre ou présentant une mutilation importante, comme une oreille fortement coupée, n’est pas considéré comme valable pour le sacrifice.
Pour de nombreux fidèles, bien choisir l’animal du sacrifice est une manière de respecter la tradition religieuse, mais aussi de donner un sens spirituel et social à la fête.
MLHD/KM (AMAP)


