Conflit américano-israélien contre l’Iran : environ 5,05 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre

Bamako, 22 mars (AMAP) Les deux premières semaines du conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran ont entraîné environ 5,05 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, soit un niveau équivalent à celui cumulé de 84 des pays les moins émetteurs, selon une analyse citée par le Guardian.

Cette étude, présentée comme la première à mesurer le coût climatique du conflit, indique que les opérations militaires, les destructions d’infrastructures et les incendies de sites énergétiques ont considérablement accéléré la consommation du budget carbone mondial. Elle souligne que ces émissions correspondent à environ 131 millions de tonnes de CO2 sur une base annuelle, soit un niveau comparable à celui d’une économie moyenne fortement dépendante des énergies fossiles comme le Koweït.

Les bâtiments détruits constituent la principale source d’émissions, avec une estimation de 2,4 millions de tonnes équivalent CO2, sur la base d’environ 20 000 structures civiles endommagées en Iran. Les opérations militaires, notamment les vols de bombardiers américains depuis l’ouest de l’Angleterre, auraient consommé entre 150 et 270 millions de litres de carburant, générant environ 529 000 tonnes d’émissions.

Les frappes visant des infrastructures pétrolières ont également contribué de manière significative. L’analyse estime qu’entre 2,5 et 5,9 millions de barils de pétrole ont été brûlés lors d’attaques, notamment autour de Téhéran, produisant près de 1,88 million de tonnes de CO2 équivalent.

Les pertes d’équipements militaires — avions, navires et lanceurs de missiles — représentent environ 172 000 tonnes d’émissions intégrées, tandis que l’utilisation massive de munitions, incluant missiles et drones, est estimée à 55 000 tonnes supplémentaires.

“Chaque frappe de missile est un acompte supplémentaire vers une planète plus chaude et plus instable, sans rendre personne plus en sécurité”, a déclaré Patrick Bigger, directeur de recherche au Climate and Community Institute et co-auteur de l’analyse.

Selon Fred Otu-Larbi, auteur principal de l’étude, les émissions devraient continuer d’augmenter à mesure que le conflit se poursuit, en raison notamment du ciblage intensif des installations pétrolières. “Nous devons tous vivre avec les conséquences climatiques. Brûler l’équivalent des émissions annuelles de l’Islande en deux semaines est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre”, a-t-il affirmé.

L’analyse intervient dans un contexte où les scientifiques estiment que le budget carbone mondial compatible avec une limitation du réchauffement à 1,5°C pourrait être épuisé d’ici 2028 au rythme actuel d’émissions, évalué à 40 milliards de tonnes par an.

OS/KM (AMAP)