Par Ouka Ba
Diéma, 21 janv (AMAP) À Diéma, le « Diakouma diourou », un instrument traditionnel de conservation des aliments, tend à disparaître des ménages, malgré son efficacité et son faible coût.
Aussi appelé « corde du chat », le Diakouma diourou est un support ancien, utilisé depuis des siècles. De forme triangulaire et généralement confectionné à partir de tissus ou de feuilles de rônier, il sert à conserver les condiments et aliments à l’abri des nuisibles, notamment les souris et les cafards. Le récipient contenant les denrées est placé à l’intérieur puis suspendu au plafond de la cuisine.
Aujourd’hui, son usage se fait rare. « Les femmes qui utilisent encore le Diakouma diourou se comptent sur le bout des doigts », constate-t-on à Diéma. Pourtant, cet outil reste plus économique et parfois plus pratique que certains équipements modernes comme les buffets ou garde-manger, souvent coûteux.
La mésaventure de Diaba Sylla illustre ce constat. Après qu’un chat a dévoré le poisson fumé qu’elle avait préparé pour le repas familial, la ménagère a décidé de revenir à cette méthode traditionnelle.
Pour Mme Néné Dia, membre de l’Association Sabougnouman, le débat est clair :
« Certaines femmes sont extravagantes. Il leur faut tout, garde-manger, buffet… pourtant le Diakouma diourou suffit pour conserver nos aliments », affirme-t-elle.
Un avis que ne partage pas une autre habitante :
« L’utilisation du Diakouma diourou est dépassée. En ville, on n’ose même pas y penser. Il faut évoluer », soutient-elle.
Mais pour Mohamed Fofana, conducteur de gros porteurs, la modernité a ses limites :
« Si l’évolution nous fait perdre nos identités culturelles, qu’allons-nous devenir ? », s’interroge-t-il.
Symbole d’un savoir-faire domestique transmis de génération en génération, le Diakouma diourou semble aujourd’hui relégué aux oubliettes. Pour de nombreux observateurs, sa revalorisation apparaît nécessaire afin de préserver une partie du patrimoine culturel local.
OB/OS (AMAP)
